Pensez le Futur.

Ukraine et Soudan : deux conflits, deux regards différents... 2075

L’ensemble du monde occidental s’est retrouvé à Washington il y a quelques jours. Le président Trump cherche depuis son retour à sauver ce qui reste de l’Ukraine, et les Européens ne veulent véritablement pas que cela se fasse dans leur dos. Faute de jouer un rôle déterminant ils veulent au moins être là. I y va de leur crédibilité et surtout de leur image vis à vis du reste du monde. Surchauffée par une Europe à la langue plus longue que le bras, une Europe de plus en plus impuissante, l’Ukraine a subi, puis mené, une guerre qu’elle pensait remporter avec l’appui de l’Occident. A aujourd'hui elle a perdu 20% de son territoire et ce n'est pas fini. Au lieu que Volodymyr (Zelensky) aille traiter directement avec Vladimir (Poutine), il a cru plus malin d’aller chercher appui chez ceux qui, en fait, étaient déjà dans l’insuffisance depuis qu’ils ont délégué leur défense à l’OTAN, donc aux États-Unis. Les Européens vont l’apprendre à leurs dépens : on ne fait pas la guerre quand on n’en a pas les moyens. Ce même monde ne pipe mot sur ce qui se passe au Soudan. C’est moins «intéressant». Deux généraux, n’en portant que le nom, se sont lancés dans une compétition militarisée pour prendre le pouvoir, quelques jours seulement après avoir signé un accord pour se le partager. Depuis, la situation a évolué. Chaque jour, des vies sont perdues, des femmes violées, et des millions de personnes n’ont plus que l’errance dans le désert comme refuge... Pour le monde occidental, peut-être — je précise bien, peut-être — il ne s’agit que d’Africains qui, pour la plupart, se croient Arabes, et qui s’entretuent. La guerre au Soudan, particulièrement dans la région du Darfour, reste l’un des conflits les plus dramatiques et meurtriers depuis son déclenchement en avril 2023. Cette guerre oppose principalement deux forces rivales : les Forces armées soudanaises (SAF), dirigées par Abdel Fattah al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (FSR), menées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », ancien chef des milices Janjaweed. Ces dernières, avec leurs milices arabes alliées, sont responsables de massacres massifs, notamment à l’encontre des populations massalit et d’autres groupes non arabes du Darfour. En fait, ceux qui se considèrent comme arabes tuent et chassent de leurs terres ceux qu’ils ne reconnaissent pas comme leurs semblables. La BBC vient de consacrer une enquête à ce sujet et a produit un documentaire qui interpelle la conscience collective, si, bien sûr, ce qui reste de conscience humaine prenait le temps de le voir. Le conflit est essentiellement une lutte de pouvoir entre les deux chefs militaires, qui avaient signé faut il le rappeler un pacte pour gouverner ensemble le pays. Le basculement dans les affrontements armés a été brutal et s’est étendu à plusieurs régions, notamment au Darfour, où les FSR et leurs alliés sont accusés de graves exactions. Les Janjaweed, milices se disant arabes auparavant soutenues par Omar El-Béchir, ancien président du Soudan, sont à nouveau actives sous la bannière des FSR, perpétrant des violences à caractère ethnique dont ils ne se cachent même pas. Sont également concernés dans l'affaire, le Mouvement de libération du Soudan (ALS/SLM), rebelles historiques du Darfour, fragmentée entre Minni Minnawi et Abdelwahid Mohamed al-Nur. Les massacres sont d’une ampleur terrifiante. Selon l’ONU, à Al-Geneina, capitale du Darfour occidental, entre 10 000 et 15 000 civils massalit ont été tués entre juin et novembre 2023 par les FSR et les milices arabes alliées. Plus largement, on compte plus de 150 000 morts en deux ans dans tout le Darfour, avec 13 millions de déplacés, soit la moitié de la population soudanaise, poussés au bord de la famine. Des ONG comme Médecins Sans Frontières alertent sur le risque imminent de massacres dans des villes comme El-Fasher, lourdement assiégée. Les violences comprennent également des destructions d’infrastructures civiles, écoles, mosquées. Les exactions sexuelles systématiques sont un autre aspect du massacre. Suite à une attaque meurtrière il y a quelques jours, Médecins Sans Frontières vient d’ailleurs de fermer le seul hôpital encore en fonction à Zalengei, chef-lieu de la région, rendant impossible toute activité médicale. Ce n’est pas le premier hôpital à fermer ainsi. Malgré les preuves abondantes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, la réaction internationale reste largement inefficace. Si les États-Unis et l’ONU reconnaissent officiellement la gravité du génocide, leurs interventions directes et sanctions restent timides. L’Union africaine et l’ONU peinent à déployer des forces capables d’imposer la paix et de faire respecter le droit international. Les pays arabes, quant à eux, n’exercent aucune pression notable sur Hemedti ou Burhan, ce dernier jouant un rôle de poids au Soudan depuis longtemps. Ce silence est dénoncé comme une complicité par de nombreux observateurs, qui y voient une forme de racisme institutionnel dévalorisant les vies africaines, en particulier celles des populations massalit victimes des FSR. Le fait que Hemedti et ses alliés se réclament «arabes» en s’attaquant aux groupes dits «africains» contribue, selon certains, à l’indifférence des pays arabes, plus préoccupés par leurs dynamiques régionales que par les droits humains. Les organisations musulmanes internationales aussi n’ont pas non plus pris position avec force, malgré l’instrumentalisation fréquente des arguments religieux par les belligérants. Le conflit est également marqué par une contradiction religieuse profonde: le meurtre, l’injustice et la guerre entre musulmans sont formellement condamnés par l’islam, sauf en cas de légitime défense ou de lutte contre l’oppression. Or, les massacres perpétrés au Darfour sont régulièrement dénoncés comme contraires à ces principes par des intellectuels et leaders religieux musulmans, sans que ces condamnations aient un impact concret sur la violence. Le conflit a provoqué la plus grande crise humanitaire mondiale actuelle, avec les 13 millions de déplacées. L’accès aux soins, à la nourriture et aux abris, reste plus que limité. Les populations civiles vivent dans une insécurité extrême, prises dans des luttes ethniques et politiques instrumentalisées par des chefs de guerre assoiffés de pouvoir. La communauté internationale, les pays arabes et les acteurs musulmans semblent manquer à leurs responsabilités, laissant se perpétuer cette tragédie sous un silence inquiétant. Cet état de fait interroge non seulement la conscience collective mondiale, mais aussi la capacité réelle des institutions internationales à protéger les populations les plus vulnérables face à des violences d’une telle ampleur. La situation au Darfour et dans le reste du Soudan reste un cri d’alarme urgent à ne pas ignorer. L'espoir est que soit arrêtée au plus vite la guerre en Ukraine mais également au Soudan car là aussi se sont des générations innocentes qui paient le prix de la violence guerrière.
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


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Najib Salmi, une conscience qui s’éteint, un héritage qui demeure 107

