Pensez le Futur.

GERIATRIE : LA NUTRITION FACE AU VIEILLISSEMENT PHYSIOLOGIQUE DES PERSONNES ÂGÉES - PARTIE 1 3509

«QUAND ON AVANCE EN ÂGE, MIEUX VIVRE C’EST MIEUX SE NOURIR» L’équilibre nutritionnel de la personne âgée (PA) est plus précaire car tributaire de modifications physiologiques et de l’émergence de pathologies. Les personnes âgées ont tendance par ailleurs à diminuer leur apport alimentaire sans que leurs besoins énergétiques ne soient réduits : leurs réserves étant amoindries, tout incident rompt un équilibre déjà précaire et la dénutrition fait son apparition. L'IMPACT DU VIELLISSEMENT PHYSIOLOGIQUE SUR LA NUTRITION Avec l’âge, l’altération des perceptions des odeurs et du goût stimule moins l’appétit : la capacité discriminative s’affaiblit d’où une difficulté à identifier les aliments ; le seuil de détection des 4 saveurs de base augmente (multiplié par 11,6 pour le salé, 7 pour l’amer, 4,3 pour l’acide et 2,7 pour le sucré). Près de 400 médications (anti-inflammatoires, antidiabétiques oraux, inhibiteurs de l’enzyme de conversion…), des carences en zinc ou en vitamine B3, la cirrhose du foie ou la déshydratation perturbent le goût. La malnutrition aggrave ces déficiences, ralentissant ainsi le renouvellement cellulaire indispensable à la régénération des acteurs sensoriels. La perte d’appétit découle aussi d’une sénescence des glandes salivaire. Les aliments n’étant plus correctement imbibés, les molécules porteuses de saveurs appétissantes sont moins actives. De plus, la dégradation dentaire et la prédilection pour des aliments plus liquides diminuent les mouvements masticatoires ce qui va encore réduire cette sécrétion. La sécheresse buccale (xérostomie) est alors fréquente, exacerbée par de nombreux médicaments (diurétiques, benzodiazépines, antihistaminiques…), elle va favoriser les caries dentaires, les mycoses buccales et œsophagiennes, occasionnant des brûlures lors de l’ingestion et, in fine, gênant l’élocution et la déglutition. La muqueuse gastrique, en s’atrophiant, sécrète moins d’acide chlorhydrique, d’où une pullulation bactérienne consommatrice de nutriments (folates) et un retard à l’évacuation gastrique de 2 à 3 fois plus long, qui prolonge la phase d’anorexie post-prandiale. L’accélération plus importante chez la PA du transfert du chyme de la partie supérieure de l’estomac (le fundus) à la partie inférieure (l’antre) avec une distension précoce de cette dernière joue par ailleurs un rôle prépondérant dans le sentiment précoce de satiété. Un peptide, le CCK sérique (cholecystokime -pancreozymine), produit par le duodénum au cours du repas, stimule la sécrétion par le pancréas de la trypsine qui inhibe en retour la sécrétion de CCK. L’insuffisance pancréatique exocrine, liée à l’âge ou aggravée par une dénutrition, lève ce rétrocontrôle, d’où une production accrue de CCK à l’origine elle aussi d’une satiété précoce. La survenue plus fréquente chez la PA d’ulcères et de gastrites chroniques, en liaison avec une incidence plus élevée d’infection par Hélicobacter pylori, renforce encore le risque anorexique. Le vieillissement musculaire et la diminution du capital musculaire (sarcopénie) est un phénomène presque inéluctable qui commence à 40 ans pour l’homme contre 50 ans pour la femme. La perte -de 3 à 8 % tous les dix ans- s’accélère après 60 ans et réduit la musculature à 17% du poids du corps à 70 ans contre 30% à 30 ans. La composition en fibres du muscle se modifie : les fibres de type II, ou fibres blanches, à contraction rapide, mais peu résistantes à la fatigue, s’atrophient ; les fibres de type I ou fibres rouges, à contraction lente, générant peu de force, mais une forte endurance, sont moins affectées et leur densité serait même plus importante. Outre cette réduction de la force musculaire malgré une certaine préservation de l’endurance, le système nerveux contrôle moins bien ces contractions. Plusieurs facteurs génétiques, médicamenteux, nutritionnels ainsi que l’augmentation des cytokines (état inflammatoire provenant de l’accroissement de la masse grasse) conditionnent l’apparition de cette sarcopénie. Les hormones sexuelles joueraient aussi un rôle dans le contrôle de l’appétit au cours du vieillissement. La diminution des taux circulants de testostérone observée au moment de l’andropause induirait la perte d’appétit chez l’homme âgé et précipiterait le développement de la sarcopénie. À l’inverse, la réduction de sécrétion des œstrogènes à la ménopause protégerait les femmes de cette perte. Les répercussions de la sarcopénie sont considérables : risques infectieux par baisse des réserves protéiques nécessaires aux défenses immunitaires, chutes et fractures éventuelles compromettant l’autonomie de la PA… Un moindre volume musculaire expose aussi la PA aux troubles de la thermorégulation, la baisse de l’intensité du frissonnement qui en découle rendant la PA plus démunie face à l’exposition au froid. Dr MOUSSAYER KHADIJA الدكتورة خديجة موسيار Spécialiste en médecine interne et en Gériatrie en libéral à Casablanca. Présidente de l’Alliance Maladies Rares Maroc (AMRM) et de l’association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS), Vice-présidente du Groupe de l’Auto-Immunité Marocain (GEAIM) - REFERENCE MOUSSAYER KHADIJA Doctinews N° 25 Août/Septembre 2010, ACTUALISATION JUIN 2024 - POUR EN SAVOIR PLUS : La plupart des personnes âgees souffrent de maladies chronique le plus souvent d'origine auto-immune Les maladies auto-immunes résultent d’un dysfonctionnement du système immunitaire, censé nous protéger des agressions extérieures, qui va le conduire à s’attaquer à notre propre organisme. Elles constituent un important problème de santé publique du fait de leur poids économique et humain : 3ème cause de morbidité dans le monde après les maladies cardiovasculaires et les cancers, elles touchent en effet près de 10 % de la population mondiale et occupent le deuxième ou le troisième poste du budget de la santé dans beaucoup de pays. Enfin, dernier point méconnu mais pas le moindre, ces maladies concernent les femmes dans plus de 75 % des cas : une femme sur six en est atteinte au cours de sa vie ! Passons donc en revue ce que sont ces pathologies et les actions de l’associations AMMAIS UN PROCESSUS D'AUTODESTRUCTION DE L'ORGANISME Notre système immunitaire est composé notamment de cellules spécialisées comme les lymphocytes et de substances (les anticorps) chargées normalement de nous défendre contre toute attaque extérieure provenant de différents virus, bactéries, champignons et autres produits délétères. Lors d’une maladie auto-immune (MAI) ou à manifestations auto-immunes, des éléments de ce système se trompent d’ennemi et s’en prennent à nos tissus et cellules. Certains anticorps devenus nos adversaires s’appellent alors « auto-anticorps ». Au total, il existe près d’une centaine de ces troubles.
Dr Moussayer khadija Dr Moussayer khadija

