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CAF : la fin des ambiguïtés, retour des règles 1255

La récente décision du Jury d’appel de la Confédération Africaine de Football marque un tournant majeur dans la gouvernance du football africain. Au-delà du cas spécifique de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal, c’est une évolution institutionnelle profonde qui semble se dessiner : celle d’une CAF enfin alignée, sans complaisance, sur les standards normatifs de la Fédération Internationale de Football Association. Une décision juridiquement fondée et assumée Dans son communiqué officiel, le Jury d’appel a annulé la décision de première instance et déclaré le Sénégal forfait, en application stricte des articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Le match est ainsi homologué sur le score de 3-0 en faveur du Maroc. Le point central est limpide : le comportement de l’équipe sénégalaise, notamment le fait d’avoir quitté le terrain sans autorisation, constitue une violation caractérisée des règles disciplinaires. Or, ces dispositions ne laissent place à aucune interprétation politique ou émotionnelle : elles imposent mécaniquement la sanction du forfait. En validant cette lecture stricte, la CAF rompt avec une pratique longtemps reprochée : celle d’une gestion parfois hésitante, voire accommodante, des situations litigieuses. La fin d’une culture de l’exception Pendant des années, le football africain a souffert d’un mal structurel : l’inconstance dans l’application des règlements. Certaines décisions semblaient dictées davantage par des équilibres politiques que par la lettre du droit. Or, dans le cas présent, le Jury d’appel a fait exactement l’inverse : Il a reconnu la violation des règles; il a requalifié juridiquement les faits et il a appliqué automatiquement la sanction prévue. Ce triptyque est précisément celui qui fonde la crédibilité des grandes institutions sportives internationales, à commencer par la FIFA. Ce n’est donc pas seulement une décision sportive : c’est une affirmation d’autorité. Un signal fort pour la gouvernance du football africain. Cette décision intervient dans un contexte où la CAF est de plus en plus scrutée, notamment après plusieurs contentieux portés devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), qui ont parfois pointé des incohérences ou des faiblesses dans l’application des règles. En revenant à une lecture stricte de ses propres textes, la CAF envoie plusieurs messages : - Aux fédérations : les règlements ne sont pas négociables. - Aux joueurs et encadrements : les comportements anti-sportifs auront des conséquences immédiates. - À la communauté internationale : l’Afrique du football s’inscrit pleinement dans l’État de droit sportif mondial. Une décision équilibrée et crédible. Fait notable, le Jury d’appel ne s’est pas contenté de statuer en faveur du Maroc. Il a également confirmé certaines responsabilités du côté marocain, notamment concernant des incidents périphériques (ramasseurs de balles, usage de lasers), tout en ajustant les sanctions. Ce point est essentiel : il renforce la crédibilité de la décision. Une justice sportive forte n’est pas une justice partisane, mais une justice cohérente. Vers une nouvelle ère de rigueur ? Ce verdict pourrait faire jurisprudence. Il rappelle que le football africain ne peut plus se permettre d’ambiguïtés à l’heure où les enjeux économiques explosent, la visibilité internationale s’accroît et les standards de gouvernance deviennent universels. L’alignement sur les règles de la FIFA n’est pas une option : c’est une nécessité pour la crédibilité des compétitions africaines. Une rupture véritablement salutaire. En appliquant strictement ses règlements, sans céder à la pression ni aux considérations politiques, la CAF envoie un signal attendu depuis longtemps. Ce n’est pas simplement la victoire d’une équipe sur une autre. C’est la victoire du droit sur l’arbitraire. Et peut-être, enfin, le début d’une CAF plus forte, plus juste et plus respectée.
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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April 6: The Moroccan Idea That Conquered the World... 282

April 6 is now etched into the global calendar as the International Day of Sport for Development and Peace. A celebration championed by the United Nations, echoed across all continents, and enthusiastically embraced by millions of athletes, institutions, and enthusiasts. Yet behind this worldwide recognition lies an origin that often goes unnoticed. It’s a Moroccan idea, that of Hamid Kamal Lahlou. The irony is striking. While the world fervently celebrates this day, Morocco—the birthplace of the initiative—sometimes seems to lag behind, as if hesitating to fully claim its paternity. Yes, there have been scattered initiatives and events here and there. But they fall far short of what we might have hoped for. We won’t list the few organized manifestations, so as not to ruffle feathers by omitting any. In any case, there are no major events from the sports authorities, such as the ministry, the National Olympic Committee, or the major Royal Moroccan Sports Federations. Is this simply an oversight, or a more subtle form of distancing? The question deserves to be asked, especially when you know the personality of its originator. Kamal Lahlou is not a consensual figure. Journalist, sports leader, communicator, he has established himself over decades as a singular voice in Morocco’s media and sports landscape. His career is dense: former handball player, originally a physical education teacher and inspector, committed actor in the development of national sports, he has held important responsibilities, notably within the Moroccan National Olympic Committee and the Association of African National Olympic Committees. He remains president of the Royal Moroccan Weightlifting Federation and vice-president of the Mohammed VI Sports Champions Foundation. But beyond titles and roles, it’s his words that stand out and his stance that impresses. Direct, clear, often critical, Lahlou disturbs as much as he inspires. He practices neither doublespeak nor complacency. In an environment where restraint is sometimes elevated to an implicit rule, his frankness cuts through. He points out shortcomings, challenges decision-makers, and defends a demanding vision of sport as a lever for development and national influence. This positioning has earned him as many admirers as detractors and doubtless even more denigrators. Some praise his courage and consistency, others reproach him for a tone deemed too incisive. Still others find nothing to fault him for, yet behind his back, lavish him with gratuitous reprimands. But all agree on one point: Kamal Lahlou is an incontournable figure, impossible to ignore. His patriotism admits no ambiguity. Behind every statement, every critique, emerges a clear ambition: to see the Kingdom take the place it deserves on the international sports scene. The April 6 Day fits precisely into this logic. By proposing to dedicate a date to sport as a vector for peace and development, Lahlou sought not personal legitimation, but recognition of the fundamental role sport can play in modern societies. He thus transcribed, in his own way, the royal vision of sport and the role the country can play on a universal scale in service of peace. So why this relative discretion in Morocco around this day? Is it the price to pay for free speech? The backlash of rivalries that have no place? An implicit way to marginalize a figure deemed too independent? A means to silence an ambitious voice? Or simply a deficit of collective memory? Whatever the answers, or the answer, one reality remains. April 6 is an idea born in Morocco, carried by a Moroccan, and adopted by the entire world. At a time when the country seeks to strengthen its soft power and highlight its successes, it might be time to reconcile origin and celebration. For recognizing this initiative to Kamal Lahlou is not just about honoring a man. Does he really need it? It’s rather about embracing a part of contemporary national and global sports history, and reminding that beyond infrastructure and performances, ideas too can change the world. And if it’s the Kingdom of Morocco at the origin, that’s even better.