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La prudence stratégique des monarchies du Golfe : un calcul vital face à l’Iran et aux incertitudes américaines... 46


La prudence stratégique des monarchies du Golfe : un calcul vital face à l’Iran et aux incertitudes américaines...

Les monarchies du Golfe: Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar ou Koweït, incarnent une vulnérabilité stratégique criante. Leur faible profondeur territoriale et l’étroitesse de leurs démographies respectives exposent des infrastructures vitales: aéroports, ports, raffineries, terminaux gaziers, sièges de grandes entreprises, à des frappes rapides d’ennemis potentiels de la région et d’ailleurs. L’Iran, par exemple, avec son arsenal de missiles balistiques, drones et forces navales asymétriques, le caractère belliqueux de la philosophie de son régime, peut les paralyser en un clin d’œil. L’attaque de 2019 contre les sites pétroliers d’Aramco à Abqaiq et Khurais en est la preuve irréfragable : la production saoudienne avait alors chuté de moitié. À la surprise des Saoudiens, les Américains sont restés évasifs et n’ont presque pas riposté, en tout cas, pas de manière claire et directe. Pour Riyad, ce silence fut un signal édifiant: les alliés ne sont plus infaillibles. Les accords signés peuvent rester lettres mortes par la volonté de l'une des parties, en fonction bien évidemment des intérêts du moment et des circonstances changeantes. Une méfiance croissante quoique non déclarée envers Washington s’était alors installée. Les engagements, accords et promesses n’engagent que ceux qui y croient. Depuis deux décennies, la confiance des capitales du Golfe envers les États-Unis s’effrite chaque jour un peu plus. Le retrait d’Irak en 2011, l’absence de réaction forte après les attaques de 2019 et le chaos afghan de 2021 ont gravé une leçon que les concernés ont parfaitement intégrée : Washington se désengage quand le coût monte. Cette incertitude incite donc à la prudence face à une guerre ouverte avec Téhéran. Cela risque sans doute d’être encore une fois le cas aujourd'hui, alors que la hantise d’une guerre longue et destructrice occupe tous les esprits. Les risques d’un conflit prolongé sont plus que probables. Une confrontation directe dégénérerait vite en conflit régional prolongé, à l’image de la guerre Iran-Irak (1980-1988), qui tua plus d’un million de personnes et ruina les deux belligérants. Aujourd’hui, les enjeux seraient pires : destruction des infrastructures énergétiques, fermeture du détroit d’Ormuz, effondrement des investissements étrangers et fuite des capitaux de la zone. Les dirigeants du Golfe, hantés par ces scénarios, priorisent la stabilité et courbent l’échine de façon intelligente. Depuis longtemps, ils ont fait le choix de la priorité au développement économique; un choix aujourd’hui mis à rude épreuve. Les monarchies ont pivoté vers la transformation de leurs économies respectives : Vision 2030 en Arabie saoudite, diversification aux Émirats, investissements qataris mondiaux et autres manifestations de dimensions universelles. Cela a besoin de confiance car il ne faut pas l'oublier ses économies là reposent sur la confiance en premier lieu. Une guerre prolongée menacerait le tourisme, les mégaprojets comme NEOM ou les smart cities. Pour les monarchies du Golf, La doctrine est claire : la stabilité régionale prime sur les affrontements idéologiques. Ce virage s’incarne dans la réconciliation sino-médiée de 2023 entre Riyad et Téhéran, visant à réduire les tensions et à épargner les territoires du Golfe, qui refusent de devenir des champs de bataille indirects. Aujourd'hui quoique menacées, bombardées, provoquées, les monarchies du Golf manifestent intelligemment leur **Refus** d’être entraînées dans un conflit qu'elles n'ont pas décidé. Du moins jusqu'ici, car tous peut basculer à un moment ou un autre. Malgré des coopérations discrètes en matière de sécurité, les pays du Golfe **refusent d’être entraînés dans un conflit au profit d’Israël**. Ce dernier jouit d’une supériorité