Dr Moussayer khadija

Dr MOUSSAYER KHADIJA الدكتورة خديجة موسيار Spécialiste en médecine interne et en Gériatrie en libéral à Casablanca. Présidente de l’Alliance Maladies Rares Maroc (AMRM) et de l’association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS), Vice-présidente du Groupe de l’Auto-Immunité Marocain (GEAIM)


5100

0

CAN2025: Pourquoi le Maroc devrait remporter son quart devant le Cameroun... 146

Le quart de finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 entre le Maroc et le Cameroun, programmé pour le 9 janvier 2026 au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, s'annonce comme le choc le plus brûlant des quarts. Une rencontre au gout de la revanche d'une autre CAN, celle de 1988. Mais nous sommes en 2025 et beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Pays hôte invaincu, les Lions de l'Atlas affichent une maîtrise totale avec 7 buts marqués pour seulement 1 encaissé sur penalty en quatre matchs, surpassant les Lions Indomptables et leurs 6 buts pour 3 encaissés. Cette supériorité chiffrée, portée par l'étincelle de Brahim Díaz, l'indomptabilité d'El Kaabi, un milieu récupérateur à toute épreuve, une défense rugueuse et l'avantage du public, positionne le Maroc comme grand favori d'un duel technicotactique intense. Même s'il n'est pas jugé impeccable par certains, le parcours du Maroc l'a été au plan de l'efficacité malgré la perte des deux pièces maitresses que sont Saiss et plus encore, du meneur de jeu Azzedine Ounahi. Les Lions de l'Atlas ont survolé le Groupe A avec 7 points : une victoire 2-0 clinique contre les Comores, un festival offensif 3-0 face à la Zambie et un nul que l'on peut comprendre stratégique 1-1 devant le Mali, prouvant une polyvalence rare. En huitièmes, un 1-0 maîtrisé contre la Tanzanie a confirmé leur solidité, avec zéro but encaissé lors de trois de leurs quatre sorties. Cette défense de fer, menée par un trio Yassine Bounou, Nayef Aguerd et Mazraoui, soulagé par unEl Aynaoui infatigable, n'a cédé qu'une fois sur penalty face au Mali. Au total, une différence de buts de +6 qui évoque la discipline d'une équipe en quête de sacre continental à domicile. Et encore Hakimi ne faisait que revenir lors de la dernière rencontre disputée. Cette fois ci pour les quarts, ils auront en face un Cameroun solide mais vulnérable par ailleurs par la jeunesse de l'équipe et le caractère décousu sur de nombreuses phases de jeu, lors de leurs prestations jusqu'ici. Cependant leur marge de progression est énorme et la métamorphose et montée en gamme, peut justement se produire là en quart de finale. Les Lions Indomptables ont arraché la première place du Groupe F avec également 7 points: un 1-0 précieux contre le Gabon, un 1-1 accroché face à la Côte d'Ivoire et un 2-1 laborieux devant le Mozambique. Les deux buts encaissés en poules ont déjà alerté sur les défaillances défensives du collectif. Leur qualification en quarts avec 2-1 contre l'Afrique du Sud en huitièmes, a révélé du caractère, mais aussi des failles : trois buts concédés en tout, dont un sur erreur individuelle face aux Bafana Bafana. Moins tranchants devant avec seulement 6 