Pensez le Futur.

Le pouvoir des conseils nutritionnels de Dr Moussayer Khadija sur bluwr.com 4284

Dans ce récit, l'anonymat des personnes impliquées a été préservé pour respecter leur intimité. En effet, la santé est une question privée. Les bienfaits d'une alimentation saine et équilibrée ne sont plus à prouver. Cependant, il peut être difficile pour certaines personnes, comme nos aînés, de maintenir une alimentation adéquate en raison de problèmes de santé ou de mobilité réduite. C'est le cas d’une personne âgée, dont la santé commençait à décliner et qui avait de plus en plus de mal à s'alimenter. Sa fille, qui assurait sa prise en charge quotidienne, a eu l'opportunité de découvrir un des articles concernant la nutrition gériatrique du Dr Moussayer Khadija, lors d'un moment de repos de sa mère. Elle a été agréablement surprise de constater que les articles du blog correspondaient parfaitement à ses besoins. Elle a appris qu’une période de sous-alimentation prolongée ne peut se résoudre qu’avec une reprise graduelle. Elle a également compris que le fait de forcer sa mère à manger pouvait en réalité aggraver la situation et causer des problèmes digestifs. Grâce à bluwr.com, elle a compris que la reprise alimentaire devait être progressive en raison des enzymes hypo-fonctionnelles. Elle a donc adopté une approche plus douce et plus adaptée aux besoins spécifiques de sa mère. Et les résultats ont été remarquables. La personne prenant soin de sa mère est à présent convaincue de la qualité des informations partagées sur Bluwr.com et en particulier par Dr Moussayer khadija que je remercie pour ses articles précieux. Un lien vers le premier article de la série est disponible ci-dessous. En tant que co-fondateur de bluwr.com, rien ne rend plus heureux que de savoir que les articles peuvent avoir un impact positif sur la vie d'autrui. Merci à tous ceux qui contribuent à faire de Bluwr.com une source d’information de qualité.
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Antoine Antoine

Antoine

I am the CTO and co-founder of Bluwr. I love designing and writing scalable code and infrastructure.


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Smara, le Polisario et l'entreprise hasardeuse… 41

