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Les décès en compétitions sportives : entre l’extrême et le scolaire. part1 2074

Résumé de l’article Le décès sur les terrains de sport, bien que rare, constitue une réalité préoccupante. Il touche aussi bien des sportifs professionnels que des élèves lors de cours d’Éducation physique et sportive (EPS). Les causes les plus fréquentes sont d’origine cardiaque (anomalies congénitales, troubles du rythme, myocardite), aggravées par l’effort intense, l’environnement ou l’absence de prise en charge rapide. Dans les écoles, le risque est accru par le manque de dépistage médical préalable, l’insuffisance d’équipements de secours (comme les défibrillateurs), et une faible culture de la prévention. Des cas récents au Maroc, notamment à Agadir et Meknès, rappellent l’urgence d’agir. L’article recommande : - Un dépistage médical systématique avant toute activité physique, - La formation des enseignants aux gestes de premiers secours, - L’installation d’équipements d’urgence dans les établissements, - Des protocoles clairs pour adapter les séances d’EPS à l’état de santé des élèves, - Une meilleure transparence et un suivi des incidents. Dans le contexte marocain, à l’aube de la CAN 2025 et du Mondial 2030, faire du sport un espace sûr et inclusif est une priorité de santé publique. Introduction Le sport incarne la vitalité, l’effort, le dépassement de soi. Pourtant, dans des circonstances tragiques devenues parfois médiatisées, des sportifs — même de haut niveau — ou des élèves en séance d’EPS s’effondrent, victimes de crises cardiaques, de problèmes physiologiques ou d’accidents. Ces événements rappellent les limites biologiques, mais surtout les lacunes de prévention, de surveillance et d’encadrement. Dans les sociétés où le sport occupe une place importante — et plus encore au Maroc, porté par ses ambitions sportives (organisation de la CAN 2025, co‑organisation du Mondial 2030) — il importe de questionner les garanties offertes aux pratiquants, y compris les élèves. Cet article explore d’abord les décès dans les contextes sportifs professionnels ou amateurs, puis s’intéresse aux cas survenus dans l’EPS, avant de décliner ces problématiques dans le contexte marocain. Les questions centrales sont : quelles sont les causes les plus fréquentes de ces décès ? Dans quelle mesure le cadre scolaire est-il exposé à ces risques ? Et quelles mesures de prévention sont raisonnablement applicables, particulièrement au Maroc ? Problématique Dans quelle mesure le phénomène de décès subit en contexte sportif (compétition / entraînement) constitue-t-il une alerte pour la sécurité dans les cours d’EPS, et comment adapter les dispositifs préventifs à la réalité marocaine ? Hypothèses 1. La majorité des décès subits chez les sportifs est d’origine cardiaque (anomalies structurelles ou rythmiques non diagnostiquées). 2. Le contexte scolaire (moins de contrôle médical systématique, encadrement parfois limité) expose davantage les élèves aux risques lors des séances d’EPS. 3. Au Maroc, en l’absence d’un système systématique de dépistage, les décès dans les cours d’EPS sont sous-déclarés, mais des cas récents montrent que le risque est réel. 4. L’adoption de protocoles médicaux obligatoires, de formation des enseignants et de matériels de secours (défibrillateurs, etc.) peut réduire significativement ces incidents. 