Pensez le Futur.

"Le sens de l’Histoire : le Maroc consolide, l’Algérie s’enlise" 3281

La diplomatie, la géopolitique régionale et les dynamiques d’interprétation stratégique en Afrique du Nord ont profondément évolué depuis un bout de temps. Cela remonte à 2007, lorsque le Conseil de sécurité a accueilli favorablement la proposition marocaine d’autonomie, ouvrant ainsi la voie à un règlement définitif du dossier du Sahara dans le cadre de la souveraineté du Royaume du Maroc. Ce fut un choix difficile pour le Maroc, mais éminemment pragmatique. Cette initiative s’inscrivait dans une vision d’intégration régionale à long terme, fondée sur la coopération et la complémentarité dans la région. Voyant l’Algérie embourbée dans ses contradictions, Rabat pensait pouvoir lui tendre une bouée de sauvetage. Mais peut-être avait on sous-estimé l’instabilité du régime voisin, incapable ou refusant obstinément de corriger sa trajectoire. Loin de saisir l'opportunité, Alger opta pour la surenchère, multipliant les déclarations hostiles et les actes provocateurs. Le changement de dirigeants avait pourtant suscité un espoir de dégel du côté marocain. Le Roi du Maroc est allé jusqu’à leur adresser deux appels solennels au dialogue. La réponse fut un refus catégorique. Plutôt que de formuler une contre-proposition, l’Algérie a persisté dans sa stratégie de confrontation, ignorant les dynamiques nouvelles. Les discours belliqueux et les décisions unilatérales à l’encontre du Maroc se sont multipliés à profusion. Alger s’enfonce dès lors dans une forme de déni, coupée des réalités géopolitiques contemporaines. On en vient à se demander si les décideurs algériens vivent dans le même monde. Lors du vote de la résolution de 2024 renouvelant le mandat de la MINURSO, l’Algérie, membre non permanent du CS pourtant, s’est retrouvée isolée, impuissante. Un moment aussi pathétique que révélateur. Le soutien massif des pays arabes et africains à l’intégrité territoriale du Maroc, de même que le revirement croissant de nombreux États, n’a pas infléchi l’entêtement algérien, devenu une constante. La décision espagnole d’adhérer à la vision marocaine a provoqué à Alger une crise d’hystérie symptomatique. La lettre du président Macron et les discours d'après ont davantage encore crispé les autorités algériennes. Ils finiront par se rétracter sans contre partie sinon l’humiliation. Aucune proposition constructive n’a jamais émergé de leur côté. Rien de concret. Rien d’utile. Comme si l’insulte, la calomnie et la diffamation constituaient désormais des outils diplomatiques recevables : les déclarations se sont faites de plus en plus virulentes, parfois abjectes, trahissant une perte de contrôle émotionnel. Dernièrement, à la suite de la réaffirmation claire de la position américaine en faveur du plan d’autonomie marocain, l’Algérie a publié un communiqué marqué par l’ambiguïté, l’approximation et de graves faiblesses rédactionnelles, tant en français qu’en arabe. On aurait dit les propos confus d’un boxeur groggy, titubant après un KO technique. Ce communiqué peut être interprété de plusieurs façons, toutes révélatrices d’un même désarroi. Il semble d’abord illustrer une volonté de diluer l’importance du message américain, le noyant dans un fatras de références juridiques déformées, de rappels historiques approximatifs et d’arguments idéologiques ridicules. Une tentative de minimiser l’impact du soutien américain auprès de l’opinion publique intérieure et des quelques partenaires encore fidèles. On y perçoit aussi une forme d’incompréhension, feinte ou sincère, des nouvelles réalités diplomatiques. Les cercles algériens, qui détiennent les clés de la décision s’accrochent à une lecture du dossier devenue caduque. Sont-ils réellement convaincus d’un possible retournement ?. Ils insinuent que les positions internationales restent ambiguës ou négociables, alors que tout démontre le contraire. S’ils y croient vraiment, ils sont bien seuls alors. Le communiqué traduit surtout un refus obstiné de reconnaître les faits. L’Algérie a probablement compris le message américain : il s’agit d’un soutien clair et renouvelé à la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Mais, pour des raisons de politique intérieure et de posture régionale, elle choisit délibérément de l’ignorer; une manière de sauver la face… mais est-ce vraiment tenable? Chaque jour qui passe renforce la position du Maroc sur la scène internationale. Le pragmatisme, la cohérence, la diplomatie active et l’intelligence stratégique du Royaume finissent par payer. Le front interne marocain reste quant à lui solide, uni et