Une nouvelle fois, Smara, ville emblématique du sud du Maroc a été visée. Encore une fois, des projectiles tirés par le Polisario sont venus rappeler que derrière les discours figés de la diplomatie régionale subsiste une réalité bien plus brutale: celle d’un état et d'un mouvement armé qui refusent l’évolution du dossier du Sahara vers une solution politique réaliste et définitive. Pourquoi Smara tout particulièrement ? C’est probablement pour la symbolique. C’est un centre du soufisme marocain et c’est là que les tribus de la région prêtaient allégeance aux sultans de l’Empire chérifien. C’est aussi de là que part la nouvelle jonction routière avec la Mauritanie. Une route appelée à jouer un rôle important dans le développement de la région et le désenclavement du Sahel. Cette fois, pourtant, quelque chose a changé. Le monde ne s’est pas contenté d’observer en silence les agissements hasardeux du Polisario. Les condamnations ont été rapides, fermes et explicites. Les USA, à travers leur représentation à l'ONU mais aussi leur ambassade à Alger, ont adopté un ton particulièrement dur. La France également, a condamné sans ambiguïté ces attaques visant une zone civile. L'Espagne, l’UE, les Émirats Arabes Unis et des dizaines d’autres pays ont aussi exprimé leur mécontentement. Et pendant ce temps-là, Alger s’est murée dans un silence révélateur… Ce silence n’est pas neutre. Il est politique. Car il devient chaque jour plus difficile de soutenir que l’Algérie n’est «pas partie au conflit» tout en hébergeant, armant, finançant et protégeant diplomatiquement un mouvement qui revendique ouvertement des opérations terroristes contre le Maroc. Le décalage entre le discours officiel algérien et la réalité géopolitique devient désormais trop visible pour être crédible. L’attaque de Smara intervient surtout à un moment très particulier du dossier saharien. Depuis plusieurs années déjà, la dynamique internationale évolue clairement en faveur du Maroc. La reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur les provinces du Sud a ouvert une séquence diplomatique nouvelle. L’Espagne a changé radicalement de position. La France a progressivement durci son soutien au plan d’autonomie et ne voit d’avenir à la région que sous souveraineté marocaine. Plusieurs pays africains, arabes et latino-américains ont consolidé leurs positions en faveur de Rabat. Et voilà que le Japon, puissance mondiale réputée pour son extrême prudence diplomatique, vient lui aussi rejoindre le mouvement des États qui considèrent désormais le plan marocain comme la seule base sérieuse et crédible de règlement d’un conflit artificiel qui n’a que trop duré. Ce n’est pas un détail. Lorsqu’un pays comme le Japon bouge, cela signifie que les équilibres internationaux ont profondément changé. Face à cette dynamique, le Polisario se retrouve enfermé dans une impasse stratégique. Son discours «révolutionnaire» sans révolution, appartient à un autre âge. Sa capacité de mobilisation internationale s’érode. Son narratif tiers-mondiste ne séduit plus grand monde dans un contexte dominé par les impératifs de stabilité, d’intégration économique et de sécurité régionale. De plus en plus, les États se rendent compte de l’arnaque. Tindouf n’est pas peuplé de ressortissants ayant fui le Maroc. Il s’agit plutôt d’une majorité de différentes origines séquestrées à l’intérieur d’une zone militaire sans aucun droit, et d’une minorité de Marocains originaires de la région en question. Dès lors, que