Pensez le Futur.

Musique

Abdou Cherif, ignoré de son vivant, célébré à son décès...

Dans la série des textes que m'a transmis Si Jalil Benazzouz , je partage ici avec vous celui du virtuose Jbara. Si vous ne le connaissez pas je vous invite à le découvrir en cliquant sur le lien que je partage ici au bas de l'article. Si Jbara maitrise l'espagnol est c'est pour cela que l'article original ici bas est en espagnol. Je me suis proposé de le traduire en français. Jbara est connu pour fusionner les rythmes gnaouis avec des inspirations de rocker convaincu et convaincant. Certains voient en lui le Santana marocain et vont jusqu'à le nommer ainsi. Figurez, d'après si Jalil que durant les 12 derniers mois, Jbara a passé beaucoup de temps avec Abdou pour travailler sur des chansons inédites qu'ils étaient sur le point de produire ensemble . Malheureusement le sort en a voulu autrement. Si Jalil me dit que le grand artiste Jbara s'est promit de mener ce travail à terme et de le proposer au public marocain en hommage à son cher ami. Ici bas en lien, je partage avec vous le lien de la chanson Qilouna de Jbara. Elle est vraiment en symbiose totale avec la réflexion de l'artiste. Merci de savourer ce moment exquis. Voici l'article tel que écrit par Jbara en Espagnol: Yo desde la distancia he estado viendo videos, y los comentarios de la gente y me da para valorar un poco lo que ha y está pasando. Lo que más me dolió son la falta de respeto no solo al artista, sino al humano, había algún comentario en algún video de él actuando que decía, tengo 40 años y nunca había visto nada de él, como es posible que nos hayan privado de este gran artista. Y ahora esos medios que lo ignoraron o esas instituciones, se desagan en halagos a ese gran artista. Hipócritas y carroñeros. Y luego está ese público embrutecido por esos mismos medios de comunicacion y por esas instituciones que les embrutecen dando mierda como arte, y están en ese lugar en el que deberían mostrar al menos respeto, y graban su entierro y el dolor de una madre. desgraciadamente ese globalismo putrefacto ha entrado en la sociedad y la está destruyendo y nadie se da cuenta. Conclusion, vivimos en un mundo de mierda, donde los envidiosos se muestran como amigos dolientes, donde los medios muestran su verdadera cara de destructores de valores y donde el público ya no tiene respeto por nada ni nadie. Una Reflection xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Traduction en Francais J'ai regardé à distance les vidéos et les commentaires des gens, et cela me donne un aperçu de ce qui s'est passé et de ce qui se passe encore. Ce qui m'a le plus blessé, c'est le manque de respect non seulement pour l'artiste, mais aussi pour l'être humain. Dans une vidéo de lui en train de jouer, un commentaire disait : "J'ai 40 ans et je n'ai jamais rien vu de lui, comment est-il possible qu'ils nous aient privés de ce grand artiste ? Et maintenant, ces médias qui l'ont ignoré ou ces institutions se déchargent de leur fardeau en faisant l'éloge de ce grand artiste. Hypocrites et charognards. Et puis il y a ce public brutalisé par ces mêmes médias et par ces institutions qui les brutalisent en leur donnant de la merde en guise d'art, et ils sont à cet endroit où ils devraient au moins faire preuve de respect, et enregistrer son enterrement et la douleur d'une mère. Malheureusement ce globalisme pourri est entré dans la société et la détruit et personne ne s'en rend compte. Conclusion, nous vivons dans un monde de merde, où les envieux sont montrés comme des amis éplorés, où les médias montrent leur vrai visage de destructeurs de valeurs et où le public n'a plus de respect pour rien ni personne. Une réflexion
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"Abdou Cherif : Entre reconnaissance tardive et faux-semblants"

