Pensez le Futur.

Le Maroc, uni et indivisible : le 31 octobre, mémoire et vision d’un Royaume rassemblé... 2040

Il est des dates qui cessent d’être de simples repères pour devenir des symboles forts. En instituant le **31 octobre “Fête de l’Unité”**, Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a pas seulement ajouté un jour au calendrier national des fêtes : il a inscrit dans la mémoire collective une certitude, celle d’un Maroc uni, fidèle à son histoire, confiant en son destin, certain de son avenir. Ce choix, placé à la veille de l’anniversaire de la Marche Verte, n’est pas une coïncidence, mais un message. Il relie deux moments : l’un de mémoire, l’autre d’espérance, pour rappeler qu’au Maroc, l’unité n’est pas une posture, mais une philosophie collective de vie, une continuité historique, une conviction chevillée à l’âme du pays et de chacun des citoyens. **L’unité séculaire du Royaume est le fil d’or de l’histoire marocaine.** Le 6 novembre 1975, trois cent cinquante mille Marocains, le Coran dans une main et le drapeau dans l’autre, faut il le rappeler, épaulé par de très nombreux ressortissants de pays amis, y compris d'un Prince et non des moindres, ont marché vers le Sud pour retrouver ce qui n’aurait jamais dû être perdu : le Sahara, matrice du Royaume. La **Marche Verte** n’était pas une conquête ; elle fut un retour, une affirmation pacifique d’une légitimité plus ancienne que les frontières tracées à la règle sur les cartes coloniales. Ce fut aussi un serment entre le Trône et le peuple, entre le passé et l’avenir. Un serment que rien, ni les manœuvres diplomatiques, ni les campagnes hostiles, ni la propagande à coup de milliards de dollars, n’ont pu ébranler. Le marocain ne plie pas. le marocain est fidèle à ses engagements. Le marocain tient parole, le marocain est conscient de la diversité de son pays mais ne le conçoit que dans l'unité et la cohésion. En décidant de faire du 31 octobre la **Fête de l’Unité**, Sa Majesté le Roi Mohammed VI réactive ce serment et le transpose dans le temps présent : l’unité du Maroc n’est pas un souvenir glorieux, mais un horizon qui se construit chaque jour, un avenir qui se forge sur le droit et la foi, la diplomatie et la constance, le développement et la prospérité partagée. Depuis un demi-siècle, la diplomatie marocaine déroule patiemment le fil d’une stratégie claire : défendre la marocanité du Sahara sans jamais céder à la provocation, faire triompher la légitimité par la raison et non par la force. Les récentes **résolutions du Conseil de sécurité** ont confirmé la justesse de cette ligne. Elles consacrent le sérieux et la crédibilité de la proposition marocaine d’autonomie, une voie réaliste, moderne, conforme aux aspirations des populations locales et de l’ensemble du peuple marocain qui y a adhéré mesurant parfaitement le sacrifice demandé. À l’inverse, l’Algérie persiste dans une posture anachronique, arc-boutée sur son soutien à un **Polisario** qui ne représente plus qu’une ombre de lui-même. Un mouvement construit sur le mensonge, l'infox et la propagande à coup de milliards de dollars. C'est sans doute la situation la plus couteuse du genre depuis que l'humain est humain. Jamais on n’a su combien de Sahraouis ont véritablement suivi le Polisario, ni combien, avec l’aide de ses parrains, il a fait venir de Mauritaniens, de Maliens, de Nigérians de Tchadiens et d’ailleurs pour renforcer ses rangs. La générosité de Kaddafi ayant beaucoup aidé, faut il l'oublier! Aujourd’hui, l’Algérie est acculée à permettre le **recensement des populations des camps** et qui dit recensement dit, en parallèle, identification. Le discours figé des séparatistes n’a plus de prise sur le réel : pendant que les camps de Tindouf s’enlisent dans l’attente, les provinces du Sud Marocain s’éveillent à la vie, au développement, à la dignité. Le contraste est saisissant : là-bas, l’immobilisme ; ici, la construction. Là-bas, l’idéologie ; ici, la réalité. La Marche Verte n’a jamais été un épisode clos, c'est un serment devenu doctrine nationale, un récit fondateur, un mythe vivant, la croyance d’une nation: **la plus ancienne nation au monde**. Elle a forgé une conscience nationale