Immigration : l’Espagne gagne, l’Europe se tire une balle dans le pied... 5
L'Espagne sous Pedro Sánchez a adopté une politique pro-immigration en net contraste avec le durcissement observé dans la plupart des pays européens. Alors que l'Europe globalement resserre les vis sur les migrants et leur colle toutes ses faiblesses et disfonctionnement, Madrid mise sur leur intégration via le travail, obtenant en contrepartie la plus forte croissance économique du continent en 2025.
La plupart des nations européennes catalysent leurs politiques migratoires sur la restriction et l'expulsion. L'Union européenne envisage même des hubs de retour hors frontières pour accélérer les renvois et sanctionner plus durement les refus de départ, sous pression des extrêmes droites. Des pays comme l'Allemagne, la France et l'Italie ont resserré quotas et procédures en 2025, percevant certainement à tort les migrants comme source de tensions sociales et économiques. N'est ce pas là un véritable suicide économique et social à terme...
Pedro Sánchez lui réaffirme que l'immigration légale est un atout économique et une nécessité démographique, avec les migrants formant déjà 13% de la main-d'œuvre dans le pays. En mai 2025, une réforme du règlement des étrangers a élargi les corridors pour l'agriculture, la construction, la tech et les soins, accélérant les permis pour diplômés et startups. Fin janvier 2026, le gouvernement annonce la régularisation de 500 000 sans-papiers arrivés avant fin 2025, via une procédure accélérée sans casier judiciaire.
En 2025, l'Espagne a enregistré +2,8% de croissance du PIB, deux fois supérieure à la zone euro, dopée par le tourisme, la consommation des ménages et une baisse du chômage. Les étrangers ont porté 80% de l'augmentation de la population active en 2022-2024, compensant le déclin des travailleurs nationaux. Un rapport prévoit un impact positif continu d'ici 2026, avec +0,5 point de PIB grâce à l'afflux migratoire.
Madrid parie sur l'intégration via l'emploi plutôt que l'exclusion. Sánchez présente ce modèle comme un blueprint pour une Europe vieillissante, soulignant la rationalité économique d'une migration régulée. Conséquence directe: l'Espagne bénéficie d'une économie à plein régime malgré les critiques internes et les tensions provoquées par diverses droites.
Pour 2026, l'Espagne prévoit la dématérialisation des renouvellements de permis et une industrialisation boostée par les talents étrangers. Ce choix isolé renforce son dynamisme mais expose à des tensions politiques internes, tout en inspirant un débat continental sur les vertus d'une immigration gérée.
En revanche l'Europe restrictive paie le prix fort de ses choix anti-immigration. Alors que l'Espagne prospère grâce à son ouverture, les pays ayant durci leurs politiques migratoires: Allemagne, France, Italie, font face à des pénuries criantes de main-d'œuvre dans les secteurs vitaux : agriculture, BTP, santé, logistique et hôtellerie. Ces métiers essentiels, peu attractifs pour les nationaux, restent sous tension, freinant mécaniquement la croissance économique par manque de bras et de cerveaux.
Le recul de la fécondité aggrave cette impasse démographique. Avec des taux inférieurs à 1,5 enfant par femme dans la plupart des pays européens, la population active se contracte inexorablement d'où plus de retraités à charge, moins de jeunes pour produire et cotiser. L'Allemagne, par exemple, prévoit un déficit de 7 millions de travailleurs d'ici 2035, tandis que la France voit ses hôpitaux et ses champs en souffrance faute de personnel. Résultat : une croissance anémique, autour de 1% en zone euro en 2025, loin des 2,8% espagnols.
Comment inverser la tendance ? Les options se réduisent : relèvement forcé de l'âge de la retraite, qui heurte les syndicats ; incitations timides à la natalité, inefficaces à court terme ; ou encore automatisation partielle, coûteuse et inadaptée aux métiers manuels. Sans afflux migratoire régulé, ces nations vieillissantes risquent une stagnation qui ne peut produire que recul et déclin. L'Espagne montre donc la voie à qui veut intégrer via le travail pour transformer une contrainte en moteur.
Par ces temps troublés, les partisans de la théorie du "grand remplacement" – cette vision apocalyptique d'une Europe submergée, captent hélas un écho populaire croissant, dopés par les peurs et également par les échecs des politiques restrictives. Pourtant, les faits parlent : c'est le refus d'immigration gérée qui asphyxie les économies, non l'accueil raisonné.
En fait les diverses droites et leurs doctrinaires sont contre une certaine immigration pas contre d'autres; sauf que les pays jadis pourvoyeurs de travailleurs ont changé. Ils sont plus riches, ils s'industrialisent et connaissent également un déficit de natalité.
Sánchez, isolé mais visionnaire, invite en fait ouvertement l'Europe à un sursaut pragmatique avant qu'il ne soit trop tard.