reste-t-il au Polisario ? La tension militaire. Non pas pour gagner une guerre qu’il sait impossible à remporter, mais pour tenter de peser sur les futures négociations et surtout sur l’avenir de la MINURSO. Car derrière les attaques sporadiques se cache une logique politique précise, sans doute pas l’idée du seul Polisario: empêcher toute normalisation définitive du dossier et maintenir artificiellement l’idée d’un «conflit ouvert» au moins jusqu’au terme de la présidence Trump. Qu’est-ce qu’ils seraient heureux à Tindouf et Alger de voir le mandat de la MINURSO renouvelé ! Cela signifie bien sûr un conflit d’égal à égal, mais surtout la persistance de la zone tampon volontairement mise à disposition de la MINURSO par le Maroc, frange que le Polisario appelle zone libérée! Cependant, avec la nouvelle donne, le Polisario et son parrain algérien savent parfaitement qu’avec le temps, le statu quo profite de moins en moins à leur cause. Paradoxalement, ils savent aussi qu’une résolution définitive et rapide du conflit consacrerait leur échec stratégique historique. Alors ils jouent la montre, qu’advienne que pourra. Faire durer le conflit est devenu l’objectif principal d’Alger. Non pour parvenir à une issue, mais précisément pour éviter qu’une solution ne s’impose définitivement autour de l’autonomie sous souveraineté marocaine. Le maintien d’une tension permanente permet à l’Algérie de conserver un levier géopolitique contre le Maroc, d’alimenter une rivalité régionale devenue structurelle et de détourner une partie de ses propres fragilités internes. Dans cette logique, chaque avancée diplomatique marocaine provoque mécaniquement une montée des tensions orchestrées par le Polisario. Chaque ouverture internationale vers Rabat entraîne une tentative de sabotage politique ou sécuritaire. Les Américains ne sont pas dupes. En véritables maîtres à bord, ils demandent le démantèlement sans délai des camps. Le problème pour Alger est que le contexte international n’est plus celui des années 1970 ou 1980. Ils viennent de le palper à Ankara. Les grandes puissances regardent aujourd’hui le Sahara à travers le prisme de la stabilité, de la lutte contre le terrorisme au Sahel, des routes commerciales atlantiques et des investissements stratégiques africains. Ainsi, ils ne peuvent compter ni sur la Russie ni sur la Chine, dont les intérêts économiques au Maroc ne sont pas des moindres. Et dans cette équation, le Maroc apparaît de plus en plus comme un pôle de stabilité tandis que le Polisario donne l’image d’un acteur de déstabilisation. L’attaque de Smara risque donc de produire exactement l’effet inverse de celui recherché. Au lieu de relancer la centralité diplomatique du Polisario, elle accélère son isolement. Au lieu de fragiliser le Maroc, elle conforte ceux qui considèrent désormais que l’initiative marocaine d’autonomie représente la seule issue crédible. Le temps diplomatique joue aujourd’hui contre Alger et son poulain. Et c’est précisément ce qui rend la période actuelle particulièrement dangereuse. On ne sait pas ce qui peut se passer dans la tête de desperados ayant perdu 50 ans de leur vie et un paquet de milliards de dollars pour se voir dire basta. The game is over. La proposition de Joe Wilson et de Jimmy Panetta a beaucoup gagné en soutien au Congrès américain. Ils sont désormais 12 co-parrains. Cela comptera beaucoup dans un avenir proche. L'attaque de Smara et celles du Mali leur donne raison et davantage de crédibilité.