rare, faite de loyauté et de foi dans la continuité du Royaume. Dans un monde traversé par les fragmentations et les identités blessées, le Maroc a fait de son unité une boussole, non une nostalgie. À **Laâyoune**, **Dakhla**, **Smara**, **Boujdour** ou Bir Guendouz, la ferveur des célébrations du 31 octobre dit mieux que les discours la profondeur de ce lien. Ces villes, naguère marginalisées, incarnent aujourd’hui un Maroc en marche, sûr de lui, fidèle à ses racines et tourné vers son avenir. Le Sud n’est plus un bout du Royaume : il en est le cœur battant. **Le Sahara est une promesse d’avenir, un laboratoire de développement et un pôle stratégique du Royaume.** Les investissements dans les énergies renouvelables, la pêche, les infrastructures, le tourisme ou la logistique ont transformé la région en un carrefour incontournable entre l’Afrique, l’Atlantique et l'Europe. C’est là que s’expérimente, à ciel ouvert, la vision royale d’un Maroc moderne, équilibré et inclusif, un Maroc qui ne laisse aucune région à l’écart. La **Fête de l’Unité** n’est pas seulement un hommage au passé : elle est une projection vers l’avenir. La **Fête de l'Unité**dit à la jeunesse marocaine que l’unité n’est pas un héritage qu’on contemple, mais un édifice qu’on bâtit, qu’on construit jour après jour, par le travail, la fidélité et la foi en la nation, avec un inflexible respect de la mémoire des sacrifices et une croyance ferme en la promesse de continuité. Le 31 octobre, le Maroc fait la fête, mais se souvient :des soldats tombés sur les dunes, des diplomates qui ont défendu la cause nationale sur toutes les tribunes du monde, des pionniers qui ont bâti dans le sable les fondations d’un développement exemplaire. À travers eux, c’est tout un pays qui se regarde dans le miroir de son histoire, non pour s’y complaire, mais pour y puiser la force d’aller plus loin. Car au fond, **l’unité du Maroc n’est pas un acte politique ; c’est une vérité historique, un état d’esprit, une fidélité viscérale.**Le 31 octobre vient simplement lui donner un nom, une date, un souffle renouvelé. **Il n’y a pas d’unité sans mémoire, ni de mémoire sans avenir.**Le Maroc n'a jamais célébré le passé pour le passé mais toujours comme évocation pour se projeter dans l'avenir. Jamais il n'a cru en une rente mémorielle figée. Fort de son histoire et de sa souveraineté retrouvée, il avance désormais avec la sérénité de ceux qui n’ont rien à prouver, mais seulement à poursuivre. Son ADN est particulier mais jamais pour s'isoler. Au contraire, le Royaume se voit être une partie d'un monde, ouvert à la coopération, à la liberté, à la prospérité. Dans le vent du Sud, au loin, résonne toujours le même serment : **Un seul Royaume, une seule âme, un seul destin.**
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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Maroc-Égypte : retrouvailles stratégiques ou trêve éphémère sous les sables du pragmatisme ? 53

Imaginait-on la scène au Caire et à Rabat voilà peu de temps encore ? Pourtant, il y a quelques jours seulement, les Premiers ministres Aziz Akhannouch, flanqué de sept de ses ministres, et Mostafa Madbouly, non moins bien nanti, apposent et supervisent des signatures sur vingt-deux accords, les uns plus importants que les autres, sous les flashs des caméras. Les discours officiels célèbrent une « relation à un niveau inédit ». Les sourires, larges, nourrissent l’espoir du rapprochement tant souhaité entre deux puissances économiques de la zone Mena. À première vue, il s’agit de retrouvailles en grande pompe. Mais, derrière cette mise en scène, sans doute sincère, une interrogation persiste. S’agit-il d’un tournant historique ou d’une simple convergence opportuniste dictée par les développements géopolitiques récents ? Pour y voir clair, replongeons dans une histoire lourde de méfiance. Dès 1963, la Guerre des Sables voit l’Égypte de Gamal Abdel Nasser s’aligner sur l’Algérie, voire la pousser contre le Maroc, au nom d’un panarabisme tiers-mondiste qui stigmatisait Rabat comme « pion occidental », disaient-ils à l’unisson. Eux pensaient être du bon côté, celui des « révolutionnaires bolcheviques »... L’objectif était bien