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Sahara Marocain: le verrou algérien sous pression américaine... 83

Depuis un demi siècle, le pouvoir militaire algérien ne cherche ni à clore définitivement le conflit du Sahara, ni à satisfaire réellement les revendications du Polisario. L'objectif central est la perpétuation d’un statu quo **contrôlé**, suffisamment conflictuel pour rester utile, mais bien contenu pour ne pas dégénérer. Dans cette logique, le Polisario n’est pas une fin en soi, mais un instrument: un proxy de pression régionale, activé ou mis en sourdine au gré des besoins stratégiques d’Alger. Ses dirigeants sont de simples fonctionnaires en mission et les détenus des camps pas plus que des comparses. Il ne s’agit ni de construire un État viable au sud, ni de remporter une victoire diplomatique totale, mais de maintenir une déstabilisation permanente à bas bruit dans la région. Un cynisme on ne peut plus manifeste dans un conflit “gelé” mais rentable pour le régime algérien. Il permet de maintenir une tension stratégique permanente avec le Maroc, bloquant de fait toute intégration maghrébine réelle. Il justifie une militarisation continue et des budgets de défense massifs, au nom d’une menace durable. Il permet d'entretenir la narration d’un ennemi extérieur, utile pour détourner l’attention des blocages économiques, sociaux et politiques internes. Dans ce schéma, le Maroc devient un «ennemi structurel», non parce qu’il représenterait une menace existentielle objective, mais parce que le système algérien a besoin d’un adversaire désigné pour cimenter la cohésion interne et canaliser les frustrations populaires. L’ennemi imaginaire comme méthode de gouvernement en fait. L’image d’un Maroc expansionniste et agressif constitue l’un des piliers du discours officiel algérien. Elle installe une pression psychologique constante: à l’extérieur, un voisin présenté comme menaçant; à l’intérieur, la nécessité proclamée d’un pouvoir fort et d’un appareil sécuritaire omniprésent. Ce dispositif n’est pas conjoncturel, il est consubstantiel à la nature du régime. Dans cette architecture politique, une normalisation pleine et entière avec Rabat serait contre-productive, car elle priverait le pouvoir militaire d’un levier central de légitimation. Certains la considère comme suicidaire pour le régime. Ainsi, même lorsqu’un « gel géré » semble s’installer, comme l’a décrit récemment l’ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères Ould Bellal, il ne s’agit pas d’une étape vers la paix, mais d’une modalité de gestion du conflit. Le statu quo est ajusté, modulé, jamais abandonné. C'est alors que Washington devient un véritable accélérateur du dossier. Le président Trump ayant fait de la résolution des conflits le point nodal de son mandant. La lecture mauritanienne est lucide sur un point: le dossier ne bouge réellement que lorsque Washington s’implique directement. Ould Bellal, en homme averti, souligne souligne que «la présence américaine directe dans les réunions récentes», est une évolution notable par rapport au simple soutien de principe au processus onusien. Les USA ont coupé avec leur ancienne posture. Cette dynamique confirme une réalité stratégique: le centre de gravité du conflit n’est ni à Tindouf, ni à Laâyoune, ni même à Nouakchott, mais à Alger. C’est ce que les responsables américains ont pleinement intégré. Les visites répétées de Massad Boulos à Alger, ainsi que ses déclarations fermes tout en restant codées, rappellent systématiquement la ligne américaine: soutien à une solution politique réaliste confirmant la souveraineté marocaine sur les territoires; insistance sur la stabilité régionale et à l’implication d’**Alger** comme partie prenante. Le message implicite est clair: sans engagement constructif du pouvoir algérien, aucune avancée durable n’est possible, quel que soit le cadre onusien ou le format des pourparlers. Quid alors de la Mauritanie entre neutralité et vulnérabilité. Celle ci étant également partie prenante aux pourparlers. Ould Bellal rappelle que son pays est «objectivement concerné» par les issues du conflit, en particulier en raison de la zone de Lagouira et des enjeux sécuritaires et économiques liés à Nouadhibou. Lagouira apparaît en effet comme un verrou stratégique, à la fois pour la profondeur sécuritaire de la Mauritanie et pour la configuration des corridors commerciaux atlantiques. Sa proposition d’organiser une conférence internationale visant à clarifier et juridiciser la «neutralité positive» mauritanienne traduit une conscience aiguë des risques: un conflit prolongé et instrumentalisé fragilise l’ensemble du continuum sahélo‑maghrébin. Nouakchott sait que le statu quo algérien n’est pas neutre; il structure les équilibres régionaux, et peut se transformer en facteur de déstabilisation diffuse. Il l'est en fait depuis 1976. S'il y a un verrou ici il est bien algérien. Au terme de la séquence en cours, le diagnostic est net: le problème central est à Alger, et une part décisive de la solution également. Tant que le pouvoir militaire algérien considérera le Sahara comme un levier de gestion interne et de projection régionale, aucune dynamique strictement onusienne ne suffira; le Polisario restera un outil, non un acteur souverain de décision. Dans ces conditions, seule une pression américaine soutenue, cohérente et, le cas échéant, contraignante, est susceptible de modifier le calcul stratégique d’Alger. À défaut, le «gel géré» évoqué par Ould Bellal risque de se transformer en éternité diplomatique, où la forme du processus change, mais où la logique de blocage demeure. Une sorte de constance quasi mathématique. Le statu quo n’est pas une impasse accidentelle: c’est une politique assumée. Et tant que cette politique restera rentable pour Alger, le conflit restera suspendu, non pas faute de solution, mais faute de volonté du véritable décideur. Pour faire sauter le verrou, Washington multiplie les pressions sur Alger. La toute dernière est celle de nommer un chargé d'affaire à Alger et pas un ambassadeur. Le statut de chargé d’affaires permet de marquer une forme de «sous‑calibrage» de la représentation, qu'on peut interpréter comme le reflet de tensions sur des dossiers sensibles: Sahara, rapprochement avec Moscou, lutte antiterroriste; sans aller jusqu’à une crise ouverte. C’est un signal de Washington qui montre que la relation est importante avec Alger, mais pas au point d’y consacrer immédiatement un ambassadeur plénipotentiaire tant que certains ajustements politiques ne sont pas engagés. Chevron va certes faire des affaires avec Sonatrach, mais en politique cela ne suffit pas. Alger devra bouger pour mériter la confiance diplomatique américaine: ordre de Trump. Au fond, le conflit n’est pas une question de cartes ni de slogans révolutionnaires. Il tient en une équation simple: Alger se nourrit du statu quo, mais sous l'impulsion du Président Trump le « problème du Sahara » cessera d’être un drame historique pour redevenir ce qu’il aurait toujours dû être : un dossier déjà réglé. Le verrou est en passe de sauter.
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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La gouvernance du sport en Afrique 2158

