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Quand l’Algérie persiste à naviguer à contre-courant de l’histoire... 2118

Qu’est-ce qui a donc piqué le président algérien pour que, dans son dernier discours devant le Parlement, il choisisse de s’installer résolument à rebours du sens de l’histoire et des dynamiques internationales actuelles ? Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a, de facto, tranché la question du Sahara marocain en consacrant l’option d’une **autonomie sous souveraineté marocaine**, le chef de l’État algérien continue de ressasser les vieux éléments de langage : *« peuple sahraoui spolié », « référendum d’autodétermination »*, comme si le temps à Alger, s’était figé dans les années 1980. Dans son propos, le droit international est invoqué… puis ignoré. Le paradoxe, pour ne pas dire l’incohérence, est d’autant plus frappant que le président algérien invoque le **droit international**, tout en feignant d’ignorer que c’est précisément le Conseil de sécurité qui en est l’un des principaux interprètes et producteurs normatifs. Or, le droit a parlé. Les résolutions successives du Conseil de sécurité ont abandonné depuis longtemps toute référence à un référendum devenu impraticable, irréaliste et politiquement caduc. À sa place, une solution politique, pragmatique et durable a émergé : **l’autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine**. Cette évolution n’est ni accidentelle ni conjoncturelle. Elle est le fruit d’un constat partagé au sein de la communauté internationale : le territoire du Sahara est historiquement, juridiquement et politiquement partie intégrante du Royaume du Maroc. Et pour tenir compte de la sensibilité algérienne, pays qui a investi des dizaines de milliards de dollars depuis près d’un demi-siècle dans ce conflit artificiel, le Conseil de sécurité a, en quelque sorte, « coupé la poire en deux » en validant une large autonomie régionale, sans remettre en cause la souveraineté marocaine. On pensait alors donner une sortie honorable à Alger. Elle ne l'a pas saisie. Une Algérie isolée face à un réalignement global. En persistant dans cette posture, l’Algérie ne défie pas le Maroc : elle **nargue les grandes puissances**. Les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, plusieurs pays d’Europe centrale, de nombreux États africains et arabes ont clairement ou implicitement rallié la position marocaine. Certains l’assument ouvertement, d’autres, pour des raisons historiques, idéologiques ou de politique intérieure, avancent plus prudemment. C'est le cas de la Russie et de la Chine qui n'ont pas voté contre la dernière résolution du Conseil de sécurité. Mais tous agissent en conséquence : ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla, accords économiques, investissements massifs, partenariats stratégiques avec Rabat. Pendant ce temps, l’Algérie s’enferme dans une **diplomatie de déni**, incapable de lire les rapports de force réels. À l’heure où le Maroc s’impose comme un hub africain, atlantique et euro-méditerranéen, Alger souffle sur les braises d’un conflit qui ne mobilise plus personne, sinon elle-même et quelques relais idéologiques résiduels ridicules. Un régime d'un autre temps, face à une population en souffrance, est aux commandes à Alger. Certains mots utilisés maladroitement par le président et sa mimique sont en fait des insultes adressés ouvertement à beaucoup de pays et non des moindres, à ceux qui soutiennent la position du Maroc. Plus inquiétant encore est le **décalage abyssal** entre ce discours idéologique et la réalité vécue par la population algérienne. Le régime militaire semble évoluer sur une autre planète. Le président paraît hors sol, déconnecté des préoccupations quotidiennes d’un peuple meurtri par des pénuries à répétition : denrées de première nécessité, médicaments, pneus, produits de base. Dans un pays pourtant riche en hydrocarbures ou la gestion économique et sociale frôle l’absurde et la manipulation des chiffres un sport national. La question se pose alors avec acuité : **à qui profite cette obstination chronique ?** Certainement pas aux Algériens. Elle sert avant tout à perpétuer un système politique qui a besoin d’un ennemi extérieur pour masquer ses échecs internes à répétition, justifier la mainmise de l’armée sur le pouvoir et détourner l’attention d’une crise structurelle profonde. Il faut coute que coute cacher la véritable Algérie; celle cernée sur le plan régional. les signaux à ce niveau sont tout aussi préoccupants. Accusée par plusieurs pays du Sahel de contribuer à leur déstabilisation, directement ou indirectement, l’Algérie se retrouve progressivement **encerclée diplomatiquement**. