Think Forward.

"Le sens de l’Histoire : le Maroc consolide, l’Algérie s’enlise" 3281

La diplomatie, la géopolitique régionale et les dynamiques d’interprétation stratégique en Afrique du Nord ont profondément évolué depuis un bout de temps. Cela remonte à 2007, lorsque le Conseil de sécurité a accueilli favorablement la proposition marocaine d’autonomie, ouvrant ainsi la voie à un règlement définitif du dossier du Sahara dans le cadre de la souveraineté du Royaume du Maroc. Ce fut un choix difficile pour le Maroc, mais éminemment pragmatique. Cette initiative s’inscrivait dans une vision d’intégration régionale à long terme, fondée sur la coopération et la complémentarité dans la région. Voyant l’Algérie embourbée dans ses contradictions, Rabat pensait pouvoir lui tendre une bouée de sauvetage. Mais peut-être avait on sous-estimé l’instabilité du régime voisin, incapable ou refusant obstinément de corriger sa trajectoire. Loin de saisir l'opportunité, Alger opta pour la surenchère, multipliant les déclarations hostiles et les actes provocateurs. Le changement de dirigeants avait pourtant suscité un espoir de dégel du côté marocain. Le Roi du Maroc est allé jusqu’à leur adresser deux appels solennels au dialogue. La réponse fut un refus catégorique. Plutôt que de formuler une contre-proposition, l’Algérie a persisté dans sa stratégie de confrontation, ignorant les dynamiques nouvelles. Les discours belliqueux et les décisions unilatérales à l’encontre du Maroc se sont multipliés à profusion. Alger s’enfonce dès lors dans une forme de déni, coupée des réalités géopolitiques contemporaines. On en vient à se demander si les décideurs algériens vivent dans le même monde. Lors du vote de la résolution de 2024 renouvelant le mandat de la MINURSO, l’Algérie, membre non permanent du CS pourtant, s’est retrouvée isolée, impuissante. Un moment aussi pathétique que révélateur. Le soutien massif des pays arabes et africains à l’intégrité territoriale du Maroc, de même que le revirement croissant de nombreux États, n’a pas infléchi l’entêtement algérien, devenu une constante. La décision espagnole d’adhérer à la vision marocaine a provoqué à Alger une crise d’hystérie symptomatique. La lettre du président Macron et les discours d'après ont davantage encore crispé les autorités algériennes. Ils finiront par se rétracter sans contre partie sinon l’humiliation. Aucune proposition constructive n’a jamais émergé de leur côté. Rien de concret. Rien d’utile. Comme si l’insulte, la calomnie et la diffamation constituaient désormais des outils diplomatiques recevables : les déclarations se sont faites de plus en plus virulentes, parfois abjectes, trahissant une perte de contrôle émotionnel. Dernièrement, à la suite de la réaffirmation claire de la position américaine en faveur du plan d’autonomie marocain, l’Algérie a publié un communiqué marqué par l’ambiguïté, l’approximation et de graves faiblesses rédactionnelles, tant en français qu’en arabe. On aurait dit les propos confus d’un boxeur groggy, titubant après un KO technique. Ce communiqué peut être interprété de plusieurs façons, toutes révélatrices d’un même désarroi. Il semble d’abord illustrer une volonté de diluer l’importance du message américain, le noyant dans un fatras de références juridiques déformées, de rappels historiques approximatifs et d’arguments idéologiques ridicules. Une tentative de minimiser l’impact du soutien américain auprès de l’opinion publique intérieure et des quelques partenaires encore fidèles. On y perçoit aussi une forme d’incompréhension, feinte ou sincère, des nouvelles réalités diplomatiques. Les cercles algériens, qui détiennent les clés de la décision s’accrochent à une lecture du dossier devenue caduque. Sont-ils réellement convaincus d’un possible retournement ?. Ils insinuent que les positions internationales restent ambiguës ou négociables, alors que tout démontre le contraire. S’ils y croient vraiment, ils sont bien seuls alors. Le communiqué traduit surtout un refus obstiné de reconnaître les faits. L’Algérie a probablement compris le message américain : il s’agit d’un soutien clair et renouvelé à la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Mais, pour des raisons de politique intérieure et de posture régionale, elle choisit délibérément de l’ignorer; une manière de sauver la face… mais est-ce vraiment tenable? Chaque jour qui passe renforce la position du Maroc sur la scène internationale. Le pragmatisme, la cohérence, la diplomatie active et l’intelligence stratégique du Royaume finissent par payer. Le front interne marocain reste quant à lui solide, uni et constant: un atout majeur. La dynamique diplomatique portée par le Maroc est aujourd’hui partagée et soutenue par les grandes puissances, dans un contexte géopolitique où les intérêts économiques et sécuritaires prennent le pas sur les slogans du passé. L’Algérie, quant à elle, reste engluée dans une posture rigide et stérile, au détriment faut il le souligner, de son propre peuple, otage d’une affaire dans laquelle il n’a jamais été réellement consulté. Voilà bientôt 50 ans qu’il subit les conséquences d’un entêtement idéologique sans le moindre bénéfice tangible. Et les choses pourraient bien se compliquer davantage. En s’opposant désormais aux pays du Sahel, notamment le Mali, Alger compromet même ses alliances traditionnelles. La Russie observe avec inquiétude la déstabilisation d'une zone qu’elle considère comme stratégique. À se demander quel est le cap de la diplomatie d'Alger et s’il reste quelqu’un de lucide à la barre. Le fait que de Mistura ait été interrogé au Département d’État américain est lourd de sens, d’autant qu’il a été reçu par une subalterne. Lisa Kenna responsable des affaires politiques lui a transmis un message clair : les États-Unis veulent une résolution rapide, et une seule solution est désormais sur la table. Sans marge, son rôle est désormais d’inviter les parties à s’y inscrire. Parmi ces parties, l’Algérie figure bien en première ligne, que cela lui plaise ou non. Comme si cela ne suffisait pas, le congressman Joe Wilson a annoncé son intention de déposer une loi visant à classer le Polisario comme organisation terroriste, en raison de ses connexions avec l’Iran. Il est hautement probable que le projet aboutisse. L’étau se resserrera encore davantage autour du régime algérien, qui aura définitivement perdu toute latitude d’action. Il est temps d’en finir avec cette mascarade idéologique, ces marionnettes agitant encore des slogans poussiéreux dans les couloirs de l’Union Africaine, au frais du contribuable algérien, épuisé par les files d’attente pour le lait et l’huile. La patience, la sagesse et la persévérance du Royaume chérifien portent leurs fruits. Le Maroc savait que ce n’était qu’une question de temps. Ceux qui en doutaient comprennent désormais qu’on ne joue pas impunément avec les intérêts du plus anciens États-nations du monde. L’Algérie aurait pu éviter cette débâcle, si elle avait eu, un jour, la clairvoyance de voir ce qui était évident pour tous : le sens de l’histoire.
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