Abdelwahab Doukkali, ou la noblesse d’un Maroc qui chante ... 76

**Abdelwahab Doukkali, ou la noblesse d’un Maroc qui chante encore ; qui chante depuis toujours et qui chantera pour toujours.** Il y a des artistes que l’on admire. Et puis il y a ceux que l’on aime profondément, parce qu’ils finissent par faire partie de notre propre mémoire intime, de nous-mêmes simplement. Abdelwahab Doukkali appartenait et appartiendra jusqu’au dernier souffle à cette catégorie rarissime pour de nombreuses personnes parmi nous. Avec sa disparition, le Maroc perd davantage qu’un immense chanteur. Il perd une voix de civilisation. Une manière d’être marocain avec élégance, profondeur, pudeur et grandeur. Il avait une façon unique de faire dialoguer la modernité et l’âme de cet Occident qu’est le Maroc avec l’Orient dit arabe, sans jamais trahir ni l’un ni l’autre. Doukkali n’était pas seulement un interprète. Il était un fin architecte de l’émotion. Chez lui, chaque note semblait réfléchie, habitée, presque méditée. Il chantait comme on raconte une blessure noble, un amour sincère, une douleur brûlante, une nostalgie doucereuse, avec cette retenue qui caractérisait les grands artistes de sa génération. Ceux qui savaient que la puissance ne réside pas dans l’excès, mais dans la maîtrise et la sincérité. Je garderai toujours en mémoire un moment d’une rare intensité humaine. Un soir, presque intimement, il me chanta *أغار عليك* (« Je suis jalouse »). Peu d’artistes pouvaient donner à cette œuvre une telle profondeur émotionnelle. Il était étonné que je connusse une telle œuvre, très peu programmée. Chez un autre, cette chanson aurait été simplement belle. Chez Doukkali, elle devenait un vertige sentimental. Il me raconta comment, sur la route de retour de Marrakech vers Casablanca, un jour, il eut le génie d’ajouter un mot à un si beau poème dont il ne savait quoi faire. Un petit mot ajouté à des paroles dites par une femme… *قالت* (« Elle a dit »). Ainsi, il s’était donné le droit de chanter la jalousie à la limite de la folie ; l’obsession dont seules les femmes ont le secret, transformant ainsi une douleur en romance sublimée. Sa voix ne chantait pas seulement les mots. Elle leur donnait une seconde vie, la vie façon Abdelwahab Doukkali. Et comment ne pas évoquer cette autre prouesse artistique, celle d’avoir sublimé *مرسول الحب* (« Marsoul L’hob ») ? Tayeb Laalej était il conscient de ce qu'allait devenir les paroles qu'il avait composé dans sa voiture... Beaucoup interprètent, beaucoup composent, nombreux chantent. Peu améliorent la note, le mot, la mélodie, l’émotion. Doukkali le faisait avec cette intelligence musicale qui n’appartient qu’aux très grands. Il comprenait instinctivement où placer la respiration, où suspendre le silence, où laisser l’orchestre s’effacer devant l’émotion pure, où mettre un mot, esquisser un sourire, interpeller le public. C’est cela, le génie. Le Maroc moderne doit énormément à des hommes comme Abdelwahab Doukkali. Une génération qui a porté la culture marocaine dans tout le monde arabe et au-delà. Un jour, il s’est retrouvé à chanter en français… Allez lui demander pourquoi il chanta *Je suis jaloux* avec dignité et raffinement. Cette génération qui produisait des artistes cultivés, élégants, enracinés et universels à la fois n’est presque plus… Maudite soit cette année qui nous a pris Belkhayate et Doukkali… Merci à Fès de nous avoir donné ces deux-là et tant d’autres… Aujourd’hui, en écoutant de nouveau ses chansons, on mesure aussi ce que notre époque a perdu : la patience artistique, le choix de la poésie et du verbe, le respect du public, le culte du travail bien fait. Abdelwahab Doukkali appartenait à ce temps où la chanson marocaine était une œuvre et non un produit. Sa disparition provoque une immense tristesse chez tous ceux qui l’ont connu, aimé ou simplement écouté un jour avec le cœur. Mais les grands artistes ont cette victoire mystérieuse sur la mort : ils continuent d’habiter nos vies, longtemps après leur départ. Tant qu’au Maroc une voix fredonnera *أغار عليك*, tant qu’un amoureux blessé découvrira *كان يا ما كان*, Abdelwahab Doukkali ne quittera jamais vraiment ce pays. Fou amoureux de cette terre, il y aura construit à jamais une muraille… Celle du goût fin avec *ما أنا إلا بشر* (« Je ne suis qu’un humain »). Voilà Doukkali parti retrouver des amis : Tayeb Laalej, Nizar Qabbani, Abderrahim Sekkat, Ahmed Chajai, Lamghari, Abdelhay Skalli, Mohamed Fouiteh, Abdelhadi Belkhayate, Naima Samih. Les autres me pardonneront de ne pas les avoir cités. En ce moment de douleur c'est un peu compliqué. Ce soir Oum Kaltoum, Farid El Atrach, Abdelhalim Hafid, El Mouji, Baligh Hamdi, Mohamed Abdelwahab, Riad Sounbati...lui souhaiteront la bienvenue. Les artistes de cette trempe ne meurent pas. Ils deviennent mémoire nationale. En bons musulmans, disons simplement : « Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons », et prions. Prions pour que Doukkali repose en paix. Ceux qui passeront non loin de sa tombe l’entendront sûrement fredonner telle ou telle chanson qu’ils adorent de lui.

