Pensez le Futur.

Societé

L’Institutionnalisation de la Diplomatie Parallèle : L'Impératif d'une Offensive Structurelle 83

Les percées diplomatiques récentes du Royaume ne sauraient être perçues comme un aboutissement statique ; elles marquent, bien au contraire, l’amorce d’une dynamique renouvelée, presque organique. Ce nouveau paradigme — que vient de consolider la toute dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU en réaffirmant la prééminence de l'initiative d'autonomie — impose un basculement doctrinal immédiat. Il ne s'agit plus de gérer des acquis, mais d’orchestrer une stratégie proactive, une sorte de mouvement perpétuel visant à muer ces succès multilatéraux en une réalité politique dont l'irréversibilité ne fera plus débat. I. Briser l’Éparpillement : L’Appel aux Assises Nationales comme Pivot L'un des défis majeurs, et sans doute le plus complexe, réside dans la nécessaire rationalisation de nos vecteurs d’influence. Force est de constater que la parole marocaine à l'international a parfois souffert d'une forme de dispersion — des initiatives certes patriotiques, mais trop souvent déconnectées les unes des autres. C'est précisément là que le plaidoyer historique du Centre Marocain de la Diplomatie Parallèle et du Dialogue des Civilisations prend toute sa profondeur. Loin d'être une idée de circonstance, l'urgence de structurer ce champ d'action par des Assises Nationales est une vision que le Centre porte de longue date. Ces Assises ne doivent pas être un simple forum de discussion, mais l’acte fondateur d’une convergence réelle entre l’appareil régalien et les forces vives : Parlementaires, universitaires et acteurs de la société civile doivent désormais opérer en réseaux intégrés. C’est à ce prix, et seulement à celui-ci, que nous pourrons saturer l’espace politique mondial avec une clarté en phase avec les exigences onusiennes. II. La « Scientisation » du Plaidoyer : Armer le Verbe Pour que la diplomatie parallèle franchisse un palier de crédibilité, elle doit impérativement s’extraire du simple champ émotionnel pour s’ancrer dans une base conceptuelle inattaquable. Le plaidoyer moderne, surtout face aux enjeux soulevés à l'ONU, exige une rigueur quasi chirurgicale : • Une Ingénierie Académique : Il nous faut mobiliser des experts capables de produire une pensée complexe, propre à déconstruire les narratifs adverses au sein des think tanks les plus fermés. • L'Unification du Verbe : L’enjeu est de transformer une polyphonie de voix en une force de frappe cohérente. Chaque acteur, dans sa spécificité, doit devenir le rouage d'une argumentation techniquement irréprochable. • Le Cap Souverain : Chaque interaction, aussi informelle soit-elle, doit converger vers un but unique : la consécration de la souveraineté marocaine sur le Sahara, conformément à la lettre — et surtout à l’esprit — des résolutions du Conseil de sécurité. III. Perspective : Vers une Culture de la Performance L’alignement actuel de la communauté internationale nous offre une fenêtre de tir qui ne se représentera peut-être pas. En concrétisant enfin l'appel du Centre Marocain pour une institutionnalisation de cette diplomatie, le Maroc ne se contente pas de s'adapter ; il bâtit une architecture d'influence pérenne. Il s’agit, en définitive, de transformer chaque relais d’opinion en un ingénieur de l’influence, capable de porter la vision de Sa Majesté le Roi avec une autorité qui réconcilie, enfin, le droit international et la vérité du terrain.

Marocains et Algériens : frères d’histoire probablement, ennemis politiques certainement. 231

La question de savoir si Marocains et Algériens sont des frères revient de manière récurrente, souvent chargée d’émotion, rarement traitée avec la profondeur historique et la lucidité politique qu’elle mérite. Le slogan cache une réalité complexe, faite d’unité anthropologique et civilisationnelle, mais aussi de ruptures successives, certaines anciennes, d’autres plus récentes, largement imposées par des dominations extérieures puis par des choix politiques post-indépendance. A l'origine l'unité humaine et civilisationnelle est indéniable. Au plan historique, anthropologique et culturel, il ne fait guère de doute que l'Afrique du nord a longtemps constitué **un même espace humain continu**. Les grandes confédérations amazighes: Sanhaja, Zenata, Masmouda, les apports islamiques, les réseaux de confréries religieuses, les routes commerciales et les dynasties marocaines: almoravide, almohade, mérinide, saadienne ont structuré un Maghreb **organique**, sans frontières rigides. Les appartenances étaient tribales, religieuses, spirituelles ou dynastiques. La circulation des hommes, des idées et des élites était constante. **Marocains et Algériens avaient clairement un même fond civilisationnel**. Puis il y eu la parenthèse ottomane et une première divergence structurelle. A partir du XVIᵉ siècle apparaît une **différenciation majeure** entre les rives occidentales du Maghreb. Alors que le Maroc demeure un État souverain, structuré autour d’une monarchie chérifienne enracinée, l’Algérie passe sous **domination ottomane**, intégrée comme régence périphérique de l’Empire; domination, qui dura près de trois siècles et ne fut pas neutre. Elle y introduisit : * un **pouvoir exogène**, militaire et urbain, coupé du monde tribal intérieur; * un système hiérarchisé dominé par une caste politico-militaire: janissaires, deys, beys, souvent d’origine non locale; * une organisation sociale marquée par une séparation nette entre gouvernants et gouvernés, sans véritable intégration politique des populations. Ce modèle ottoman, plus fondé sur la coercition que sur l’allégeance, contrastait profondément avec le modèle marocain, où le pouvoir central reposait sur la **bay‘a**, la légitimité religieuse, et une continuité dynastique autochtone. Sans “dénaturer” profondément les populations au sens biologique du terme, cette longue période ottomane a **modifié les rapports à l’État, à l’autorité et à la souveraineté**, et a contribué à éloigner progressivement, sur le plan culturel et politique, les sociétés de l’Ouest algérien et du Maroc. Vint alors la colonisation française et la séparation institutionnalisée. La colonisation française de l’Algérie (1830–1962) introduit une rupture bien plus profonde encore. Paris travaille méthodiquement à **arracher l’Algérie à son environnement maghrébin naturel**, la transformant en colonie de peuplement, puis en départements français. Les frontières sont redessinées unilatéralement bien au détriment du Maroc, et une identité algérienne est progressivement construite **en opposition à son voisin de l’Ouest**, présenté comme archaïque. Il s’agit là d’un héritage direct du logiciel colonial français. Pourtant, malgré cette entreprise de séparation, la fraternité entre les peuples résiste. Le Maroc accueille, soutient et arme les combattants du FLN; des milliers de Marocains participent à la guerre de libération; Feu SM Mohammed V engage le prestige et les ressources du royaume au service de l’indépendance algérienne. À ce moment précis, la fraternité n’est ni un mythe ni un discours: elle est **un fait historique concret**. A l’indépendance algérienne une rupture politique inattendue est assumée. C’est donc paradoxalement **après 1962**, une fois l’Algérie indépendante, que la fracture devient durable. Le pouvoir issu de l’armée des frontières revient sur les accords conclus avec le GPRA concernant les frontières héritées de la colonisation. La **guerre des Sables de 1963**, déclenchée contre un Maroc affaibli mais solidaire quelques mois plus tôt, constitue un traumatisme fondateur. Dès lors, l’hostilité devient structurelle: * Soutien directe à des opposants et putschistes marocains; * Appui politique, diplomatique, militaire et financier aux séparatistes du Polisario; * Campagnes médiatiques acharnées contre le Maroc et sa monarchie; * Ingérences répétées dans les choix souverains marocains, y compris ses alliances internationales, notamment avec Israël; * Accusations lourdes, souvent évoquées dans le débat public algérien, * Opérations de déstabilisation, dont l’attentat de l’hôtel Asni à Marrakech en 1994 ; * instrumentalisation de l’enseignement scolaire algérien, où le Maroc est présenté comme un État « colonialiste »; * Déportation brutale de 45 mille marocains hors d'Algérie; * Sabotage des tentatives de rapprochement, y compris sous la présidence de Mohamed Boudiaf, dont l’assassinat, alors qu’il amorçait un dialogue avec Rabat, demeure entouré de zones d’ombre. Plus récemment, l’affaire **Boualem Sansal**, emprisonné pour avoir exprimé des vérités historiques dérangeantes pour la narration officielle, illustre l’incapacité du régime algérien à accepter une lecture libre et apaisée de l’histoire maghrébine. Voilà donc deux trajectoires nationales irréconciliées. À cette hostilité politique s’ajoute une divergence profonde des trajectoires nationales. Le Maroc, sans être exempt de critiques, a engagé une transformation progressive: réformes institutionnelles, pluralisme, grands chantiers d’infrastructures, intégration africaine, diversification économique et diplomatique. À l’inverse, l’Algérie demeure enfermée dans un **système militaro-sécuritaire hérité à la fois de la logique ottomane et de la guerre de libération**, centralisé, méfiant envers la société, dépendant de la rente énergétique et structurellement hostile à toute réussite régionale perçue comme concurrente. Cette asymétrie nourrit frustration et ressentiment, où le Maroc devient un **adversaire idéologique utile, l'ennemi classique** Alors, frères ou non ? La réponse est nuancée, mais sans ambiguïté. **Marocains et Algériens sont des frères par l’histoire longue, la culture profonde, la géographie et les liens humains.** Ils l’ont été pendant des siècles, avant la domination ottomane, avant la colonisation française, et le restent peut être au niveau des peuples. Mais **ils ne le sont plus au niveau des États**, du fait d’un choix politique délibéré du régime algérien depuis l’indépendance: construire sa légitimité sur l’hostilité extérieure, en particulier envers le Maroc. La fraternité n’a pas disparu; elle a été **progressivement altérée, puis confisquée** par l’histoire impériale, coloniale et postcoloniale. Elle subsiste dans la mémoire populaire, dans les familles séparées, dans le silence douloureux des frontières fermées. L’histoire, elle, tranche sans passion ni idéologie, la 35ème CAN y contribue: **les peuples sont frères; le régime algérien en a décidé autrement**.

