Pensez le Futur.

Going Forward: An Exercise in Focus. 6344

It has been half a year since finishing the design and “publishing” my first modest game. Find the link to the actual game at the bottom of this article. It's free, no download necessary. The aftermath of Creating this game can be summarized simply: I still play and enjoy my game. Nobody else plays it since I didn’t go to any lengths to advertise its existence. Which doesn’t bother me at all. But it does go deeper than that. The exercise of creating the game, writing down the rules and having people test it, along with the task of building upon the feedback with refined iterations of the rules, it all forced me to make a choice between my comfort zone and what lies outside of it. I very much had the option to keep a functioning game recorded exclusively in my mind, and to keep to myself about it (or maybe blog about it). But instead I disciplined myself to produce a product that others can experience in their own way and on their own time. There are two main take-aways from this choice: 1) Regardless of whether others do play the game or not, I have created something that can “be pointed at.” Something tangible, observable and measurable. This feels like hopping over a fence; I had made nothing before, and now I have made something. Going forward from here, this fact will not change regardless of what course of action I choose next. 2)I have felt the feeling of reaching outside of my comfort zone and subsequently expanding it by the smallest increment. Which means that going forward from here, while I may have unfamiliar territory ahead of me, the act of crossing into unfamiliar territory is becoming familiar. This is a great personal improvement overall and just like the first point, regardless of what I choose to do next, this will not change. The next highly uncomfortable step for me at this time will be to promote and maybe even market something of my making. I do have a batch of ideas in that regard that are just waiting to be put into action: - “try before you buy” weekly evening events at one of my local board games shop, which have the kindness of allowing people to self-promote their homebrew games. - Attempt to contact Mark on YouTube (Riffle Shuffle and Roll) to see if he’d be willing to feature Bully Takedown on his channel. - Another game I’m working on (ooh secret project) could be packaged as a prototype and pitched at conventions. - The secret project could be, gasp, pitched to a publisher once it’s finished and packaged as a prototype. - Eventually maybe I could even start posting on some socials, wincing merrily along the way. Any of these steps are unspeakably uncomfortable for me. Maybe that’s appropriate for pitching to a publisher or at a convention, but the others seem more accessible despite the disproportionate feeling of discomfort regarding those options. This is where it all becomes an exercise in focus. Clearly anxiety is hijacking my imagination and taking me into mental headspaces I have no business being in. As a wise fictional character in an animated movie once said: “focusing on what I can control here and now” will be the key to going forward. I will be starting a dev log soon for the aforementioned secret project, to keep track of the creation of such a thing as a prototype. Let’s call it Project Contraption for now. As for the game I published, here it is below. It's called Bully Takedown.
GiANTS Game Philosophy GiANTS Game Philosophy

GiANTS Game Philosophy

I've been creating games for my kids for over 7 years, and turning boring workouts into games for clients for 15+ years. On this platform I'll share my observations on the nature of all types of games, to document the mentality behind making genuinely interesting and fun games, all in an attempt to make it more accessible for anyone to make games, for kids or in general.


500

0

Fuite des cerveaux et déclin démographique : la double peine silencieuse du Maroc... 77

