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Quand Christopher Nolan illumine Dakhla, Dakhla sublime son film... 2923

Christopher Nolan vient d’achever à Dakhla, joyau du sud marocain, le tournage d’une partie de son prochain film, "The Odyssey". C'est une adaptation cinématographique de l’épopée d’Ulysse. Parmi les lieux de tournage choisis, la spectaculaire Dune Blanche, située à une trentaine de kilomètres de Dakhla, un décor naturel exceptionnel mêlant sable blanc et lagune turquoise, qui a largement contribué à la richesse visuelle du film. Cette superproduction hollywoodienne réunit un casting prestigieux : Matt Damon y incarne Ulysse, aux côtés de Zendaya, Charlize Theron, Tom Holland, Robert Pattinson, Anne Hathaway et Lupita Nyong’o. La sortie mondiale du film est prévue pour le 15 juillet 2026. Avant de poser leurs caméras à Dakhla, l’équipe de Nolan avait filmé des séquences à Ouarzazate, notamment au Ksar Aït Ben Haddou, ainsi qu’en Italie. Initialement, Nolan envisageait des lieux comme les Bermudes ou l’Australie pour certaines scènes maritimes, mais le choix s’est finalement porté sur le sud du Royaume, reconnu pour la diversité et la qualité de ses paysages naturels. Le tournage à Dakhla est largement perçu comme une formidable opportunité pour la ville et pour le Maroc, renforçant leur visibilité sur la scène cinématographique internationale tout en valorisant l’industrie locale du film. Mais qui est Christopher Nolan dans le monde du cinéma ? En 2024, il a remporté deux Oscars majeurs : celui du meilleur réalisateur et du meilleur film pour Oppenheimer (2023). Il a également reçu le César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, le BAFTA du meilleur réalisateur, ainsi que plusieurs autres distinctions prestigieuses telles que les Golden Globes et les Directors Guild of America Awards toujours pour Oppenheimer. Ce bref aperçu atteste que Nolan n’est pas une figure ordinaire dans l'industrie du cinéma? C'est l'un des plus grands cinéastes au monde. Cependant, cette production a suscité étonnement des controverses, infondées et dénuées de rigueur. Le média Middle East Eye lui a consacrée un article condamnant le tournage à Dakhla, adoptant un ton sélectif et victimisant, s’appuyant sur une rhétorique de « décolonisation » et de prétendues « voix autochtones ». Cette critique, truffée d’inexactitudes historiques et d’un parti pris évident, révèle soit une ignorance profonde de l'histoire de ces contrées et de leur géographie physique et humaine, soit une volonté délibérée de déformer la réalité pour une quelconque contrepartie… Le tournage s’est déroulé dans une ville paisible et stable, dotée d’infrastructures modernes, où règne une souveraineté marocaine incontestable. Et c'est probablement cette stabilité qui dérange certains, notamment parce qu’elle met en lumière les succès du Royaume dans cette région de son territoire, contrastant avec la situation difficile générée par le Front Polisario qui avec sa tutelle, n’a apporté aux populations séquestrées dans les camps de Tindouf que désespoir et absence de dignité, depuis près de 50 ans. Alors que Middle East Eye accuse le Maroc de « normalisation culturelle », l'article omet de mentionner que l’Algérie exerce une véritable occupation sur les Sahraouis séquestrés dans les camps de la honte, où ces derniers, minoritaires par rapport aux sahraouis au Maroc, ne disposent ni de liberté de circulation, ni de nationalité, ni d’une presse indépendante. Ils ne bénéficient même pas du statut de réfugiés, les Nations unis étant empêchées par le pays hôte de les recenser . La vraie question demeure donc : qui est le véritable colonisateur dans ce contexte ? Les Sahraouis, majoritaires, vivant dans le Sahara marocain bénéficient d’un niveau de vie significativement supérieur à celui des populations des camps de Tindouf, voire du pays hôte toute région confondues. Ils participent aux processus démocratiques, dirigent leurs communes, villes et régions, participent à la vie politique du Royaume, occupent des postes de responsabilités à tous les niveaux de l'état, créent des entreprises, animent des associations, voyagent librement et produisent des œuvres culturelles enrichissante pour leur pays. Leurs enfants vont dans des écoles et des universités de qualité. Ils se soignent dans des hôpitaux haut de gamme et n’ont nul besoin qu’un média prétende parler à leur place. En réalité, cet article n’a rien à voir avec un journalisme sérieux, mais traduit une nostalgie d’un colonialisme inversé et une vision néo-orientaliste dépassée. Il s’agit d’une mise en scène idéologique orchestrée par un groupe d’activistes européens, utilisant les Sahraouis comme instruments d’une propagande déjà vue pour ne pas dire ridicule. L'objectif ici n’est ni la paix, ni l’autonomie réelle, mais la perpétuation d’un ressentiment artificiel, au service de leur chimère d’un État sahraoui indépendant. Un état qui n’existera jamais. Entre temps, l'équipe de tournage de "The Odyssey" , satisfaite de la qualité de l'accueil, de l'assistance et du soutien des autorités marocaines et du travail réalisé, est bel et bien rentrée aux USA à bord d'un avion Royal Air Maroc affrété pour l'occasion. Gageons que Christopher Nolan ne fera pas longtemps avant de revenir avec un autre projet et que la beauté des images de son film, pousseront d'autres grands du cinéma mondial à venir à Dakhla pour sublimer leurs œuvres prochaines.
