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Les Soupirs d'Azemmour: Réactions et commentaires... 3861

Mon article sur d'Azemmour, son passé glorieux et son présent ternis par le désintérêt des humains et leur insouciance ou inconscience, n'est pas passé inaperçu. Intitulé "Les soupirs d'Azemmour" l'article a suscité de nombreuses réactions dont celle de mon ami Zaki Semlali, maire de la ville. D'abord il y a eu la reprise qu'en a fait Lecollimateur.ma, un site d'information des plus avertis et des plus engagés. La rédaction du site a bien mentionné que l'article avait été publié sur Bluwr. Je les en remercie infiniment. Ils ont ainsi donné à l'article une autre dimension et un autre rayonnement. Il y eu également de nombreuses réactions sur Facebook et X ou encore linkdin, de personnes qui ont exprimé pour les uns de la compassion pour la ville, pour les autres de la colère ou leur rage. Il y eu par ailleurs des amis proches qui eux ont on réagit carrément avec de petits textes que j'ai trouvé intéressants au point ou, avec leur permission, je me permet ici de les partager avec vous. Ainsi mon ami Mustapha Guiliz, auteur du magnifique opus 'les hommes de la nuit' ou encore de 'Le Monde d'Ibrahim' et dont vous avez aimé des textes publiés ici même dans Bluwr, pense avec force qu'il y va de notre humanité que de s'occuper d'un tel patrimoine. Il dit en substance: "Il faut être un patient mystique pour accéder à cette zone lointaine en soi , pour pouvoir rendre compte de cette expérience des choses avec un lyrisme très heureux. L’âme réceptive des beautés du présent entretient l’aura du passé qui refuse d’être qualifié de passé. Une ville a l’âme cosmopolite est davantage une terre aux esprits; elle n’a cure de la petitesse des politicards. Elle se nourrit d’elle même. Et des hommes de ton envergure mon cher ami. Tu es le sel de la terre, le rayon de soleil qui en pénètre l’âme. tu revient de cette exploration attentive à nous révéler à nous mêmes et à nous dire que la vie est une merveille qu’il faut savoir entretenir. Il y va de notre humanité". Vite et sans hésitation, Mustapha se place et place le texte, humblement écrit, dans une dimension de débat philosophique. Oui mon ami, j'ai commencé à me rendre à Azemmour depuis une quarantaine d'années. Je suis témoin qu'elle est là à narguer ceux et celles qui ont eu ou ont le devoir et l'obligation de s'en occuper; comme pour leur dire: vous êtes de passage, je suis là éternelle. Ce patrimoine n'est pas que l'affaire d'une municipalité, d'une commune ou d'une province... S'en occuper et en prendre soin est l'affaire de l'Etat. Azemmour est une ancienne capitale et doit pour cela et pour sa richesse plusieurs fois millénaire bénéficier de tous les égards et d'un respect sans réserve... Ce matin je reçois un appel de mon ami Said Benmansour. Il me damande si j'avais lu le commentaire qu'il m'adressa sur watrsap. Je me suis garé pour le lire. Je l'ai relu à tête reposée une fois à la maison. Said défend au quotidien un autre patrimoine. Un patrimoine immatériel...Il défend les anciens sportifs et leur mémoire. Tous les jours que le bon Dieu fait dans le cadre de l'association" Sport et Amitié" qu'il a crée et qu'il préside inlassablement de main de maitre, il réunit les anciens sportifs, les encadre et prône auprès d'eux et d'un public plus large la nécessité de la solidarité et de l'amitié. Le texte de Said Benmansour est touchant. Il évoque Azemmour d'avant l'autoroute. Comme quoi le développement du réseau routier n'a pas que des avantages...au détour d'une colline ou d'une difficulté physique toute un pan de la société peut être laissé pour compte. C'est le cas d'Azemmour, ville de feu Abdellatif Semlali et de Bouchaib Lamaachi pour ne parler que des gens du sport. Said Benmansour l'a parfaitement bien pointé mais a aussi rappelé que le cas d'Azemmour n'est point une exception. Il faut plus de budget pour la recherche, les fouilles et à l'entretien du patrimoine, première richesse du pays. Le Maroc peine à entretenir l'ensemble de son patrimoine gigantesque. Le manque de moyens y est pour quelques chose probablement mais pas que. Said Benmansour sans doute pris par l'émotion à la lecture de mon texte, dit en substance: "Les nostalgiques, comme moi, se doivent de te remercier pour avoir éveillé en eux des souvenirs indélébiles de cette belle cité que fut Azemmour avant que l'autoroute ne vienne ,hélas, nous priver du plaisir de savourer un thé à la menthe à la terrasse d'un café en face des remparts de la vieille médina, avant de continuer notre chemin vers le sud du pays en longeant la côte Atlantique. Crois- moi ,cher Aziz, que je n'ai pu rester insensible au descriptif que tu as fais des belles traditions de la ville, avec quelques signes distinctifs dont notamment la célèbre alose, considérée, à juste titre, comme partie maîtresse d'une fresque artistique que constitue l'embouchure majestueuse de Oued Oum- Rebii. Tous mes compliments pour ta belle plume en attendant de recevoir d'autres "soupirs" concernant, peut-être Taza, Sefrou, Sijilmassa, Debdou. A très bientôt." Merci Si Mustapha et Si Said, merci à ceux nombreux ayant réagit et aussi à ceux n'ayant pas réagit mais qui ont consulté le texte. Les murailles, les Riads, les maisons et maisonnettes d'Azemmour vous en remercie certainement. Une remarque au passage, le texte a été publié en français et en anglais. Il est plus consulté en anglais...Je remercie ma fille Kawtar pour l'excellence de sa traduction. Ici bas vous avez le lien de Qasidat Azemmour du poète Driss Rahmoune interprétée par Abdelmajid Rahimi...Il y parle mieux que quiconque de ce bijou de l'humanité.
youtu.be/bRnvwiKA8tc?si=pmfMKgnp...