Najib Salmi s’en est allé, et avec lui se referme l’une des plus belles pages du journalisme sportif marocain. Mais, au-delà de l’hommage collectif, c’est aussi une page intime de ma propre vie de chroniqueur, de confrère et d’ami qui se tourne. Il laisse derrière lui un héritage professionnel immense et, surtout, une empreinte humaine indélébile. Il a été sans doute la plus grande plume du sport marocain pendant des décennies. Pendant plus de quarante ans, Najib Salmi a incarné une certaine idée du journalisme sportif, exigeante et responsable. Il a, en fait, initié une école de journalisme sportif, lui qui est tombé dedans un peu par hasard et s’y était plu. Figure centrale du quotidien L’Opinion, dont il a dirigé la page sportive, il a marqué des générations de lecteurs, notamment à travers sa chronique devenue culte, « Les points sur les i », espace rare où la liberté de ton se conjuguait avec la rigueur intellectuelle et le sens de l’intérêt général. Il était à lui seul une institution. Il appartenait à cette génération pour laquelle le journalisme sportif n’était ni divertissement creux ni caisse de résonance des passions aveugles, mais un acte de service public. À une époque où le sport marocain entrait dans l’ère de la professionnalisation, de l’argent et de la médiatisation excessive, sa plume savait dénoncer les dérives, pointer les responsabilités et saluer, avec la même honnêteté, les avancées et les réussites lorsqu’elles étaient réelles. Najib Salmi ne fut pas seulement un grand chroniqueur, il fut aussi un bâtisseur. À la tête de l’Association marocaine de la presse sportive, de 1993 à 2009, il s’est battu pour la reconnaissance du métier, la défense de son éthique et la dignité de ceux qui l’exercent. Il a contribué à inscrire le journalisme sportif marocain dans les instances régionales et internationales, avec une crédibilité forgée sur le sérieux et la constance. N'est ce pas dans un congrès qu'il organisa à Marrakech que notre ami Gianni Merlo fut élu président de l'AIPS. N'est ce pas lui seul qui titra sur Said Aouita jeune prodige alors. Il venait d'établir un nouveau record national des 1500m...Il dira de lui sans se tromper qu'il ira très loin. Il aura été le soutien de générations de grands athlètes. Il était présent à tous les championnats du monde et au jeux olympiques. Il me soutenait ainsi avec force et détermination. Homme de principes, discret mais inflexible sur l’essentiel, il considérait que le respect du lecteur et la véracité de l’information n’étaient pas négociables. Cette rectitude morale, rare dans un environnement souvent soumis aux pressions et aux intérêts, lui a valu d’être reconnu par ses pairs comme une véritable école du journalisme sportif. Abdellatif Semlali, ministre légendaire de la Jeunesse et des Sports, son ami, se plaisait à l’appeler « Monsieur à côté ». Il l’était effectivement. Jamais il n’a été dans le moule de qui que ce soit, même quand, un laps de temps, il avait rejoint Le Matin du Sahara, alors dirigé de main de maître par Moulay Ahmed Alaoui. Pour moi, Najib Salmi n’était pas seulement une référence professionnelle, il était un ami, un frère et un mentor. C’est grâce à sa confiance que j’ai pu, pendant des années, écrire dans les pages sportives de L’Opinion, apprendre le métier au quotidien, ligne après ligne, sous son regard attentif et bienveillant, subissant ses sautes d’humeur et, surtout, la correction du style et de la syntaxe. Il m’a transmis bien plus que des techniques d’écriture : une conception de ce que doit être la chronique fondée sur la probité, le travail de fond et le refus de la facilité. Aujourd’hui encore, si je continue à écrire, c’est aussi parce que demeure cette voix intérieure qu’il a su faire naître, celle qui rappelle qu’on ne trahit ni le sport, ni le lecteur, ni la vérité. Najib Salmi s’est éteint à l’âge de 78 ans, après une longue lutte contre la maladie, laissant un vide immense dans les rédactions de L’Opinion et de Challenge, auxquels il a contribué avec force et assiduité. Il laisse un vide immense dans le cœur de tous ceux qui ont croisé sa route. Il reposera au cimetière des Chouhada à Rabat, là où lui-même avait accompagné tant d’autres amis et connaissances, de proches et de confrères, et beaucoup de ceux qui ont grandi à l’ombre bienveillante de sa plume. Que Dieu l’accueille en Sa miséricorde. À l’ami, au frère, au maître qui m’a montré le chemin, je ne peux dire qu’une chose : merci, Najib, pour les moments délicieux partagés, pour les mots, pour les leçons et pour l’exemple. Les lecteurs regretteront Najib Salmi, la famille, les intimes et moi enterrons Saïd Hejaj. Said Hejaj s'en va paisiblement se reposer. Najib Salmi se racontera lui dans l'histoire.

De la passion au sens : la CAN comme épreuve de vérité pour l’africanité... 171

Le communiqué du Cabinet royal, publié le 22 janvier 2026 à l’issue de la CAN 2025 organisée avec brio par le Maroc, conjugue appel au calme après l’épisode du retrait sénégalais et célébration d’un succès organisationnel salué en Afrique et au‑delà. Par un ton mesuré et prospectif, il transforme une tension sportive en démonstration de leadership continental responsable, fidèle à une vision de long terme pour une Afrique unie et prospère. **A travers le ton et le contenu du message royal, on comprend qu'une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus : la réussite marocaine est aussi une réussite africaine. ** La CAN 2025 a confirmé la capacité du Maroc à faire d’un tournoi continental un levier de développement et de rayonnement. L'Organisation fluide, les infrastructures modernisées, les afflux massifs de supporters et la dynamisation de secteurs clés tel le tourisme, les transports, le commerce et les services, ont généré des retombées de plusieurs milliards de dirhams et environ 100 000 emplois directs et indirects, avec plus de 3 000 entreprises mobilisées et quelque 500 000 supporters transportés par Royal Air Maroc. Le message royal replace cette réussite dans une trajectoire plus large : celle d’un *"grand pays africain" *qui, en vingt‑quatre mois, a gagné l’équivalent d’une décennie de développement en infrastructures et en savoir‑faire, au service de son peuple et de son continent. Sans occulter le caractère *"malheureux"* des incidents de la finale Maroc–Sénégal, le communiqué choisit la hauteur plutôt que la polémique. En rappelant qu’une fois la passion apaisée, *"la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus"*, il propose une lecture adulte des émotions collectives et souligne que le peuple marocain *"sait faire la part des choses"* et refuse la rancœur. La défaite sportive se mue ainsi en victoire symbolique et diplomatique : les *"desseins hostiles"* et le dénigrement sont neutralisés par la constance stratégique, la confiance en soi et l’ancrage africain du Royaume. Le public marocain dans le stade a été le témoin d'une tragédie grotesque, montée de manière délibérée et préméditée mais n'a pas été dupe. Il a vite compris et gardé son calme et son flegme, alors que lourdement blessé. Un comportement remarqué et remarquable qui l'honore et honore le Royaume. Dans les faits, comme dans l’histoire, les relations Maroc–Sénégal sont empreintes d’une fraternité consolidée, raffermie à chaque occasion. Le message royal prend donc une portée particulière vis‑à‑vis de ce pays frère, avec lequel les relations sont qualifiées *d’"exceptionnelles et stratégiques"*, fondées sur une mémoire partagée, une solidarité africaine assumée, une fraternité religieuse profonde et de fortes convergences économiques. La tenue, les 26 et 27 janvier à Rabat, de la 15e Haute Commission mixte maroco‑sénégalaise, assortie d’un forum économique, donne un contenu concret à cette fraternité résiliente en relançant investissements, projets conjoints et coopération Sud–Sud au service des deux peuples et par extension à tous ceux de la région. Au‑delà des protagonistes de la finale, le communiqué s’adresse à l’ensemble des peuples africains en rappelant que *"rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles"* ni la *"coopération fructueuse"*nouée avec les pays du continent. Il inscrit la CAN 2025 dans une stratégie de long terme : capitaliser sur un capital immatériel fait de confiance, de visibilité et de crédibilité, et en faire un tremplin vers les prochains rendez‑vous, notamment la Coupe du monde 2030, dans une Afrique qui assume sa place sur la scène mondiale, cherche à l'assoir dans la continuité et à la consolider. Dans cet esprit, il importe de refuser que les dérives: racisme, discours de haine, manipulations médiatiques ou idéologiques , viennent ternir notre africanité ou en nier la dignité profonde. Être africain, c’est d’abord partager une géographie, une histoire, des cultures, des luttes et un destin commun, au‑delà des frontières, des résultats sportifs ou des conjonctures politiques. Nous ne sommes pas condamnés à reproduire la bêtise et l’hostilité ; au contraire, nous avons la responsabilité collective de faire de l’espace public un lieu de rencontre, d’écoute et de fraternisation, où l’intelligence, le respect inconditionnel de la dignité humaine et la curiosité de l’autre l’emportent sur l’insulte et la stigmatisation. Dans la droite ligne du message royal, cette CAN doit rester comme un rappel : notre avenir africain ne se construira ni dans la haine ni dans l’imitation des pires réflexes, mais dans la capacité à transformer les tensions en apprentissages, les compétitions en passerelles et les désaccords en occasions de dialogue. **Nous sommes africains, ensemble, par la mémoire et par le futur, et c’est cette conscience partagée qui peut faire de nos stades, de nos villes et de nos débats des espaces d’élévation plutôt que des scènes de division.** Les tentatives de déstabilisation voulues par certains peuvent, au mieux, troubler l’horizon le temps d’une compétition, mais elles ne sauraient s’installer durablement dans la conscience des peuples. À mesure que les faits se dévoilent, elles se retournent contre leurs auteurs, désormais exposés au regard du monde, incapables de masquer indéfiniment leurs échecs, la pauvreté de leur esprit et la petitesse de leurs desseins. **Là où la manipulation s’épuise, la vérité finit toujours par s’imposer, et avec elle la dignité des nations qui misent sur la construction, la fraternité et l’avenir plutôt que sur l’intrigue et la division.**

