Pensez le Futur.

Les régimes militaires : promesses révolutionnaires, désillusions nationales certaines... 1333

Depuis les indépendances du milieu du XXᵉ siècle, une large partie du monde en développement a été traversée par la tentation militaire. En Afrique, en Amérique latine ou en Asie, les armées, souvent les seules institutions *organisées, hiérarchisées et disciplinées*, à la suite du départ des colonisateurs, ont pris le pouvoir au nom de la stabilité, de la justice sociale ou de la révolution. Pourtant, l’histoire révèle que, derrière les slogans pompeux de « démocratique », «populaire » ou « révolutionnaire », ces régimes ont rarement laissé place à autre chose que la répression, la corruption, la stagnation et bien plus encore. Les lendemains d’indépendance ont vu certaines armées se positionner en sauveuses autoproclamées. Toutes n'ont laissé derrière elles que le KO, le sous-développement et la misère. Dans les années 1960 et 1970, l’Afrique nouvellement indépendante connaît une flambée de coups d’État militaires. Entre 1958 et 1980, plus de 60 putschs militaires sont recensés sur le continent. Certains leaders charismatiques des indépendances se sont vus dépossédés du pouvoir de la pire des façons. Au Ghana, Kwame Nkrumah, pionnier du panafricanisme, est renversé en 1966 par un coup d’État militaire. En 1968, Moussa Traoré dépose Modibo Keïta au Mali, mettant fin à un projet socialiste naissant. Ould Dadda de Mauritanie ne connaitra pas un meilleur sort. Plus tôt, c'était Patrice Lumumba qui subissait les pires atrocités. Le roi Farouk est poussé à la porte de l'Égypte. Kaddafi dépose le vieux Senoussi. Benbella subissait le dictat de Boumedienne. En Amérique latine, la même mécanique se répète : l’armée prétend « sauver la nation » du chaos. Au Brésil, le coup d’État de 1964 installe une dictature pour 21 ans sous le prétexte de combattre le communisme. Au Chili, le général Augusto Pinochet renverse en 1973 le président démocratiquement élu Salvador Allende, inaugurant un régime de terreur responsable de plusieurs milliers de morts et disparus. En Asie, la Birmanie illustre une domination militaire persistante. Depuis le coup d’État de 1962 du général Ne Win jusqu’à la junte née du putsch de février 2021, l’armée contrôle le pays, étouffant toute opposition et maintenant une pauvreté structurelle. Nombre de ces régimes militaires se sont enveloppés dans un vernis idéologique. Ils se sont dits « révolutionnaires », comme le régime de Thomas Sankara au Burkina Faso (1983-1987), ou « démocratiques et populaires », à l’image des régimes du Congo-Brazzaville ou de l’Éthiopie de Mengistu Haile Mariam (1974-1991). Mais cette promesse de transformation sociale a presque toujours débouché sur la confiscation du pouvoir. Les libertés civiles furent suspendues, les opposants emprisonnés ou éliminés, tandis que les économies nationales sombrèrent dans la gabegie et la prédation. La rhétorique des régimes « populaires, démocratiques et révolutionnaires » s'avère tout aussi mensongère qu'improductive, pour ne pas dire plus. Le Nigeria, avec ses six coups d’État entre 1966 et 1999, est emblématique de cette spirale. Les régimes successifs de Yakubu Gowon, Murtala Mohammed et Sani Abacha ont dilapidé les revenus pétroliers d’un des pays les plus riches d’Afrique. À la mort d’Abacha en 1998, le pays était exsangue : corruption généralisée, dette abyssale, répression politique. Malgré l'évidence, certains pays continuent à endurer ce genre de régime, avec une recrudescence ces derniers temps en Afrique occidentale et au Sahel. Il est difficile de porter un jugement sur ces régimes naissants. Attendons. Le temps nous dira. Ils promettent tous de remettre le pouvoir aux civiles après une période de transition. Souvent ils y gouttent au plaisir de la vie et s'y plaisent... Aujourd’hui, les États encore dominés par une junte militaire sont moins nombreux qu'avant en Afrique. L’Algérie demeure tout de même un exemple notable, vestige des régimes installés dans les années soixante. L’armée reste ici le véritable centre de pouvoir depuis l’indépendance en 1962. Officiellement dirigée par des civils, la réalité est différente, notamment depuis le coup de force de janvier 1992, qui interrompit un processus électoral et plongea le pays dans une guerre civile meurtrière. Près de 200 000 personnes y perdirent la vie, selon Amnesty International. Trente ans plus tard, malgré les apparences institutionnelles, la présidence d’Abdelmadjid Tebboune (depuis 2019) reste sous étroite influence militaire. Il est toujours flanqué du général chef des armées. Le mouvement du Hirak, né en 2019, avait dénoncé ce système opaque décrit comme un « pouvoir militaire sans uniforme ». Aujourd'hui, la situation ayant conduit au Hirak ne s'est pas améliorée : l’économie, dépendante du pétrole, s’enlise, tandis que la jeunesse s'exile massivement. Les illusions sont encore une fois perdues. Le dinar dégringole alors que le pays dépend de l'importation pour ses besoins primaires. Les régimes se prétendant « du peuple » ont souvent retourné leurs armes contre ce même peuple. Des pays riches en ressources comme le Nigeria, le Congo, le Soudan, la Libye, l'Algérie ou la Birmanie, pour ne citer que quelques exemples, sont devenus des laboratoires de la désillusion. Les massacres, abus et dilapidation des richesses laissent toujours des cicatrices profondes. La tendance mondiale, marquée par la disparition des régimes militaires, n'est pas pour plaire à tout le monde, notamment aux armées dans certaines régions, quitte à plonger le pays dans le KO. Le cas du Soudan donne des signaux très alarmants. C'est alors qu'une leçon s’impose : aucune dictature en uniforme n’a réussi à bâtir durablement la prospérité ou la paix, nul part. L’histoire des régimes militaires est celle d’une promesse trahie. Derrière le discours du redressement national, de la défense des intérêts du pays, ces pouvoirs ont produit la peur, l’appauvrissement et le désenchantement. L’armée, censée protéger la nation, l’a souvent tenue en otage. Là où elle persiste encore à s'accaparer le pouvoir, elle incarne surtout les dernières résistances d’un modèle condamné par l’histoire. À bon entendeur, salut !