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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Morocco and the Trust Economy: The Invisible Capital of Development... 177

In the economic history of nations, some assets are visible, such as natural resources, geographical position, infrastructure, or market size. Others, however, are invisible but often decisive. Among them, trust holds a central place and constitutes the true cement of sustainable economies. An economy can survive with few natural resources, but it cannot prosper sustainably without trust. Morocco today has many assets: remarkable political stability, a strategic position, world-class infrastructure, and active economic diplomacy. Yet, the decisive step in development now consists of building a true trust economy, capable of sustainably reassuring citizens, entrepreneurs, and investors. This is not a slogan. Trust is an institutional and cultural architecture that is built over time. It is the primary capital of a modern economy and a determining factor. It reduces transaction costs, encourages investment, facilitates innovation, and stimulates individual initiative. When an entrepreneur knows that the rules of the game are stable, that contracts will be respected, and that justice is swift and independent, he invests more easily. When a citizen trusts the tax administration and institutions, he more willingly accepts taxes and participates in the formal economy. Conversely, a lack of trust generates precautionary behaviors: capital flight, informality, low long-term investment. The economy then becomes cautious, fragmented, and inefficient. For Morocco, the central question is therefore not only to attract investments, but to create an environment where trust becomes a collective reflex. It would be unfair not to recognize the considerable progress made over the past decades. The foundations are solid. The country has massively invested in infrastructure: Tanger Med is today one of the world's most important logistics hubs. Nador and Dakhla are coming soon. Industrial zones have enabled the emergence of high-performing sectors, in the automotive industry with Renault Group and Stellantis, and in aeronautics with Boeing, Airbus, and Safran. The country's ambition in energy transition is exemplary. This shows that it is capable of carrying out structuring projects and offering a stable macroeconomic environment. However, the next step in development requires a qualitative leap: moving from an opportunity economy to a trust economy with a determining role for the rule of law. Trust first rests on the solidity of institutions. For investors as for entrepreneurs, the predictability of rules is a decisive element. Laws must be stable, readable, and applied equally, with three particularly crucial dimensions: **The independence and efficiency of justice** A swift, accessible, and credible justice system is the keystone of any trust economy. Commercial disputes must be resolved within reasonable timeframes. Judicial decisions must be enforced without ambiguity. Legal security is often the primary factor of attractiveness. **Fiscal stability** Investors do not necessarily expect very low tax rates; they primarily seek stability and readability. Predictable taxation allows companies to plan investments over the long term. Morocco has already undertaken several major tax reforms, but the challenge now is to go further and consolidate a clear and durable fiscal pact. **The fight against rents and privileges** Trust disappears when the rules of the game seem unequal. A dynamic economy relies on fair competition and equal opportunities. Transparency in public markets, competition regulation, and limiting rent situations are essential levers. A trust economy is also an economy of freedom, capable of unleashing entrepreneurial energy. The freedom to enterprise, innovate, and experiment is one of the fundamental engines of growth. Morocco has a talented youth, competent engineers, and an influential diaspora. However, several obstacles remain: administrative complexity, access to financing for SMEs, slowness of certain procedures. The challenge is to create an environment where individual initiative becomes the norm rather than the exception. Moroccan startups in fintech, artificial intelligence, or agricultural technologies already demonstrate the country's potential. With a more fluid ecosystem, they could become tomorrow's economic champions. In a world marked by geopolitical uncertainty and economic recompositions, trust also becomes a comparative advantage. If Morocco manages to position itself as a country where rules are stable, justice reliable, and administration predictable, it could become one of the main investment platforms between Europe and Africa. This ambition aligns with the Kingdom's African strategies and its growing international openness. Trust could thus become Morocco's true economic hallmark. Several strategic orientations deserve to be prioritized: - Accelerate the modernization of the judicial system, particularly in handling commercial disputes and enforcing judicial decisions. - Radically simplify administrative procedures for businesses through complete digitalization of public services. - Establish multi-year fiscal stability to enhance visibility. - Promote transparency and fair competition in all economic sectors. - Strengthen training and valorization of human capital, particularly in technological and scientific fields. - Develop a culture of trust between the State, businesses, and citizens. This dimension is often overlooked, yet it constitutes the invisible foundation of development. Morocco finds itself today at a pivotal moment in its economic history. The infrastructure is in place, strategic ambitions are affirmed, and the international environment offers new opportunities. The next step therefore consists of building a sustainable trust ecosystem. If Morocco succeeds in this gamble, and it must, it could not only accelerate its development but also become one of the most credible and attractive economies in the emerging world. In the 21st-century global economy, trust is undoubtedly the rarest and most powerful capital.