buts, ils dépendent d'un réalisme opportuniste, loin de la fluidité marocaine. Le Maroc lui profite d'un Brahim Díaz, maestro en pleine lumière. Il vit sans doute son âge d'or en CAN : 4 buts en 4 matchs, un record historique pour un Marocain en une phase finale de CAN, dont le bijou à la 64e contre la Tanzanie. Il répond clairement à son entraineur de club qui semble ne pas savoir comment profiter de son génie. Premier Lion à claquer un but par match consécutif, le Madrilène excelle dans les espaces réduits, avec Ayoub El Kaabi (3 buts) en lieutenant fidèle et tranchant. Face à une défense camerounaise solide avec André Onana impérial mais hésitant des fois, cette menace individuelle, même de petite taille : 4 tirs cadrés par match en moyenne, pourrait faire basculer un scénario verrouillé, comme lors des huitièmes où ses appels ont déstabilisé les Taïfa Stars. La maîtrise technique globale et la domination du ballon penchent aussi du côté du Maroc qui écrase les statistiques collectives : 2 184 passes réussies, un record absolu, 89% de précision et 71% de possession contre la Tanzanie, un océan de contrôle. Achraf Hakimi, de retour en trombe avec une passe décisive, va surement animer un couloir droit infernal, tandis qu'El Khanouss qui prend à peine ses marques, dicte le tempo au milieu malgré l'absence d'Azzedine Ounahi. A l'inverse, le Cameroun végète à 77% de précision et 43% de possession moyenne, luttant en transitions rapides. Cette asymétrie technique promet un siège prolongé des Lions de l'Atlas sur la surface adverse. Avec un Amrabet en sentinelle pour s'occuper de Anguissa et le tour est joué. D'autres faits et atouts sont également en faveur des Lions de l'Atlas: les facteurs psychologiques et historiques peuvent être décisifs. Hôtes euphoriques, les Marocains surfent sur 23 matchs invaincus et un public en fusion à Rabat, où l'ambiance rappellera la Coupe du Monde 2022. L'historique global sourit au Cameroun avec 6 victoires, 5 nuls, 2 défaites en 13 duels, intouchable en CAN avec 2 victoires et 1 nuls, mais les deux dernières confrontations penchent pour le Maroc : un 1-0 en qualifications de la CAN 2019 et un 4-0 humiliant au CHAN 2020. Il s'agit donc ici d'un bras de fer générationnel sans doute, mais la fraîcheur marocaine avec moins de minutes jouées et l'adaptation parfaite au condition climatique, l'emportent sur l'expérience des Lions Indomptables. Ces éléments conjugués forgent un scénario idéal pour un Maroc conquérant en quête d'une seconde étoile qui se décidera là au sifflet final, au complexe Moulay Abdallah, vendredi aux environs de 22 heures. Si une élimination surprise reste toujours possible dans une compétition aussi serrée que la CAN, le Maroc possède aujourd’hui les signaux statistiques les plus forts pour l’emporter : ✔ Meilleure production offensive globale ✔ Une seule équipe encaissée contre deux pour le Cameroun ✔ Maîtrise collective du ballon et du rythme ✔ Deux buteurs en pleine forme (Díaz et El Kaabi) ✔ L’avantage du terrain et du soutien populaire Ces éléments forment une base objective pour plaider en faveur d’un succès marocain dans ce quart de finale.