A la suite de la disparition subite du grand artiste devant l'éternel Abdou Cherif, j'avais instinctivement commis un article que j'avais titré: "Abdou Cherif est parti, emporté par sa voix vers les cieux.", article que j'ai publié en arabe, en français et en anglais. A ma grande surprise c'est la version anglaise qui a le plus été lue. Immédiatement après la publication, j'ai reçu un message de Si Jalil Benazzouz que j'ai connu à travers un groupe Wattasap "Amis de SportPro Maroc". Si Jalil qui oeuvre dans la promotion et la vulgarisation du Golf, m'a fait savoir qu'il était ami très lié à feu Abdou Cherif; qu'il avait apprécié mon article et qu'il l'avait fait lire à d'autres amis du défunt qui l'avait également apprécié. Cela m'a comblé. Si Jalil, dans le cadre de cette discussion, m'a fait transmettre des articles que justement des amis dont on parle ici ont écrit et qu'il souhaitait que je les publie dans Bluwr; ce que je fais avec le plus grand plaisir ici bas, exactement comme je les ai reçus. En voici le premier que j'accompagne ici en lien plus bas de l'une des merveilles de notre regretté. Je vous laisse l'apprécier. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx "Abdou Cherif : Entre reconnaissance tardive et faux-semblants" Par Yassir BOUSSELAM Dans un monde saturé de contenus multimédias, Abdou Cherif, artiste méconnu, a longtemps été relégué dans l'ombre, loin des projecteurs. Ce n'est que récemment que les médias et les institutions ont commencé à reconnaître son talent, offrant une reconnaissance tardive qui contraste cruellement avec l'indifférence passée. Cependant, cette soudaine acclamation soulève des questions sur l'intégrité de l'industrie artistique et des médias. Elle met en lumière un déséquilibre flagrant entre la reconnaissance méritée et l'oubli injuste, alimenté par une culture de superficialité et d'hypocrisie. Cette tendance à glorifier la médiocrité au détriment de la qualité est également observable dans le comportement du public, souvent conditionné par les médias à accepter un standard artistique minimaliste. Cette adhésion tacite à la médiocrité est choquante, surtout lorsqu'elle ignore les moments de deuil et de douleur les plus intimes. De plus, le fait que de nombreuses personnes n'aient jamais entendu parler d'Abdou Cherif révèle l'influence néfaste des médias et de l'industrie artistique sur la propagation de la médiocrité. Cette ignorance souligne la nécessité de réformer le paysage médiatique et artistique pour promouvoir une appréciation authentique de la qualité artistique. Dans un contexte où l'hypocrisie est monnaie courante, filmer la douleur privée d'une mère en deuil ou l'enterrement d'un être cher est profondément offensant. Cela témoigne d'un manque flagrant de respect pour l'intimité et la dignité humaine, alimenté par une quête de sensationnalisme et de notoriété à tout prix. Il est indéniable que filmer une mère éplorée par la perte de son unique fils, dans son intimité brisée et sa détresse abyssale, sous couvert de solidarité, constitue une offense flagrante à la sacralité de la vie privée. La quête de notoriété ou de vues ne saurait justifier pareille intrusion dans la souffrance d'autrui. Révoltant est le spectacle de charognards se ruant dès qu'une victime trébuche, avides de profiter de la tragédie ou de captiver l'attention. Filmer l'ultime repos du cercueil est une transgression patente de l'intimité, une violation du sanctuaire réservé à la famille et aux amis les plus intimes du défunt. Il est ironique de constater que ceux qui prétendent être des amis proches ou des admirateurs de l'artiste étaient souvent les premiers à le dédaigner et le Il est également ironique de constater que ceux qui ignoraient et critiquaient Abdou Cherif de son vivant se précipitent maintenant pour lui rendre hommage. De même, les opportunistes qui rejetaient autrefois les artistes sont maintenant les premiers à les pleurer, révélant ainsi la fausseté et la superficialité de nombreuses interactions dans le monde de l'art. Cette série de faux-semblants et d'injustices est déchirante, mais elle soulève également des questions cruciales sur l'état de l'industrie artistique et des médias contemporains. Reconnaître et remédier à ces problèmes est essentiel pour restaurer l'intégrité et le respect de l'art et des artistes dans notre société. À bon entendeur !
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Abdou Cherif est parti, emporté par sa voix vers les cieux.