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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Najib Salmi, une conscience qui s’éteint, un héritage qui demeure 107

Najib Salmi s’en est allé, et avec lui se referme l’une des plus belles pages du journalisme sportif marocain. Mais, au-delà de l’hommage collectif, c’est aussi une page intime de ma propre vie de chroniqueur, de confrère et d’ami qui se tourne. Il laisse derrière lui un héritage professionnel immense et, surtout, une empreinte humaine indélébile. Il a été sans doute la plus grande plume du sport marocain pendant des décennies. Pendant plus de quarante ans, Najib Salmi a incarné une certaine idée du journalisme sportif, exigeante et responsable. Il a, en fait, initié une école de journalisme sportif, lui qui est tombé dedans un peu par hasard et s’y était plu. Figure centrale du quotidien L’Opinion, dont il a dirigé la page sportive, il a marqué des générations de lecteurs, notamment à travers sa chronique devenue culte, « Les points sur les i », espace rare où la liberté de ton se conjuguait avec la rigueur intellectuelle et le sens de l’intérêt général. Il était à lui seul une institution. Il appartenait à cette génération pour laquelle le journalisme sportif n’était ni divertissement creux ni caisse de résonance des passions aveugles, mais un acte de service public. À une époque où le sport marocain entrait dans l’ère de la professionnalisation, de l’argent et de la médiatisation excessive, sa plume savait dénoncer les dérives, pointer les responsabilités et saluer, avec la même honnêteté, les avancées et les réussites lorsqu’elles étaient réelles. Najib Salmi ne fut pas seulement un grand chroniqueur, il fut aussi un bâtisseur. À la tête de l’Association marocaine de la presse sportive, de 1993 à 2009, il s’est battu pour la reconnaissance du métier, la défense de son éthique et la dignité de ceux qui l’exercent. Il a contribué à inscrire le journalisme sportif marocain dans les instances régionales et internationales, avec une crédibilité forgée sur le sérieux et la constance. N'est ce pas dans un congrès qu'il organisa à Marrakech que notre ami Gianni Merlo fut élu président de l'AIPS. N'est ce pas lui seul qui titra sur Said Aouita jeune prodige alors. Il venait d'établir un nouveau record national des 1500m...Il dira de lui sans se tromper qu'il ira très loin. Il aura été le soutien de générations de grands athlètes. Il était présent à tous les championnats du monde et au jeux olympiques. Il me soutenait ainsi avec force et détermination. Homme de principes, discret mais inflexible sur l’essentiel, il considérait que le respect du lecteur et la véracité de l’information n’étaient pas négociables. Cette rectitude morale, rare dans un environnement souvent soumis aux pressions et aux intérêts, lui a valu d’être reconnu par ses pairs comme une véritable école du journalisme sportif. Abdellatif Semlali, ministre légendaire de la Jeunesse et des Sports, son ami, se plaisait à l’appeler « Monsieur à côté ». Il l’était effectivement. Jamais il n’a été dans le moule de qui que ce soit, même quand, un laps de temps, il avait rejoint Le Matin du Sahara, alors dirigé de main de maître par Moulay Ahmed Alaoui. Pour moi, Najib Salmi n’était pas seulement une référence professionnelle, il était un ami, un frère et un mentor. C’est grâce à sa confiance que j’ai pu, pendant des années, écrire dans les pages sportives de L’Opinion, apprendre le métier au quotidien, ligne après ligne, sous son regard attentif et bienveillant, subissant ses sautes d’humeur et, surtout, la correction du style et de la syntaxe. Il m’a transmis bien plus que des techniques d’écriture : une conception de ce que doit être la chronique fondée sur la probité, le travail de fond et le refus de la facilité. Aujourd’hui encore, si je continue à écrire, c’est aussi parce que demeure cette voix intérieure qu’il a su faire naître, celle qui rappelle qu’on ne trahit ni le sport, ni le lecteur, ni la vérité. Najib Salmi s’est éteint à l’âge de 78 ans, après une longue lutte contre la maladie, laissant un vide immense dans les rédactions de L’Opinion et de Challenge, auxquels il a contribué avec force et assiduité. Il laisse un vide immense dans le cœur de tous ceux qui ont croisé sa route. Il reposera au cimetière des Chouhada à Rabat, là où lui-même avait accompagné tant d’autres amis et connaissances, de proches et de confrères, et beaucoup de ceux qui ont grandi à l’ombre bienveillante de sa plume. Que Dieu l’accueille en Sa miséricorde. À l’ami, au frère, au maître qui m’a montré le chemin, je ne peux dire qu’une chose : merci, Najib, pour les moments délicieux partagés, pour les mots, pour les leçons et pour l’exemple. Les lecteurs regretteront Najib Salmi, la famille, les intimes et moi enterrons Saïd Hejaj. Said Hejaj s'en va paisiblement se reposer. Najib Salmi se racontera lui dans l'histoire.