constant: un atout majeur. La dynamique diplomatique portée par le Maroc est aujourd’hui partagée et soutenue par les grandes puissances, dans un contexte géopolitique où les intérêts économiques et sécuritaires prennent le pas sur les slogans du passé. L’Algérie, quant à elle, reste engluée dans une posture rigide et stérile, au détriment faut il le souligner, de son propre peuple, otage d’une affaire dans laquelle il n’a jamais été réellement consulté. Voilà bientôt 50 ans qu’il subit les conséquences d’un entêtement idéologique sans le moindre bénéfice tangible. Et les choses pourraient bien se compliquer davantage. En s’opposant désormais aux pays du Sahel, notamment le Mali, Alger compromet même ses alliances traditionnelles. La Russie observe avec inquiétude la déstabilisation d'une zone qu’elle considère comme stratégique. À se demander quel est le cap de la diplomatie d'Alger et s’il reste quelqu’un de lucide à la barre. Le fait que de Mistura ait été interrogé au Département d’État américain est lourd de sens, d’autant qu’il a été reçu par une subalterne. Lisa Kenna responsable des affaires politiques lui a transmis un message clair : les États-Unis veulent une résolution rapide, et une seule solution est désormais sur la table. Sans marge, son rôle est désormais d’inviter les parties à s’y inscrire. Parmi ces parties, l’Algérie figure bien en première ligne, que cela lui plaise ou non. Comme si cela ne suffisait pas, le congressman Joe Wilson a annoncé son intention de déposer une loi visant à classer le Polisario comme organisation terroriste, en raison de ses connexions avec l’Iran. Il est hautement probable que le projet aboutisse. L’étau se resserrera encore davantage autour du régime algérien, qui aura définitivement perdu toute latitude d’action. Il est temps d’en finir avec cette mascarade idéologique, ces marionnettes agitant encore des slogans poussiéreux dans les couloirs de l’Union Africaine, au frais du contribuable algérien, épuisé par les files d’attente pour le lait et l’huile. La patience, la sagesse et la persévérance du Royaume chérifien portent leurs fruits. Le Maroc savait que ce n’était qu’une question de temps. Ceux qui en doutaient comprennent désormais qu’on ne joue pas impunément avec les intérêts du plus anciens États-nations du monde. L’Algérie aurait pu éviter cette débâcle, si elle avait eu, un jour, la clairvoyance de voir ce qui était évident pour tous : le sens de l’histoire.
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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Fuite des cerveaux et déclin démographique : la double peine silencieuse du Maroc... 67

Par-delà les discours convenus sur la modernisation et l’attractivité du Royaume, une réalité plus inquiétante s’impose progressivement, celle de la fuite des cerveaux. Longtemps perçue comme un effet secondaire de la mondialisation, elle devient aujourd’hui un facteur structurel de fragilisation socio-économique. Et cette dynamique prend une ampleur nouvelle à mesure que s’installe une transition démographique marquée par le ralentissement, voire la contraction; du vivier national de talents. L'hémorragie est ancienne, mais désormais elle devient critique. Le phénomène de migration des compétences n’est pas nouveau au Maroc. Depuis des décennies, ingénieurs, médecins, chercheurs ou cadres supérieurs s’orientent vers l’Europe, l’Amérique du Nord ou, plus récemment, les pays du Golfe. Les raisons sont connues : salaires plus élevés, conditions de travail plus attractives, reconnaissance professionnelle accrue, écosystèmes d’innovation plus matures, fiscalité avantageuse. Dans un contexte de forte croissance démographique, cette perte était en partie absorbée par l’élargissement continu de la base des diplômés. Le système éducatif, malgré ses limites, alimentait un flux suffisant pour compenser, au moins quantitativement, les départs. Mais cette équation est en train de changer. La transition démographique, un tournant qu'on ne peut sous-estimer va aggraver davantage la situation. Le Maroc est entré dans une phase avancée de sa transition démographique. La baisse du taux de fécondité, amorcée depuis les années 1990, s’accélère et s’accompagne d’un vieillissement progressif de la population. Ce phénomène, souvent interprété comme un signe de modernisation, comporte en réalité des implications économiques profondes. La population en âge de travailler, moteur de la croissance, tend à stagner puis à diminuer. Le « dividende démographique », qui a longtemps soutenu le développement du pays, s’érode. Dans ce contexte, chaque départ de talent n’est plus