Locomotive du Football Africain : Le Modèle Marocain face aux Vents Contraires 132

Le rideau est tombé sur la CAN 2025, laissant derrière lui un sillage de contrastes saisissants. Si l’événement a consacré la suprématie du Royaume en tant que hub logistique de premier plan, les scènes de tension observées lors de la finale du 18 janvier 2026 à Rabat ont agi comme un rappel brutal des contingences qui pèsent encore sur le football continental. Entre la perfection des infrastructures et l’archaïsme de certaines postures disciplinaires, une interrogation s'impose : comment la transition du cadre réglementaire de la CAF vers celui de la FIFA en 2030 transformera-t-elle la gestion de ces crises organiques ? Cette mutation ne constitue pas une simple extension d'échelle, mais une véritable rupture paradigmatique où la neutralité technocratique viendra sanctuariser l'excellence marocaine. I. L’Excellence Marocaine : Une vitrine technologique pour l’Afrique L’investissement massif déployé par le Royaume — de la modernisation profonde des complexes sportifs à l’intégration systémique de la VAR — a offert au monde l'image d'un Maroc moderne, rigoureux et visionnaire. Cette réussite matérielle, saluée par les observateurs internationaux, visait à établir un standard de référence africain. Pourtant, cette image de perfection s’est heurtée à un phénomène psychologique tenace : le « complexe du pays hôte ». Dans cette configuration, la maîtrise organisationnelle est parfois perçue par certains concurrents non comme un progrès partagé, mais comme un levier de domination, alimentant mécaniquement des théories du favoritisme. Les événements de la finale en sont l'illustration paroxystique. Le but refusé à Ismaïla Sarr ou le penalty accordé en fin de match sont devenus, sous le prisme de la suspicion régionale, des instruments de polémique plutôt que des faits d'arbitrage techniquement étayés. Les données de DM Sport révèlent pourtant une réalité inverse : le Maroc a figuré parmi les sélections les plus pénalisées du tournoi. Ce décalage souligne une faille majeure : la technologie ne suffit pas à valider le résultat si elle n'est pas protégée par une autorité juridictionnelle perçue comme exogène. II. Leadership Solidaire et Diplomatie du Ressentiment Il serait toutefois erroné de percevoir cette quête d'excellence comme une volonté de distanciation. Au contraire, le Maroc préserve des relations historiques profondes et indéfectibles avec la majorité des nations sœurs du continent. Le Royaume, fidèle à son ancrage africain, continue d'œuvrer activement pour la promotion du football continental au sein de la CAF, offrant ses infrastructures et son expertise aux fédérations en quête de professionnalisation. Cette politique de la main tendue fait du succès marocain un succès pour toute l'Afrique. Pourtant, ce leadership dérange. On observe une « diplomatie du ressentiment » émanant de certaines sphères médiatiques étrangères, notamment dans certains pays arabes et africains, visant à ternir la belle image donnée par l'organisation marocaine. En érigeant le Maroc en « ogre » favorisé, ces narratifs tentent de transformer une supériorité factuelle en une injustice morale. Ce harcèlement médiatique cible précisément l'émergence d'un modèle de gouvernance qui s'aligne désormais sur les standards mondiaux les plus exigeants. III. L'avènement de la « justice froide » : La sanctuarisation par le droit Le passage sous l'égide de la FIFA en 2030 marquera la fin de cette proximité géographique propice aux cabales. Contrairement au cadre continental, la mondialisation des corps arbitraux brisera les rivalités de zones. Là où la CAF doit parfois naviguer entre compromis diplomatique et impératif sportif, la FIFA déploie une « justice froide », purement procédurale. Le chaos observé à Rabat trouverait en 2030 une réponse chirurgicale. L'Article 10 du Code Disciplinaire de la FIFA est clair : tout refus de reprendre le jeu entraîne un forfait automatique et des sanctions lourdes. En 2030, la règle du droit agira comme un couperet protecteur pour l'organisateur, rendant caducs les narratifs victimaires. IV. La technologie et le « Bloc 2030 » : Vers une vérité indiscutable L'édition 2030, portée par le trio Maroc-Espagne-Portugal, bénéficiera d'une automatisation totale du jugement (Shadow VAR, hors-jeu semi-automatisé) et d'une transparence absolue. Le Hosting Agreement de la FIFA s'imposera comme une norme supérieure garantissant l'impartialité. Ce cadre juridique agira comme un bouclier, empêchant que des incidents disciplinaires ne soient instrumentalisés politiquement contre le Royaume. La CAN 2025 aura été pour le Maroc une démonstration de force organisationnelle réussie, confirmant son rôle de locomotive pour le football africain. Cependant, elle a aussi révélé que l'excellence reste vulnérable aux bruits de couloirs. En 2030, l'ancrage définitif dans le droit FIFA permettra au Royaume de transformer cette belle image organisationnelle en une consécration d'image pérenne. Le sport, enfin protégé des scories géopolitiques, pourra s'aligner sur la vision stratégique d'un Maroc tourné vers l'universel, faisant de la règle de droit le socle de sa légitimité mondiale.

Le “Conseil de la paix” de Trump : pragmatisme stratégique ou signal d’alarme pour l’ordre international ? 151

L’invitation adressée par le président américain Donald Trump à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour intégrer le nouveau « Conseil de la paix » marque un tournant significatif dans la pratique contemporaine des relations internationales. Elle ne relève ni du protocole ni du symbolique, mais s’inscrit dans une reconfiguration assumée des mécanismes de gestion des conflits mondiaux. L’acceptation de cette invitation par le Souverain, alors que le président algérien n’a pas été convié et que l’Afrique demeure largement sous-représentée pour ne pas dire ignorée, souligne une logique sélective fondée non sur la géographie ou l’idéologie, mais sur l’utilité politique telle que perçue de l'acteur mondial que sont les USA. Dans le communiqué officiel annonçant l'acceptation du Souverain, il a été explicitement rappelé les fondamentaux de la diplomatie marocaine vis à vis de la question palestinienne et notamment la solution à deux états vivant côte à côte. Les relations de confiance tant avec les parties arabes concernés notamment les palestiniens de Gaza et ceux de Cisjordanie d'un coté, qu'avec Israël de l'autre, laisse entrevoir parfaitement le rôle qui sera celui du Royaume dans l'instauration de la paix et pour la reconstruction de la région. N'est ce pas une façon directe de consacrer une diplomatie de résultats face à l’essoufflement du multilatéralisme qui bat de l'aile depuis belle lurette. Depuis des décennies, les grandes institutions internationales, au premier rang desquelles l’ONU, peinent à résoudre des conflits prolongés. Le Conseil de sécurité est paralysé par le droit de veto, les processus de paix sont figés, les missions onusiennes sans horizon politique clair : les symptômes d’un système saturé sont évidents. Le Conseil de la paix voulu par Donald Trump s’inscrit lui dans une logique de rupture. Il ne cherche ni à produire du droit international ni à imposer des normes universelles, mais à créer un cadre informel de négociation directe entre acteurs influents, y compris ceux que le système onusien peine à intégrer de manière opérationnelle. Dans ce contexte le Maroc est surement un acteur de stabilité et un médiateur discret, crédible et efficace. La présence du Roi du Maroc dans cette instance reflète une reconnaissance internationale d’un modèle diplomatique fondé sur la stabilité, la continuité et le pragmatisme. Le Maroc s’est imposé comme un acteur capable de dialoguer avec des partenaires aux intérêts divergents, tout en maintenant une ligne stratégique claire et chacun sait que c'est Sa Majesté lui même qui à a initié cette vision et qui conduit cette diplomatie distinguée. C'est ce qui explique le caractère particulier de l'invitation adressée au souverain. À l’inverse, l’exclusion de certains États révèle les limites d’une diplomatie fondée sur la conflictualité permanente et la posture idéologique aveugle. Dans une logique trumpienne, l’efficacité prévaut sur la représentativité. Le pragmatisme sur la stérilité et l'aveuglement idéologique désuet. La question est alors de comprendre si dans ce contexte l'ONU est marginalisée ou poussée à la réforme ? Ce Conseil ne signe pas la fin de l’ONU pour l'immédiat en tout cas, mais en expose la crise existentielle. Si une instance parallèle parvient à obtenir, rapidement, des résultats tangibles, comme cela est revendiqué sur certains dossiers africains entre autres, alors la question de la légitimité fonctionnelle du système onusien se posera avec acuité. L’initiative du Président Trump peut ainsi être interprétée comme un déclencheur : soit d’un affaiblissement progressif de l’ONU qu'il n'affectionne pas trop, soit d’une réforme profonde de ses mécanismes décisionnels, notamment du Conseil de sécurité. Et comme le président Trump est déjà à mi mandant et qu'il ne peut en briguer un autre, alors il faut comprendre que les choses vont aller très vite. Le contexte est aussi très particulier avec une fracture transatlantique révélatrice d'un malaise qui couve depuis le premier mandant de Trump qui n'accepte plus de défendre une Europe hostile et de plus en plus tributaire des budgets américains pour cette défense. Le refus de pays européens, dont la France, de rejoindre cette nouvelle instance traduit une divergence stratégique croissante entre l’Europe et les États-Unis. Là où Washington privilégie le rapport de force et la négociation directe, l’Europe demeure attachée à un multilatéralisme normatif, parfois déconnecté des réalités du terrain. Son hypocrisie diplomatique et ses deux poids deux mesures sur pas mal de questions sont ici mis à nu. Sa position et son enlisement en Ukraine témoigne bien de la situation anachronique de sa stratégie. L'invitation de Vladimir Poutine, accentue cette fracture, notamment dans le contexte des conflits en Ukraine et des tensions géopolitiques en Arctique. L'Europe ne sait plus sur quel terrain aller avec le Président Trump. Comment interpréter le propos du Président Macron qui, à Davos, dit qu'il n'acceptait pas la loi du plus fort sans le nommer. C'est qui le plus fort dès lors que celui à qui il fait illusion est bien l'initiateur du nouveau Conseil...Ne s'agit il pas ici véritablement d'un partage de puissance? Pourquoi alors refuser d'en faire partie! Et puis à Trump de répondre à Macron en refusant une invitation à une réunion du G7... Le Conseil de Paix de Donald Trump pour l'instant, n’est ni une alternative institutionnelle complète à l’ONU ni une simple initiative conjoncturelle. Il est le symptôme d’un monde impatient face à l’inefficacité des cadres traditionnels. Dans ce contexte, le rôle qui sera celui du Roi du Maroc illustre la montée en puissance d’acteurs capables d’articuler pragmatisme, stabilité et crédibilité internationale. Plus qu’un changement d’architecture, cette initiative révèle une transformation profonde des règles implicites de la gouvernance mondiale. Et comme le siège du Conseil n'est pas encore connu pourquoi ne pas le voir s'installer au Maroc. L'invitation spéciale adressée à Sa Majesté le Roi Mohammed VI est de bonne augure et peut être aussi comprise dans cette optique. Le Maroc deviendrait ainsi le centre névralgique de la Paix dans le monde.