évidemment de déstabiliser la monarchie et, pourquoi pas, de la faire tomber. La débâcle était sans appel. L’Égypte y laissera des plumes... et un prisonnier de marque : Hosni Moubarak, celui-là même qui deviendra président. Hassan II, en seigneur, le remettra en cadeau à l’Égypte dans un geste seigneurial. Plus tard, sur le Sahara marocain, Le Caire adopte une ambiguïté prudente mais oh combien floue : ni appui au Polisario, ni soutien franc au Maroc ; une posture d’équilibriste qui, au Maroc, passe pour de la perfidie latente, notamment à l’occasion d’accolades triomphalistes entre Égyptiens et Algériens. C’est Hosni Moubarak qui viendra supplier Hassan II pour relâcher les prisonniers de guerre que Boumédiène a perdus sur le terrain à Amgala, avec l’illustre Chengriha dans la liste...L'Egypte semblait donc souffler le chaud et le froid dans l'affaire. Le sommet récent marque sans doute un pivot. Vingt-deux accords signés pour accélérer les échanges et les porter à des niveaux inespérés encore quelques jours auparavant. Mais le clou de la rencontre est bien l’alignement égyptien sur la Résolution 2797 de l’ONU, validant l’autonomie proposée par le Royaume comme seul cadre viable. Rabat, en diplomate discret, banalise ce soutien, comme s’il allait de soi. Ce n’est pas gratuit : il reflète une recomposition arabe avec, possiblement, la fin des clivages idéologiques des années 1960 et la primauté du pragmatisme. Les menaces iraniennes, et peut-être même turques, peuvent bien y être pour quelque chose. L’Égypte de Sissi, par ce rapprochement, gagne un allié stable : le Royaume chérifien, un contrepoids arabe véritablement diversifié et cohérent dans tout ce qu’il entreprend. Économiquement, pourtant, le tableau est contrasté. Les accords d’Agadir de 2006, liant déjà Maroc, Égypte et Jordanie en zone de libre-échange, n’ont pas tenu toutes leurs promesses. Les échanges ont progressé, mais restent timides tout de même, à cause d’une bureaucratie persistante. Pire, une crise avait éclaté sur les voitures produites au Maroc, bloquées par des taxes protectionnistes. L’Égypte ne les avait pas considérées comme suffisamment marocaines, ravivant les frustrations du Royaume. Ces vingt-deux nouveaux engagements viennent donc booster la machine, avec des investissements croisés pour ancrer le Maroc en Afrique de l’Est et ouvrir à l’Égypte des portes vers l’Ouest. L’argument clé est clair : les chiffres l’emportent sur les rancunes. Ce pendant, les précédentes crises, pas très espacées, prouvent la fragilité de la situation tout de même, jusqu’à preuve du contraire. Il faut rester confiant dans une réconciliation durable, même si les imaginaires populaires récents freinent ce développement. La presse sportive égyptienne notamment est globalement très virulente contre le Maroc et trahit une rivalité tenace. Géopolitiquement, Alger réagira vivement, forçant Le Caire à son habituelle ambiguïté. L'Egypte acceptera t elle un dictat algérien au nom de l'histoire commune... Il n’est pas exclu de voir l’Égypte dépêcher un émissaire pour dire aux Algériens ce qu’ils aiment entendre, afin d’atténuer la déception. Et il y a également les aléas internes et les remaniements fréquents en Égypte, qui créent des instabilités menaçant le tout. L’Histoire arabe enseigne que les alliances sont extrêmement volatiles. Oui, une ère pragmatique s’est bien amorcée, conditionnée à la convergence économique, au-delà des accords d’Agadir. Elle pousse à la stabilité régionale et au triomphe du calcul sur l’idéologie. Osons espérer qu’il ne s’agisse pas d’une réconciliation émotive, mais plutôt d’une normalisation stratégique certaine, mettant le passé en parenthèses au service du présent et de 150 millions d'humains au moins. Les accords devront aussi survivre aux tempêtes du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et constituer un socle pouvant séduire le reste des pays de la région, vers un véritable continuum économique en respect de celui géographique et démographique. Alors marocains et égyptiens, apaisés et confiants, écouteront ensemble Oum Kaltoum chanter aghadan alqak...et se délecteront d'un bon thé à l'ombre d'une pyramide ou de la Tour Hassan...