CAN 2025 : retour d’une mémoire africaine oubliée... Lumumba des gradins : la star symbolique ... 176

Indépendamment de l’issue de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, quel que soit le vainqueur, le meilleur buteur ou le gardien, le meilleur joueur, une certitude s’impose : la véritable star symbolique de cette compétition est congolaise. Non par un talent footballistique hors normes, mais par un rappel historique puissant et politique : la réincarnation, par le geste et l’attitude, de Patrice Émery Lumumba. Dans un tournoi dominé par les chiffres, trophées et records, un événement a surgi, déstabilisant les grilles de lecture classiques. Il ne s’agit ni d’un but décisif ni d’une parade spectaculaire, mais d’un acte symbolique reliant le football africain contemporain à une page tragique de l’histoire continentale. Au cœur de cette scène : Michel Kuka Mboladinga, supporter de la RD Congo, surnommé « Lumumba » dans les tribunes du stade Moulay El Hassan. Vêtu avec soin, coiffure et lunettes étudiées, il a suivi les rencontres de son pays, debout, immobile, main droite levée vers le ciel, regard fixe devant lui, une silhouette quasi statuaire. Ce rituel silencieux, répété match après match, a transcendé le folklore des gradins pour incarner dignité, constance et résistance. La CAF elle-même l’a salué: son président a rencontré Michel Kuka, consacrant la portée de ce « Lumumba » des tribunes. Au départ, peu y ont vu clair, y compris certains commentateurs sportifs. Certains parlaient d’une célébration originale, d’autres d’une provocation ou d’une excentricité virale. Ce malentendu révèle une réalité profonde : pour la jeunesse d'aujourd'hui, la mémoire politique du XXᵉ siècle s’efface derrière le flux médiatique. Patrice Lumumba, absent de l’imaginaire collectif, survit chez les historiens et militants ; pour beaucoup, son nom reste abstrait. Assassiné le 17 janvier 1961, après avoir été le premier Premier ministre du Congo indépendant (30 juin 1960), Lumumba incarne la lutte anticoloniale. Sa disparition, dans le contexte de la Guerre froide et des convoitises sur les richesses congolaises, a privé l’Afrique d’une voix souveraine. Le 17 janvier 1961 il est arrêté; son corps mutilé et dissous pour effacer jusqu’à sa trace physique. Marginalisé depuis par les récits dominants et manuels réécrits, en fait il effrayait les occidentaux et autres puissances coloniales, craignant son intransigeance. Le discours qu'il prononça devant le Roi des belges avait signé son arrêt de mort. Rappeler Lumumba à la CAN 2025, au Maroc, prend un relief particulier. En août 1960, peu après l’indépendance congolaise, il s’y rendit comme Premier ministre, saluant le Royaume et ses efforts de soutien aux indépendances africaines, sous feu Mohammed V. Le Maroc d'alors est l'hôte des mouvements de libération africains, et milite avec quelques partenaires engagés pour l’unité continentale, contre les ingérences et pour une souveraineté authentique. En incarnant Lumumba, Michel Kuka a transformé le football en espace de mémoire et de transmission. Le stade est devenu agora : un corps dressé, un silence assumé, une main levée ont fait resurgir l’histoire. Ce geste impose un rappel brutal : l’Afrique a ses martyrs, penseurs et leaders inachevés. Parfois, un simple supporter suffit à raviver une mémoire enfouie. Dans ce contexte, le geste de Mohammed Amoura, joueur algérien, mérite mention hélas. Lors d’une célébration après la qualification de son équipe aux quart de finale, il a imité la posture de Kuka puis s'est laissé tombé d'un geste moqueur et déplacé, provoquant critiques et plus sur les réseaux. Tourner en dérision Lumumba, même par ignorance, offense sa mémoire et l’idéal d’une Afrique insoumise. La bassesse est à son comble, l'indigence morale à son paroxysme. Le continent est aujourd'hui scandalisé. Cela trahit un vide éducatif criant : le sport ici hélas par ce geste ignoble, tolère la légèreté là où il devrait porter une conscience historique minimale et des valeurs de respect. Un joueur de football se doit d'avoir un minimum d'éducation ou s'abstenir de manifester quand il ne maitrise pas les codes ou n'est pas habité par les valeurs du sport et du fair-play. Le comble est que dans la quasi totalité des chaines algériennes l'attitude de ce pauvre joueur de ballon est glorifié et rapportée accompagnée de railleries et de moqueries de mauvais gout. L'incarnation véritable des médias d'un autre monde. On ne peut exiger du football africain qu’il soit fondateur d'unité, qu'il soit éducatif et élever le niveau des gens, tout en laissant railler les symboles de l’émancipation africaine. Cette schizophrénie révèle manifestement et images à l'appui, l'affaissement culturel et de civisme de tout un peuple. Une presse de caniveaux ne peut élever un peuple bien au contraire. Elle l'enfonce dans la petitesse, la médiocrité et accélère sa déchéance. Le jouer de ballon s'est excusé sous la pression mais cela ne suffira point. Le mal est fait. La CAN 2025 au Royaume du Maroc, restera sans doute gravée pour sa qualité et pour ses exploits sportifs. Mais grâce à un supporter congolais lucide et un public marocain respectueux et éduqué, elle offre une leçon de mémoire : Lumumba irrompe au présent, rappelant qu’on ne se projette pas sans assumer son passé. Dans un continent post-1961, ce geste était vital. Les héros ne meurent que si on cesse de les incarner, dans des stades comme ailleurs. Sur la terre marocaine où Lumumba défendit en 1960 une Afrique libre, son ombre renaît, portée par un supporter. Stade plein, caméras braquées, millions de regards : sa mémoire guide encore les consciences.