simplement une perte individuelle; il devient un manque systémique, difficilement compensable. Le coût socio-économique des départs est croissant et se fera sentir chaque année un peu plus. C’est ici que se noue le cœur du problème : la fuite des cerveaux, combinée à la décroissance démographique relative, engendre un coût socio-économique cumulatif et croissant. D’abord, sur le plan productif. La perte de compétences rares affecte directement la capacité d’innovation, la compétitivité des entreprises et l’attractivité globale du pays. Les secteurs stratégiques: santé, numérique, ingénierie, recherche scientifique, sont les premiers touchés. Le cas des médecins marocains exerçant à l’étranger illustre de manière frappante cette tension. Former un médecin représente un investissement public considérable, dont les bénéfices sont souvent hélas captés par d’autres économies. Ensuite, sur le plan fiscal. Les profils hautement qualifiés sont aussi ceux qui contribuent le plus aux recettes fiscales et à la création de valeur. Leur départ réduit la base imposable, fragilise les équilibres budgétaires et limite les capacités d’investissement public. Enfin, sur le plan social. La raréfaction des compétences accentue les inégalités territoriales et sectorielles. Certaines régions ou services publics se retrouvent en pénurie chronique de personnel qualifié, ce qui alimente un sentiment d’abandon et creuse les fractures internes. Au-delà des indicateurs économiques, la fuite des cerveaux entraîne une érosion des « externalités positives » associées aux élites formées. Un ingénieur, un chercheur ou un médecin ne produit pas seulement de la valeur individuelle. Il contribue à la diffusion des connaissances, à la formation des générations suivantes, à l’émergence d’écosystèmes innovants et pérenne. Lorsque ces acteurs quittent le territoire, c’est toute une chaîne de transmission qui se fragilise. Le pays perd non seulement des compétences, mais aussi des multiplicateurs de développement. La question est aussi de savoir si avoir une diaspora importante à l'etranger constitue une opportunité ou est une simple illusion compensatoire ? Face à ce constat, l’argument de la diaspora est souvent avancé comme contrepoids. Les transferts financiers des Marocains résidant à l’étranger constituent effectivement une ressource importante. De même, les réseaux diasporiques peuvent favoriser les investissements et les transferts de savoir-faire. Cependant, cette vision mérite d’être nuancée. Les remises financières, aussi significatives soient-elles, ne remplacent ni la présence physique des compétences ni leur contribution quotidienne à l’économie nationale. Quant aux retours d’expérience ou aux investissements, ils restent encore marginaux au regard de l’ampleur des départs. Il s'agit donc d'imaginet de d'implémenter une véritable stratégie de rétention et de circulation des talents. Face à la double contrainte: fuite des cerveaux et contraction démographique, le Maroc ne peut plus se contenter de réponses partielles. Il s’agit désormais d’un enjeu stratégique majeure voire urgent. Plusieurs leviers peuvent être envisagés : * Améliorer les conditions de travail et de rémunération dans les secteurs clés, notamment la santé et la recherche. * Réformer en profondeur le système éducatif pour mieux aligner les formations sur les besoins du marché et valoriser les filières scientifiques et techniques. * Encourager le retour des compétences par des incitations ciblées (fiscales, professionnelles, académiques). * Développer des écosystèmes d’innovation capables de retenir les talents en offrant des perspectives de carrière et de création. * Mettre en place une politique de “circulation des cerveaux”, favorisant les allers-retours plutôt que les départs définitifs. Ce qui était hier un problème préoccupant devient aujourd’hui une menace structurelle et exige donc une urgence stratégique. Dans un contexte de raréfaction progressive des ressources humaines qualifiées, chaque départ compte davantage, chaque perte pèse plus lourd. La fuite des cerveaux, combinée à la transition démographique, constitue ainsi une double peine silencieuse pour le Maroc. Elle appelle une prise de conscience à la hauteur des enjeux : non plus seulement freiner les départs, mais repenser en profondeur le modèle de développement pour faire du capital humain, rare et précieux, le cœur de la stratégie nationale. Car, à terme, la véritable richesse d’un pays ne réside ni dans ses ressources naturelles ni dans ses infrastructures, mais dans la qualité, la créativité et l’engagement de ses femmes et de ses hommes.