CAN 2025: Quand le Maroc croit en lui-même et en l'Afrique... 143

En 1961, John F.Kennedy lançait aux Américains un défi devenu immortel: «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays.» Cet appel à la responsabilité individuelle a contribué à forger un état d’esprit collectif fondé sur l’engagement civique et le dépassement de soi. Les USA contemporains portent encore, à bien des égards, l’empreinte de cette philosophie. Des décennies plus tard, Barack Obama galvanisait les foules avec «Yes we can», un cri d’unité et de détermination collective, tandis que Donald Trump popularisait «Make America Great Again», slogan de renaissance nationale. Ces formules ne sont pas de simples mots : elles cristallisent des moments où un peuple se redécouvre, se mobilise et se projette vers l’avenir. Une sorte de régénérescence d'une puissance qui a peur de choir, une façon de revigorer une nation qui aurait tendance à s'oublier ou à dormir sur ses lauriers? Le Maroc a également connu cette grammaire de la mobilisation nationale. Feu Hassan II rappelait avec force, dans un de ses discours: « Nous n’atteindrons cet objectif qu’en traduisant le nationalisme en citoyenneté et en faisant passer la conscience nationale du simple amour pour la patrie à un engagement effectif pour contribuer à l’édification d’un Maroc qui soit l’objet de la fierté de tous les Marocains. » Une vision fondatrice : aimer le Maroc ne suffit pas, il faut le construire. Dans le même esprit, Sa Majesté le Roi Mohammed VI disait, à l’occasion de la Fête du Trône de 2019, que « le Maroc appartient à tous les Marocains car il est notre maison commune », appelant chacun à contribuer à son édification, à son essor, ainsi qu’à la préservation de son unité, de sa sécurité et de sa stabilité. Plus récemment, lors de la Fête du Trône de 2024, le Souverain insistait de nouveau sur la nécessité de « mutualiser les efforts de tous les Marocains » et en appelait à leur patriotisme ainsi qu’à leur sens des responsabilités individuelles et collectives. Un message qui résonne, à la marocaine, comme un « Yes we can » national, destiné à surmonter les défis socio‑économiques et à consolider les acquis. La CAN 2025 : un révélateur de confiance nationale. C’est dans ce contexte que le Maroc a connu un tournant majeur avec l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Bien avant le coup d’envoi, la CAN agissait déjà comme un puissant révélateur : révélateur du niveau de développement atteint par le Royaume, mais aussi de la confiance retrouvée des Marocains en leurs capacités collectives. La compétition internationale ainsi accueillie par le Maroc a montré une capacité inégalable : stades modernes répondant aux standards les plus exigeants, réseaux autoroutiers étendus, hubs ferroviaires performants, villes de plus en plus propres et organisées, civisme largement salué par les visiteurs. Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech ou Agadir comme exemple seulement, incarnent ce Maroc qui avance, qui investit et qui se projette vers un avenir radieux. Ces progrès ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent d’une vision stratégique impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et traduite par des investissements structurants : plus de 2 000 km d’autoroutes réalisés depuis le début des années 2000, le complexe portuaire Tanger Med devenu une référence mondiale du transbordement, ou encore une politique énergétique ambitieuse visant plus de 52 % d’énergies renouvelables dans le mix national à l’horizon 2030. La CAN 2025 vient ainsi consacrer un processus de long terme, et non un simple coup d’éclat. Résilience, solidarité et crédibilité internationale. Avant même l’échéance sportive, le séisme d’Al Haouz en septembre 2023 avait déjà mis en lumière la résilience de la nation marocaine. Face à une tragédie humaine majeure, la solidarité spontanée: collectes massives, volontariat citoyen, mobilisation des institutions et l’intervention rapide de l’État sous l’impulsion royale ont démontré la solidité du lien national. La reconstruction engagée a renforcé la conviction que le Maroc sait faire face à l’adversité. Dans le même temps, les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une trajectoire globalement positive : amélioration progressive du PIB par habitant sur le moyen terme, montée en puissance de secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et les énergies vertes, affirmation du Royaume comme acteur diplomatique central en Afrique. Cette crédibilité internationale, parfois source de crispations ou de critiques régionales, confirme surtout que le Maroc a franchi un cap stratégique. Un succès qui appelle plus d’engagement. Mais ce succès n’est pas une fin en soi. Il appelle davantage d’efforts individuels et collectifs, davantage de confiance mutuelle entre citoyens, entreprises et institutions. Plus que jamais, la question posée par Kennedy reste pertinente: « Qu’est‑ce que je fais pour mon pays ?» Chaque Marocain, à son niveau, est interpellé. Cette dynamique repose sur un dénominateur commun : la solidarité, prolongée par le travail, l’innovation et la responsabilité. Elle se traduit par des initiatives locales, par l’essor de pôles technologiques à Casablanca, Rabat ou Tanger, par l’investissement dans le capital humain et par l’adhésion au Nouveau Modèle de Développement, qui vise un Maroc plus inclusif, plus productif et mieux positionné dans l’économie mondiale. Une ambition africaine assumée. La CAN 2025 doit également être comprise comme un moment de fraternité africaine. Le Maroc y a affirmé sa vocation continentale : tirer vers le haut, partager l’expérience, renforcer les partenariats Sud‑Sud et les interdépendances économiques. Les défis sécuritaires, climatiques, sociales et économiques sont communs ; les réponses doivent l’être aussi. Le destin du Maroc est indissociable de celui de l’Afrique et celui de l'Afrique dépend aussi du Maroc. Un Maroc prospère est une excellente locomotive pour le reste du continent et notamment dans la région. Les critiques stériles et les jalousies ancrées ou passagères ne résistent jamais longtemps au sérieux du travail, à la constance de l’effort et à la clarté de la vision. Seuls demeurent les pays qui avancent, investissent et rassemblent. Une mission claire. La mission est désormais limpide : persévérer, viser plus haut, plus fort et plus uni, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Non pas en copiant des slogans importés, mais en innovant, en assumant notre singularité et en occupant, avec confiance, la place qui est naturellement celle du Maroc sur l’échiquier mondial. Oui, Yes we can, à la marocaine. Construisons ensemble un Maroc plus fort et une Afrique plus confiante, non par le dénigrement ou la comparaison stérile, mais par le travail, la complémentarité et l’engagement collectif. Le monde avance et n’attend personne. Le Maroc l’a compris. À chacun désormais de choisir : accompagner ce mouvement ou rester à l’écart de l’Histoire. Les coupes de football il y en aura toujours.