A chaque fois que la question du sport en Afrique est soulevée, son développement, ses réalisations, ses déboires, son ascension et le plus souvent à l’occasion de ses débâcles, la question de sa gouvernance est simultanément posée, avec ce qui s’en suit comme débats et problématique liée au concept de bonne gouvernance ; en opposition tacite à ce qui serait une mauvaise gouvernance. Ce concept de bonne gouvernance est en fait évoqué dès lors que la question à traiter est complexe et ou insuffisamment comprise. Le concept de bonne gouvernance est évoqué à chaque fois qu’il est difficile d’expliquer un résultat jugé décevant, à chaque fois que l’on cherche en fait à cacher l’incompréhension d’une situation et peut être même à dissimuler une probable incompétence à traiter d’une problématique donnée. En fait au lieu d’aller creuser et déterrer les raisons profondes, les explications plausibles, les atouts et les faiblesses du sport africain pour d’abord le comprendre et ensuite raisonner avec des données tangibles, on va se contenter au mieux de faire du benchmark, et de façon très simpliste dire que le sport africain souffre d’une seule et unique flétrissure : la mauvaise gouvernance. La question est bien plus complexe à partir même du fait que le concept sport est généralement lui-même mal défini et que le cœur des métiers du sport se trouve peu ou pas défini, peu ou pas compris et pris en compte ; il s’agit bien évidement de la performance sportive, ses déterminants et ses facteurs favorisants ou bloquants. L’Afrique, ses particularités géographiques, historiques et démographiques, ses spécificités sociologiques et politiques multiples, sont rarement prises en compte quand on évoque la question sportive. Le continent est vu comme un tout linéaire sans relief. Pour expliquer un résultat sportif, le lien est rarement fait avec un bon nombre de facteurs sou jacents voir déterminants. L’Afrique, compte tenu de la déformation de sa représentation géographique imagée, la montrant beaucoup plus petite qu’elle ne l’est en fait dans la réalité, à l’échelle du globe, est regardée exactement comme le continent européen surement beaucoup plus petit mais surdimensionné. Peu sont ceux qui évoquent les dimensions géographiques réelles de l’Afrique et ce qu'elle induit, ses diversités démographiques et ethnographiques, sa grande richesse culturelle due justement à cette diversité. Son histoire récente ayant lourdement impacté son évolution politique, la géographie des pays qui la composent, souvent incohérente ; son fonctionnement économique conséquence d’un passé colonial récent, ne sont jamais mis à l’avant et sont rarement évoqués comme des facteurs limitant ou favorisant l’évolution du sport en Afrique. Or c’est l’ensemble des ces facteurs et d’autres encore qui impactent les activités sportives africaines. D’ailleurs on ne devrait pas parler de Sport africain mais plutôt de Sport en Afrique, tellement les problématiques sont diverses d’une région à l’autre. C’est ainsi qu’il y a lieu tout d’abord, pour cerner aussi précisément que possible la question sportive en Afrique, de revenir à certains fondamentaux, de définir correctement les concepts pour ensuite pouvoir évoquer les pistes d’éventuelles meilleures politiques, meilleures gestions et peut être meilleures gouvernances. C’est sans doute l’unique voie pour entrevoir des plans de développement plus efficients. Cette approche est nécessaire et incontournable pour pouvoir échafauder et concevoir de véritables stratégies de développement, qui de surcroit, devraient s’imbriquer obligatoirement dans des stratégies globales de développement de l’humain. Aziz Daouda

Conversations et monologues 2531

Un soir, l'idée a commencé à germer... Cela faisait déjà des années que j'avais cette idée qui revenait régulièrement. Pourquoi pas un livre... ou du moins un recueil de textes?! C'est vrai, aprrès tout, pourquoi pas? Loin de moi la vie trépidante à la Indiana Jones ou à son homonyme féminine Bridget, ma vie a quand-même eu son lot de déconvenues aussi bien que d'instants de grâce qui méritent d'être partagés. Si j'écris, c'est pour que les jeunes (et les moins jeunes) demoiselles se disent "pourquoi pas?"... Inspirer une personne, la tirer vers le haut, faire en sorte qu'elle en veuille plus, plus que ce que la société veut bien lui donner comme rôle, comme place, plus que ce que son entourage veut bien lui donner comme importance... Rebattre les cartes de sa vie pour atteindre les sommets. Non, ces textes ne sont pas un énième papier de motivation à l'américaine, un enième bouquin de coaching sur comment mieux aimer ma vie, ou comment devenir quelqu'un... Non, ces textes sont des parcelles de vie racontées de manière vraie, parfois avec des mots crus. Mais ce partage peut réveiller les consciences, et créer le déclic... Donc oui, finalement, pourquoi pas un livre...