1. Décès en contexte sportif : état général a. Données et fréquence - Une revue clinique sur les « sudden deaths in young competitive athletes » recense des cas répartis selon les sports. [1] - En football, on recense en moyenne 12,2 décès par an, soit environ 1 pour 100 000 participants, combinant décès directs (traumatiques) et indirects (cardiaques) [2] . - Certains sports extrêmes (ultramarathon, conditions environnementales extrêmes) sont aussi liés à des accidents massifs, comme le drame de l’ultramarathon du Gansu en Chine où 21 participants sont morts en 2021 à cause d’hypothermie et d’une forte tempête soudaine. [3] b. Principales causes identifiées - Anomalies cardiaques structurelles ou congénitales, souvent non détectées (cardiomyopathie hypertrophique, anomalies coronariennes). - Troubles du rythme cardiaque, pouvant déclencher une fibrillation ventriculaire. - Myocardite, inflammation cardiaque, notamment après infections virales. - Coup direct thoracique (commotio cordis) dans certains sports de contact. - Hyperthermie / coup de chaleur, surtout dans des conditions de terrain chaud et d'humidité élevée. - Rhabdomyolyse sévère, déséquilibre électrolytique, usage de substances dopantes ou stimulantes. - Retard d’intervention, absence d’équipement de secours (défibrillateur, personnel formé). c. Cas célèbres et leçons - Le cas d’athlètes qui s’effondrent en match ou à l’entraînement souligne l’importance du dépistage. Quelques cas documentés : - Réda Saki : défenseur, s’est effondré sur un terrain lors d’un match du Championnat amateur. Il est décédé à l’hôpital après l’incident. [7] - Youssef Belkhouja : joueur du Wydad Casablanca, mort subitement pendant une demi-finale de la Coupe du Trône. [7 - D’autres noms cités dans la presse : Jaouad Akdar (Hassania Agadir), Adil Etakradi (Olympique Khouribga) lors d’entraînements ou matchs. - Dans le monde scolaire, bien que les cas soient plus rares, des décès d’élèves pendant une séance d’EPS ont été médiatisés dans plusieurs pays : au Sénégal, une élève de 4ᵉ est décédée suite à une crise cardiaque pendant un cours d’EPS. [4] - Au Maroc, récemment, deux élèves sont décédés après des malaises survenues pendant une séance d’EPS dans les provinces d’Agadir et Meknès. [5] 2. Décès dans les cours d’éducation physique : particularités et vulnérabilités a. Contexte scolaire : caractéristiques - Les cours d’EPS se déroulent souvent dans des conditions moins contrôlées que les compétitions : ressources limitées pour le suivi médical, absence de dispositifs de secours, gestion des classes, contraintes d’infrastructure. - La population scolaire est plus hétérogène (divers niveaux de condition physique, antécédents non détectés). b. Cas documentés - Les cas marocains mentionnés ci-dessus montrent que le drame peut survenir en milieu éducatif. L’absence de preuves systématiques suggère que certains incidents restent anonymes ou non médiatisés. - Dans d’autres pays africains ou francophones, des décès en cours d’EPS ont ravivé le débat sur la nécessité de la visite médicale obligatoire avant la pratique physique. c. Risques spécifiques - Effort inadapté à l’état physiologique de l’élève (mauvaise condition physique, pathologies non connues). - Absence de détection préalable des facteurs de risque (cardiopathies, antécédents familiaux). - Mauvaise gestion des conditions environnementales (chaleur, humidité, terrain). - Délai de secours trop long, manque de défibrillateurs, personnel non formé aux premiers secours.
Abdellatif Chourafi Abdellatif Chourafi