Le style Moulay El Hassan : élégance, humilité et souveraineté du geste... 186

Il arrive parfois qu’un instant dépasse l’événement qui l’a rendu possible. La cérémonie d’ouverture de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations, organisée au Maroc, restera sans doute dans les mémoires non seulement pour sa technologie, sa beauté, la pertinence de sa thématique et sa qualité inédite en Afrique ; non par son importance sportive et diplomatique, mais surtout pour la prestation silencieuse, presque chorégraphique, du Prince Héritier **Moulay El Hassan**. Sous une pluie battante, dans un stade plein et sous les regards croisés du public marocain et international, le Prince a surpris les non avertis. Non par l’ostentation, mais par la sobriété. Non par la distance, mais par la proximité. Ce soir-là, le Maroc a offert à l’Afrique et au monde bien plus qu’un tournoi de football : une leçon de style, de comportement et d’hospitalité par l’élégance du geste et la noblesse de l’attitude. Sans parapluie, avançant calmement sur la pelouse détrempée du **Stade Moulay Abdellah**, le Prince Héritier s’arrête, salue chaleureusement un public charmé, enthousiaste, fervent, et se dirige vers les arbitres et les joueurs avec un naturel désarmant. Les images parlent d’elles-mêmes : des sourires, des échanges simples, un ton amical et profondément humain. Aucun protocole pesant, aucune rigidité. Juste l’évidence d’un homme à l’aise dans sa mission, avec prestance et classe. Lorsqu’il demande à l’arbitre de quel côté botter le ballon pour donner le coup d’envoi symbolique, le geste devient presque métaphorique. Celui d’un héritier du trône qui sait que l’autorité véritable n’a pas besoin d’être imposée, mais s’exerce dans le respect, l’affection et l’écoute. Le ballon est frappé avec élégance, sans emphase. Le message, lui, est limpide. La joie est manifeste. Le Maroc est hôte et maison commune de tout un continent en devenir. Le Prince en donne la preuve. En bon Marocain, le Prince Héritier maîtrise cet art ancestral: celui de recevoir et de mettre à l’aise ses invités. Les pays présents à la CAN sont les invités du Maroc. Et, à un niveau plus profond encore, ils sont les invités de tous les Marocains, à leur tête Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, comme se plaisent à le répéter le président de la FIFA **Gianni Infantino** et celui de la CAF **Patrice Motsepe**, Sud-Africain, faut-il le rappeler. En présidant cette cérémonie, en représentant son auguste père, le Prince Moulay El Hassan n’incarnat pas seulement la continuité institutionnelle. Il incarnait une culture : celle d’un Royaume où l’hospitalité est une valeur cardinale, et où la souveraineté s’exprime aussi par la courtoisie. Installé dans la Tribune Royale aux côtés du président des Comores, de **Gianni Infantino**, de **Patrice Motsepe** et du président de la FRMF **Fouzi Lekjaa**, le Prince a suivi la rencontre avec une attention visible, réagissant aux temps forts comme n’importe quel passionné de football, exprimant une joie sincère, une émotion partagée. Lorsque **Ayoub El Kaabi** inscrit son splendide retourné acrobatique à la 74ᵉ minute, la joie du Prince est spontanée, sincère, presque contagieuse. Ce n’est pas une joie calculée, mais celle d’un jeune homme fier de son équipe, de son pays, et du moment historique que vit le Royaume et l'Afrique. À cet instant même, il se retourne et salue respectueusement son invité : le Président des Comores. Les relations et la coopération avec ces Îles sont particulières. La quasi-totalité des hauts responsables de ce pays frères, pourtant lointain, dont le président lui-même, ont été formés dans les grandes écoles et universités du Maroc. Cette capacité de Son Altesse Royale à passer, sans rupture, du protocole à l’émotion est peut-être l’un des traits les plus marquants de cette prestation. Elle humanise la fonction sans jamais l’affaiblir. Elle rappelle la sollicitude royale à l’hôpital de Marrakech : Sa Majesté se penchant sur un lit d’hôpital et faisant l’accolade à un blessé subsaharien qui le remercie de tout cœur et semble avoir oublié son malheur. Là, à Rabat, en cette soirée du 21 décembre, la pluie est un symbole : entre gratitude et destin. Il y avait, ce soir-là, une autre dimension, plus subtile, presque spirituelle. Après sept années consécutives de sécheresse, cette pluie abondante tombant sur Rabat, à ce moment précis, prenait une résonance particulière. Le geste princier, accompli sans protection alors qu’il pleuvait des cordes, est apparu à beaucoup comme une forme de gratitude silencieuse, un remerciement à la miséricorde divine. Vivement la pluie et les neiges abondantes sur les cimes de l'Atlas. Dans une monarchie où le temps long, le symbole et le sacré comptent autant que l’instant médiatique, cette image a marqué les esprits. Elle a rappelé que le pouvoir, au Maroc, s’inscrit dans une continuité historique et spirituelle, celle de la plus ancienne dynastie régnante au monde. Celle du commandeur des coryants. Feu Hassan II n’avait-il pas remercié Dieu, traversant Khémisset debout les bras en l’air, par une pluie battante qui avait tardé ? Le Prince est un homme d’exception en devenir, brillant étudiant, doctorant perspicace, marocain résolu, musulman convaincu, africain décidé, humaniste érudit. La victoire finale des Lions de l’Atlas (2-0) n’a fait que parachever une soirée déjà chargée de sens. Mais au-delà du score, c’est le comportement du Prince Héritier qui restera comme l’un des moments forts de cette ouverture de la CAN. Par son humilité, son élégance et sa maîtrise des codes, **Moulay El Hassan** a montré qu’il n’était pas seulement un héritier de sang royal, mais un héritier de valeurs pérennes. Et c’est peut-être là que réside le respect, l'amour et l’admiration du public marocain et la surprise de celui international : avoir vu, sous la pluie, se dessiner le portrait d’un futur grand leader qui comprend que la grandeur commence souvent par la simplicité du geste.