De la passion au sens : la CAN comme épreuve de vérité pour l’africanité... 171

Le communiqué du Cabinet royal, publié le 22 janvier 2026 à l’issue de la CAN 2025 organisée avec brio par le Maroc, conjugue appel au calme après l’épisode du retrait sénégalais et célébration d’un succès organisationnel salué en Afrique et au‑delà. Par un ton mesuré et prospectif, il transforme une tension sportive en démonstration de leadership continental responsable, fidèle à une vision de long terme pour une Afrique unie et prospère. **A travers le ton et le contenu du message royal, on comprend qu'une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus : la réussite marocaine est aussi une réussite africaine. ** La CAN 2025 a confirmé la capacité du Maroc à faire d’un tournoi continental un levier de développement et de rayonnement. L'Organisation fluide, les infrastructures modernisées, les afflux massifs de supporters et la dynamisation de secteurs clés tel le tourisme, les transports, le commerce et les services, ont généré des retombées de plusieurs milliards de dirhams et environ 100 000 emplois directs et indirects, avec plus de 3 000 entreprises mobilisées et quelque 500 000 supporters transportés par Royal Air Maroc. Le message royal replace cette réussite dans une trajectoire plus large : celle d’un *"grand pays africain" *qui, en vingt‑quatre mois, a gagné l’équivalent d’une décennie de développement en infrastructures et en savoir‑faire, au service de son peuple et de son continent. Sans occulter le caractère *"malheureux"* des incidents de la finale Maroc–Sénégal, le communiqué choisit la hauteur plutôt que la polémique. En rappelant qu’une fois la passion apaisée, *"la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus"*, il propose une lecture adulte des émotions collectives et souligne que le peuple marocain *"sait faire la part des choses"* et refuse la rancœur. La défaite sportive se mue ainsi en victoire symbolique et diplomatique : les *"desseins hostiles"* et le dénigrement sont neutralisés par la constance stratégique, la confiance en soi et l’ancrage africain du Royaume. Le public marocain dans le stade a été le témoin d'une tragédie grotesque, montée de manière délibérée et préméditée mais n'a pas été dupe. Il a vite compris et gardé son calme et son flegme, alors que lourdement blessé. Un comportement remarqué et remarquable qui l'honore et honore le Royaume. Dans les faits, comme dans l’histoire, les relations Maroc–Sénégal sont empreintes d’une fraternité consolidée, raffermie à chaque occasion. Le message royal prend donc une portée particulière vis‑à‑vis de ce pays frère, avec lequel les relations sont qualifiées *d’"exceptionnelles et stratégiques"*, fondées sur une mémoire partagée, une solidarité africaine assumée, une fraternité religieuse profonde et de fortes convergences économiques. La tenue, les 26 et 27 janvier à Rabat, de la 15e Haute Commission mixte maroco‑sénégalaise, assortie d’un forum économique, donne un contenu concret à cette fraternité résiliente en relançant investissements, projets conjoints et coopération Sud–Sud au service des deux peuples et par extension à tous ceux de la région. Au‑delà des protagonistes de la finale, le communiqué s’adresse à l’ensemble des peuples africains en rappelant que *"rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles"* ni la *"coopération fructueuse"*nouée avec les pays du continent. Il inscrit la CAN 2025 dans une stratégie de long terme : capitaliser sur un capital immatériel fait de confiance, de visibilité et de crédibilité, et en faire un tremplin vers les prochains rendez‑vous, notamment la Coupe du monde 2030, dans une Afrique qui assume sa place sur la scène mondiale, cherche à l'assoir dans la continuité et à la consolider. Dans cet esprit, il importe de refuser que les dérives: racisme, discours de haine, manipulations médiatiques ou idéologiques , viennent ternir notre africanité ou en nier la dignité profonde. Être africain, c’est d’abord partager une géographie, une histoire, des cultures, des luttes et un destin commun, au‑delà des frontières, des résultats sportifs ou des conjonctures politiques. Nous ne sommes pas condamnés à reproduire la bêtise et l’hostilité ; au contraire, nous avons la responsabilité collective de faire de l’espace public un lieu de rencontre, d’écoute et de fraternisation, où l’intelligence, le respect inconditionnel de la dignité humaine et la curiosité de l’autre l’emportent sur l’insulte et la stigmatisation. Dans la droite ligne du message royal, cette CAN doit rester comme un rappel : notre avenir africain ne se construira ni dans la haine ni dans l’imitation des pires réflexes, mais dans la capacité à transformer les tensions en apprentissages, les compétitions en passerelles et les désaccords en occasions de dialogue. **Nous sommes africains, ensemble, par la mémoire et par le futur, et c’est cette conscience partagée qui peut faire de nos stades, de nos villes et de nos débats des espaces d’élévation plutôt que des scènes de division.