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ne cachent plus leur défiance à l’égard d’Alger. A cela s'ajoute la rupture totale avec le Maroc, les relations avec l’Espagne durablement affectées. L’influence algérienne en Afrique recule, au moment même où le Royaume chérifien y consolide ses positions économiques, religieuses et sécuritaires. Quelles conséquences immédiates alors ? À moyen terme, ce positionnement risque d’avoir des conséquences lourdes : * **Isolement diplomatique accru**, * **Perte de crédibilité internationale**, * **Affaiblissement de la voix algérienne dans les forums multilatéraux**, * **Aggravation du malaise social interne**, * Et, paradoxalement, **renforcement de la légitimité de la position marocaine**. L’histoire montre que les conflits artificiels finissent toujours par se retourner contre ceux qui les instrumentalisent. En refusant d’accepter la réalité du dossier du Sahara, l’Algérie ne retarde pas la solution : elle retarde sa propre normalisation politique et régionale. Elle diffère aux calendes grecques sa sortie de crise et son développement. Le dossier du Sahara est désormais clos sur le plan stratégique, même s’il reste ouvert sur le plan rhétorique pour Alger. Continuer à s’y accrocher relève moins de la conviction que de l’aveu d’impuissance. À force de naviguer à contre-courant, le régime algérien risque de se retrouver seul, échoué sur les rives d’un passé révolu, pendant que la région avance sans lui. Une explication tout de même à cette sortie hasardeuse précipitée du président algérien: le grand succès de la Coupe d'Afrique des Nations de Football au Maroc. La réussite du Royaume et le satisfecit général, semble irriter le régime algérien qui ne trouve rien à répondre à ses ressortissants s'étant rendus sur place et ayant de visu constaté l'étendue, la maladresse et la bêtise de la propagande que leur fait subir le régime militaire. Certains n'hésitent pas à conclure que le Maroc avaient pris une avance de 50 ans sur leur pays. Quoi qu'il en soit, le Maroc officiel ne répondra certainement pas aux propos du président algérien. Le Royaume est dans son droit, consacré par la communauté internationale. Il poursuit son petit bonhomme de chemin se développant chaque jour un peu plus et engrangeant succès après succès.
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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Royaume du Maroc : vers la reconquête d’une grandeur suspendue, non perdue... 15

De la rupture géopolitique du XVIIIe siècle à la recomposition stratégique du XXIe: le Royaume du Maroc se réveille, se retrouve et s'affirme. L’histoire du Maroc défie les récits simplistes d’ascensions et de déclins internes. Elle révèle une continuité profonde, interrompue seulement par des mutations mondiales imposées. La fin du XVIIIe siècle ne signe pas dans ce cas-ci un effondrement civilisationnel, mais une marginalisation systémique due à un virage raté vers l’industrialisation et la modernité. Un projet rejeté par les élites religieuses et une société majoritairement conservatrice, exacerbé par les luttes internes entre traditionalistes dominants et modernistes minoritaires. Cela va impacter l'évolution du pays et va la freiner. Cette « chute » reste relative. Elle découle d’une mutation globale, non d’un déclin intrinsèque uniquement. Sans aller plus loin dans l'histoire, sous Moulay Ismaïl et ses successeurs, le Maroc rayonnait comme puissance structurante, contrôlant les routes transsahariennes vitales, exerçant une influence au Sahel et captant une part significative du commerce vers l'Europe. Ses ambassades étaient partout. L’essor de l’Europe industrielle va bouleverser cet équilibre. La domination maritime, le contournement des caravanes sahariennes et la pression coloniale vont redessiner le monde à une échelle que le Royaume ne maîtrisera pas, ne sentira pas venir ou subira impuissant. Mais le Maroc ne décline pas ; le système-monde évoluera simplement sans lui. Cette distinction est cruciale. Pour l'affaiblir durablement, dans une tentative de le paralyser, de l'handicaper à jamais, le Maroc avait été saucissonné, partagé entre deux puissances coloniales. Il ne perdra la dernière partie de son territoire historique, légitime, que dans les années cinquante. Contrairement aux empires Ottoman ou Persan, rongés par des faiblesses internes, le Maroc demeure cohérent, prêt à se réinsérer dès que les équilibres changent. Immédiatement à son indépendance il ne tardera pas à entamer une vraie lutte pour reprendre la place historique, naturellement la sienne. Signe important de grandeur, c'est sur son territoire que les alliés avaient scellé le pacte de la lutte finale contre les nazis... en présence du