Mondial 2030 : Vers une loi-cadre de l’événementiel sportif au Maroc, ou l’art de transformer l’exceptionnel en legs durable 181

L’attribution de la Coupe du Monde 2030 au bloc Maroc-Espagne-Portugal ne doit plus être lue comme une simple célébration du football mondial, mais comme un choc de souverainetés partagées. Pour la première fois, l'histoire ne se contente pas de relier deux rives ; elle impose la construction d'un espace juridique et économique intégré, défiant les frontières classiques de l'organisation événementielle. Ce projet ne se limite pas à une collaboration logistique éphémère ; il exige la naissance d'un véritable Laboratoire de la Modernité Institutionnelle. Au-delà de l’investissement colossal dépassant les 50 milliards de dirhams, l’enjeu fondamental réside dans la capacité du Royaume à ériger un cadre normatif d'exception. Il ne s'agit plus seulement d'accueillir, mais d'anticiper : comment transformer l’impératif de la convergence en un héritage législatif durable? Entre l'influence structurante des standards internationaux et la nécessité d'un ancrage eurafricain affirmé, le Maroc est au pied d'un mur fertile : celui de l'invention d'un droit de l'événementiel qui, à l'instar des mutations opérées pour les JO de Paris 2024, fera de 2030 le socle d'un nouveau modèle de développement global. I. La Loi-Cadre : Dépasser la gestion pour l'exécution accélérée L'annonce de cette candidature tripartite a propulsé la nécessité d'une coordination harmonisée dans les domaines logistiques, économiques et sécuritaires au rang d'impératif stratégique. Le cadre actuel, dominé par la Loi 30-09, ne saurait supporter seul le poids d'un événement qui prévoit d'accueillir plus de 1,5 million de supporters. 1. Le miroir français : Pour les JO de Paris 2024, la France a adopté une loi d'exception dès 2018 pour réduire de 25 % les délais de recours administratifs sur les chantiers olympiques. 2. L’Impératif de la Convergence : L'échéance du Mondial agit comme un puissant levier, forçant l'accélération des processus de convergence réglementaire et douanière entre les trois capitales. 3. Un Droit de l'Exception : Le Royaume doit instaurer un régime dérogatoire pour ses zones de chantiers stratégiques, transformant la contrainte administrative en fluidité opérationnelle. II. La Doctrine du « Legs » : L'Ingénierie Juridique contre les "Éléphants Blancs" L’efficacité globale de l’opération, de la phase pré-événementielle au legs post-réalisation, repose intégralement sur la solidité de l’engagement triangulaire. 1. Mutualisation et Interopérabilité : Les accords trilatéraux influencent directement la planification : il ne s'agit plus de construire des infrastructures isolées, mais des réseaux intégrés (ports, liaisons aériennes, ferroviaires) pensés pour l'interopérabilité. 2. Le modèle de la SOLIDEO : À l'instar de la structure française, le Maroc doit garantir une transformation des infrastructures menée dans un esprit d'alignement normatif pour assurer leur utilité sociale future. 3. L'optimisation des retombées : L’harmonisation des offres touristiques et des régimes fiscaux incitatifs pour les investisseurs est cruciale pour maximiser les retombées partagées. III. Souveraineté et Cybersécurité : Le nouveau champ de bataille numérique Un événement de cette ampleur, opéré par trois États souverains, engendre des défis de coordination qui nécessitent une gestion diplomatique et technique de premier ordre. 1. Espace Sécuritaire Unifié : La création d'un espace sécuritaire unifié exige le partage d'informations en temps réel et la coordination des forces de l'ordre entre les trois nations. 2. Le Défi de la Mobilité Transcontinentale : L’acheminement des supporters entre l'Europe et l'Afrique doit être fluide, fiable et écologique, nécessitant des investissements massifs dans les capacités aéroportuaires. 3. Souveraineté et Image : Le défi est de présenter un modèle idéal de coexistence interculturelle tout en protégeant les systèmes contre les cybermenaces croissantes. Vers un nouveau standard de puissance La Coupe du Monde 2030 n’est pas une simple somme de trois organisations nationales ; c’est un projet de co-développement stratégique. En ancrant l'exceptionnel dans la durabilité juridique, le Maroc a l'opportunité de transformer cette candidature en un précédent historique d'intégration réussie entre deux rives.

Le paradoxe marocain : entre progrès tangible et désenchantement social... 266

Les indicateurs macroéconomiques et sociaux dressent le portrait d’un Maroc en profonde transformation. le Maroc d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui des premières décennies post-indépendance. L’espérance de vie, qui stagnait autour d’un demi-siècle dans les années 1960, dépasse désormais les trois quarts de siècle. Les politiques d’électrification, d’adduction d’eau potable, de scolarisation et de couverture sanitaire ont produit des résultats visibles, même si des zones de fragilité subsistent. Le pays a gagné près de trente années d’espérance de vie, réduit significativement la pauvreté. Les modes de consommation se sont diversifiés, le tourisme interne s’est développé, les pratiques de loisirs se sont diffusées. Les comportements sociaux se rapprochent progressivement de ceux observés dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, sinon plus. Pourtant, cette situation globalement positive, cohabite avec un sentiment diffus de malaise. Le pessimisme semble persistant, couplé avec une défiance croissante envers les institutions politiques et s'exprime sous forme de désenchantement civique. Comment comprendre ce décalage entre des progrès mesurables, palpables et un ressenti collectif marqué parfois l’auto-dévalorisation ? Sur le plan économique, malgré les chocs exogènes, pandémie, sécheresses à répétition, tensions géopolitiques, inflation importée, la trajectoire demeure globalement ascendante. L’essor des infrastructures, le développement d’industries exportatrices: automobile, aéronautique, phosphate et dérivés, la montée en puissance des services et l’intégration progressive aux chaînes de valeur mondiales sont régulièrement salués par les institutions internationales qui sont unanime quant à la résilience et les avancées du pays en matière de développement humain. L'aménagement et l'embellissement des villes est juste surprenant. Si l’on s’en tient aux données, il fait indiscutablement «mieux vivre» au Maroc aujourd'hui qu’il y a vingt, trente ou cinquante ans. Pourtant, cette amélioration objective ne se traduit pas mécaniquement par un sentiment de mieux-être. Le bien-être ne se mesure jamais en termes absolus. Il se construit par comparaison: avec hier, avec les autres, avec ce que l’on perçoit comme possible ou légitime. À mesure que la société progresse, les attentes s’élèvent, se diversifient et deviennent plus exigeantes. Le citoyen ne se satisfait plus de l’accès aux services de base ; il aspire à la qualité, à la reconnaissance et à la dignité. La généralisation de l’accès à l’information et aux réseaux sociaux a démultiplié ce jeu de miroirs. Les standards de vie occidentaux, les modes de consommation globalisés et les styles de vie d’élites locales ou internationales sont constamment exposés. Le référentiel de comparaison ne se limite plus au village voisin ou à la génération précédente, mais s’étend à des sociétés beaucoup plus riches ou à des minorités privilégiées. Cet écart imaginaire entre ce qui est et ce qui est vu, parfois fantasmé, alimente une frustration qui peut coexister avec une amélioration réelle des conditions matérielles. Ainsi, le sentiment de déclassement exprime moins un retour en arrière objectif qu’un décalage entre des aspirations en expansion rapide et des capacités de réponse économique, sociale et institutionnelle qui progressent à un rythme jugé insuffisant. Le progrès ne masque pas des fractures persistantes. Les écarts entre monde urbain et rural, entre régions côtières et arrière-pays, entre catégories socioprofessionnelles s'amenuisent mais demeurent marqués au plan de la perception et du ressenti. La classe moyenne a le sentiment d'évoluer dans une zone d’incertitude. Elle dispose d’un niveau de vie supérieur à celui de la génération précédente, mais se sent vulnérable. Même avec des indicateurs macroéconomiques positifs, la difficulté pour de nombreux ménages à se projeter sereinement à moyen terme, planifier un projet, anticiper une mobilité sociale, sécuriser une retraite, nourrit une angoisse diffuse. L’incertitude, plus que la pauvreté au sens strict, devient un facteur central du malaise. L'inquiétude ne se limite pas au champ économique ou social. Elle trouve un puissant amplificateur dans la crise de confiance envers les acteurs politiques. Les enquêtes d’opinion attestent d’une défiance croissante vis-à-vis des partis, des élus, des institutions de médiation. Les progrès réalisés ne sont pas suffisamment expliqués, ni incarnés par des responsables crédibles et beaucoup de citoyens ont le sentiment d'iniquité, faisant endosser aux politiques leur ressenti. La politique est perçue, souvent, comme un espace fermé, dominé par des logiques de carrière et de clientélisme. Les attentes placées dans les alternances électorales sont régulièrement déçues, d’où un transfert de frustration vers l’ensemble du champ politique. Les hommes et femmes politiques deviennent les réceptacles symboliques d’un malaise qui déborde largement leur action réelle. Ce phénomène est renforcé par la temporalité des politiques publiques. Beaucoup de réformes, éducatives, sociales, territoriales, produisent des effets à long terme, alors que les citoyens exigent des résultats rapides et lisibles dans leur quotidien. Faute de pédagogie, de transparence et de narration collective, les politiques publiques demeurent abstraites et leurs bénéfices, invisibles ou attribués à d’autres facteurs. Le pessimisme marocain ne prend pas nécessairement la forme d’une contestation radicale. Il s’exprime souvent par un «nihilisme doux» : abstention électorale, désengagement associatif, repli sur la sphère privée, montée de l’ironie et du cynisme dans le débat public, discours dévalorisants sur le pays lui-même. Ce climat entame la confiance dans la capacité collective à transformer la réalité. Ce nihilisme est ambivalent. Il coexiste avec de fortes aspirations à la réussite individuelle, à la reconnaissance internationale du pays. Il ne traduit pas un rejet du progrès, mais plutôt un doute sur la capacité du système à offrir des perspectives à tous, et pas toujours aux mêmes. Le défi pour le Maroc dépasse donc la seule dimension économique ou sociale. Il est aussi symbolique et politique. Comment faire en sorte que les progrès tangibles se traduisent en sentiment partagé d’avancement collectif ? Comment reconnecter les trajectoires individuelles avec une vision d’avenir lisible et crédible ? En l’absence de récit partagé, les chiffres, même positifs, peinent à convaincre. Le paradoxe marocain n’est pas celui d’un pays immobile mais celui d’une société en mouvement, traversée par une tension permanente entre progrès réel et espoirs. C’est dans la capacité à transformer cette tension en énergie de réforme que se joue, en grande partie, l’avenir. La CAN, avec les vidéos qui circulent traduisant le satisfecit et l'étonnement des étrangers des progrès du Maroc peut être ce point d'inflexion espéré. Il fait bon vivre au Maroc.