Ouarzazate : d’un enclavement logistique à une urgence systémique de développement 102

Les professionnels du tourisme et du cinéma à Ouarzazate ont une fois de plus exprimé leur colère avec force et clarté. Ce n’est pas la première fois qu’ils s’insurgent ainsi. À l’inverse, les citoyens murmurent leurs frustrations en sourdine. Même quand ils crient leur bouillonnement, leurs voix semblent bloquées par la hauteur des cimes de l’Atlas. Elles n’arrivent donc pas, ou pas clairement là où il faut. Depuis que Ouarzazate relève de la région d’Errachidia, les autorités et les instances élues régionales se focalisent sur leur ville et ses abords immédiats, reléguant Ouarzazate « de l’autre côté », à l’oubli. Ces cris ne sont donc plus de simples revendications sectorielles. Ils révèlent une crise structurelle multidimensionnelle qui dure depuis longtemps. Au-delà de la connectivité aérienne défaillante, symptôme le plus visible d’un isolement profond, se cache un modèle de développement territorial fragilisé et incohérent. Les professionnels opérant à Ouarzazate disent à qui veut l’entendre que l’attractivité touristique et cinématographique est en péril. Dans une économie mondialisée, la fluidité des flux détermine la compétitivité. L’absence de vols directs depuis les marchés émetteurs européens et nord-américains érode l’attractivité d’Ouarzazate, pilier économique local avec ses deux industries phares : tourisme et cinéma. La dépendance aux hubs de Casablanca ou Marrakech rompt la chaîne de valeur, tandis que l’imprévisibilité logistique rebute les tour-opérateurs et les productions internationales. À cela s’ajoute, faut-il le mentionner, la faiblesse étonnante des liaisons aériennes internes. Cet effet domino frappe l’économie locale. Les hôtels enregistrent une baisse de fréquentation, les marges se compriment, les investissements récents manquent de rentabilité. Les emplois indirects en guides, transporteurs, artisans, et restaurateurs s’en précarisent. Si les tour-opérateurs contournent la destination, les productions cinématographiques optent elles pour des rivaux plus accessibles. Les séjours raccourcissent de façon drastique. Ouarzazate n’est pas rejetée : elle est contournée, ce qui, dans le tourisme, équivaut à une disparition progressive. ### Le paradoxe minier : richesse sans retombées locales Le Sud-Est marocain regorge de ressources minières stratégiques : argent, manganèse, cobalt. Pourtant, la valeur générée échappe au territoire : - Faible redistribution locale : les revenus sont peu réinvestis en infrastructures, emplois qualifiés ou services publics. - Effet d’enclave : les sites miniers sont isolés, sans intégration économique. - Externalités négatives : la pression sur l’eau est très forte, entraînant une dégradation environnementale sans compensation. - Absence de transformation : l’exportation de matières brutes prive la région de chaînes de valeur industrielles. Ainsi, le territoire produit de la richesse sans bâtir son avenir, accentuant un sentiment d’injustice profonde. ### Défis de gouvernance et risques systémiques Sa Majesté le Roi Mohammed VI a maintes fois dénoncé le « Maroc à deux vitesses », pointant des défaillances graves en gouvernance. Pourtant, malgré une valorisation discursive sans précédent: hub cinématographique, porte du désert, Ouarzazate reste mal intégrée dans une stratégie de désenclavement véritable. Où est la coordination entre transports, tourisme et développement territorial ? Pourquoi les infrastructures immatérielles (connectivité, logistique) traînent-elles en comparaison avec d’autres régions du pays ? A-t-on une vision claire du rôle que Ouarzazate peut jouer dans l’économie nationale ? Le déficit criant transforme un potentiel énorme en fragilité. L’image pâtit gravement: accès complexe pour les voyageurs, incertitudes pour les productions. La perception étant un actif clé, une marginalisation silencieuse s’installe ansi, menaçant une sortie des radars internationaux : moins de nuitées touristiques, moins de films, moins d’investissements, moins d’emplois. Un cercle vicieux relègue ce véritable pôle d’excellence en périphérie oubliée. ### Repenser le modèle : leviers pour un développement cohérent L’enjeu dépasse le désenclavement tel que se l’imaginent certains. Il y a lieu de repenser le modèle dans son intégralité : - En faisant participer le secteur minier en levier à des fonds régionaux de développement, aux infrastructures et à la formation. - En créant des synergies entre l’ensemble des secteurs (mines, tourisme, énergie). - En garantissant une redistribution équitable des richesses. - En encourageant les cadres, notamment natifs ou originaires de la région, à s’y installer, à y retourner et à y investir. - En intégrant la région dans une vision nationale cohérente. Sans cela, Ouarzazate continuera à cumuler les paradoxes : - Riche en ressources, pauvre en retombées ; - Visible mondialement, marginalisée localement. À terme, ce n’est plus une crise économique et sociale qui pénalise Ouarzazate et ses habitants, mais une menace pour la cohésion territoriale et la justice tout court. Les cris d’Ouarzazate n’ont d’autre but que de faire prendre conscience de sa crise structurelle ignorée… Jusqu’à quand ?