Le Maroc face au syndrome du coquelicot : quand la réussite devient une cible.. 167

On parle couramment du « syndrome du coquelicot rouge », ou *Tall Poppy Syndrome* en anglais. Il s'agit d'une théorie sociologique et culturelle selon laquelle, dans certains groupes ou sociétés, ceux qui dépassent les autres, réussissent trop ou se distinguent excessivement sont critiqués, rabaissés ou « coupés », afin de préserver une forme d’égalité apparente au sein du groupe. En bref, la réussite dérange et devient préjudiciable à ceux qui en manquent. On agit alors tous azimuts pour ne serait-ce que dénigrer et médire de ceux qui excellent. La métaphore vient précisément de l’idée que, dans un champ de coquelicots, ceux qui poussent plus haut que les autres sont coupés pour que le champ reste uniforme. Le syndrome du coquelicot rouge désigne donc cette mécanique bien connue par laquelle une réussite trop visible appelle non l’émulation, mais la volonté de la rabaisser par n'importe quel moyen. À l’échelle régionale africaine, le Maroc en est aujourd’hui l’illustration la plus nette. Non pas parce qu’il s’autoproclame modèle, mais parce que ses performances s’imposent d’elles-mêmes, provoquant crispations, jalousies et stratégies d’entrave. En gros, un Maroc qui dérange parce qu’il réussit. Le Royaume n’a cessé, ces dernières années, d’accumuler des réussites structurantes : diplomatie africaine active, infrastructures de grande qualité, notamment sportives de rang mondial, crédibilité organisationnelle reconnue, et résultats sportifs qui ne relèvent plus de l’exception mais de la continuité. Cette dynamique, loin de fédérer autour du pays, a réveillé chez certains acteurs régionaux une obsession de la contestation systématique, sans aucun scrupule ni limite. L’organisation de la Coupe d’Afrique au Maroc aurait dû être consacrée comme un moment d’unité continentale de réussite collective de tous les africains. Elle s’est au contraire transformée, pour ses détracteurs, en terrain d’une guerre de nuisance visant moins l’événement que le pays hôte lui-même. Le voisinage n’est pas étranger à la stratégie évidente de sabotage indirect que chacun peut parfaitement vérifier. Dans ce contexte, il serait naïf de ne pas voir le rôle joué par l’Algérie, enfermée dans une rivalité devenue presque doctrinale avec le Maroc. Incapable de rivaliser sur le terrain de la performance, Alger a depuis longtemps déplacé le combat vers celui de la décrédibilisation, de la suspicion et de l’agitation périphérique. Faute de pouvoir empêcher l’attribution ou le déroulement de la compétition, la stratégie a consisté à polluer son environnement narratif : remettre en cause l’équité, semer le doute sur l’arbitrage, insinuer des collusions, fabriquer du soupçon là où les faits résistent. Une méthode classique : quand on ne peut pas faire tomber le coquelicot, on tente d’en ternir la couleur. Et comme cela trouve toujours appui chez certains, des relais médiatiques idéologisés ont parfaitement pris le relais. Cette entreprise n’aurait pas eu la même portée sans le concours actif de certains journalistes français idéologiquement alignés, souvent issus de milieux marqués par une hostilité ancienne au Maroc et à sa monarchie. Tout au long de la compétition, une partie de cette presse dite « progressiste » a déversé un venin fait d’insinuations, de procès d’intention et de mises en cause à peine voilées de la Fédération Royale Marocaine de Football et de ses dirigeants sinon de l'Etat marocain. Le journalisme d’enquête a ici cédé la place à un militantisme déguisé, où le soupçon tient lieu de preuve et où la réussite marocaine devient, par principe, suspecte. Ce traitement n’était ni neutre ni innocent : il participait d’une stratégie de délégitimation, soigneusement entretenue. Par ricochet sont apparues certaines complicités africaines, et des frustrations recyclées se sont décomplexées. Plus préoccupant encore, certaines attitudes de responsables ou dirigeants africains, ont alimenté ce climat délétère. Déclarations intempestives, contestations outrancières, postures victimaires déplacées : autant d’éléments qui ont donné le sentiment que des frustrations sportives ont été recyclées en accusations politiques, au mépris de l’éthique sportive. Qu’il y ait eu instrumentalisation consciente ou simple opportunisme, le résultat est le même : une tentative de fragilisation du Maroc par des voix censées incarner l’esprit de fraternité africaine. Mais malgré tout, la manœuvre a échoué et elle est en train de se retourner contre ses instigateurs. Car malgré tout, la réalité est têtue. La Coupe d’Afrique au Maroc a été une grande réussite organisationnelle, populaire, financière, médiatique, économique et sportive. Les supporters africains, les délégations et les observateurs honnêtes l’ont vu et vécu. Les campagnes de suspicion n’ont pas masqué l’essentiel : le Maroc a livré ce qu’il avait promis. En définitive, cette séquence révèle une vérité simple et dérangeante : le problème n’est pas que le Maroc gagne, organise et avance. Le problème, pour certains, est qu’il le fasse trop bien, trop visiblement, trop durablement alors qu'ils n'y arrivent point. Et dans un champ de coquelicots africains, ceux qui s’acharnent à couper celui qui dépasse finissent souvent par révéler leur propre incapacité à grandir. Le beau coquelicot va continuer à pousser...surtout qu'il a bien été arrosé par une pluie abondante. Dieu merci. Quand aux Coupes, il y aura bien d'autres occasions pour en soulever...

L’Aporie de Rabat ou l’Anatomie d’une Faillite Procédurale : Le Fiasco de la Finale CAN 2025 173