Le Maroc et l’économie de confiance : le capital invisible du développement 79

Dans l’histoire économique des nations, certains atouts sont visibles, telles les ressources naturelles, la position géographique, les infrastructures ou la taille du marché. D’autres, en revanche, sont invisibles mais souvent déterminants. Parmi eux, la confiance occupe une place centrale et constitue le véritable ciment des économies durables. Une économie peut survivre avec peu de ressources naturelles, mais elle ne peut prospérer durablement sans confiance. Le Maroc dispose aujourd’hui de nombreux atouts: stabilité politique remarquable, position stratégique, infrastructures de classe mondiale et une diplomatie économique active. Pourtant, l’étape décisive du développement consiste désormais à bâtir une véritable économie de confiance, capable de rassurer durablement les citoyens, les entrepreneurs et les investisseurs. Ce n’est pas un slogan. La confiance est une architecture institutionnelle et culturelle qui se construit dans la durée. C'est le premier capital d’une économie moderne et un facteur déterminant. Elle réduit les coûts de transaction, encourage l’investissement, facilite l’innovation et stimule l’initiative individuelle. Lorsqu’un entrepreneur sait que les règles du jeu sont stables, que les contrats seront respectés et que la justice est rapide et indépendante, il investit plus facilement. Lorsqu’un citoyen a confiance dans l’administration fiscale et dans les institutions, il accepte plus volontiers l’impôt et participe à l’économie formelle. À l’inverse, l’absence de confiance génère des comportements de précaution: fuite des capitaux, informalité, faible investissement à long terme. L’économie devient alors prudente, fragmentée et inefficiente. Pour le Maroc, la question centrale n’est donc pas seulement d’attirer des investissements, mais de créer un environnement où la confiance devient un réflexe collectif. Il serait injuste de ne pas reconnaître les progrès considérables accomplis au cours des dernières décennies. Les fondations sont solides. Le pays a investi massivement dans les infrastructures:Tanger Med est aujourd’hui l’un des plus importants hubs logistiques au monde. Nador et Dakhla arrivent bientôt. Les zones industrielles ont permis l’émergence de filières performantes, dans l’automobile avec Renault Group et Stellantis, et dans l’aéronautique avec Boeing, Airbus et Safran. L’ambition du pays en matière de transition énergétique est exemplaire. Cela montre qu'il est capable de porter des projets structurants et d’offrir un environnement macroéconomique stable. Cependant, la prochaine étape du développement exige un saut qualitatif: passer d’une économie d’opportunité à une économie de confiance avec un rôle déterminant de l’État de droit. La confiance repose d’abord sur la solidité des institutions. Pour les investisseurs comme pour les entrepreneurs, la prévisibilité des règles constitue un élément décisif. Les lois doivent être stables, lisibles et appliquées de manière égale avec trois dimensions particulièrement cruciales : 1. **L’indépendance et l’efficacité de la justice** Une justice rapide, accessible et crédible est la clé de voûte de toute économie de confiance. Les litiges commerciaux doivent être réglés dans des délais raisonnables. Les décisions judiciaires doivent être exécutées sans ambiguïté. La sécurité juridique est souvent le premier facteur d’attractivité. 2. **La stabilité fiscale** Les investisseurs n’attendent pas nécessairement des taux d’imposition très faibles; ils recherchent avant tout la stabilité et la lisibilité. Une fiscalité prévisible permet aux entreprises de planifier les investissements sur le long terme. Le Maroc a déjà engagé plusieurs réformes fiscales importantes, mais l’enjeu est désormais d'aller plus loin et de consolider un pacte fiscal clair et durable. 