Mali : attaques simultanées sans précédent ..quid du rôle de l'Algérie? 225

En ce milieu d’année 2026, le Mali est entré dans une séquence critique marquée par une série d’attaques simultanées visant plusieurs autres localités et même Bamako. Par leur synchronisation et leur dispersion géographique, ces opérations révèlent un niveau de planification qui dépasse largement celui d’une guérilla fragmentée. Elles traduisent l’existence de capacités logistiques structurées, de circuits d’approvisionnement fiables et de mécanismes de coordination capables d’opérer dans un territoire au moins deux fois plus grand que la France. Cette montée en puissance s’inscrit dans une transformation plus profonde du conflit sahélien, où les dynamiques locales s’entrelacent désormais avec des logiques régionales et géopolitiques. Le paysage sécuritaire n'a jamais été aussi fragmenté mais tout aussi interconnecté. Le théâtre malien reste dominé par deux grandes catégories d’acteurs armés. D’une part, les mouvements Touaregs et "Arabes" regroupés au sein du Cadre stratégique permanent (CSP), héritiers des groupes signataires de l’accord d’Alger. Initialement porteurs de revendications d’intégration et de décentralisation, ils évoluent progressivement vers une exigence d’autonomie politique substantielle pour l’Azawad. Leur territoire avait de tout temps relevé par leur "beiaa", allégeance, du Sultan du Maroc, jusqu'à la colonisation française. D’autre part, les organisations djihadistes affiliées à Al-Qaïda et ou à l’État islamique poursuivent un projet idéologique transnational. Leur objectif n’est pas la gestion d’un territoire au sens classique, mais l’affaiblissement durable de l’État et l’imposition d’un ordre islamique en exploitant les fractures locales. On n'est pas loin ici des visées de l'Open Society. Ces agendas distincts, parfois concurrents mais ponctuellement convergents, contribuent à brouiller les frontières entre insurrection politique, criminalité organisée et terrorisme. L’intensification actuelle des violences s’explique en partie par la rupture du cadre issu de l’accord d’Alger. La reprise de Kidal en 2023 par l’armée malienne, avec l’appui des russes, a profondément modifié l’équilibre militaire et provoqué une rupture avec les groupes signataires. La disparition des canaux politiques a entraîné une remilitarisation puissante. Les affrontements entre forces étatiques et groupes rebelles ont créé des zones de vide sécuritaire rapidement exploitées par les organisations djihadistes, qui y ont renforcé leur implantation et leur capacité d’action. C’est dans ce contexte que devient possible la conduite d’opérations simultanées sur plusieurs théâtres. Contrairement à une vision classique du contrôle territorial, les groupes armés ne reposent pas sur des bases fixes. Leur efficacité tient à leur mobilité, à leur dispersion et à leur capacité d’adaptation. Ils évoluent entre zones rurales, espaces désertiques et régions frontalières avec le Niger, le Burkina Faso ou le Tchad, tout en s’appuyant sur des relais urbains discrets. Cette géographie du contournement s’accompagne d’une organisation en réseaux, où les fonctions logistiques, opérationnelles et de renseignement sont décentralisées mais coordonnées. Leur puissance repose également sur des circuits d’approvisionnement diversifiés: trafics transsahariens, marchés noirs, récupération d’équipements militaires. L'un de leurs chefs les plus prestigieux était appelé Monsieur Marlboro. Ces flux forment un écosystème informel profondément ancré dans les économies locales et transfrontalières, rendant toute stratégie d’assèchement particulièrement complexe. La crise malienne ne peut plus être analysée uniquement à l’échelle nationale. Elle est désormais fortement influencée par les recompositions géopolitiques régionales, au premier rang desquelles la dégradation des relations entre Bamako et Alger. Comme elle subit de plein fouet le fait d'adhérer au plan marocain de désenclavement du Sahel. Alger en est plus que heurté. Officiellement, l’Algérie demeure attachée à l’unité du Mali. En même temps, des soupçons récurrents évoquent l’existence de soutiens logistiques indirects transitant par les zones frontalières algériennes: flux de carburant, facilitation des mobilités ou tolérance de certains circuits informels. Alger rejette fermement ces accusations et aucune preuve publique ne permet d’établir à ce stade une implication directe de l’État algérien dans la conduite des opérations armées. La réalité apparaît plus nuancée. Sans nécessairement piloter les groupes armés, l’Algérie dispose d’un levier structurel lié à sa géographie, à ses réseaux d’influence et à sa capacité à contrôler, ou à relâcher, certains flux transfrontaliers. La décision récente du Mali de soutenir explicitement la position marocaine sur les provinces du sud constitue une rupture majeure avec Alger et son proxy le Front Polisario. Ce réalignement intervient dans un contexte de montée des violences. La causalité est elle directe ? Il est plausible qu’il ait contribué à modifier certains équilibres régionaux, notamment en affaiblissant des mécanismes informels de coopération sécuritaire ou de contrôle des flux. Plus qu’une relation de cause à effet, il s’agit d’un enchevêtrement de dynamiques politiques et sécuritaires qui se renforcent mutuellement. Attribuer à l’Algérie un rôle de commandement direct dans les attaques serait réducteur. Aucune donnée vérifiable ne permet d’étayer une telle hypothèse. En revanche, son rôle dans l’environnement stratégique est réel. Oui, l’Algérie joue un rôle dans la crise malienne, mais pas de façon simple ni univoque : elle est à la fois **acteur diplomatique central**, **suspectée de soutiens logistiques indirects**, et **actrice blessée par la volte‑face malienne sur le Sahara Marocain**. La simultanéité entre la reconnaissance explicite de la marocanité du Sahara par le Mali et la montée spectaculaire des attaques ne relève probablement pas du simple hasard, mais d’un réalignement géopolitique qui secoue tout le Sahel. Un avertissement pour la Mauritanie par exemple? Les attaques ne constituent pas un épisode isolé, mais le symptôme d’une mutation plus large du conflit. Celui-ci évolue vers une forme plus mobile, plus structurée et profondément imbriquée dans les dynamiques régionales. Entre revendications autonomistes, insurrection djihadiste et rivalités géopolitiques, le Mali se trouve désormais au cœur d’un système conflictuel complexe, où les frontières entre acteurs, motivations et soutiens deviennent de plus en plus poreuses. Dans ce contexte, une réponse strictement militaire apparaît insuffisante. La stabilisation du pays dépendra autant de la reconstruction d’un cadre politique crédible que de la prise en compte des dimensions transnationales du conflit, désormais au cœur de sa résilience. C'est là le rôle complexe attendu du Maroc. Qu'il s'agisse de contribuer à la stabilité du Mali ou encore à initier des projets de développement à même d'avoir un impact d'apparaisement durable .