militaire et nucléaire, mais les ripostes iraniennes frappent aussi et surtout prioritairement les bases et infrastructures économiques et civils arabes. Les coûts retombent sur les Arabes, pas sur Tel-Aviv. Les dirigeants des pays concernés ont appris la leçon. Ils ont vu ce qu'est advenu l’Irak, la Syrie, la Libye et le Yémen, où ces guerres par procuration entre puissances ont laissé des États exsangues, soulignant les pièges qu’induit fatalement l’embrasement. Dans ces dynamiques, le **Maroc allié stratégique et très écouté des pays du Golf,** émerge comme un acteur de désescalade. **Sous l’impulsion du roi Mohammed VI, la voix modératrice du Maroc prône la stabilité régionale, des solutions diplomatiques et la coopération Sud-Sud pour favoriser la reconstruction politique et les échanges économiques.** C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier les contacts permanents de Sa Majesté avec les sultans et émirs de la région. C'est effectivement **un calcul lucide** alors que le Maroc est l'un des rares de la région à avoir volontairement coupé court à toutes relations avec les Mollahs depuis déjà longtemps. **La prudence des États du Golfe transcende la simple méfiance envers les États-Unis. Elle découle d’un calcul perspicace qui met en équation la vulnérabilité face à l’Iran, la fiabilité américaine incertaine, le risque d’une guerre ruineuse et la primauté du développement.** Leur mantra ? Éviter à tout prix de devenir le théâtre d’affrontements entre puissances régionales et autres lointaines. C’est ainsi qu’il faut comprendre leur réserve et leur refus de riposter de manière impulsive. Avoir les nerfs à fleur de peau n’est pas ce qu’il faut. Ce pendant les choses peuvent changer si l’Iran ne revient pas à la raison et laisse en paix une région qui, même hostile sur le plan idéologique, ne va jamais aller jusqu’à l’attaquer. Elle n’en aura jamais les moyens sans alliés potentiels et n’a aucun intérêt à le faire avec l’aide d’autres parties. Une telle situation serait ruineuse pour toute la région y compris l'Iran; une éventualité que personne ne doit souhaiter, apparemment.

La prudence stratégique des monarchies du Golfe : un calcul vital face à l’Iran et aux incertitudes américaines...

Les monarchies du Golfe: Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar ou Koweït, incarnent une vulnérabilité stratégique criante. Leur faible profondeur territoriale et l’étroitesse de leurs démographies respectives exposent des infrastructures vitales: aéroports, ports, raffineries, terminaux gaziers, sièges de grandes entreprises, à des frappes rapides d’ennemis potentiels de la région et d’ailleurs. L’Iran, par exemple, avec son arsenal de missiles balistiques, drones et forces navales asymétriques, le caractère belliqueux de la philosophie de son régime, peut les paralyser en un clin d’œil. L’attaque de 2019 contre les sites pétroliers d’Aramco à Abqaiq et Khurais en est la preuve irréfragable : la production saoudienne avait alors chuté de moitié. À la surprise des Saoudiens, les Américains sont restés évasifs et n’ont presque pas riposté, en tout cas, pas de manière claire et directe. Pour Riyad, ce silence fut un signal édifiant: les alliés ne sont plus infaillibles. Les accords signés peuvent rester lettres mortes par la volonté de l'une des parties, en fonction bien évidemment des intérêts du moment et des circonstances changeantes. Une méfiance croissante quoique non déclarée envers Washington s’était alors installée. Les engagements, accords et promesses n’engagent que ceux qui y croient. Depuis deux décennies, la confiance des capitales du Golfe envers les États-Unis s’effrite chaque jour un peu plus. Le retrait d’Irak en 2011, l’absence de réaction forte après les attaques de 2019 et le chaos afghan de 2021 ont gravé une leçon que les concernés ont parfaitement intégrée : Washington se désengage quand le coût monte. Cette incertitude incite donc à la prudence face à une guerre ouverte avec Téhéran. Cela risque sans doute d’être encore une fois le cas aujourd'hui, alors que la