** Les tentatives de déstabilisation voulues par certains peuvent, au mieux, troubler l’horizon le temps d’une compétition, mais elles ne sauraient s’installer durablement dans la conscience des peuples. À mesure que les faits se dévoilent, elles se retournent contre leurs auteurs, désormais exposés au regard du monde, incapables de masquer indéfiniment leurs échecs, la pauvreté de leur esprit et la petitesse de leurs desseins. **Là où la manipulation s’épuise, la vérité finit toujours par s’imposer, et avec elle la dignité des nations qui misent sur la construction, la fraternité et l’avenir plutôt que sur l’intrigue et la division.**

Locomotive du Football Africain : Le Modèle Marocain face aux Vents Contraires 132

Le rideau est tombé sur la CAN 2025, laissant derrière lui un sillage de contrastes saisissants. Si l’événement a consacré la suprématie du Royaume en tant que hub logistique de premier plan, les scènes de tension observées lors de la finale du 18 janvier 2026 à Rabat ont agi comme un rappel brutal des contingences qui pèsent encore sur le football continental. Entre la perfection des infrastructures et l’archaïsme de certaines postures disciplinaires, une interrogation s'impose : comment la transition du cadre réglementaire de la CAF vers celui de la FIFA en 2030 transformera-t-elle la gestion de ces crises organiques ? Cette mutation ne constitue pas une simple extension d'échelle, mais une véritable rupture paradigmatique où la neutralité technocratique viendra sanctuariser l'excellence marocaine. I. L’Excellence Marocaine : Une vitrine technologique pour l’Afrique L’investissement massif déployé par le Royaume — de la modernisation profonde des complexes sportifs à l’intégration systémique de la VAR — a offert au monde l'image d'un Maroc moderne, rigoureux et visionnaire. Cette réussite matérielle, saluée par les observateurs internationaux, visait à établir un standard de référence africain. Pourtant, cette image de perfection s’est heurtée à un phénomène psychologique tenace : le « complexe du pays hôte ». Dans cette configuration, la maîtrise organisationnelle est parfois perçue par certains concurrents non comme un progrès partagé, mais comme un levier de domination, alimentant mécaniquement des théories du favoritisme. Les événements de la finale en sont l'illustration paroxystique. Le but refusé à Ismaïla Sarr ou le penalty accordé en fin de match sont devenus, sous le prisme de la suspicion régionale, des instruments de polémique plutôt que des faits d'arbitrage techniquement étayés. Les données de DM Sport révèlent pourtant une réalité inverse : le Maroc a figuré parmi les sélections les plus pénalisées du tournoi. Ce décalage souligne une faille majeure : la technologie ne suffit pas à valider le résultat si elle n'est pas protégée par une autorité juridictionnelle perçue comme exogène. II. Leadership Solidaire et Diplomatie du Ressentiment Il serait toutefois erroné de percevoir cette quête d'excellence comme une volonté de distanciation. Au contraire, le Maroc préserve des relations historiques profondes et indéfectibles avec la majorité des nations sœurs du continent. Le Royaume, fidèle à son ancrage africain, continue d'œuvrer activement pour la promotion du football continental au sein de la CAF, offrant ses infrastructures et son expertise aux fédérations en quête de professionnalisation. Cette politique de la main tendue fait du succès marocain un succès pour toute l'Afrique. Pourtant, ce leadership dérange. On observe une « diplomatie du ressentiment » émanant de certaines sphères médiatiques étrangères, notamment dans certains pays arabes et africains, visant à ternir la belle image donnée par l'organisation marocaine. En érigeant le Maroc en « ogre » favorisé, ces narratifs tentent de transformer une supériorité factuelle en une injustice morale. Ce harcèlement médiatique cible précisément l'émergence d'un modèle de gouvernance qui s'aligne désormais sur les standards mondiaux les plus exigeants. III. L'avènement de la « justice froide » : La sanctuarisation par le droit Le passage sous l'égide de la FIFA en 2030 marquera la fin de cette proximité géographique propice aux cabales. Contrairement au cadre continental, la mondialisation des corps arbitraux brisera les rivalités de zones. Là où la CAF doit parfois naviguer entre compromis diplomatique et impératif sportif, la FIFA déploie une « justice froide », purement procédurale. Le chaos observé à Rabat trouverait en 2030 une réponse chirurgicale. L'Article 10 du Code Disciplinaire de la FIFA est clair : tout refus de reprendre le jeu entraîne un forfait automatique et des sanctions lourdes. En 2030, la règle