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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April 6: The Moroccan Idea That Conquered the World... 335

April 6 is now etched into the global calendar as the International Day of Sport for Development and Peace. A celebration championed by the United Nations, echoed across all continents, and enthusiastically embraced by millions of athletes, institutions, and enthusiasts. Yet behind this worldwide recognition lies an origin that often goes unnoticed. It’s a Moroccan idea, that of Hamid Kamal Lahlou. The irony is striking. While the world fervently celebrates this day, Morocco—the birthplace of the initiative—sometimes seems to lag behind, as if hesitating to fully claim its paternity. Yes, there have been scattered initiatives and events here and there. But they fall far short of what we might have hoped for. We won’t list the few organized manifestations, so as not to ruffle feathers by omitting any. In any case, there are no major events from the sports authorities, such as the ministry, the National Olympic Committee, or the major Royal Moroccan Sports Federations. Is this simply an oversight, or a more subtle form of distancing? The question deserves to be asked, especially when you know the personality of its originator. Kamal Lahlou is not a consensual figure. Journalist, sports leader, communicator, he has established himself over decades as a singular voice in Morocco’s media and sports landscape. His career is dense: former handball player, originally a physical education teacher and inspector, committed actor in the development of national sports, he has held important responsibilities, notably within the Moroccan National Olympic Committee and the Association of African National Olympic Committees. He remains president of the Royal Moroccan Weightlifting Federation and vice-president of the Mohammed VI Sports Champions Foundation. But beyond titles and roles, it’s his words that stand out and his stance that impresses. Direct, clear, often critical, Lahlou disturbs as much as he inspires. He practices neither doublespeak nor complacency. In an environment where restraint is sometimes elevated to an implicit rule, his frankness cuts through. He points out shortcomings, challenges decision-makers, and defends a demanding vision of sport as a lever for development and national influence. This positioning has earned him as many admirers as detractors and doubtless even more denigrators. Some praise his courage and consistency, others reproach him for a tone deemed too incisive. Still others find nothing to fault him for, yet behind his back, lavish him with gratuitous reprimands. But all agree on one point: Kamal Lahlou is an incontournable figure, impossible to ignore. His patriotism admits no ambiguity. Behind every statement, every critique, emerges a clear ambition: to see the Kingdom take the place it deserves on the international sports scene. The April 6 Day fits precisely into this logic. By proposing to dedicate a date to sport as a vector for peace and development, Lahlou sought not personal legitimation, but recognition of the fundamental role sport can play in modern societies. He thus transcribed, in his own way, the royal vision of sport and the role the country can play on a universal scale in service of peace. So why this relative discretion in Morocco around this day? Is it the price to pay for free speech? The backlash of rivalries that have no place? An implicit way to marginalize a figure deemed too independent? A means to silence an ambitious voice? Or simply a deficit of collective memory? Whatever the answers, or the answer, one reality remains. April 6 is an idea born in Morocco, carried by a Moroccan, and adopted by the entire world. At a time when the country seeks to strengthen its soft power and highlight its successes, it might be time to reconcile origin and celebration. For recognizing this initiative to Kamal Lahlou is not just about honoring a man. Does he really need it? It’s rather about embracing a part of contemporary national and global sports history, and reminding that beyond infrastructure and performances, ideas too can change the world. And if it’s the Kingdom of Morocco at the origin, that’s even better.