Sultan Mohamed Benyoussef et de Moulay Elhassan qui rencontrait ainsi tous les grands d'alors. Le protectorat franco-espagnol (1912-1956) a désarticulé les réseaux africains traditionnels du pays et orienté l’économie vers la dépendance. Pourtant, la monarchie alaouite survit, l’État reste structuré et la légitimité chérifienne intacte. Cette résilience, rare chez les nations colonisées, préserve une continuité historique unique. La relation entre le peuple et la dynastie régnante est à toute épreuve. C'est là le socle d’une reconquête inéluctable. Aujourd’hui, une convergence inédite de facteurs internes et externes referme cette parenthèse. Le Maroc réactive sa vocation impériale au sens géopolitique, non par la domination, mais plutôt par une coopération stratégique. Depuis l’intronisation de Sa Majesté Mohammed VI en 1999, le Royaume inverse la tendance sur trois fronts majeurs. * D'abord par le retour en Afrique en ravivant les racines ancestrales. Le Maroc investit massivement en Afrique de l’Ouest (banques, télécoms, agriculture...). Il consolide une diplomatie religieuse et se positionne comme pont vers le continent. Ce rôle ancestral, tenu sous les Alaouites, renaît sous une forme moderne basée sur la coopération et la complémentarité pour un développement partagé. * Le Royaume engrange victoire après l'autre au plan diplomatique. C'est simplement décisif pour l'intégrité du pays par le recouvrement de territoires spoliés. La reconnaissance croissante de la souveraineté sur les provinces du Sud avec les États-Unis (2020), l'Espagne (2022), la France (2024), la quasi-totalité des pays arabes, la majorité des pays d'Europe et des pays africains et l’ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla, transforment une posture défensive en offensive. « Le Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international », déclarait le souverain le 20 août 2022. Le Royaume impose désormais son agenda régional. * Le Maroc assume une centralité géostratégique globale : partenariats avec les États-Unis (statut d’allié majeur non-OTAN depuis 2004), coopération sécuritaire européenne, diversification des partenariats et ancrage africain en font un pivot Afrique-Atlantique-Méditerranée. Tanger Med, 16e hub logistique mondial en 2025, en est la preuve ; Dakhla Atlantique, opérationnel d’ici 2027, ouvrira l’autre façade atlantique. Ce n'est pas une vue de l'esprit en fait que de vouloir retrouver ses fondamentaux. Le Royaume a justement tous les atouts pour assumer ce qu'il est et ce qu'il entend devenir. Il l'a déjà été des siècles pour ne pas dire des millénaires durant. Les fondations internes du pays sont solides. Celles historiques comme celles modernes. C'est le plus ancien État-Nation au monde. La stabilité monarchique, la continuité institutionnelle et des projets phares ( Coupe du Monde de football, TGV, Energie solaire, Ecosystème industriel performant, Réseau autoroutier dans le top 20 mondial, Réseau portuaire) forgent un socle véritable de développement. Le Maroc dispose donc d’outils modernes à toute épreuve pour projeter son influence. Cette renaissance crédible et accélérée repose sur trois dynamiques convergentes : 1. **Basculement vers l’Afrique** : La démographie explosive (2,5 milliards d’habitants d’ici 2050) du continent, les ressources naturelles et les marchés émergents confortent et expliquent le choix du Maroc qui y est déjà leader avec 1 200 projets d’investissement. 2. **Crise des rivaux** : L'instabilité sahélienne avec pour exemple les récents développements au Mali notamment, les échecs idéologiques algériens (dépendance gazière, isolement diplomatique) isolent les concurrents ; le Maroc offre une alternative crédible, stable et pragmatique. 3. **Continuité historique** : le royaume ne «devient» pas puissance ; il redevient centre politique, hub commercial et catalyseur d'investissement, comme il l'a toujours été par le passé. Il s'agit donc d'un simple alignement historique total, adossé à une vision claire et des moyens mobilisés et dirigés vers le développement de la région et partant du continent du futur qu'est l'Afrique. Parler de «grandeur perdue» est une erreur. Elle fut freinée par des mutations mondiales, figée par la colonisation, contenue par des équilibres régionaux imposés de l'extérieur. Aujourd’hui, le contexte international, la stabilité interne et la stratégie extérieure s’alignent pour la première fois depuis au moins les années 1800. **Le Maroc ne revient pas sur la scène de l’histoire: il sort simplement d’un moment où l’histoire s’écrivait sans lui.** Il entend aujourd'hui retrouver sa place naturelle avec une perspective de co-développement au profit des Africains là où ils sont.