3. **La lutte contre les rentes et les privilèges** La confiance disparaît lorsque les règles du jeu semblent inégales. Une économie dynamique repose sur la concurrence loyale et l’égalité des opportunités. La transparence des marchés publics, la régulation de la concurrence et la limitation des situations de rente constituent des leviers essentiels. Une économie de confiance est aussi une économie de liberté, à même de libérer l’énergie entrepreneuriale. La liberté d’entreprendre, d’innover et d’expérimenter est l’un des moteurs fondamentaux de la croissance. Le Maroc dispose d’une jeunesse talentueuse, d’ingénieurs compétents et d’une diaspora influente. Cependant, plusieurs obstacles subsistent: complexité administrative, accès au financement pour les PME, lenteur de certaines procédures. Le défi consiste à créer un environnement où l’initiative individuelle devient la norme plutôt que l’exception. Les start-ups marocaines dans les domaines de la fintech, de l’intelligence artificielle ou des technologies agricoles montrent déjà le potentiel du pays. Avec un écosystème plus fluide, elles pourraient devenir les champions économiques de demain. Dans un monde marqué par l’incertitude géopolitique et les recompositions économiques, la confiance devient également un avantage comparatif. Si le Maroc parvient à se positionner comme un pays où les règles sont stables, la justice fiable et l’administration prévisible, il pourrait devenir l’une des principales plateformes d’investissement entre l’Europe et l’Afrique. Cette ambition est cohérente avec les stratégies africaines du Royaume et avec son ouverture internationale croissante. La confiance pourrait ainsi devenir la véritable marque économique du Maroc. Plusieurs orientations stratégiques méritent d’être privilégiées : 1. Accélérer la modernisation du système judiciaire, notamment dans le traitement des litiges commerciaux et l’exécution des décisions de justice. 2. Simplifier radicalement les procédures administratives pour les entreprises, par la digitalisation complète des services publics. 3. Instaurer une stabilité fiscale sur plusieurs années afin de renforcer la visibilité. 4. Encourager la transparence et la concurrence loyale dans tous les secteurs économiques. 5. Renforcer la formation et la valorisation du capital humain, notamment dans les domaines technologiques et scientifiques. 6. Développer une culture de confiance entre l’État, les entreprises et les citoyens. Cette dimension est souvent négligée, alors qu’elle constitue le socle invisible du développement. Le Maroc se trouve aujourd’hui à un moment charnière de son histoire économique. Les infrastructures sont là, les ambitions stratégiques sont affirmées et l’environnement international offre de nouvelles opportunités. La prochaine étape consiste donc à bâtir un écosystème de confiance durable. Si le Maroc réussit ce pari et il le doit, il pourrait non seulement accélérer son développement, mais aussi devenir l’une des économies les plus crédibles et les plus attractives du monde émergent. Dans l’économie mondiale du XXIᵉ siècle, la confiance est sans doute le capital le plus rare et le plus puissant.

Football : Quand la passion tue le Jeu dans l'impunité et la tolérance... 112

Le football est d’abord et sans doute une affaire d’émotions. Il est, par essence, un théâtre à ciel ouvert où se jouent les passions humaines dans leur forme la plus brute, probablement la plus primaire. Il génère joie, colère, fierté, humiliation, appartenance. Des tribunes de Camp Nou à celles du Stade Diego Armando Maradona, en passant par la ferveur du Complexe Mohamed V, par les enceintes vibrantes de Stade Léopold Sédar Senghor ou encore le Parc des Princes, le Vélodrome et le Bernabeu, le football dépasse le simple cadre du jeu pour devenir un phénomène social total. Mais cette intensité émotionnelle, si elle fait la beauté du football, en constitue aussi le danger. Car sans régulation rigoureuse, elle bascule rapidement dans l’excès, puis dans la violence. Aujourd’hui, force est de constater que les règles existent, mais qu’elles sont trop souvent contournées, vidées de leur substance ou appliquées avec une indulgence déconcertante. Sur les terrains comme dans les tribunes, les dérives se multiplient : insultes envers les arbitres, provocations entre joueurs, contestations systématiques, violences physiques, jets de projectiles, envahissements de terrain, propos xenophobes, offenses racistes. Ce qui relevait autrefois de l’exception tend à devenir une norme tolérée. On commence étonnement à s'y habituer. Les exemples récents sont édifiants. En Espagne, dans des stades pourtant réputés pour leur culture footballistique, des chants racistes continuent d’être scandés sans complexe, visant notamment des joueurs comme Vinícius Júnior. Tout récemment c'est la communauté