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Ramadan au Maroc : le mois sacré face au miroir de nos excès... 126

À l’approche du Ramadan, le Maroc change de rythme et d'heure. Les rues ralentissent le jour, s’illuminent la nuit. Les mosquées se remplissent, les cœurs se resserrent autour de l’essentiel : la foi, la patience, la solidarité, la piété. Sur le papier, le Ramadan est un mois de retenue de piété et de concentration sur soi. Dans la réalité économique, il devient paradoxalement un mois d’excès et de gaspillage. En fait force est de conclure au paradoxe de la table marocaine Quelques heures avant le Ftour, les marchés explosent d’activité. Les sacs débordent. Les paniers s’alourdissent. Les factures aussi. Selon les données disponibles du Haut-Commissariat au Plan, l’alimentation représente déjà la part la plus importante du budget des ménages marocains, notamment pour les classes modestes. Pendant le Ramadan, les dépenses alimentaires augmentent sensiblement, parfois de manière significative selon les enquêtes de consommation, sous l’effet d’achats concentrés sur une période courte et de la pression sociale autour de la table du ftour. Pression sociale mais également pression des médias et de la télévision en particulier. Le citoyen est bombardé de messages poussant à la consommation érigée alors en réussite sociale. Cela se chiffre en une augmentation des dépenses de l'ordre de 18%. Ce n'est pas rien. Cela se traduit aussi par une augmentation importante de la demande de produits alimentaires, pas forcément de première nécessité et donc par une pression sur les prix qui se traduit naturellement par des augmentations. Pourtant, une partie non négligeable de cette nourriture finit hélas à la poubelle. Les niveaux peuvent être alarmant. Les poubelles regorgent de produits alimentaires préparés, de gâteaux, de pâtisseries de pains et autres préparations à base de farine, beurre et sucre. Selon une étude de la FAO, ce gaspillage peut atteindre près de 85%. En d'autres termes un citoyen qui dépense 1000 dirhams en denrées alimentaires, en jettera comme déchets l'équivalent de 850 dirhams. Ahurissant. La question du gaspillage alimentaire au Maroc est structurelle, comme l’ont souligné plusieurs études appuyées par la FAO. Le Ramadan accentue ce phénomène par la multiplication des plats, la surproduction domestique, des achats impulsifs, l'abondance perçue comme synonyme d’hospitalité et de bien être. Le paradoxe est cruel : au moment même où la spiritualité invite à la modération, la société s’installe dans une démonstration d’abondance en fait en réponse à une pression sociale silencieuse. Le gaspillage n’est pas seulement un problème économique. Il est devenu culturel. Globalement un citoyen marocain jette quelques 132 kg de nourriture pas an selon une étude du PNUE. La FAO parle de 91 kg. Ramadan y participe dans une large mesure. La table du ftour est devenue un espace de représentation sociale. Ne pas multiplier les plats est parfois perçu comme un manque de générosité voire d'avarice. La chebakia, les briouates, la harira, les jus multiples : la norme implicite impose la diversité. On se donne de grands airs. les valeurs initiales, fondatrices de Ramadan y prennent un sacré coup. La sobriété passe aux oubliettes. Cette pression pèse d’autant plus sur les ménages modestes que l’inflation alimentaire des dernières années a érodé le pouvoir d’achat. Quand le budget est serré onze mois sur douze, le Ramadan devient un mois d’effort financier disproportionné. Le mois sacré se transforme alors en équation budgétaire difficile. Les médias ont réussi la fabrique d’un Ramadan-spectacle. A la tombée de la nuit, un rituel quasi généralisé commence : la télévision. Les grandes chaînes nationales concentrent leur programmation phare autour du créneau post-f'tour. Séries légères, sitcoms répétitives, caméras cachées, téléfilms calibrés pour le divertissement familial. Tous cela en support à un bombardement publicitaire hors normes. Le Ramadan est devenu la haute saison publicitaire. Les spots alimentaires se multiplient, les produits transformés envahissent les écrans, et la logique commerciale prend le dessus sur la vocation éducative ou culturelle. Le mois de spiritualité devient une bataille d’audience. La télévision ne crée pas seule la surconsommation, mais elle l’accompagne, la normalise et parfois la célèbre. La spiritualité est ainsi mise à l’épreuve. Le Ramadan est censé enseigner la faim pour mieux comprendre celui qui souffre de manques. Pourtant, le contraste est saisissant : tandis que certaines familles peinent à assurer l’essentiel, d’autres jettent l’excédent. La contradiction interroge quand à la responsabilité des pouvoirs publics et des gens des médias. Le Maroc n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs pays musulmans, les organisations internationales alertent chaque année sur le pic de gaspillage pendant le mois sacré. Ce phénomène est devenu un sujet récurrent des politiques publiques dans la région. Mais au-delà des chiffres, la question est morale : comment concilier jeûne et excès ? Comment prêcher la retenue et pratiquer l’abondance ? Comment recentrer à nouveau le mois sacré La solution n’est ni culpabilisante ni punitive. Elle est culturelle. Le devoir aujourd'hui est de: * Réhabiliter la simplicité dans les discours religieux. * Valoriser les tables sobres comme signe de conscience et non de pauvreté. * Encourager les initiatives de redistribution alimentaire. * Rééquilibrer la programmation audiovisuelle en y intégrant davantage de contenus éducatifs, sociaux et spirituels. Le Ramadan n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être intense. Il n’a pas besoin d’être coûteux pour être noble. Il n’a pas besoin d’être abondant pour être généreux. Au fond, la question n’est pas que économique. Elle est existentielle : **voulons-nous vivre le Ramadan… ou le consommer ?** Le gaspillage n'est point acceptable. La religion le condamne explicitement.
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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La gouvernance du sport en Afrique 2159