Un Triptyque Historique : Comment le Maroc, l'Espagne et le Portugal Forgent le Succès de la Coupe du Monde 2030 303

L'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2030 au trio inédit formé par le Maroc, le Portugal et l'Espagne marque l'ouverture d'un nouveau chapitre dans l'histoire des relations internationales et sportives. L'organisation conjointe de cet évènement consacre une dynamique sans pareil, engageant les trois nations dans une coopération triangulaire dont l'efficacité sera le marqueur décisif du succès de cet événement planétaire. Ce partenariat trilatéral transcende la simple collaboration logistique pour devenir un véritable levier de développement stratégique. La question n'est plus de savoir si les relations bilatérales sont prêtes, mais comment leur intégration en un cadre trilatéral renforcé garantira la réussite d'un méga-événement appelé à relier, pour la première fois, deux continents par le biais du sport. Les liens historiques et la proximité géographique confèrent aux relations entre ces trois partenaires un terreau propice à une intensification remarquable. L'annonce de leur candidature tripartite a, de fait, propulsé la nécessité d'une coordination harmonisée dans les domaines logistiques, économiques et sécuritaires au rang d'impératif stratégique I. Les Fondations Politiques et Économiques de la Coopération Renforcée L'alignement autour du projet 2030 n'est pas fortuit ; il s'ancre dans des considérations politiques et économiques profondes qui mutualisent les intérêts des trois pays. •⁠ ⁠L'Impératif de la Convergence ne souffre aucune ambivalence : l'Espagne et le Portugal, tout en s'inscrivant dans le cadre structurel de l'Union européenne, reconnaissent au Maroc le statut de partenaire stratégique incontournable, véritable porte d'entrée et pivot vers le continent africain. Cette dynamique n'est pas unilatérale ; le Royaume consolide, par cette même alliance, son ancrage eurafricain avec une netteté accrue. L'échéance du Mondial, loin d'être une simple contrainte calendaire, agit comme un puissant levier, forçant l'accélération — jugée souvent trop lente — des processus de convergence réglementaire, douanière et sécuritaire entre les trois capitales. Surtout, la volonté politique affichée au sommet — symbolisée par le suivi direct de Sa Majesté le Roi Mohammed VI des engagements marocains — s'érige en catalyseur décisif, garantissant l'établissement d'une ligne directrice unifiée et pérenne, même face aux contingences et aux fluctuations des majorités au sein des échiquiers politiques des États alliés. •⁠ ⁠La Mutualisation des Investissements et des Retombées : Sur le plan économique, le Mondial représente une opportunité sans précédent de dynamiser le commerce et l'investissement. Les accords trilatéraux influencent directement la planification des grands travaux : il ne s'agit plus de construire des infrastructures isolées, mais des réseaux intégrés (ports, liaisons aériennes, potentielles liaisons ferroviaires à grande vitesse) pensés pour l'interopérabilité. L'harmonisation des offres touristiques et des régimes fiscaux incitatifs pour les sponsors et les investisseurs est cruciale pour maximiser les retombées partagées. La réussite de la coordination dans les domaines logistiques, économiques et sécuritaires ne sera pas qu'un simple indicateur de performance ; elle sera le symbole d'une capacité collective à gérer un événement complexe à l'échelle transcontinentale. II. Gérer les Complexités : Les Défis du Codéveloppement Un événement de cette ampleur, opéré par trois États souverains, engendre naturellement des frictions et des défis de coordination qui nécessitent une gestion diplomatique et technique de premier ordre. •⁠ ⁠Le Défi de la Sécurité Globale et du Transport Intégré : Le premier obstacle est la création d'un espace sécuritaire unifié pour les millions de supporters en mouvement. Cela exige le partage d'informations en temps réel, la coordination des forces de l'ordre et l'harmonisation des protocoles d'urgence. Parallèlement, le système de transport doit être pensé comme un réseau unique. L'acheminement des équipes et des supporters entre l'Europe et l'Afrique doit être fluide, fiable et écologique, nécessitant des investissements ciblés dans les capacité d'accueil aéroportuaires et les dessertes maritimes. •⁠ ⁠Le Vecteur Culturel et Civilisationnel : Au-delà du sport, le Mondial est une plateforme diplomatique. Le défi secondaire, mais fondamental, est de dépasser la simple organisation technique pour présenter un modèle idéal de coexistence interculturelle. Le Maroc, l'Espagne et le Portugal doivent investir dans la promotion de leurs patrimoines croisés, consolidant les valeurs de paix et de respect mutuel. Cela implique la qualification des institutions nationales non seulement en logistique, mais aussi dans la gestion des publics et l'interaction médiatique mondiale, afin d'éviter les pièges d'une couverture fragmentée ou sensationnaliste. III. L'Influence Structurante des Accords Bilatéraux sur la Logistique L'influence des accords existants entre les trois pays est vitale pour le développement des infrastructures. L'étape actuelle est caractérisée par une forte attente des secteurs privés et des observateurs sportifs, qui guettent l'accélération concrète des chantiers. L'efficacité globale de l'opération, que l'on considère la phase pré-événementielle, l'exécution pendant le tournoi ou le legs post-réalisation, repose intégralement sur la solidité de l'engagement triangulaire. La transformation des infrastructures, des stades aux centres de formation et aux zones d'accueil, doit être menée dans un esprit d'alignement normatif. En conclusion, la Coupe du Monde 2030 n'est pas une simple somme de trois organisations nationales ; c'est un projet de co-développement stratégique. Les relations historiques et solides unissant le Royaume du Maroc, le Portugal et l'Espagne, amplifiées par une volonté politique constante et de haut niveau, constituent l'élément décisif pour transformer cette candidature en un succès retentissant, offrant au monde un précédent d'intégration réussie entre deux rives.