musulmane qui fut insultée. Et pourtant la pépite du football espagnole actuellement est bien musulmane. Un public surchauffé ayant sans doute oublié qu'il n' ya pas si longtemps il était musulman. Parmi ceux qui scandaient ces propos et sans doute aucun, certains portent bien encore les gênes de ce passé récent... À Dakar, il y a quelques jours, des heurts ont dégénéré, transformant une fête sportive en scène de chaos. En Italie, des incidents impliquant des supporters ayant envahi le terrain, pourtant lors d'un match amical, ont mis en danger joueurs et officiels, rappelant les heures sombres du hooliganisme européen des années 1980. Ces épisodes ne sont pas isolés; ils traduisent une banalisation inquiétante de la violence dans et autour des stades. Même au plus haut niveau du football africain, les dérives comportementales deviennent problématiques. La finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 a laissé un goût amer. Ce qui devait être un moment de célébration du football continental a été terni par des comportements contraires à l’éthique sportive. Les pressions sur l’arbitrage, les contestations excessives, les interruptions de jeu se sont banalisés. Lorsqu’un entraîneur se permet de manipuler le rythme d’un match pour influencer une décision arbitrale, il ne s’agit plus de stratégie, mais d’une remise en cause des fondements mêmes du sport. Malgré l’indignation internationale, les sanctions infligées aux équipes, aux clubs ou aux joueurs concernés restent souvent symboliques, insuffisantes pour éradiquer ces comportements. Phénomène très étonnant: rarement on a vu les clubs ou les fédérations se désolidariser clairement de ce public là. Ils s'en accommodent et quand ils le condamner, c'est du bout des lèvres qu'ils le font dans un ton calfeutré, timide et sans effet. Le problème est double. D’une part, les règlements disciplinaires existent mais manquent de fermeté. D’autre part, leur application souffre d’un manque de cohérence et de courage politique. Les instances comme la FIFA, les confédérations continentales et les fédérations nationales, hésitent à prendre des sanctions réellement dissuasives comme les retraits de points, les huis clos prolongés, les exclusions de compétitions, voire des relégations administratives. Or, sans peur de la sanction, la règle perd toute efficacité. Il suffit de comparer avec d’autres sports pour mesurer le décalage. En rugby, par exemple, le respect de l’arbitre est une valeur cardinale. La moindre contestation est immédiatement sanctionnée. En athlétisme, un faux départ entraîne une disqualification immédiate, sans discussion. Le football, lui, tolère encore trop de comportements qui devraient être inacceptables. Cette permissivité a un coût. Elle fragilise l’image du football, dissuade certaines familles de fréquenter les stades et met en danger la sécurité des acteurs du jeu. Plus grave encore, elle prépare le terrain à des drames futurs. L’histoire nous a déjà appris, à travers des catastrophes comme celle du "Heysel Stadium disaster", que la violence dans les stades peut avoir des conséquences tragiques. Il est donc urgent de réagir. Réguler le football ne signifie pas tuer son âme, mais au contraire la préserver. Il ne s’agit pas d’éteindre les passions, mais de les canaliser. Cela passe par des mesures fortes, par des sanctions exemplaires contre les clubs et les joueurs fautifs, par la responsabilisation des fédérations nationales, l'utilisation accrue des technologies pour identifier les fauteurs de troubles, et surtout, une volonté politique claire des instances dirigeantes nationales et internationales. Le football ne peut pas continuer à être ce « marché de l’émotion » livré à lui-même. Car à force de tolérer l’intolérable, il risque de perdre ce qui fait sa grandeur et sa capacité à rassembler plutôt qu’à diviser. Si la FIFA ne se décide pas à agir avec fermeté, alors le danger est réel : celui de voir le football s’enfoncer dans une spirale où la violence l’emporte sur le jeu, et où, un jour, les drames dépasseront le simple cadre du sport. La décision tant attendue du Tribunal arbitral du sport (TAS), dans l'affaire de la finale de la CAN 2025, devrait confirmer la rigueur et l'intégrité dans l'application des règles, au moins à ce niveau, renforçant ainsi la crédibilité de la compétition panafricaine et du football en général.