Par-delà les discours convenus sur la modernisation et l’attractivité du Royaume, une réalité plus inquiétante s’impose progressivement, celle de la fuite des cerveaux. Longtemps perçue comme un effet secondaire de la mondialisation, elle devient aujourd’hui un facteur structurel de fragilisation socio-économique. Et cette dynamique prend une ampleur nouvelle à mesure que s’installe une transition démographique marquée par le ralentissement, voire la contraction; du vivier national de talents. L'hémorragie est ancienne, mais désormais elle devient critique. Le phénomène de migration des compétences n’est pas nouveau au Maroc. Depuis des décennies, ingénieurs, médecins, chercheurs ou cadres supérieurs s’orientent vers l’Europe, l’Amérique du Nord ou, plus récemment, les pays du Golfe. Les raisons sont connues : salaires plus élevés, conditions de travail plus attractives, reconnaissance professionnelle accrue, écosystèmes d’innovation plus matures, fiscalité avantageuse. Dans un contexte de forte croissance démographique, cette perte était en partie absorbée par l’élargissement continu de la base des diplômés. Le système éducatif, malgré ses limites, alimentait un flux suffisant pour compenser, au moins quantitativement, les départs. Mais cette équation est en train de changer. La transition démographique, un tournant qu'on ne peut sous-estimer va aggraver davantage la situation. Le Maroc est entré dans une phase avancée de sa transition démographique. La baisse du taux de fécondité, amorcée depuis les années 1990, s’accélère et s’accompagne d’un vieillissement progressif de la population. Ce phénomène, souvent interprété comme un signe de modernisation, comporte en réalité des implications économiques profondes. La population en âge de travailler, moteur de la croissance, tend à stagner puis à diminuer. Le « dividende démographique », qui a longtemps soutenu le développement du pays, s’érode. Dans ce contexte, chaque départ de talent n’est plus simplement une perte individuelle; il devient un manque systémique, difficilement compensable. Le coût socio-économique des départs est croissant et se fera sentir chaque année un peu plus. C’est ici que se noue le cœur du problème : la fuite des cerveaux, combinée à la décroissance démographique relative, engendre un coût socio-économique cumulatif et croissant. D’abord, sur le plan productif. La perte de compétences rares affecte directement la capacité d’innovation, la compétitivité des entreprises et l’attractivité globale du pays. Les secteurs stratégiques: santé, numérique, ingénierie, recherche scientifique, sont les premiers touchés. Le cas des médecins marocains exerçant à l’étranger illustre de manière frappante cette tension. Former un médecin représente un investissement public considérable, dont les bénéfices sont souvent hélas captés par d’autres économies. Ensuite, sur le plan fiscal. Les profils hautement qualifiés sont aussi ceux qui contribuent le plus aux recettes fiscales et à la création de valeur. Leur départ réduit la base imposable, fragilise les équilibres budgétaires et limite les capacités d’investissement public. Enfin, sur le plan social. La raréfaction des compétences accentue les inégalités territoriales et sectorielles. Certaines régions ou services publics se retrouvent en pénurie chronique de personnel qualifié, ce qui alimente un sentiment d’abandon et creuse les fractures internes. Au-delà des indicateurs économiques, la fuite des cerveaux entraîne une érosion des « externalités positives » associées aux élites formées. Un ingénieur, un chercheur ou un médecin ne produit pas seulement de la valeur individuelle. Il contribue à la diffusion des connaissances, à la formation des générations suivantes, à l’émergence d’écosystèmes innovants et pérenne. Lorsque ces acteurs quittent le territoire, c’est toute une chaîne de transmission qui se fragilise. Le pays perd non seulement des compétences, mais aussi des multiplicateurs de développement. La question est aussi de savoir si avoir une diaspora importante à l'etranger constitue une opportunité ou est une simple illusion compensatoire ? Face à ce constat, l’argument de la diaspora est souvent avancé comme contrepoids. Les transferts financiers des Marocains résidant à l’étranger constituent effectivement une ressource importante. De même, les réseaux diasporiques peuvent favoriser les investissements et les transferts de savoir-faire. Cependant, cette vision mérite d’être nuancée. Les remises financières, aussi significatives soient-elles, ne remplacent ni la présence physique des compétences ni leur contribution quotidienne à l’économie nationale. Quant aux retours d’expérience ou aux investissements, ils restent encore marginaux au regard de l’ampleur des départs. Il s'agit donc d'imaginet de d'implémenter une véritable stratégie de rétention et de circulation des talents. Face à la double contrainte: fuite des cerveaux et contraction démographique, le Maroc ne peut plus se contenter de réponses partielles. Il s’agit désormais d’un enjeu stratégique majeure voire urgent. Plusieurs leviers peuvent être envisagés : * Améliorer les conditions de travail et de rémunération dans les secteurs clés, notamment la santé et la recherche. * Réformer en profondeur le système éducatif pour mieux aligner les formations sur les besoins du marché et valoriser les filières scientifiques et techniques. * Encourager le retour des compétences par des incitations ciblées (fiscales, professionnelles, académiques). * Développer des écosystèmes d’innovation capables de retenir les talents en offrant des perspectives de carrière et de création. * Mettre en place une politique de “circulation des cerveaux”, favorisant les allers-retours plutôt que les départs définitifs. Ce qui était hier un problème préoccupant devient aujourd’hui une menace structurelle et exige donc une urgence stratégique. Dans un contexte de raréfaction progressive des ressources humaines qualifiées, chaque départ compte davantage, chaque perte pèse plus lourd. La fuite des cerveaux, combinée à la transition démographique, constitue ainsi une double peine silencieuse pour le Maroc. Elle appelle une prise de conscience à la hauteur des enjeux : non plus seulement freiner les départs, mais repenser en profondeur le modèle de développement pour faire du capital humain, rare et précieux, le cœur de la stratégie nationale. Car, à terme, la véritable richesse d’un pays ne réside ni dans ses ressources naturelles ni dans ses infrastructures, mais dans la qualité, la créativité et l’engagement de ses femmes et de ses hommes.