Je conduisais rentrant de Fès, quand la chaine de radio qui me tenait compagnie dans l’habitacle de ma voiture annonça la disparition subite, dramatique, incompréhensible, inattendue, rapide, foudroyante et triste de Abdou Cherif. J’adorais, j’adore et adorerais jusqu’à la fin de mes jours ce virtuose que je n’ai jamais eu la chance de rencontrer mais que la télévision et YouTube par la suite m’ont fait découvrir et aimé. Moi qui adore Abdelhalim Hafed ou Hafez et la belle chanson égyptienne trouve en lui une certaine continuité de la belle époque ; celle du gout musical sublime ; celle où les paroliers comme les compositeurs, les chefs d’orchestre et les interprètes se surpassaient pour offrir au public arabe et pas que, le meilleur de la musique. Inspirés tantôt des arts populaires profondément enracinés, tantôt d’airs musicaux d’ailleurs, allant même jusqu’à explorer le tango argentin, ils nous ont légué un patrimoine musical unique dont on ne mesure pas encore assez la richesse. A écouter Abdou Cherif interpréter Gabar ou habibaha, on est pris dans un tourbillon de magie par sa voix envoutante, forte, douce, expressive. Le son est limpide et la diction claire. Abdou sublime ce genre de chanson à vous faire oublier l’original… Et puis surprise un soir, à l’Olympia du Caire, il annonce douteusement avec douceur qu’il allait s’aventurer à chanter la Bohème. Charles Aznavour aurait tant aimé cet instant. Ce fut un triomphe. Et ce n’est point fini Abdou va tenter l’impossible et à l’impossible nul n’est tenu, il va un soir casablancais étonner, surprendre, en revisitant l’un des standards du Malhoum marocain: Ghita. Qui aurait pensé qu’un jour ce fidèle invétéré de Abdelhalim allait toquer à la porte de Lhaj Driss Benali Al malki et le faire se redresser dans sa tombe vielle de près de deux siècles. Je suis persuadé que là où il est, Driss Benali a du sourire de satisfaction. Jamais personne n’a interprété Ghita comme Abdou Cherif, même pas le grand maitre Driss Toulali. Voilà c’est cet homme qui nous quitte aujourd’hui à jamais nous laissant sa voix, son sourire, son élégance, sa sensibilité et son audace à ce mettre debout dans de grandes salles de spectacle et à faire voyager ses fans au delà du temps. En arrivant à la maison, je me suis mis dans un coin, pris mon téléphone et commencé à écouter en boucle des extraits de ses interprétations passant plus de temps sur quelques unes où il avait été au summum de son art comme par exemple Rahila, composée par un autre de la musique marocaine: Abdesalam Amer et interprété par une autre belle voix celle du crooner Mohamed ElHayani. Lui aussi parti tôt. Une façon de le défunt Abdou Cherif à distance et de prier pour la paix de son âme. J’ai hésité avant de vous faire la proposition d’une quelconque de ses interprétations: toutes sont aussi parfaites et belles les unes que les autres. Finalement je me suis dit pourquoi pas la Bohème. Vous en avez un lien ici bas. Nous sommes à Dieu et à lui nous retournons. Repose en paix Abdou.