Law 30-09: A “Tree with Bitter Fruits” Hindering the Development of Moroccan Sports 352

While Morocco’s recent performances on the international stage—particularly in football—demonstrate its growing dynamism, the legal framework governing the sports sector seems unable to keep pace with this evolution. Conceived in the wake of the 2008 Royal Letter and enacted in 2010, Law No. 30-09, which was meant to modernize the national sports system, now reveals—fifteen years after its delayed implementation—serious limitations. Marked by internal inconsistencies, deficient enforcement, and pervasive state interference, the law ultimately undermines its original purpose: to professionalize Moroccan sport and align it with international standards. I. Excessive Requirements and Forgotten Sanctions Born from a clear political will to reform Moroccan sport and provide it with a modern legal framework, Law 30-09 has quickly become a rigid and impractical instrument. One of its most emblematic—and controversial—provisions is the obligation imposed on certain sports associations to establish sports corporations (Sociétés Anonymes). While the intent was to ensure sound governance, fiscal transparency, and executive accountability, practice has revealed the limits of this approach. •⁠ ⁠A disproportionate constraint. Most associations lack the financial and organizational capacity to comply with such structural obligations. •⁠ ⁠A flawed and inapplicable framework. The law establishes three non-cumulative conditions triggering the obligation to form a sports company. Only the first has been clarified by regulation, while the other two—relating to turnover and payroll—were never defined by governmental decree. As a result, the rule remains largely inoperative, especially since the penalties for non-compliance are systematically ignored. •⁠ ⁠An unfinished reform. Even among the few clubs that have complied, the parent association still holds the majority of the share capital. This structural lock prevents the opening of capital to private investors, thus maintaining dependency on the old associative model rather than promoting professionalization. II. The Persistent Shadow of the State: An Interference Contrary to Autonomy Principles By its very nature, sport is a sphere of autonomy, an ethos enshrined in the Moroccan Constitution and in the regulations of international organizations such as FIFA. Yet Law 30-09 establishes the supervising ministry as the true guardian of the sector, concentrating significant and often excessive powers: •⁠ ⁠An extensive right of scrutiny. The ministry approves statutes, grants accreditation, and confers authorization to national federations. •⁠ ⁠A pronounced power of interference. The administration may impose standard contracts and, more seriously, revoke authorization or dissolve a federation in the event of a “serious violation.” Such prerogatives contradict the spirit of the Constitution, which reserves this power to the judiciary. •⁠ ⁠Institutional omnipresence. A state representative must sit within the governing bodies of both the national federations and the Moroccan National Olympic Committee (CNOM), reinforcing state oversight at the expense of autonomy. This predominant executive control contradicts the principles of independence that underpin both national constitutional law and the global sports governance model. III. The Ambiguous Status of Athletes: The Law’s Major Omission Beyond institutional deficiencies, Law 30-09 exposes a serious legal vacuum regarding the status of athletes. The professional athlete’s contract is treated as an ordinary employment contract—an assimilation that raises significant difficulties. •⁠ ⁠The legislator had to create several exceptions to the Labour Code (five-year fixed-term contracts, exclusivity clauses, conditions for unilateral termination), resulting in an incoherent hybrid regime. •⁠ ⁠Although classified as “employees,” professional athletes do not enjoy the social protection and retirement benefits normally afforded to workers. •⁠ ⁠As for amateur athletes, their status remains completely unaddressed by the law. The provisions aimed at supporting athlete training and post-career reconversion are equally deficient. They are neither mandatory nor widely implemented, few training centers exist, and many athletes lack the educational background needed to benefit from such programs. IV. The Need for a Moroccan Sports Code Faced with these structural weaknesses, a piecemeal revision of the law is no longer adequate. The codification of sports law—through the adoption of a comprehensive Moroccan Sports Code—is now an imperative step toward supporting the country’s international ambition. Drawing inspiration from the French model, such a reform would serve several key purposes: 1.⁠ ⁠Clarifying and consolidating the dispersed legal texts, regulations, and case law to facilitate specialization among legal practitioners. 2.⁠ ⁠Correcting inconsistencies by redefining the jurisdictional competences of the State and creating a sui generis legal status for professional and amateur athletes. 3.⁠ ⁠Modernizing the legal framework by integrating fiscal and social regimes specific to sports entities and individuals. Despite its initial promise of modernization, Law 30-09 has become a “tree with bitter fruits.” Instead of fostering professionalism, it has constrained the sector and amplified its institutional fragility. Only a complete codification—reflecting Morocco’s socio-economic realities and the principles of good governance—can ensure a coherent, autonomous, and sustainable framework for the country’s sports development.

Réveils dans le noir : pour des horaires scolaires adaptés à l’enfant du XXIᵉ siècle au Maroc... 375

Ce qui m'a inspiré ces lignes est une lettre publiée par un papa sur les réseaux sociaux et qui dit en substance:*Je vous écris en tant que parent inquiet, mais aussi en tant que citoyen épuisé par un choix gouvernemental qui, année après année, ignore le bon sens : celui de maintenir un horaire où nos enfants se réveillent alors qu’il fait encore nuit noire pour aller à l’école.* *Chaque matin, c’est le même scénario absurde : réveil à l’aube, enfants arrachés au sommeil, yeux encore fermés, corps fatigués, obligés de sortir dans l’obscurité, parfois dans le froid, pour rejoindre leur établissement scolaire.* *Des élèves somnolents en classe, une concentration affaiblie, une irritabilité croissante. Comment parler de qualité d’apprentissage dans ces conditions ?* *Au-delà de la fatigue, il y a le danger.**De nombreux parents n’ont pas les moyens d’accompagner leurs enfants.**Ces derniers marchent seuls dans des rues encore plongées dans la pénombre, exposés aux risques d’accidents de la circulation, d’agressions ou d’incivilités.* *Ce simple fait devrait suffire à interroger la pertinence de cet horaire.**Le gouvernement persiste pourtant à défendre ce choix au nom d’arguments économiques ou énergétiques, sans jamais mettre en balance le bien-être, la santé et la sécurité de nos enfants.* *Nous ne demandons pas l’impossible, seulement un retour à un rythme humain, adapté à la réalité de notre société.* *Par ce courrier, je souhaite que ce débat soit enfin ouvert sérieusement.* *Nos enfants ne sont pas des variables d’ajustement.* *Ils méritent un réveil normal, à la lumière du jour, et une école qui respecte leurs besoins fondamentaux.* *Elle met sur la table le calvaire vécu par enfants et parents et remet en cause le rythme scolaire imposé à nos enfants.* En fait, les rythmes scolaires actuels reposent sur une organisation largement héritée du début du XXᵉ siècle, conçue pour une société aux temporalités plus stables, pas du tout connectée et moins exposée à la stimulation permanente. Or, depuis quelques temps déjà, les travaux scientifiques convergent vers un même constat: il existe un décalage croissant entre ces cadres institutionnels et les besoins biologiques, cognitifs et psychosociaux de l’enfant contemporain. Mieux encore, L’enfant du XXIᵉ siècle évolue dans un environnement marqué par l’omniprésence des écrans, la multiplication des interactions numériques et la porosité entre temps scolaire, temps familial et temps de loisirs. Les recherches en chronobiologie établissent clairement que l’exposition à la lumière artificielle, en particulier celle bleue émise par les écrans, retarde la sécrétion de mélatonine, hormone clé de l’endormissement. Cette exposition tard dans la nuit perturbe durablement les cycles veille-sommeil chez l’enfant et l’adolescent, rendant le coucher précoce biologiquement difficile, indépendamment des règles éducatives posées par les familles. Dans ce contexte, maintenir des horaires scolaires très matinaux revient à instaurer une dette chronique de sommeil chez l'enfant. Or, le rôle du sommeil dans les apprentissages est aujourd’hui solidement documenté. Les neurosciences montrent que le sommeil est indispensable à la consolidation de la mémoire, à la régulation émotionnelle et au bon fonctionnement des fonctions exécutives d'attention, de planification et de contrôle cognitif. Le manque de sommeil régulier est associé à une diminution des performances scolaires, à une augmentation de l’irritabilité et à des troubles de l’attention pouvant aggraver des difficultés d’apprentissage. Des études nord-américaines apportent un éclairage particulièrement instructif: le report du début des cours associé à une amélioration du temps de sommeil induit des résultats scolaires meilleurs, de l’assiduité et de la santé mentale, ainsi qu’une baisse des accidents de la route impliquant des adolescents. L’American Academy of Pediatrics recommande elle explicitement des horaires scolaires plus tardifs pour les adolescents, en cohérence avec leur rythme circadien naturellement décalé. Faute d'études précises au Maroc, regardons ce qui se dit ailleurs. Les recherches montrent que, durant l’adolescence, l’horloge biologique se décale physiologiquement vers un endormissement plus tardif. Forcer un réveil très matinal revient donc à entrer en conflit direct avec un processus biologique normal. Ignorer cette donnée, largement établie, revient à fragiliser les conditions mêmes de l’apprentissage et du bien-être. À la fatigue cognitive s’ajoutent des enjeux de sécurité et d’inégalités sociales. Les horaires précoces toujours imposés au Maroc, exposent de nombreux enfants à des déplacements dans l’obscurité, augmentant les risques routiers et urbains. Les travaux de l’OCDE par exemple, soulignent que les conditions d’apprentissage ne se limitent pas à la salle de classe: le temps de transport, la fatigue accumulée et le contexte familial influencent fortement les trajectoires scolaires. Les familles les plus modestes disposent de moins de marges d’adaptation en accompagnement, en transport sécurisé et compensation éducative, ce qui transforme les rythmes scolaires en facteur indirect mais réel d’inégalités. Les impératifs économiques, organisationnels ou énergétiques ne peuvent justifier le statuquo. Plusieurs analyses internationales montrent les coûts exorbitants à long terme du manque de sommeil: en terme de décrochage scolaire, de troubles anxieux, de baisse de productivité, de problèmes de santé. Ces coûts cumulés dépassent largement les ajustements nécessaires à une réforme des rythmes. L’OCDE insiste régulièrement sur l’importance d’investir dans le bien-être des élèves comme condition de l’efficacité des systèmes éducatifs. Repenser les horaires scolaires ne relève donc ni du confort ni du laxisme ni d'un caprice. Il s’agit d’une démarche rationnelle, fondée sur des données scientifiques robustes. L’efficacité pédagogique ne se mesure pas au nombre d’heures passées à l’école ni à la précocité du réveil, mais à la qualité de l’attention, à la disponibilité cognitive des enfants et à l’engagement des élèves et des enseignants. Cette réflexion doit s’inscrire dans une approche globale. Les experts soulignent la nécessité d’articuler horaires scolaires, gestion du temps d’écran, charge de travail, équilibre entre vie familiale et vie éducative, et santé mentale. Un système éducatif performant est un système capable d’intégrer les apports de la science et d’évoluer avec la société qu’il sert. À l’ère de la connexion permanente, persister dans des schémas rigides revient à institutionnaliser la fatigue dès l’enfance. Tenir compte des besoins de l’enfant et non des contraintes du monde adulte, n’est pas une utopie pédagogique. C’est une exigence scientifique, sociale et en définitive, politique. Le Maroc dispose de tous les moyens pour engager une véritable réflexion sur la question et devrait l'entamer comme base d'une véritable réforme de l'enseignement.