du droit agira comme un couperet protecteur pour l'organisateur, rendant caducs les narratifs victimaires. IV. La technologie et le « Bloc 2030 » : Vers une vérité indiscutable L'édition 2030, portée par le trio Maroc-Espagne-Portugal, bénéficiera d'une automatisation totale du jugement (Shadow VAR, hors-jeu semi-automatisé) et d'une transparence absolue. Le Hosting Agreement de la FIFA s'imposera comme une norme supérieure garantissant l'impartialité. Ce cadre juridique agira comme un bouclier, empêchant que des incidents disciplinaires ne soient instrumentalisés politiquement contre le Royaume. La CAN 2025 aura été pour le Maroc une démonstration de force organisationnelle réussie, confirmant son rôle de locomotive pour le football africain. Cependant, elle a aussi révélé que l'excellence reste vulnérable aux bruits de couloirs. En 2030, l'ancrage définitif dans le droit FIFA permettra au Royaume de transformer cette belle image organisationnelle en une consécration d'image pérenne. Le sport, enfin protégé des scories géopolitiques, pourra s'aligner sur la vision stratégique d'un Maroc tourné vers l'universel, faisant de la règle de droit le socle de sa légitimité mondiale.

Le “Conseil de la paix” de Trump : pragmatisme stratégique ou signal d’alarme pour l’ordre international ? 151

L’invitation adressée par le président américain Donald Trump à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour intégrer le nouveau « Conseil de la paix » marque un tournant significatif dans la pratique contemporaine des relations internationales. Elle ne relève ni du protocole ni du symbolique, mais s’inscrit dans une reconfiguration assumée des mécanismes de gestion des conflits mondiaux. L’acceptation de cette invitation par le Souverain, alors que le président algérien n’a pas été convié et que l’Afrique demeure largement sous-représentée pour ne pas dire ignorée, souligne une logique sélective fondée non sur la géographie ou l’idéologie, mais sur l’utilité politique telle que perçue de l'acteur mondial que sont les USA. Dans le communiqué officiel annonçant l'acceptation du Souverain, il a été explicitement rappelé les fondamentaux de la diplomatie marocaine vis à vis de la question palestinienne et notamment la solution à deux états vivant côte à côte. Les relations de confiance tant avec les parties arabes concernés notamment les palestiniens de Gaza et ceux de Cisjordanie d'un coté, qu'avec Israël de l'autre, laisse entrevoir parfaitement le rôle qui sera celui du Royaume dans l'instauration de la paix et pour la reconstruction de la région. N'est ce pas une façon directe de consacrer une diplomatie de résultats face à l’essoufflement du multilatéralisme qui bat de l'aile depuis belle lurette. Depuis des décennies, les grandes institutions internationales, au premier rang desquelles l’ONU, peinent à résoudre des conflits prolongés. Le Conseil de sécurité est paralysé par le droit de veto, les processus de paix sont figés, les missions onusiennes sans horizon politique clair : les symptômes d’un système saturé sont évidents. Le Conseil de la paix voulu par Donald Trump s’inscrit lui dans une logique de rupture. Il ne cherche ni à produire du droit international ni à imposer des normes universelles, mais à créer un cadre informel de négociation directe entre acteurs influents, y compris ceux que le système onusien peine à intégrer de manière opérationnelle. Dans ce contexte le Maroc est surement un acteur de stabilité et un médiateur discret, crédible et efficace. La présence du Roi du Maroc dans cette instance reflète une reconnaissance internationale d’un modèle diplomatique fondé sur la stabilité, la continuité et le pragmatisme. Le Maroc s’est imposé comme un acteur capable de dialoguer avec des partenaires aux intérêts divergents, tout en maintenant une ligne stratégique claire et chacun sait que c'est Sa Majesté lui même qui à a initié cette vision et qui conduit cette diplomatie distinguée. C'est ce qui explique le caractère particulier de l'invitation adressée au souverain. À l’inverse, l’exclusion de certains États révèle les limites d’une diplomatie fondée sur la conflictualité permanente et la posture idéologique aveugle. Dans une logique trumpienne, l’efficacité prévaut sur la représentativité. Le pragmatisme sur la stérilité et l'aveuglement idéologique désuet. La question est alors de comprendre si dans ce contexte l'ONU est marginalisée ou poussée à la réforme ? Ce Conseil ne signe pas la fin de l’ONU pour l'immédiat en tout cas, mais en expose la crise existentielle. Si une instance parallèle parvient à obtenir, rapidement, des résultats tangibles, comme cela est revendiqué sur certains dossiers africains entre autres, alors la question de la légitimité fonctionnelle du système onusien se posera avec acuité. L’initiative du Président Trump peut ainsi être interprétée