Abdellatif Chourafi

Abdellatif Chourafi Inspecteur coordonateur central à la retraite Ex : Chef de division de l’organisation des manifestations sportives scolaires Secrétaire général de la Fédération royale marocaine du sport scolaire Membre de la Commission nationale du sport de haut niveau


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Morocco and the Trust Economy: The Invisible Capital of Development... 551

In the economic history of nations, some assets are visible, such as natural resources, geographical position, infrastructure, or market size. Others, however, are invisible but often decisive. Among them, trust holds a central place and constitutes the true cement of sustainable economies. An economy can survive with few natural resources, but it cannot prosper sustainably without trust. Morocco today has many assets: remarkable political stability, a strategic position, world-class infrastructure, and active economic diplomacy. Yet, the decisive step in development now consists of building a true trust economy, capable of sustainably reassuring citizens, entrepreneurs, and investors. This is not a slogan. Trust is an institutional and cultural architecture that is built over time. It is the primary capital of a modern economy and a determining factor. It reduces transaction costs, encourages investment, facilitates innovation, and stimulates individual initiative. When an entrepreneur knows that the rules of the game are stable, that contracts will be respected, and that justice is swift and independent, he invests more easily. When a citizen trusts the tax administration and institutions, he more willingly accepts taxes and participates in the formal economy. Conversely, a lack of trust generates precautionary behaviors: capital flight, informality, low long-term investment. The economy then becomes cautious, fragmented, and inefficient. For Morocco, the central question is therefore not only to attract investments, but to create an environment where trust becomes a collective reflex. It would be unfair not to recognize the considerable progress made over the past decades. The foundations are solid. The country has massively invested in infrastructure: Tanger Med is today one of the world's most important logistics hubs. Nador and Dakhla are coming soon. Industrial zones have enabled the emergence of high-performing sectors, in the automotive industry with Renault Group and Stellantis, and in aeronautics with Boeing, Airbus, and Safran. The country's ambition in energy transition is exemplary. This shows that it is capable of carrying out structuring projects and offering a stable macroeconomic environment. However, the next step in development requires a qualitative leap: moving from an opportunity economy to a trust economy with a determining role for the rule of law. Trust first rests on the solidity of institutions. For investors as for entrepreneurs, the predictability of rules is a decisive element. Laws must be stable, readable, and applied equally, with three particularly crucial dimensions: **The independence and efficiency of justice** A swift, accessible, and credible justice system is the keystone of any trust economy. Commercial disputes must be resolved within reasonable timeframes. Judicial decisions must be enforced without ambiguity. Legal security is often the primary factor of attractiveness. **Fiscal stability** Investors do not necessarily expect very low tax rates; they primarily seek stability and readability. Predictable taxation allows companies to plan investments over the long term. Morocco has already undertaken several major tax reforms, but the challenge now is to go further and consolidate a clear and durable fiscal pact. **The fight against rents and privileges** Trust disappears when the rules of the game seem unequal. A dynamic economy relies on fair competition and equal opportunities. Transparency in public markets, competition regulation, and limiting rent situations are essential levers. A trust economy is also an economy of freedom, capable of unleashing entrepreneurial energy. The freedom to enterprise, innovate, and experiment is one of the fundamental engines of growth. Morocco has a talented youth, competent engineers, and an influential diaspora. However, several obstacles remain: administrative complexity, access to financing for SMEs, slowness of certain procedures. The challenge is to create an environment where individual initiative becomes the norm rather than the exception. Moroccan startups in fintech, artificial intelligence, or agricultural technologies already demonstrate the country's potential. With a more fluid ecosystem, they could become tomorrow's economic champions. In a world marked by geopolitical uncertainty and economic recompositions, trust also becomes a comparative advantage. If Morocco manages to position itself as a country where rules are stable, justice reliable, and administration predictable, it could become one of the main investment platforms between Europe and Africa. This ambition aligns with the Kingdom's African strategies and its growing international openness. Trust could thus become Morocco's true economic hallmark. Several strategic orientations deserve to be prioritized: - Accelerate the modernization of the judicial system, particularly in handling commercial disputes and enforcing judicial decisions. - Radically simplify administrative procedures for businesses through complete digitalization of public services. - Establish multi-year fiscal stability to enhance visibility. - Promote transparency and fair competition in all economic sectors. - Strengthen training and valorization of human capital, particularly in technological and scientific fields. - Develop a culture of trust between the State, businesses, and citizens. This dimension is often overlooked, yet it constitutes the invisible foundation of development. Morocco finds itself today at a pivotal moment in its economic history. The infrastructure is in place, strategic ambitions are affirmed, and the international environment offers new opportunities. The next step therefore consists of building a sustainable trust ecosystem. If Morocco succeeds in this gamble, and it must, it could not only accelerate its development but also become one of the most credible and attractive economies in the emerging world. In the 21st-century global economy, trust is undoubtedly the rarest and most powerful capital.