Mustapha Hadji, Ballon d’Or africain : du silence des pâturages à la voix des stades 398

Le palmarès de Mustapha Hadji tient en quelques lignes, mais chacune d’elles pèse lourd dans l’histoire du football africain, de la jeunesse marocaine et surtout pour Mustapha lui-même. Ballon d’Or africain en 1998, artisan majeur de l’épopée marocaine à la Coupe du monde en France, international respecté, passeur de jeu élégant, ambassadeur discret du football et de la jeunesse du centre prédésertique marocain. Des titres, des distinctions, des chiffres. Et pourtant, réduire Hadji à son palmarès serait passer à côté de l’essentiel : une trajectoire humaine rare, presque cinématographique, qui commence loin des projecteurs. Car avant les pelouses européennes, avant les hymnes et les trophées, il y a un douar près de Guelmim. Une région austère, rude, où l’enfance s’écrit au rythme du soleil et des troupeaux. le vent est sec et fort. L'horizon est sans limite. Les enfants y contemplent à chaque instant l'Atlas et la majesté de ses simes. le sol est dure et rocailleux. Comme beaucoup d’enfants de son âge, Mustapha est berger dès qu’il a pu marcher, dès qu’il a pu être autonome. Il est vite érigé en responsable de ce que la famille et le douar ont de plus précieux: des chèvres et des moutons. Il apprend très tôt la patience, la solitude, l’observation. Des qualités qui, plus tard, feront de lui un joueur à part, capable de lire le jeu avant les autres, de sentir le ballon, d'ajuster le mouvement. Le tournant se produit avec le regroupement familial. Direction la France. Le choc est immense. Changement de langue, de climat, de codes sociaux. À l’école, Mustapha peine à s’intégrer. Il ne comprend pas tout, parle peu, se replie souvent sur lui-même. Mais là où les mots manquent, le ballon devient langage. C’est sur les terrains de quartier que son talent commence à se révéler. Un football instinctif, fluide, presque poétique. Il n’y a pas de calcul, seulement le plaisir de jouer, de s’exprimer enfin, de montrer ce dont il est capable. Autour de lui, des regards bienveillants s’attardent. Des éducateurs, des entraîneurs, des figures humanistes qui voient au-delà des difficultés scolaires ou linguistiques. Et surtout, il y a père lève tôt qui travaille et une mère qui veille. Une présence constante, exigeante et protectrice. Elle encadre, encourage, rappelle l’importance du travail et de la discipline. Elle a cela dans les gènes. Elle sait d’où elle vient. Rien n’est laissé au hasard. À partir de là, l’ascension devient irréversible. Club après club, Mustapha Hadji affine son jeu. Il n’est pas le plus puissant, ni le plus rapide, mais il comprend le football. Le ballon l’adopte et l’aime. Il joue entre les lignes, fait jouer les autres, sublime le collectif. Son style tranche dans une époque dominée par l’impact physique. Il impose une autre grammaire : celle de l’intelligence et de la créativité. L’année 1998 marque l’apogée. La Coupe du monde en France révèle Hadji au grand public. Le Maroc séduit, impressionne, frôle l’exploit. Hadji en est l’âme technique. Quelques mois plus tard, le Ballon d’Or africain vient consacrer cette trajectoire singulière. Une reconnaissance continentale, mais aussi un symbole puissant : celui d’un enfant de Guelmim devenu référence du football africain. Sans jamais renier ses racines, il les sublime dans son récit. Il ne manque jamais de les évoquer avec nostalgie et reconnaissance. Après les sommets, Mustapha Hadji ne se transforme pas en icône tapageuse. Il reste fidèle à une certaine sobriété. Celle du Maure descendant de l’homme de Jbel Ighoud. Il incarne, comme ses 40 millions de concitoyens, 350 mille ans d’histoire, pas de scandales, peu de déclarations tonitruantes. Une élégance rare, sur et en dehors du terrain. Plus tard, il transmettra, accompagnera, conseillera, toujours avec la même discrétion. L’histoire de Mustapha Hadji mérite mieux qu’un simple hommage ponctuel. Elle appelle une série, un récit au long cours. Parce qu’elle parle d’exil et d’intégration, de transmission et de mérite, de talent brut façonné par l’effort et l’encadrement humain. Elle rappelle surtout que derrière chaque trophée se cache un enfant, souvent silencieux, qui a appris à transformer ses fragilités en force. Dans un football moderne parfois amnésique, l’itinéraire de Mustapha Hadji demeure une leçon. Une leçon de jeu, mais surtout une leçon de vie. Lors de la 4e édition des Journées Africaines de l’Investissement et de l’Emploi, consacrée au football comme vecteur d’inclusion socio-économique, tenue à la Faculté des Sciences Juridiques et Sociales - Souissi, à Rabat, Mustapha est invité à l’estrade par l’icône du journalisme sportif qu’est devenue Dounia Siraj, un autre exemple de réussite d’une jeunesse innovante, engagée, sûre d’elle. Elle a dirigé de main de maître une cérémonie où elle devait, entre autres, donner la parole à Fouzi Lakjaa et à Midaoui. Elle le fut sans sourciller, la voix posée et la posture digne. Mustapha prend la parole et raconte son histoire. Les mots sont forts, précis et juste. La posture est digne. L’audience est émue. Les jeunes étudiants, très nombreux, écoutent ébahis. Ils vivent là un moment inédit. Une inspiration rare. Mustapha, sourire aux lèvres, raconte. Les mots fusent dans un récit à couper le souffle. C’est alors que je prends la parole pour interpeller le cinéma marocain. Cette histoire unique, mais semblable à bien d’autres, ne mérite-t-elle pas d’être racontée dans un film, dans une série ? Les mots et la mimique de Mustapha sont si forts qu’ils pourraient, traduits en images, montrer à toute la jeunesse en construction quelles sont les valeurs du travail, du sérieux, de la confiance en soi et de l’engagement. Le festival de Marrakech venait d’être clos la veille. Pendant que Mustapha parlait, j’ai nourri le rêve de voir un film sur Mustapha Hadji remporter l’Étoile d’Or...à une prochaine édition. Le cinéma marocain devrait jouer ce rôle-là aussi. Celui de perpétuer les réussites de la jeunesse du Royaume. Le cinéma se doit de nous raconter, et surtout à la jeunesse, ces grandes histoires de réussite dans moult domaines et Dieu sait qu’il y en a. L’histoire de Nezha Bidouane, celle de Hicham El Guerrouj, de Said Aouita, de Salah Hissou, de Moulay Brahim Boutayeb, d’Abdelmajid Dolmy, de Si Mohamed Timoumi ou de Achik, de Nawal El Moutwakel, ne méritent-elles pas d’être racontées dans des livres, dans des films ? Celles de Jilali Gharbaoui, de Mohamed Choukri, d’Abdelouhab Doukkali, d’Abdelhadi Belkhayat, de Tayeb Seddiki, de Tayeb Laalj, de Fatna Bent Lhoucine, de Fadoul, de Miloud Chaabi de Haj Omar Tissir (Nesblssa) et j’en passe, ne méritent-elles pas d’être portées à l’écran ? Merci, Si Mustapha, d’avoir été un grand joueur, une fierté nationale et surtout de continuer à faire ce que tu fais avec brio : motiver et inspirer notre jeunesse, aiguiser notre fierté nationale par ce genre d’éducation rénovée, pilier d’un Maroc souverain qui élève sa jeunesse vers un avenir prospère et éclairé.