L’épilogue de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, mettant aux prises le Maroc et le Sénégal dans l’enceinte de la capitale, ne restera pas seulement dans les mémoires comme une joute athlétique de haute intensité, mais il s’est mué en un cas d’école de paralysie institutionnelle. Entre les Lois du Jeu de l’IFAB et les méandres du Code Disciplinaire de la CAF, l’incident survenu le 18 janvier dernier dans l’enceinte du stade Moulay Abdellah de Rabat transcende la simple péripétie disciplinaire, il met en exergue une zone d'ombre juridique où la procédure a vacillé autant que l'autorité, révélant une faille sismique où l’interprétation subjective vient supplanter la rigueur de l’alignement normatif. I. La Matérialité des Faits : L’Ingénierie de la « Résistance Passive » Contrairement aux interprétations radicales qui ont circulé dans le feu de l'action, le Onze sénégalais n’a jamais consommé de rupture physique irréversible avec l’aire de jeu. Si des velléités de retrait vers la ligne de touche ont été observées, symbolisant une défiance vis-à-vis du corps arbitral, les acteurs sont restés dans le périmètre technique, neutralisant de facto le couperet de l’article 82 du règlement de la CAF. Juridiquement, cette distinction est fondamentale : nous ne sommes pas en présence d’un forfait par abandon, mais dans une phase de paralysie tactique. Cette manœuvre semble d'ailleurs procéder d'une connaissance fine et une instrumentalisation de la règle visant à occuper l'espace pour paralyser la sanction administrative. En jouant sur l'ambiguïté entre la protestation véhémente et l'insubordination, le banc de touche a utilisé l'espace limitrophe comme un levier de pression, évacuant les sanctions irréversibles au profit d'un cadre disciplinaire plus malléable. II. Des Vices de Forme et la « Célérité Suspecte » de l’Arbitrage Le dénouement de la rencontre a été le théâtre d’une érosion manifeste de la souveraineté de l'officiel, illustrée par deux manquements majeurs aux standards internationaux. Le cœur du litige, et corollairement le point de fragilité de toute sanction future, réside dans la gestion temporelle du corps arbitral. Les directives de l’IFAB et le Code disciplinaire de la CAF imposent à l’officiel un protocole de diligence strict avant toute déclaration de forfait : • L’Ingérence des Zones Techniques : L’irruption de staffs sur le rectangle vert aurait dû, en vertu de la Loi 12, se solder par une pluie d’exclusions. Cette inertie ne saurait être réduite à une simple erreur d’appréciation ; elle constitue une rupture caractérisée de la sécurité juridique du match. • Le Délai de Sommation Occulté : L’arbitre est tenu d’accorder une fenêtre légale de réflexion, généralement entre cinq et dix minutes, pour permettre au capitaine de ramener ses troupes à l’ordre. À Rabat, ce délai semble avoir été occulté ou, à tout le moins, mal formalisé. En omettant de notifier clairement au capitaine — seul interlocuteur sui generis sur la pelouse — le déclenchement du chronomètre de mise en demeure, l’arbitre a instauré une insécurité juridique manifeste. L'erreur de procédure ici est double. En ne sommant pas formellement les acteurs de reprendre le jeu dans le délai imparti, l'arbitre a privé la fédération adverse d'une chance de se conformer à la règle. On ne saurait prononcer une sentence aussi irrévocable qu’un forfait (défaite 3-0 sur tapis vert) sans avoir scrupuleusement respecté le « code de route » de la crise. Cette précipitation indécise transforme l'incident en un cas de manquement processuel. Le chaos de Rabat n'est donc pas uniquement le fait de joueurs contestataires, mais celui d'un arbitrage qui n’a pas su imposer le cadre temporel prévu par la norme internationale. • L’Énigme de la Loi 14 : Le penalty décisif, entaché par une anticipation flagrante du gardien, appelait impérativement une reprise sous l’égide de la VAR. La décision de l'arbitre, Jean-Jacques Ndala, de siffler la fin de la rencontre avec une rapidité intrigante s'apparente à un arbitrage de circonstance. En sacrifiant la vérification technologique, l’officiel semble avoir privilégié un impératif sécuritaire de court terme pour prévenir un risque de débordement dans les tribunes, au détriment de la probité du résultat. III. De la Sanction Organisationnelle à l’Impératif de Recours Fédéral La reprise erratique des débats, intervenue avant l’ultime coup de sifflet, a scellé l'impuissance du régime organisationnel. Faute de pouvoir acter un abandon organique et définitif, la CAF se voit contrainte de se replier sur les articles 146 et 147 de son Code Disciplinaire. Toutefois, si ces leviers permettent de châtier le « comportement antisportif » par le biais d'amendes fédérales, ils ne constituent que des pansements sur une plaie ouverte, incapables de restaurer l'équité sportive bafouée. Face à ce que l'on doit qualifier de déni de justice sportive, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) ne saurait se cantonner à une posture de spectatrice passive. Il lui appartient d'exercer son droit de recours légal auprès des instances compétentes afin de déplacer le litige du terrain émotionnel vers une procédure administrative structurée. L’impératif est ici d’ordre normatif : exiger une instruction rigoureuse sur l'intégrité procédurale de cette fin de rencontre, transformant ainsi un sentiment légitime de préjudice en une action de droit souveraine et irréfutable. La CAF se retrouve face à un miroir : pour exiger la discipline absolue, elle doit d’abord garantir l’impeccabilité de ses officiels. De tels précédents doivent être traités avec une rigueur qui ne laisse aucune place à l’arbitraire, consacrant ainsi l'excellence et l'alignement normatif que nous appelons de nos voeux. La finale de 2025 agit comme le révélateur. Sans une refonte profonde visant à codifier la "désobéissance coordonnée", la conformité technique restera l'otage des rapports de force sur le terrain.

CAN : l’urgence d’un code éthique pour restaurer l’esprit du football africain 288

La très récente Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, pourtant voulue comme une célébration du football africain dans toute sa diversité et sa ferveur, a laissé un goût amer, une grosse amertume, une déception incommensurable, une douleur immense et des blessés. Quel dommage que de récompenser ainsi un pays qui a tout donné pour que soit célébré l'Afrique. Quelle honte que de haranguer les foules jusqu'à leur faire commettre des agressions physiques et de peut être laisser orpheline une famille. Au-delà des performances sportives, plusieurs comportements observés tout au long de la compétition ont suscité l’incompréhension, l’indignation et parfois la honte. Des débordements verbaux, des attitudes provocatrices, des mises en cause répétées de l’arbitrage et des déclarations irresponsables de personnes sensées incarner les valeurs mêmes du sport ont terni l’image de la CAN. En conférence de presse, pourtant organisée par la CAF à la gloire du sport et en dehors, certains ont commis des propos invraisemblables, fruits de leurs imaginations débordantes et de petits calculs imbéciles. Le paroxysme de ces dérives a été atteint lors de la finale, avec le comportement indigne d'un entraîneur, aujourd'hui largement relayé et commentés par les médias et les réseaux sociaux. Quelles que soient les tensions inhérentes à un match de ce niveau, rien ne saurait justifier des attitudes contraires aux valeurs du sport, de respect et de fair-play. Ce n’est pas seulement une question d’émotion ou de rivalité, mais une question de responsabilité vis à vis d'une jeunesse et d'un continent en devenir. La CAN au Maroc n’a pas été une compétition comme les autres. Elle fut une vitrine du football africain, observée par le monde entier, suivie par des millions de jeunes qui y cherchent des modèles. Les entraîneurs, joueurs, dirigeants et officiels ne sont pas de simples acteurs : ils sont des référents, des symboles et des ambassadeurs. Face à cette réalité dommageable, il devient impératif que la Confédération Africaine de Football (CAF) franchisse un cap. Les sanctions ponctuelles, souvent perçues comme tardives ou incohérentes, ne suffisent plus. Il est temps d’instaurer un code éthique contraignant, clair et universel, que tout participant à la CAN serait tenu de signer avant le début de la compétition, dès les phases éliminatoires. Un engagement moral et juridique, condition sine qua non de participation. Un tel code n’aurait pas pour vocation de brider la passion ou la liberté d’expression, mais de fixer des limites claires entre la compétition et la dérive, entre la contestation légitime et l’irresponsabilité publique. Le dit Code Éthique de la CAN reposerait sur huit piliers clairs, précis et contraignants. **1. Les principes fondamentaux du code seraient:** * Le respect des valeurs du football : fair-play, intégrité, dignité et respect mutuel * Le respect de l’image et de la réputation du football africain * La responsabilité individuelle et collective de tout participant **2. Le comportement sur le terrain et en zone technique serait bien encadré:** * L'interdiction de tout comportement agressif, provocateur ou insultant * Le respect absolu des arbitres et officiels, quelles que soient les décisions * L'interdiction de gestes, propos ou attitudes incitant à la violence ou à la haine **3. Le comportement hors du terrain fait partie du tout:** * Le respect des adversaires, supporters, médias et institutions * L'interdiction de toute forme de discrimination: raciale, nationale, religieuse ou autres. * Le comportement doit être exemplaire dans les lieux publics, hôtels, stades et zones mixtes **4. La communication et déclarations publiques doivent respecter les règles avant tout:** * l'obligation de retenue et de responsabilité dans les déclarations médiatiques * L'interdiction de mettre en cause l’intégrité de l’arbitrage sans preuves établies sino devant les instances et non par toute autres voix. * L'interdiction d’incitation à la violence ou à la contestation hostile par le geste ou le verbe **5. La responsabilité des entraîneurs et dirigeants est fondamentales:** * L'obligation d’exemplarité renforcée en raison de leur rôle d’autorité * La responsabilité directe du comportement du staff technique * L'engagement à calmer les tensions et non à les attiser **6. Les réseaux sociaux et communication numérique fait partie du jeu et de la compétition:** * L'application du code éthique aux publications sur les réseaux sociaux * La responsabilité personnelle des messages publiés ou relayés * L'interdiction de propos diffamatoires, haineux ou provocateurs **7. Les sanctions doivent être exemplaires et sans complaisance:** * Des sanctions progressives et clairement définies : avertissement, amende, suspension, exclusion définitive * L'application immédiate et transparente des sanctions * La possibilité de sanctions aggravées en cas de récidive ou de faits graves **8. L'engagement formel est un préalable à la participation à toute compétition:** * La signature obligatoire du code par tous les joueurs, entraîneurs, dirigeants et officiels dans un document individuel accompagnant les listes de joueurs et officiels engagés dans une compétition africaines. * La signature du code est une condition préalable à toute accréditation pour la CAN * La reconnaissance écrite des sanctions en cas de violation est obligatoire Le but du code est bien évidemment d'instaurer l’exemplarité pour protéger l’avenir du football africain et ses compétitions. L'introduction d'un code éthique dans les procédures de participation aux CAN, n’est pas un aveu de faiblesse, mais un signe de maturité. Le football africain a atteint un niveau de visibilité et de compétitivité grâce à cette CAN au Maroc. Le niveau ainsi atteint impose des standards élevés et des garanties. On ne peut tolérer que par la faute d'un individu surchauffé tout un édifice s'écroule et que des vies soient menacées, voire perdues. La passion ne peut plus servir d’alibi à l’excès, la victoire ne justifiera jamais la perte de valeurs, la ferveur ne peut disculper un comportement excessif. La CAN doit rester une fête, pas un théâtre de dérives. En posant un cadre éthique clair, la CAF enverrait un message fort : le football africain se doit d'avancer, de se structurer et de se respecter. Le football doit rassembler et non provoquer la haine, l'hostilité, la répugnance, les crises entre nations ou encore servir de terreau à des froids diplomatiques...Pour ne pas dire plus.