Trophée Hassan II : cinquante ans d’histoire, de mémoire et de vision royale 224

Il y a des anniversaires qui ne sont pas de simples chiffres. Ils sont des balises dans une vie, des repères dans une mémoire. Cette 50ᵉ édition du Trophée Hassan II de golf est de ceux-là. Et pour moi, elle a une saveur particulière : celle d’un demi-siècle d’histoire que j’ai, modestement, eu la chance de vivre. Je me revois encore, jeune et enthousiaste, désigné par l'ami Najib Salmi, pour couvrir pour *L’Opinion* la toute première édition. Nous ne savions pas encore que nous assistions à la naissance d’un événement appelé à traverser les décennies et à inscrire le Maroc sur la carte mondiale du golf. À l’époque, le pari pouvait sembler audacieux. Le golf n’était pas un sport populaire au Maroc, encore moins un vecteur d’image internationale. Mais ce pari portait la marque d’une vision. Celle de Hassan II. Car il faut le dire sans détour : le Trophée Hassan II n’est pas seulement une compétition sportive. Il est l’expression d’une stratégie. Une manière, pour un souverain visionnaire, d’anticiper ce que serait la diplomatie moderne : une diplomatie d’influence, d’image, de rayonnement culturel et sportif. Hassan II avait compris, bien avant beaucoup d’autres, que le sport pouvait être un langage universel. Un espace où les nations se rencontrent sans protocole rigide, où les élites échangent dans un cadre informel, et où l’image d’un pays se construit avec finesse. Le golf, en particulier, offrait cette dimension à la fois prestigieuse et discrète, parfaitement en phase avec l’idée qu’il se faisait du positionnement du Maroc. Le golf au Maroc avait sa tradition et sa propre saveur à laquelle venait gouter régulièrement un certain Wilson Churchill... Au fil des éditions, j’ai vu ce trophée grandir. D’un tournoi encore confidentiel, il est devenu une étape reconnue du circuit international. J’ai vu défiler des champions, évoluer des infrastructures, se professionnaliser une organisation. Mais plus encore, j’ai vu se confirmer, année après année, la justesse d’une intuition royale. Ce qui me frappe aujourd’hui, en regardant en arrière, ce n’est pas seulement la longévité de l’événement. C’est sa cohérence. Rien n’a été laissé au hasard. Le choix des parcours, la qualité de l’accueil, l’attention portée aux détails… tout cela répond à une exigence : faire du Maroc une référence. Et puis, il y a cette dimension humaine, souvent oubliée dans les bilans officiels. Les rencontres, les discussions en bord de green, les complicités nouées au fil des ans. Najib Salmi n’est plus là pour partager ce moment, mais je sais qu’il aurait savouré, comme moi, cette continuité. Nous avions commencé cette aventure presque en témoins curieux ; nous la voyons aujourd’hui consacrée. Cinquante éditions plus tard, le Trophée Hassan II est bien plus qu’un tournoi. Il est un héritage. Celui d’un roi dont l’histoire retiendra, sans doute, qu’il fut l’un des plus grands de la dynastie alaouite, non seulement par son sens politique, mais par sa capacité à voir loin, très loin. Aujourd'hui la vision est renouvelée. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a revigoré l'option et l'optique et avec véhémence Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid veille à ce que cela se traduise dans les faits de la meilleure des manières. Et moi, simple chroniqueur de ce temps long, je mesure aujourd’hui le privilège d’avoir été là au début… et d’être encore là pour en raconter la trajectoire et savourer le spectacle avec la fierté du citoyen comblé de vivre sa marocanité.

Football marocain : quand le spectacle devient prétexte à la confrontation... 234