A chaque fois que la question du sport en Afrique est soulevée, son développement, ses réalisations, ses déboires, son ascension et le plus souvent à l’occasion de ses débâcles, la question de sa gouvernance est simultanément posée, avec ce qui s’en suit comme débats et problématique liée au concept de bonne gouvernance ; en opposition tacite à ce qui serait une mauvaise gouvernance. Ce concept de bonne gouvernance est en fait évoqué dès lors que la question à traiter est complexe et ou insuffisamment comprise. Le concept de bonne gouvernance est évoqué à chaque fois qu’il est difficile d’expliquer un résultat jugé décevant, à chaque fois que l’on cherche en fait à cacher l’incompréhension d’une situation et peut être même à dissimuler une probable incompétence à traiter d’une problématique donnée. En fait au lieu d’aller creuser et déterrer les raisons profondes, les explications plausibles, les atouts et les faiblesses du sport africain pour d’abord le comprendre et ensuite raisonner avec des données tangibles, on va se contenter au mieux de faire du benchmark, et de façon très simpliste dire que le sport africain souffre d’une seule et unique flétrissure : la mauvaise gouvernance. La question est bien plus complexe à partir même du fait que le concept sport est généralement lui-même mal défini et que le cœur des métiers du sport se trouve peu ou pas défini, peu ou pas compris et pris en compte ; il s’agit bien évidement de la performance sportive, ses déterminants et ses facteurs favorisants ou bloquants. L’Afrique, ses particularités géographiques, historiques et démographiques, ses spécificités sociologiques et politiques multiples, sont rarement prises en compte quand on évoque la question sportive. Le continent est vu comme un tout linéaire sans relief. Pour expliquer un résultat sportif, le lien est rarement fait avec un bon nombre de facteurs sou jacents voir déterminants. L’Afrique, compte tenu de la déformation de sa représentation géographique imagée, la montrant beaucoup plus petite qu’elle ne l’est en fait dans la réalité, à l’échelle du globe, est regardée exactement comme le continent européen surement beaucoup plus petit mais surdimensionné. Peu sont ceux qui évoquent les dimensions géographiques réelles de l’Afrique et ce qu'elle induit, ses diversités démographiques et ethnographiques, sa grande richesse culturelle due justement à cette diversité. Son histoire récente ayant lourdement impacté son évolution politique, la géographie des pays qui la composent, souvent incohérente ; son fonctionnement économique conséquence d’un passé colonial récent, ne sont jamais mis à l’avant et sont rarement évoqués comme des facteurs limitant ou favorisant l’évolution du sport en Afrique. Or c’est l’ensemble des ces facteurs et d’autres encore qui impactent les activités sportives africaines. D’ailleurs on ne devrait pas parler de Sport africain mais plutôt de Sport en Afrique, tellement les problématiques sont diverses d’une région à l’autre. C’est ainsi qu’il y a lieu tout d’abord, pour cerner aussi précisément que possible la question sportive en Afrique, de revenir à certains fondamentaux, de définir correctement les concepts pour ensuite pouvoir évoquer les pistes d’éventuelles meilleures politiques, meilleures gestions et peut être meilleures gouvernances. C’est sans doute l’unique voie pour entrevoir des plans de développement plus efficients. Cette approche est nécessaire et incontournable pour pouvoir échafauder et concevoir de véritables stratégies de développement, qui de surcroit, devraient s’imbriquer obligatoirement dans des stratégies globales de développement de l’humain. Aziz Daouda

Conversations et monologues 2532

Un soir, l'idée a commencé à germer... Cela faisait déjà des années que j'avais cette idée qui revenait régulièrement. Pourquoi pas un livre... ou du moins un recueil de textes?! C'est vrai, aprrès tout, pourquoi pas? Loin de moi la vie trépidante à la Indiana Jones ou à son homonyme féminine Bridget, ma vie a quand-même eu son lot de déconvenues aussi bien que d'instants de grâce qui méritent d'être partagés. Si j'écris, c'est pour que les jeunes (et les moins jeunes) demoiselles se disent "pourquoi pas?"... Inspirer une personne, la tirer vers le haut, faire en sorte qu'elle en veuille plus, plus que ce que la société veut bien lui donner comme rôle, comme place, plus que ce que son entourage veut bien lui donner comme importance... Rebattre les cartes de sa vie pour atteindre les sommets. Non, ces textes ne sont pas un énième papier de motivation à l'américaine, un enième bouquin de coaching sur comment mieux aimer ma vie, ou comment devenir quelqu'un... Non, ces textes sont des parcelles de vie racontées de manière vraie, parfois avec des mots crus. Mais ce partage peut réveiller les consciences, et créer le déclic... Donc oui, finalement, pourquoi pas un livre...