La loi 30-09 relative à l’éducation physique et aux sports au Maroc : un frein obsolète au développement sportif 446

Promulguée en 2010, la loi 30-09 visait à moderniser la gouvernance sportive marocaine, à encadrer le mouvement associatif et à ouvrir la voie à la professionnalisation. Quatorze ans plus tard, son bilan est contrasté: si elle a instauré une architecture formelle, on a toujours dit qu’elle ne répondait pas aux exigences du sport moderne, ni n’était incitative et encourageante. Elle est aujourd’hui accusée d’être un **frein structurel** au sport marocain, en raison d’un cadre rigide, inadapté et partiellement inconstitutionnel. Pire encore, engagée bien avant la lettre royale aux assises du sport de 2008, le projet n’avait en fait subi aucun ajustement pour se conformer aux directives royales. Les auteurs avaient probablement estimé que le projet répondait suffisamment aux contenus de la lettre et n’avaient pas jugé utile de le retirer. La remise en question, déjà vive depuis sa promulgation, s’intensifiera à la lumière de la Constitution de 2011, qui érige l’activité physique en droit citoyen et impose à l’État de promouvoir le sport de haut niveau tout en favorisant la participation associative. L’approche de la Coupe du Monde 2030, de surcroît, exige une adaptation législative sans tarder. Lors de la 4e édition des Journées africaines de l’investissement et de l’emploi, dédiée au football comme vecteur d’inclusion socio-économique et organisée par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales-Souissi à Rabat, le président de la Fédération Royale Marocaine de Football, Fouzi Lekjaa, a déclaré sans ambages que la loi 30-09 avait fait son temps et qu’une nouvelle mouture était nécessaire pour accompagner le développement sportif du pays. Les principales problématiques consistent d’abord en une **discordance avec la Constitution de 2011**. Conçue avant cette révision fondamentale, la loi 30-09 ne garantit pas explicitement le droit au sport comme droit citoyen. Elle limite la liberté associative par un régime d’agrément discrétionnaire, contredisant le principe constitutionnel de liberté d’association garanti par le Code des libertés publiques de 1958, toujours en vigueur. De même, elle assigne à l’État un rôle flou en matière de régulation et de financement, fragilisant l’autonomie des fédérations et exposant celles-ci à des paralysies administratives. Force est de constater aussi une **ambiguïté du statut des sportifs professionnels**. Malgré la reconnaissance constitutionnelle du droit au travail et à la protection sociale, la loi ne définit ni un contrat sportif clair ni une protection spécifique. Ce vide juridique alimente des conflits récurrents entre clubs, joueurs et fédérations. On relèvera également un **décalage avec le sport moderne**. Attachée à une vision bureaucratique et centralisée, la loi ignore les standards internationaux et les mécanismes de gouvernance par performance ou objectifs. La professionnalisation reste inachevée: les clubs manquent de structures juridiques stables, les modèles économiques sont précaires, et les investisseurs privés sont découragés. Le rôle des collectivités territoriales demeure flou, malgré la régionalisation avancée, rendant les investissements sportifs tributaires de volontés locales plutôt que d’un cadre national cohérent. **La rigidité de la loi entrave la contractualisation rapide, la flexibilité pour les infrastructures et l’indépendance des fédérations.** Elle génère des lenteurs administratives pour les partenariats public-privé, l’absence de statut pour les sociétés sportives et des difficultés à intégrer les normes internationales, bloquant ainsi l’attractivité pour le capital privé. On peut ainsi soupçonner son **incompatibilité avec les exigences FIFA et le Mondial 2030**. La critique peut s’étendre au domaine de l’éducation avec une certaine **inadéquation avec la réforme éducative**. Alors que le Maroc investit dans le sport scolaire et universitaire, la loi omet toute intégration systémique entre écoles, universités, clubs et fédérations, ainsi que des passerelles entre sport de masse et d’élite. La loi mélange indûment sport amateur et professionnel, sans distinguer la gestion associative de l’activité commerciale des clubs. Son autre faiblesse se situe au niveau de la définition des concepts et donc de la désignation claire des responsabilités induites. Elle soumet le tissu associatif, pilier du mouvement sportif, à une tutelle excessive, créant insécurité juridique et contournements permanents. Enfin, elle conçoit le sport comme activité éducative ou culturelle, ignorant son potentiel économique : métiers du sport, sponsoring, droits audiovisuels, fiscalité spécifique et création d’emplois. Conçue dans un contexte pré-constitutionnel, la loi 30-09 est aujourd’hui **obsolète, rigide et partiellement inconstitutionnelle**. Elle freine la gouvernance, la professionnalisation et l’économie du sport, au moment où le Maroc se projette vers des échéances mondiales majeures. La situation conduit donc à la nécessité de s’orienter vers une nouvelle loi, moderne, alignée sur la Constitution, sur le propos de la lettre royale de 2008, sur les exigences d’un sport moderne en concordance avec les instances internationales, et répondant aux impératifs à mettre en place en vue de la Coupe du Monde 2030, tout en inventant un mode nouveau de gestion et d’administration éloigné du temps politique. Une administration de mission est largement souhaitée. La nouvelle loi doit s’aligner sur le cadre constitutionnel en définissant clairement les concepts, en consacrant le sport comme droit citoyen, en protégeant la liberté associative et en clarifiant le rôle de l’État (encadrement, financement, audits, contrats-objectifs). Elle devrait distinguer entre sport amateur et professionnel, entre club et association, et instaurer une professionnalisation complète: statut du sportif professionnel, sociétés sportives obligatoires pour les clubs, régulation des investissements privés. Elle doit permettre l’intégration du sport à l’économie nationale via un cadre fiscal dédié, un code d’investissement spécifique, une reconnaissance sectorielle et une modernisation du sponsoring et des droits TV. Elle devra s'harmoniser aux exigences FIFA 2030 par plus de flexibilité, réglementer les infrastructures et sécuriser les grands projets. La nouvelle loi devrait fixer les responsabilités de l’État en matière de formation des cadres et des niveaux exigés, faisant de la formation académique la base d’un système national à même de répondre aux exigences de la pratique et aux véritables besoins de la société. Elle devra en outre spécifier le rôle et définir la responsabilité des régions et des collectivités locales en matière de sport pour tous, de création d’infrastructures de proximité et d’encadrement. Une sorte de municipalisation des activités physiques de masse. Cette loi nouvelle attendue est **urgente, stratégique et incontournable** pour aligner le sport marocain sur les standards internationaux et les ambitions nationales.