Le départ d’Akhenouch du RNI : décision précipitée ou calcul stratégique ? 247

Mais que s’est-il réellement passé ? Pourquoi une annonce aussi foudroyante ? Pourquoi un départ aussi précipité de Si Aziz Akhenouch de la tête du Rassemblement National des Indépendants (RNI), alors même que tout semblait lui sourire ? Depuis qu’il en a pris les rênes en 2016, le RNI a connu une ascension fulgurante. D’une formation marginale avec une trentaine de députés, il est devenu la première force parlementaire après les législatives de 2021, avec 102 élus. Mieux, il conduit l’Exécutif, préside la Chambre des représentants et occupe une position centrale dans l’architecture institutionnelle. Sur les indicateurs classiques de puissance politique, Akhenouch est au sommet. Dès lors, une question s’impose : pourquoi partir maintenant ? Et surtout, pourquoi avancer dans l’urgence un congrès extraordinaire au 7 février, initialement prévu pour mars, pour un gain de temps modeste ? L’explication mérite mieux que les spéculations sur des forces occultes ou des complots en coulisses. Restons dans la logique politique, froide et rationnelle, pour expliquer la décision fracassante de Si Akhenouch, un leader atypique dans le paysage politique marocain. Qu’on l’apprécie ou non, Aziz Akhenouch incarne une politique décomplexée, moderne, presque “à l’américaine” : axée sur la performance, la communication et l’efficacité organisationnelle plutôt que sur l’idéologie. Il a anticipé les mutations du Maroc et accompagné la modernisation des infrastructures (TGV, ports, aéroports). Il a assuré une croissance économique avec un PIB en hausse de 3% en 2024 et des chiffres encore plus édifiants pour 2025, malgré l’inflation. Il a aussi subi ou provoqué une évolution sociologique majeure en matière de politique. Fini les partis nostalgiques de l’indépendance, figés dans des clivages gauche/droite ou rural/urbain. Akhenouch a séduit un électorat pragmatique, désidéologisé, peut-être même ou surtout la génération Z, sensible aux résultats concrets comme la couverture sociale élargie (AMO généralisée en 2023). Les gens veulent des réalisations pour faciliter leur vie quotidienne plutôt que des discours incantatoires. Mais de leader victorieux, Akhenouch est passé à bouc émissaire. Le pouvoir a un prix. Depuis sa nomination comme chef du gouvernement en 2021, il cristallise toutes les colères et frondes sociales. Pour l’opinion contestataire, il symbolise l’enrichissement illicite, la confusion affaires-politique, le “capitalisme prédateur”. Elle s'exprime souvent par des slogans à refrain, comprenant son nom explicitement. Essence à plus de 15 DH le litre ? C’est sa faute. Légumes en hausse de 20% ? Idem. Saturations hospitalières post-Covid ? Il aurait dû anticiper. Inondations pourquoi il n'a pas prévenu? Toute analyse rationnelle devient inaudible. Pourtant, loin de se replier, il a multiplié les grands meetings “made in USA” à travers le pays, affirmant la vitalité du RNI. Le message : aux prochaines élections, nous gagnerons. La certitude est bien là. Et là, plouf ! Le récent signal de l’Intérieur constitue un tournant décisif. C’est là que tout bascule. La préparation électorale relève du ministère de l’Intérieur. Dans les coulisses, des propositions de la mouvance Akhenouch: sur les investitures ou les circonscriptions auraient été ignorées ou retoquées. En politique marocaine, ces signaux ne sont jamais anodins. Fin stratège, intelligent qu'il est Akhenouch a perçu le vent tourner. D’atout majeur, il risquait de devenir un handicap électoral, une sorte d'invalidité pesante. Sa personne, plus que son bilan (réformes sociales, accords commerciaux UE-Maroc, chantiers ouverts), est perçue négativement ou quasiment improductive pour l'avenir. Que faire alors ? Peut-être partir pour sauver le RNI. Plutôt que de s’accrocher et d’attirer toutes les attaques, il choisit de se retirer en amont, de “nettoyer le terrain” et de redonner au parti un visage moins clivant. Rationalité pure. Reste l’inconnue des hommes. Le RNI actuel repose sur un rassemblement opportuniste de notabilités, souvent ex-PAM, au flair aiguisé et à la loyauté conditionnelle. Pour elles, Akhenouch était la clé du pouvoir. Son départ pourrait déclencher des défections vers d’autres partis ou carrément l’abandon de la politique par certains. Le retour au PAM de certains n'est pas à exclure... Le RNI risquerait ainsi de revenir à sa taille d’antan, à la case départ pour un probable retour plus tard avec d'autres gens, d'autres perspectives. Le mouvement déclenché ouvre une équation à plusieurs variables. Sans Akhenouch, le RNI perd sa locomotive charismatique, mais gagne en malléabilité. Pour le pays, c’est l’occasion d’un rééquilibrage subtil avant 2026. Certains partis pourraient rebondir sur le mécontentement social, tandis que d’autres miseront sur les syndicats et les “tansiqiyates”. Une recomposition générale s’annonce, avec des risques de fragmentation. Une chose est certaines la politique ne sera plus comme avant. 2026 donnera un autre Maroc que seuls les grands initiés peuvent imaginer. Le reste n'est que spéculations. Les marocains en décideront. En définitive, ce départ n’est ni fuite ni défaite, mais un choix stratégique fondé sur les rapports de force, les signaux institutionnels et la psychologie électorale. Il marque la fin d’un cycle et ouvre une ère d’incertitude pour tout le champ partisan marocain. L’histoire reste à écrire pour ceux qui, entre deux matchs, observent encore la politique. En tous cas Si Akhenouch vient de donner là une véritable leçon a tout ces leaders et imams qui s'accrochent au perchoir et ne veulent plus en descendre...Une fois qu'ils ont gouté aux privilèges qui vont avec... Les citoyens n'attendront pas longtemps avant de savoir qui va être leur prochain chef de gouvernement, leur prochain bouc émissaire.