hantise d’une guerre longue et destructrice occupe tous les esprits. Les risques d’un conflit prolongé sont plus que probables. Une confrontation directe dégénérerait vite en conflit régional prolongé, à l’image de la guerre Iran-Irak (1980-1988), qui tua plus d’un million de personnes et ruina les deux belligérants. Aujourd’hui, les enjeux seraient pires : destruction des infrastructures énergétiques, fermeture du détroit d’Ormuz, effondrement des investissements étrangers et fuite des capitaux de la zone. Les dirigeants du Golfe, hantés par ces scénarios, priorisent la stabilité et courbent l’échine de façon intelligente. Depuis longtemps, ils ont fait le choix de la priorité au développement économique; un choix aujourd’hui mis à rude épreuve. Les monarchies ont pivoté vers la transformation de leurs économies respectives : Vision 2030 en Arabie saoudite, diversification aux Émirats, investissements qataris mondiaux et autres manifestations de dimensions universelles. Cela a besoin de confiance car il ne faut pas l'oublier ses économies là reposent sur la confiance en premier lieu. Une guerre prolongée menacerait le tourisme, les mégaprojets comme NEOM ou les smart cities. Pour les monarchies du Golf, La doctrine est claire : la stabilité régionale prime sur les affrontements idéologiques. Ce virage s’incarne dans la réconciliation sino-médiée de 2023 entre Riyad et Téhéran, visant à réduire les tensions et à épargner les territoires du Golfe, qui refusent de devenir des champs de bataille indirects. Aujourd'hui quoique menacés, bombardés, provoqués, les monarchies du Golf manifeste intelligemment leur **Refus** d’être entraînés dans un conflit qu'ils n'ont pas décidés. Du moins jusqu'ici car tous peut basculer à un moment ou un autre. Malgré des coopérations discrètes en matière de sécurité, les pays du Golfe **refusent d’être entraînés dans un conflit au profit d’Israël**. Ce dernier jouit d’une supériorité militaire et nucléaire, mais les ripostes iraniennes frappent aussi et surtout prioritairement les bases et infrastructures économiques et civils arabes. Les coûts retombent sur les Arabes, pas sur Tel-Aviv. Les dirigeants des pays concernés ont appris la leçon. Ils ont vu ce qu'est advenu l’Irak, la Syrie, la Libye et le Yémen, où ces guerres par procuration entre puissances ont laissé des États exsangues, soulignant les pièges qu’induit fatalement l’embrasement. Dans ces dynamiques, le **Maroc allié stratégique et très écouté des pays du Golf,** émerge comme un acteur de désescalade. **Sous l’impulsion du roi Mohammed VI, la voix modératrice du Maroc prône la stabilité régionale, des solutions diplomatiques et la coopération Sud-Sud pour favoriser la reconstruction politique et les échanges économiques.** C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier les contacts permanents de Sa Majesté avec les sultans et émirs de la région. C'est effectivement **un calcul lucide** alors que le Maroc est l'un des rares de la région à avoir volontairement coupé court à toutes relations avec les Mollahs depuis déjà longtemps. **La prudence des États du Golfe transcende la simple méfiance envers les États-Unis. Elle découle d’un calcul perspicace qui met en équation la vulnérabilité face à l’Iran, la fiabilité américaine incertaine, le risque d’une guerre ruineuse et la primauté du développement.** Leur mantra ? Éviter à tout prix de devenir le théâtre d’affrontements entre puissances régionales et autres lointaines. C’est ainsi qu’il faut comprendre leur réserve et leur refus de riposter de manière impulsive. Avoir les nerfs à fleur de peau n’est pas ce qu’il faut. Ce pendant les choses peuvent changer si l’Iran ne revient pas à la raison et laisse en paix une région qui, même hostile sur le plan idéologique, ne va jamais aller jusqu’à l’attaquer. Elle n’en aura jamais les moyens sans alliés potentiels et n’a aucun intérêt à le faire avec l’aide d’autres parties. Une telle situation serait ruineuse pour toute la région y compris l'Iran; une éventualité que personne ne doit souhaiter, apparemment.