9300

33.0

Football: When Passion Kills the Game in Impunity and Tolerance.. 558

Football (Soccer for Americans) is first and foremost a matter of emotions. By its very essence, it is an open-air theater where human passions play out in their rawest, most primal form. It generates joy, anger, pride, humiliation, and a sense of belonging. From the stands of Camp Nou to those of the Diego Armando Maradona Stadium, through the fervor of the Mohamed V sport Complex in Casablanca, the vibrant enclosures of Stade Léopold Sédar Senghor in Dakar, or even the Parc des Princes in Paris, the Vélodrome In Marseille, and the Bernabeu In Madrid, football transcends the mere framework of the game to become a total social phenomenon. But this emotional intensity, which makes football's beauty, also constitutes its danger. For without rigorous regulation, it quickly tips into excess, then into violence. Today, it must be acknowledged that the rules exist, but they are too often circumvented, stripped of their substance, or applied with disconcerting leniency. On the pitches as in the stands, excesses are multiplying: insults toward referees, provocations between players, systematic challenges, physical violence, projectile throwing, pitch invasions, xenophobic remarks, racist offenses. What was once the exception is tending to become a tolerated norm. Astonishingly, we are starting to get used to it. Recent examples are telling. In Spain, in stadiums renowned for their football culture, racist chants continue to be belted out without shame, targeting players like Vinícius Júnior. Most recently, it was the Muslim community that was insulted. And yet, Spain's current football prodigy is Muslim. An overheated crowd that has doubtless forgotten it wasn't so long ago that it was Muslim itself. Among those chanting these remarks, and without a doubt, some still carry the genes of that recent past... In Dakar, just a few days ago, clashes escalated, turning a sports celebration into a scene of chaos. In Italy, incidents involving supporters who invaded the pitch, during a friendly match, no less, endangered players and officials, recalling the dark hours of European hooliganism in the 1980s. These episodes are not isolated; they reflect a worrying normalization of violence in and around stadiums. Even at the highest level of African football, behavioral excesses are becoming problematic. The 2025 Africa Cup of Nations final left a bitter taste. What should have been a moment of celebration for continental football was marred by behaviors contrary to sporting ethics. Pressures on refereeing, excessive challenges, and game interruptions have become commonplace. When a coach manipulates a match's rhythm to influence a refereeing decision, it is no longer strategy but a challenge to the very foundations of the sport. Despite international outrage, the sanctions imposed on teams, clubs, or players involved remain often symbolic, insufficient to eradicate these behaviors. A very surprising phenomenon: rarely have clubs or federations clearly distanced themselves from such crowds. They accommodate them, and when they condemn them, it is half-heartedly, in a muffled, timid tone with no effect. The problem is twofold. On one hand, disciplinary regulations exist but lack firmness. On the other, their application suffers from a lack of consistency and political courage. Bodies like FIFA, continental confederations, and national federations hesitate to impose truly dissuasive sanctions such as point deductions, prolonged closed-door matches, competition exclusions, or even administrative relegations. Yet without fear of sanction, the rule loses all effectiveness. It suffices to compare with other sports to measure the gap. In rugby, for example, respect for the referee is a cardinal value. The slightest challenge is immediately sanctioned. In athletics, a false start leads to immediate disqualification, no discussion. Football, meanwhile, still tolerates too many behaviors that should be unacceptable. This permissiveness has a cost. It undermines football's image, discourages some families from attending stadiums, and endangers the safety of the game's actors. More gravely, it paves the way for future tragedies. History has already taught us, through catastrophes like the Heysel Stadium disaster, that violence in stadiums can have tragic consequences. It is therefore urgent to react. Regulating football does not mean killing its soul, but rather preserving it. It is not about extinguishing passions, but channeling them. This requires strong measures, exemplary sanctions against offending clubs and players, accountability for national federations, increased use of technology to identify troublemakers, and above all, a clear political will from national and international governing bodies. Football cannot continue to be this "market of emotion" left to its own devices. For by tolerating the intolerable, it risks losing what makes its greatness and its ability to unite rather than divide. If FIFA does not decide to act firmly, the danger is real: that of seeing football sink into a spiral where violence triumphs over the game, and where, one day, tragedies exceed the mere framework of sport. The long-awaited decision of the Court of Arbitration for Sport (CAS) in the 2025 AFCON final case should confirm rigor and integrity in the application of rules, at least at this level, thereby strengthening the credibility of the pan-African competition and football in general.