comme un déclencheur : soit d’un affaiblissement progressif de l’ONU qu'il n'affectionne pas trop, soit d’une réforme profonde de ses mécanismes décisionnels, notamment du Conseil de sécurité. Et comme le président Trump est déjà à mi mandant et qu'il ne peut en briguer un autre, alors il faut comprendre que les choses vont aller très vite. Le contexte est aussi très particulier avec une fracture transatlantique révélatrice d'un malaise qui couve depuis le premier mandant de Trump qui n'accepte plus de défendre une Europe hostile et de plus en plus tributaire des budgets américains pour cette défense. Le refus de pays européens, dont la France, de rejoindre cette nouvelle instance traduit une divergence stratégique croissante entre l’Europe et les États-Unis. Là où Washington privilégie le rapport de force et la négociation directe, l’Europe demeure attachée à un multilatéralisme normatif, parfois déconnecté des réalités du terrain. Son hypocrisie diplomatique et ses deux poids deux mesures sur pas mal de questions sont ici mis à nu. Sa position et son enlisement en Ukraine témoigne bien de la situation anachronique de sa stratégie. L'invitation de Vladimir Poutine, accentue cette fracture, notamment dans le contexte des conflits en Ukraine et des tensions géopolitiques en Arctique. L'Europe ne sait plus sur quel terrain aller avec le Président Trump. Comment interpréter le propos du Président Macron qui, à Davos, dit qu'il n'acceptait pas la loi du plus fort sans le nommer. C'est qui le plus fort dès lors que celui à qui il fait illusion est bien l'initiateur du nouveau Conseil...Ne s'agit il pas ici véritablement d'un partage de puissance? Pourquoi alors refuser d'en faire partie! Et puis à Trump de répondre à Macron en refusant une invitation à une réunion du G7... Le Conseil de Paix de Donald Trump pour l'instant, n’est ni une alternative institutionnelle complète à l’ONU ni une simple initiative conjoncturelle. Il est le symptôme d’un monde impatient face à l’inefficacité des cadres traditionnels. Dans ce contexte, le rôle qui sera celui du Roi du Maroc illustre la montée en puissance d’acteurs capables d’articuler pragmatisme, stabilité et crédibilité internationale. Plus qu’un changement d’architecture, cette initiative révèle une transformation profonde des règles implicites de la gouvernance mondiale. Et comme le siège du Conseil n'est pas encore connu pourquoi ne pas le voir s'installer au Maroc. L'invitation spéciale adressée à Sa Majesté le Roi Mohammed VI est de bonne augure et peut être aussi comprise dans cette optique. Le Maroc deviendrait ainsi le centre névralgique de la Paix dans le monde.

CAN 2025: Quand le Maroc croit en lui-même et en l'Afrique... 143

En 1961, John F.Kennedy lançait aux Américains un défi devenu immortel: «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays.» Cet appel à la responsabilité individuelle a contribué à forger un état d’esprit collectif fondé sur l’engagement civique et le dépassement de soi. Les USA contemporains portent encore, à bien des égards, l’empreinte de cette philosophie. Des décennies plus tard, Barack Obama galvanisait les foules avec «Yes we can», un cri d’unité et de détermination collective, tandis que Donald Trump popularisait «Make America Great Again», slogan de renaissance nationale. Ces formules ne sont pas de simples mots : elles cristallisent des moments où un peuple se redécouvre, se mobilise et se projette vers l’avenir. Une sorte de régénérescence d'une puissance qui a peur de choir, une façon de revigorer une nation qui aurait tendance à s'oublier ou à dormir sur ses lauriers? Le Maroc a également connu cette grammaire de la mobilisation nationale. Feu Hassan II rappelait avec force, dans un de ses discours: « Nous n’atteindrons cet objectif qu’en traduisant le nationalisme en citoyenneté et en faisant passer la conscience nationale du simple amour pour la patrie à un engagement effectif pour contribuer à l’édification d’un Maroc qui soit l’objet de la fierté de tous les Marocains. » Une vision fondatrice : aimer le Maroc ne suffit pas, il faut le construire. Dans le même esprit, Sa Majesté le Roi Mohammed VI disait, à l’occasion de la Fête du Trône de 2019, que « le Maroc appartient à tous les Marocains car il est notre maison commune », appelant chacun à contribuer à son édification, à son essor, ainsi qu’à la préservation de son unité, de sa sécurité et de sa stabilité. Plus récemment, lors de la Fête du Trône de 2024, le Souverain insistait de nouveau sur la nécessité de « mutualiser les efforts de tous les Marocains » et en appelait à leur patriotisme ainsi qu’à leur sens des responsabilités individuelles et collectives. Un message qui résonne, à la marocaine, comme un « Yes we can » national, destiné à surmonter les défis socio‑économiques et à consolider les acquis. La CAN 2025 : un révélateur de confiance nationale. C’est dans ce contexte que le Maroc a connu un tournant majeur avec l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Bien avant le coup d’envoi, la CAN agissait déjà comme un puissant révélateur : révélateur du niveau de développement atteint par le Royaume, mais aussi de la confiance retrouvée des Marocains en leurs capacités collectives. La compétition internationale ainsi accueillie par le Maroc a montré une capacité inégalable : stades modernes répondant aux standards les plus exigeants, réseaux autoroutiers étendus, hubs ferroviaires performants, villes de plus en plus propres et organisées, civisme largement salué par les visiteurs. Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech ou Agadir comme exemple seulement, incarnent ce Maroc qui avance, qui investit et qui se projette vers un avenir radieux. Ces progrès ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent d’une vision stratégique impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et traduite par des investissements structurants : plus de 2 000 km d’autoroutes réalisés depuis le début des années 2000, le complexe portuaire Tanger Med devenu une référence mondiale du transbordement, ou encore une politique énergétique ambitieuse visant plus de 52 % d’énergies renouvelables dans le mix national à l’horizon 2030. La CAN 2025 vient ainsi consacrer un processus de long terme, et non un simple coup d’éclat. Résilience, solidarité et crédibilité internationale. Avant même l’échéance sportive, le séisme d’Al Haouz en septembre 2023 avait déjà mis en lumière la résilience de la nation marocaine. Face à une tragédie humaine majeure, la solidarité spontanée: collectes massives, volontariat citoyen, mobilisation des institutions et l’intervention rapide de l’État sous l’impulsion royale ont démontré la solidité du lien national. La reconstruction engagée a renforcé la conviction que le Maroc sait faire face à l’adversité. Dans le même temps, les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une trajectoire globalement positive : amélioration progressive du PIB par habitant sur le moyen terme, montée en puissance de secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et les énergies vertes, affirmation du Royaume comme acteur diplomatique central en Afrique. Cette crédibilité internationale, parfois source de crispations ou de critiques régionales, confirme surtout que le Maroc a franchi un cap stratégique. Un succès qui appelle plus d’engagement. Mais ce succès n’est pas une fin en soi. Il appelle davantage d’efforts individuels et collectifs, davantage de confiance mutuelle entre citoyens, entreprises et institutions. Plus que jamais, la question posée par Kennedy reste pertinente: « Qu’est‑ce que je fais pour mon pays ?» Chaque Marocain, à son niveau, est interpellé. Cette dynamique repose sur un dénominateur commun : la solidarité, prolongée par le travail, l’innovation et la responsabilité. Elle se traduit par des initiatives locales, par l’essor de pôles technologiques à Casablanca, Rabat ou Tanger, par l’investissement dans le capital humain et par l’adhésion au Nouveau Modèle de Développement, qui vise un Maroc plus inclusif, plus productif et mieux positionné dans l’économie mondiale. Une ambition africaine assumée. La CAN 2025 doit également être comprise comme un moment de fraternité africaine. Le Maroc y a affirmé sa vocation continentale : tirer vers le haut, partager l’expérience, renforcer les partenariats Sud‑Sud et les interdépendances économiques. Les défis sécuritaires, climatiques, sociales et économiques sont communs ; les réponses doivent l’être aussi. Le destin du Maroc est indissociable de celui de l’Afrique et celui de l'Afrique dépend aussi du Maroc. Un Maroc prospère est une excellente locomotive pour le reste du continent et notamment dans la région. Les critiques stériles et les jalousies ancrées ou passagères ne résistent jamais longtemps au sérieux du travail, à la constance de l’effort et à la clarté de la vision. Seuls demeurent les pays qui avancent, investissent et rassemblent. Une mission claire. La mission est désormais limpide : persévérer, viser plus haut, plus fort et plus uni, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Non pas en copiant des slogans importés, mais en innovant, en assumant notre singularité et en occupant, avec confiance, la place qui est naturellement celle du Maroc sur l’échiquier mondial. Oui, Yes we can, à la marocaine. Construisons ensemble un Maroc plus fort et une Afrique plus confiante, non par le dénigrement ou la comparaison stérile, mais par le travail, la complémentarité et l’engagement collectif. Le monde avance et n’attend personne. Le Maroc l’a compris. À chacun désormais de choisir : accompagner ce mouvement ou rester à l’écart de l’Histoire. Les coupes de football il y en aura toujours.