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Said Chraibi, ou la musique dans sa splendeur

Voici un texte que j’ai écrit exactement, le 4 mars 2016. Je le reprends ici tant sa relecture m’a bouleversé, nostalgique que je suis. Ce fut à l’occasion malheureuse de la disparition de l’un des plus grands de la musique marocaine et mondiale : Le virtuose Said Chraibi. Je le republie ici dans Bluwr en guise d’invitation à réécouter ou à découvrir cette musique sublime pour celles et ceux qui ne connaissent pas Said Chrabi et son art divin. Cela peut faire beaucoup de bien par un temps où les gouts musicaux sont pollués et les oreilles saturées de bruits de tous genres. C’est aussi une façon de lui rendre image, huit ans après sa disparition. J'écris ces mots en écoutant "Holm bi Fas" et vous invite à le faire en lisant ce petit texte Voici le texte tel que je l’avais écrit. ======================== Pris par l'émotion, je n'ai pas pu écrire un texte de moi-même. Said Chraibi ne se raconte pas. Il s'écoute. Il se déguste. Ses notes sont sublimes au point que l'idée qui m'a frôlé et qu'elles seront surement jouées au paradis. Je parle bien de ses notes car personne, autre que lui, n'arrive à sortir d'un Oud (Luth) ce que lui, lui faisait dire. Son Oud parlait et parlera toujours. Depuis ce matin, je l'écoute carrément en boucle. Écoutez le dans « Clandestino » par exemple ou dans « Choujoun » ou encore dans « Clé de Grenade ». Une façon de prier pour la paix de son âme. Depuis ce matin l'annonce de sa mort s'est répandue aux quatre coins du monde à la vitesse de l'éclair. Mon fils qui devait avoir quelques choses comme 5 heures du matin à Montréal m'envoies un e-mail pour m'annoncer la disparition de Si CHRAIBI. Il est choqué. Said est le papa de l'un de ses amis, Hamza un polytechnicien et guitariste d'une rare finesse aussi. Il me trouve aussi bouleversé que lui. La mort vient de nous prendre un virtuose, un irremplaçable. Un Maitre. Je suis à la fois sous le choc et fier des goûts musicaux de mes enfants. Un sentiment rare m’inonde, m'envahit. Alors j'écoute en boucle Said CHRAIBI. Merci YouTube. Pour le reste voilà ce qui est dit de lui dans Wikipédia : ================= Autodidacte, Il apprend le luth à l’âge de 13 ans. Il se voue exclusivement à la musique à partir de 1979. C'est en 1986 qu'il commence à susciter l’acclamation et l’intérêt international quand il obtient haut la main, le célèbre prix du Plectre d'or, lors, de la plus prestigieuse compétition musicale du Oud dans le monde arabe, organisée à Bagdad en Irak, et ce face à de sérieux prétendants, tel Naseer Shamma. Après avoir fait de grandes tournées au Maroc et dans plusieurs pays arabes, sa musique dépasse les frontières géographiques et spirituelles et ses apparitions dans des festivals ou spectacles est un véritable événement, comme fut le cas lors du festival international des musiques sacrées à Fès, en compagnie de l'orchestre Philharmonique de Madrid. Eu égard aux témoignages exprimés par de grandes figures de la musique arabe tels Mohamed Abdelwahab, Riad Sounbati, Mohamed el Mougy, il est classé parmi les meilleurs luthistes dans le monde arabe avec Mounir Bachir, Nasser Shamma et Rabih Abou-Khalil. Riche d'un répertoire de plus de 500 œuvres réparties entre différents styles, jazz, symphonique, oriental, maroco-andalou, gnawi, ahwachs, oud solo et taqassims, musiques de Films… Said Chraibi a aussi composé pour plusieurs voix marocaines dont Samira Ben Said, Abdelhadi Belkhayat et Naïma Samih, Karima Skalli, Fadwa El Malki… Il est désormais à l’avant-garde de la musique arabo-andalouse au Maroc. Sa virtuosité au Luth reste à ce jour, légendaire, et a joué un rôle important dans l'évolution de la lutherie marocaine et arabe, puis qu'il est l'inventeur du Oud Bass, du Oud Soprano et sopranino. Prix et distinctions • 1986 : prix du plectre d'or et prix du luth à Bagdad • 1992 : prix au festival de la musique gharnatie à Oujda • 1994 : prix du mérite de l'Opéra du Caire • 1998 : prix de la chanson Arabe • 2000 : titre du meilleur luthiste en Suède et de la meilleure musique de film pour Al Yacout • 2002 : le Zeryab des virtuoses parrainés par l'Unesco • 2005 : prix de la meilleure composition de la chanson marocaine et le meilleure Samaii en Syrie • 2006 : le premier prix Al Farabi lors de la journée internationale de la Musique Discographie • Le plectre d'or • Oud du Maroc • La clé de Grenade 1 • La clé de Grenade 2 • Holm fi Fès • Souleimane • Ifrane • Al Foroussia • Mawlid • Des Assyriens aux Ahwachs
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