Il y avait, au départ, une forme d’optimisme presque candide. En modernisant les infrastructures, en offrant aux supporters des stades aux standards internationaux, en professionnalisant l’organisation et l’accueil, en passant à ce qui est aujourd’hui appelé fan experience, beaucoup pensaient que le football marocain franchirait un cap non seulement sportif, mais aussi civique. L’idée était simple: en élevant les conditions d’accueil, on élèverait mécaniquement le comportement du public. Les récents événements survenus lors de FAR–Raja au Complexe Moulay Abdallah viennent brutalement contredire cette hypothèse. Une sorte de réveil brutal auquel, naïvement, on ne s’attendait pas. Ce qui s’y est produit n’est ni anodin, ni isolé, ni ne doit être considéré comme un fait divers. C’est au contraire le symptôme d’un mal plus profond, qui dépasse catégoriquement le simple cadre du football. L’illusion de l’infrastructure comme moteur de changement s’est simplement fracassée. Le Maroc a investi massivement dans ses équipements sportifs, avec en ligne de mire des ambitions continentales et internationales, et bien évidemment un leg et un acquis au profit de la jeunesse et du football. Le Complexe Moulay Abdallah, vitrine de cette politique, est censé incarner cette nouvelle ère. Il y a là la sécurité, le confort et l’organisation. Pourtant, ces infrastructures modernes n’ont pas empêché des scènes de violence, de dégradation et d’affrontements. Cela met en lumière une erreur d’analyse fondamentale. On ne résout pas un problème social par une réponse uniquement matérielle. Les stades ne sont pas des bulles étanches coupées des tensions de la société. Ils en sont souvent le reflet amplifié. Depuis quelque temps déjà, ils sont l’habitacle et le creuset de revendications et d’expressions qui dépassent le cadre du football. La question fondamentale est d’ouvrir les yeux. Sommes-nous face à un public de football ou à des groupes organisés, manipulés, poussés pour être la pointe de lance d’agendas obscurs ? Le fonctionnement ne rappelle t il pas les méthodes de l'Open Society? Il serait trompeur de réduire ces débordements à de simples «excès de supporters». Une partie du public présent dans les tribunes ne vient manifestement pas pour le football. Il s’agit, dans bien des cas, de groupes structurés, composés majoritairement de jeunes, parfois très jeunes, qui instrumentalisent l’événement sportif comme un espace d’expression violente. Eux-mêmes sont probablement manipulés et victimes. Le match devient alors un prétexte et le stade un théâtre où se jouent des rapports de force qui n’ont plus grand-chose à voir avec le jeu. L’affrontement avec les forces de l’ordre n’est pas accidentel. Il est recherché, préparé, parfois même ritualisé. Faut-il y voir une manipulation ? La question mérite d’être posée sans naïveté. Dans de nombreux contextes internationaux, les mouvements de supporters ont été infiltrés, instrumentalisés ou récupérés à des fins politiques, idéologiques ou criminelles. Le Maroc n’est pas, par essence, immunisé contre ce type de dérives. Le penser, c’est faire preuve d'ingénuité. Face aux déraillements, un autre élément interpelle : le mutisme de certains clubs. Ce silence est, au mieux, une forme de lâcheté. Au pire, une complicité implicite ou simplement une peur de les affronter. Les clubs sont les premiers concernés. Leur image et leur finance sont directement affectées par ces comportements. Leur responsabilité morale est engagée. Pourtant, rares sont ceux qui prennent position de manière claire, ferme et publique pour condamner ces actes et se désolidariser de ces groupes. Pourquoi ce silence ? Par crainte de perdre une partie de leur base de supporters ? Par incapacité à contrôler des groupes devenus autonomes ? Ou par calcul, en considérant que ces franges radicales contribuent malgré tout à l’ambiance et à la pression dans les stades ? Quelle qu’en soit la raison, cette posture est intenable. On ne peut pas revendiquer les bénéfices d’un soutien populaire, bénéficier de subventions et d’investissements colossaux aux frais des contribuables, tout en fermant les yeux sur ses dérives les plus graves. Les considérer comme des faits divers livrés aux services de sécurité n’est pas acceptable. Les clubs doivent se manifester, parler, s’exprimer, se désolidariser, condamner ouvertement. Les responsables de l’AS FAR viennent de rompre avec ce silence par un communiqué où ils dénoncent ce qui s’est passé. Il faudra sans doute aller plus loin pour tous les clubs de football et pour leur ligue. Pourquoi pas se constituer partie civile ? L’image des clubs, du football et du pays est lourdement touchée. Il s’agit également d’une question d’autorité et de projet de société. Au fond, la question dépasse le football. Elle renvoie à un enjeu plus large : celui de l’autorité, de l’encadrement de la jeunesse et du sens donné aux espaces collectifs. Quand des jeunes utilisent un match pour « en découdre », cela traduit un déficit d’intégration, de repères et de perspectives. Le stade devient alors un exutoire, mais aussi un terrain d’apprentissage de la confrontation. Il faut donc agir et rapidement. Des jeunes tous vêtus de noir rappellent étrangement des mouvements fascistes d’une autre époque, dans un autre monde. La réponse ne peut pas être uniquement sécuritaire, même si elle est nécessaire. Elle doit être globale : éducative, sociale, culturelle. Elle suppose également une responsabilisation de tous les acteurs, notamment, on ne le répétera jamais assez, des parents, de la société, des clubs, de la fédération, des autorités locales, mais aussi des médias. Qualifier certains comportements ouvertement dangereux d’expressions festives et en monter des images est hasardeux. On donne implicitement de la visibilité à des mouvements qui en raffolent et qui démontrent ainsi leur puissance, faisant davantage d’émules et de sympathisants. Certains, naïvement, poussent le public à des comportements extrêmes par des narratifs inappropriés et une sémantique dont ils ne maîtrisent pas les codes. Plus que jamais, il y a lieu de restaurer le sens du football qui est, par essence, un moment culturel de partage, d’émotion collective, de rivalité encadrée. Lorsqu’il devient un champ de bataille, il perd sa raison d’être. Il est donc urgent de réaffirmer des lignes claires: - Tolérance zéro pour la violence organisée - Responsabilisation des clubs vis-à-vis de leurs supporters - Responsabilisation de la ligue professionnelle - Identification et sanction des fauteurs de troubles en back office - Reconstruction d’un lien sain entre la jeunesse et le sport. Car à défaut, les plus beaux stades du monde resteront des coquilles vides de sens, incapables de contenir des tensions qu’ils n’ont pas vocation à résoudre. Le Maroc du football mérite mieux que cela. Et il est encore temps de redresser la trajectoire, à condition de regarder la réalité en face, avec intelligence et sans complaisance.