Adieu Lhaj Abdelhamid Frej : Un pilier de l'athlétisme marocain s'en va... 329

Partie 1 *Cet article est paru dans le journal l'opinion sous ma signature le 26 septembre 2009*. Je voulais ainsi rendre hommage à un monument de l'athlétisme marocain: Lhaj Abdelhamid Frej. Il vient de nous quitter en ce 13 janvier 2026. Je n'ai rien trouver de mieux à faire en cette circonstance triste que de publier à nouveau ce texte. Qu'il repose en paix avec la satisfaction de la mission accomplie pleinement. Voici le texte: *Dans la tribune officielle du semi marathon de Rabat, organisé par le Fus place de la poste, voilà quelques mois déjà, j’avais eu le privilège et je pèse bien mes mots, de m’asseoir à la gauche de Si Abdelhamid Frej.* *Aujourd’hui octogénaire, Si Abdelhamid, ancien cadre de la conservation foncière, est aujourd’hui le doyen des dirigeants de l’athlétisme marocain.* *Venu du Fus au Stade Marocain dans les années 50 (je venais de naître), il y rejoignait feu Haj Jilali Elaoufir, emblématique président de la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme.*Si Abdelhamid a été le second secrétaire général de l’histoire de cette fédération après Feddoul Benzeroual*.* Eh oui, lui aussi a fait ses débuts en athlétisme.* Le lecteur va se demander où je veux en venir en évoquant une telle personnalité. Eh bien c’est une phrase que me chuchot Si Abdelhamid à l’oreille qui m’a fait penser à ces quelques lignes. Il me dit en substance, « Hna maak qalban wa qalaban ». J’avoue que j’ai eu la chair de poule à entendre un si humble et discret personnage du sport national me parler ainsi. Il insinua et marqua en fait sa position, vous l’avez vite deviné, vis-à-vis des propos pour le moins abjects véhiculés à mon égard par le prétendu président de la ligue d’athlétisme de Casablanca. Je vais vous en épargner le nom pour ne pas lui donner l’importance qu’il ne mérite point et comme je n’ai jamais fait dans l’abject, je ne veux vraiment pas prononcer de gros mots. Ce qui m’importe ici est plutôt d’évoquer quelqu’un qui depuis les années cinquante a toujours œuvré en silence dans la promotion de l’athlétisme en tant que secrétaire général, président délégué et vice président de la FRMA ; en tant que président du prestigieux Stade Marocain Athlétisme pour près de trente ans et depuis la disparition de feu Abderrahman Medkouri, en qualité de président de la ligue de Rabat et sa région. Si Frej a toujours été là dans une discrétion totale mais avec une efficacité maximale. C’est ainsi que tous nous l’apprécions et le respectons. Tous, c'est-à-dire les vrais gens de l’athlétisme car lui sommes reconnaissants de véritables sacrifices pour notre sport… Je veux ici lui rendre hommage pour ses qualités humaines et ses multiples compétences, pour cette discrétion dont devraient s’inspirer ceux qui aujourd’hui nous cassent les pieds et s’érigent en donneurs de leçons mais en vérité, dans une tentative perdue d’avance, de cacher échecs successifs et faiblesses. « mataiqerqbou ghir stola lkhaouine » La fuite en avant et l’autisme n’ont jamais mené nulle part. la réalité finit toujours par vous rattraper. Or la réalité de notre athlétisme n’est pas rose et se sont les chiffres et les statistiques qui le disent l’affirment et le confirment. Les chiffres sont têtus. Pourquoi s’obstiner à vouloir faire croire au marocain que tout va bien ? En déformant l’histoire, en diffamant et insultant de manière abjecte ceux qui n’ont fait que vous dire votre vérité en face ? Surtout quand ils bénéficient d’une légitimité historique et technique que vous êtes loin d’avoir. Mais passons. Si Abdelhamid Frej, était donc là assis à la seconde rangée au côté de Si Mohamed Ounaini, pendant près de 20 ans comptable compétent et honnête de l’école nationale d’athlétisme et de la FRMA et remercié dans le cadre de la réforme…Omar dans sa belle jellaba blanche et « tarbouche watani ». Quel beau représentant de son époque. Lhaj Omar était le compagnon fidèle de Haj Jilali Elaoufir. Au décès de celui-ci il s’était volontairement exilé en France où il rejoignit ses anciens amis athlètes. Ils ne cessent de rappeler les Charles loulou Benacoun (très grand sprinter d son époque, médaillé aux jeux méditerranéens avec Medkouri et Lamaachi Bouchaib décédé voilà longtemps déjà) et autres grandes figures de l’athlétisme d’après l’Indépendance. Beaucoup disent qu’il avait très bien fait de partir… Il y avait aussi Aziz Ismaili un autre fonctionnaire de la jeunesse et des sports ayant servi pendant plus de dix ans à la FRMA et qui a été rappelé au bercail…car dit on an avait besoin de lui…Depuis il s’ennuie quand même un peu dans les couloirs du ministère le père Aziz…lui qui était habitué à faire au moins une centaine de kilomètres par jour au service des athlètes…Il nous parla des conditions de son départ de la FRMA avec humour mais aussi beaucoup d’amertume et de regrets. C’est qu’il adorait son travail.*

Adieu Lhaj Abdelhamid Frej : Un pilier de l'athlétisme marocain s'en va... 310

Partie 2: Je m’attarde sur la deuxième rangée pour évoquer encore une fois la discrétion agissante de si Abdelhamid Frej. Président de la ligue, mais président discret. Pendant le temps durant lequel nous attendions l’arrivée des coureurs, car dans pareilles manifestations sportives, après le départ vous ne faites qu’attendre, j’ai écouté encore une fois le silence de notre ami, silence qui me rappela de grands noms de notre sport : Regragui, son éternel Tarbouche rouge et son élégance remarquable, Brahim Elhadad, aujourd’hui souffrant à Marrakech dans l’indifférence d’une FRMA qu’il a longtemps servie comme trésorier. N’est il pas aussi le fondateur de la ligue d’Oujda ? Merci à Bakir Benaissa et à Mahjoub Mouhcine qui lui rendent visite assez fréquemment. On parla aussi de feu Ibrahimi Brahim, le premier marocain à avoir été nommé lion de l’atlas à cause de sa belle chevelure, très grand athlète de son époque. Rappelez vous qu’il finira soigneur de l’équipe nationale de football. On parla aussi de Raymond Guillot figure emblématique de l’OM. Son dernier acte en athlétisme fut une lettre qu’il adressa à Nezha Bidouane, sociétaire de l’OM aussi juste après sa qualification à la finale des championnats du monde de 1997…Il ne verra pas la finale…Bref que de souvenirs. Et bien sur qu’on évoqua la situation de l’athlétisme national. La situation que tout le monde connaît maintenant. Quand de temps à autre si Abdelhamid prononça quelques mots, ce furent des mots d’espoir : ils vont finir par comprendre. Comprenez par ILS, ceux qui dirigent l’athlétisme aujourd’hui. « Mataybqa ghir elmaaqoul » martelait il de temps à autre et Ounaini d’évoquer comme il se plait à le faire souvent les moments de gloire de l’athlétisme. Lorsqu’un fonctionnaire de la FRMA arriva dans la tribune et s’assit juste devant Si Frej, Ounaini avec la touche d’humour qu’on lui connaît, n’hésita pas à dire « mataihchmouch hata y jiou maatlin » et Omar de rétorquer « had Siyid baada ja, fina houma alaadae aljamiyin ? » Il n’ y avait personne pour représenter officiellement la FRMA. Effectivement uu si grand semi marathon fut boudé par les membres du bureau fédéral. Ils sont plus présents dans la presse que sur les stades, rétorqua Ismaili. Et Si Frej dans tout cela ? Stoïque et calme comme à son habitude, il souriait. Un sourire qui en dit long sur l’amertume et la désolation de l’homme. Il en a vu des choses du genre, le père Frej, durant sa vie sportive, et n’a pas besoin de mettre des mots pour révéler le fond de sa pensée. Son sourire et sa mimique suffisaient. Je m’attendais à ce qu’à la fin de la manifestation, il soit appelé au podium pour remettre un prix. Rien n’en fut. Il a été oublié. Sa discrétion lui joua encore une fois un petit tour. Non pas qu’il voulait être appelé, non, non pas du tout, c’est son dernier souci. Je connais l’homme. C’est tous simplement la nouvelle génération qui l’oublia… ou ne s’est pas rendu compte de sa présence. Il est trop discret pour qu’on se rende compte qu’il est là, lui qui durant un demi siècle de vie sportive n’a accordé qu’une interview ou deux et dont on ne parle que très rarement. Quelle leçon d’humilité dont devraient se nourrir certains de ceux qui parlent trop aujourd’hui… Oui mais les objectifs et les motivations aussi ne sont pas les mêmes dirait l’autre. Si Frej est un dirigeant sportif et n’a jamais mélangé les choses. Il ne s’est jamais servi du sport. Il a servi et sert encore le sport, pour le sport. A ce titre il préfère se taire. Je devrais m’en inspirer décidément. C’est sans doute plus efficace pour l’histoire. Voilà, le semi marathon est fini. Un autre kenyan a gagné, Asmae Laghzaoui aussi. Les organisateurs sont contents, le record de la course a été batu. Nous quittons la tribune, si Frej est reparti à pieds à la maison, je pense. Diour Jamaa ne sont pas loin de là. Sur mon chemin vers ma voiture, je rencontre Elghazi Zaaraoui : Ba Lghazi, champion du monde de cross country de 1965… Abdelhamid Frej était alors secrétaire général de la FRMA… Merci Si Abdelhamid et longue vie. On a vraiment besoin de sages comme toi par les temps qui courent. Aziz Daouda