Le Maroc face au syndrome du coquelicot : quand la réussite devient une cible.. 167

On parle couramment du « syndrome du coquelicot rouge », ou *Tall Poppy Syndrome* en anglais. Il s'agit d'une théorie sociologique et culturelle selon laquelle, dans certains groupes ou sociétés, ceux qui dépassent les autres, réussissent trop ou se distinguent excessivement sont critiqués, rabaissés ou « coupés », afin de préserver une forme d’égalité apparente au sein du groupe. En bref, la réussite dérange et devient préjudiciable à ceux qui en manquent. On agit alors tous azimuts pour ne serait-ce que dénigrer et médire de ceux qui excellent. La métaphore vient précisément de l’idée que, dans un champ de coquelicots, ceux qui poussent plus haut que les autres sont coupés pour que le champ reste uniforme. Le syndrome du coquelicot rouge désigne donc cette mécanique bien connue par laquelle une réussite trop visible appelle non l’émulation, mais la volonté de la rabaisser par n'importe quel moyen. À l’échelle régionale africaine, le Maroc en est aujourd’hui l’illustration la plus nette. Non pas parce qu’il s’autoproclame modèle, mais parce que ses performances s’imposent d’elles-mêmes, provoquant crispations, jalousies et stratégies d’entrave. En gros, un Maroc qui dérange parce qu’il réussit. Le Royaume n’a cessé, ces dernières années, d’accumuler des réussites structurantes : diplomatie africaine active, infrastructures de grande qualité, notamment sportives de rang mondial, crédibilité organisationnelle reconnue, et résultats sportifs qui ne relèvent plus de l’exception mais de la continuité. Cette dynamique, loin de fédérer autour du pays, a réveillé chez certains acteurs régionaux une obsession de la contestation systématique, sans aucun scrupule ni limite. L’organisation de la Coupe d’Afrique au Maroc aurait dû être consacrée comme un moment d’unité continentale de réussite collective de tous les africains. Elle s’est au contraire transformée, pour ses détracteurs, en terrain d’une guerre de nuisance visant moins l’événement que le pays hôte lui-même. Le voisinage n’est pas étranger à la stratégie évidente de sabotage indirect que chacun peut parfaitement vérifier. Dans ce contexte, il serait naïf de ne pas voir le rôle joué par l’Algérie, enfermée dans une rivalité devenue presque doctrinale avec le Maroc. Incapable de rivaliser sur le terrain de la performance, Alger a depuis longtemps déplacé le combat vers celui de la décrédibilisation, de la suspicion et de l’agitation périphérique. Faute de pouvoir empêcher l’attribution ou le déroulement de la compétition, la stratégie a consisté à polluer son environnement narratif : remettre en cause l’équité, semer le doute sur l’arbitrage, insinuer des collusions, fabriquer du soupçon là où les faits résistent. Une méthode classique : quand on ne peut pas faire tomber le coquelicot, on tente d’en ternir la couleur. Et comme cela trouve toujours appui chez certains, des relais médiatiques idéologisés ont parfaitement pris le relais. Cette entreprise n’aurait pas eu la même portée sans le concours actif de certains journalistes français idéologiquement alignés, souvent issus de milieux marqués par une hostilité ancienne au Maroc et à sa monarchie. Tout au long de la compétition, une partie de cette presse dite « progressiste » a déversé un venin fait d’insinuations, de procès d’intention et de mises en cause à peine voilées de la Fédération Royale Marocaine de Football et de ses dirigeants sinon de l'Etat marocain. Le journalisme d’enquête a ici cédé la place à un militantisme déguisé, où le soupçon tient lieu de preuve et où la réussite marocaine devient, par principe, suspecte. Ce traitement n’était ni neutre ni innocent : il participait d’une stratégie de délégitimation, soigneusement entretenue. Par ricochet sont apparues certaines complicités africaines, et des frustrations recyclées se sont décomplexées. Plus préoccupant encore, certaines attitudes de responsables ou dirigeants africains, ont alimenté ce climat délétère. Déclarations intempestives, contestations outrancières, postures victimaires déplacées : autant d’éléments qui ont donné le sentiment que des frustrations sportives ont été recyclées en accusations politiques, au mépris de l’éthique sportive. Qu’il y ait eu instrumentalisation consciente ou simple opportunisme, le résultat est le même : une tentative de fragilisation du Maroc par des voix censées incarner l’esprit de fraternité africaine. Mais malgré tout, la manœuvre a échoué et elle est en train de se retourner contre ses instigateurs. Car malgré tout, la réalité est têtue. La Coupe d’Afrique au Maroc a été une grande réussite organisationnelle, populaire, financière, médiatique, économique et sportive. Les supporters africains, les délégations et les observateurs honnêtes l’ont vu et vécu. Les campagnes de suspicion n’ont pas masqué l’essentiel : le Maroc a livré ce qu’il avait promis. En définitive, cette séquence révèle une vérité simple et dérangeante : le problème n’est pas que le Maroc gagne, organise et avance. Le problème, pour certains, est qu’il le fasse trop bien, trop visiblement, trop durablement alors qu'ils n'y arrivent point. Et dans un champ de coquelicots africains, ceux qui s’acharnent à couper celui qui dépasse finissent souvent par révéler leur propre incapacité à grandir. Le beau coquelicot va continuer à pousser...surtout qu'il a bien été arrosé par une pluie abondante. Dieu merci. Quand aux Coupes, il y aura bien d'autres occasions pour en soulever...