Châtiment au répertoire 455

Châtiment au répertoire Le solitaire involontaire, Humanitaire exemplaire, Sans reconnaissance élémentaire, Son vécu est plus qu’amer… ! En voici les faits et les commentaires, Moins intelligent selon ses confrères, Souvent un bouc émissaire, Ni rebelle ni réfractaire… Le sacrifice nécessaire, Pour l’amitié sincère, Il fait tout pour plaire, Dégoût et désolation en paire… Sa mission fut la satisfaction, Aider les autres sans objection, Retour de médaille la déception, Ainsi faite notre conception… Un rappel sans objection, Qu’on est –il de notre civilisation ? Qui prônait la compassion, Hélas ! Rien que la pression… La démonstration pas besoin, Les amis sadiques et malins, Les médisances des malsains Leurs répliques et leurs refrains… Le récit ne vient pas de loin, Les profiteurs dans tous les coins, Certains disent c'est humain, La sagesse a perdu les siens … Écouter et voir, garder espoir, Dieu le puissant à tous les pouvoirs, L’enfer un châtiment au répertoire, Pour ceux qui manquent leur devoir… Dr Mustafa BELRHITI ALAOUl TDR le 07/12/2025

Classement du Maroc au GTCI 2025 : une alerte et une occasion de réveiller le potentiel... 518

Le GTCI, ou Global Talent Competitiveness Index, est un indice international qui mesure chaque année la capacité des pays à attirer, développer et retenir les talents. C’est aujourd’hui l’un des baromètres les plus utilisés pour évaluer la compétitivité des nations dans l’économie du savoir. L'indice repose sur 77 indicateurs, couvre 135 pays à aujourd'hui et vise à mesurer la capacité à attirer, développer et retenir les talents à travers un modèle « input–output » articulé autour de six grands piliers, incluant notamment les compétences techniques et générales. En 2025, le Maroc apparaît à la 98ᵉ place sur les 135 pays. Il ferme le top 10 africain, derrière Maurice, les Seychelles, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert, le Botswana, la Tunisie, la Namibie, l’Égypte et l’Algérie. Surprenant. Il se situe clairement dans le groupe des pays à potentiel mais encore en décrochage en termes d’écosystème global des talents. Les progrès sont réels mais pas suffisants. Des fragilités structurelles persistent. Le gouvernement est ici expressément interpellé car directement responsable. L'amélioration du score est une affaire de politique publique. Pris isolément, le rang 98 constitue une photographie utile, qui agrège des progrès ponctuels et des défaillances structurelles. Le fait que de petits États insulaires comme Maurice et les Seychelles devancent largement le Maroc montre que quelques variables décisives: gouvernance, stabilité réglementaire, capacité à attirer des talents étrangers, qualité de l’offre éducative, suffisent à créer un différentiel de compétitivité significatif dans un même continent. La progression du Maroc dans d’autres indices comme l’Innovation confirme une dynamique positive, mais elle coexiste avec des faiblesses endémiques en *R&D, financement des start-up et densité de chercheurs*, qui viennent limiter la conversion de ces progrès en gains de compétences à forte valeur ajoutée. Le talon d’Achille le plus souvent souligné par les analyses du GTCI concerne la formation professionnelle et technique, où le Maroc affiche des performances particulièrement, voire étonnement faibles. Concrètement, il s'agit d'inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins des secteurs en croissance: industrie avancée, numérique, IA, services à forte intensité de savoir, fuite accélérée des profils qualifiés vers des marchés plus attractifs, coût économique direct lié à une main-d’œuvre insuffisamment opérationnelle. Tant que la formation professionnelle et technique ne sera pas pensée comme un pilier stratégique, avec des référentiels co-construits avec les entreprises, des dispositifs d’apprentissage robustes et une évaluation systématique de l’insertion, le Maroc restera en retrait dans les piliers «Vocational and Technical Skills » du GTCI. Il faut noter par exemple que cela marche très bien en ce qui concerne l'industrie de l'aéronautique et de l'automobile où le Maroc a su bien faire. L’attractivité et la rétention des talents renvoient, elles, à une problématique à la fois économique, réglementaire et sociétale. Le classement met en évidence une performance médiocre sur la capacité à attirer des talents étrangers et à retenir les profils marocains hautement qualifiés, ce qui renvoie à la combinaison d’éléments comme la qualité de vie, la mobilité: visas et résidence, la fiscalité, la liberté académique ou encore la profondeur de l’écosystème d’innovation. Si le Maroc a multiplié les signaux favorables avec des zones industrielles et technologiques, une politiques d’attractivité de l’investissement, une montée en gamme de certains secteurs, l’absence d’un «pack» cohérent pour les talents internationaux et d’un environnement pleinement compétitif pour les chercheurs, ingénieurs ou entrepreneurs limite l’impact de ces initiatives. Les discours officiels tendent parfois à insister sur les progrès réalisés dans les classements internationaux, sans toujours intégrer la dimension de rendement réel des politiques publiques. Mettre en avant des réformes, plans sectoriels ou stratégies ne suffit pas si leur traduction en compétences opérationnelles, en emplois qualifiés et en projets innovants mesurables, reste limitée; ce que rappelle implicitement le rang 98. De même, une politique de l’offre fondée sur la multiplication des filières de formation, sans alignement fin et rapide avec les besoins de l’économie, accentue le décalage entre diplômes et emplois, phénomène que captent aussi bien le GTCI que d’autres indicateurs de capital humain. Les cités des métiers et des compétences ont été pensées pour cet impératif mais sont elles alignées correctement avec l'objectif. Face à ce diagnostic, plusieurs orientations apparaissent prioritaires. La première consiste à transformer en profondeur la formation professionnelle selon une logique de « filières-marché » : co-financement de programmes d’apprentissage en entreprise, certifications modulaires co-signées par les branches professionnelles, suivi systématique d'un ajustement en temps réel des contenus. La deuxième est la mise en place de tableaux de bord nationaux des compétences, publiés régulièrement, rassemblant données sur l’insertion, qualité des emplois, mobilité internationale et évolution des besoins, afin de rendre visibles les impacts des réformes et de renforcer la redevabilité publique. Vient ensuite la question d’un véritable «pack d’attractivité» pour les profils hautement qualifiés, nationaux et étrangers. Celui-ci pourrait articuler procédures de visas simplifiées et rapides, incitations fiscales ciblées et limitées dans le temps, facilités d’installation: scolarité internationale, logement, accompagnement familial, le tout conditionné à des engagements concrets d’emploi, de transfert de compétences ou d’investissement. Enfin, la création d’un accélérateur «entreprises–universités», associant fonds compétitifs pour projets conjoints, stages obligatoires et chaires sur les compétences émergentes: IA, cybersécurité, biotech, permettrait de rapprocher durablement le système éducatif du tissu productif, sans oublier l'intéressement des encadrants et chercheurs dans le capital des compagnies crées. Il faut aussi en permanence auditer l’efficacité des dispositifs de formation et d’insertion. La démarche limiterait le biais d’autosatisfaction et alignerait davantage le storytelling national sur la réalité des résultats. Ce ci renforcerait fortement la crédibilité du pays auprès des investisseurs et partenaires. Le signal envoyé par le classement du Maroc au GTCI 2025 est donc d’abord une alerte stratégique. Sans refonte ambitieuse de la formation professionnelle, sans politique structurée d’attractivité et sans pilotage par les résultats, le Maroc risque de rester durablement dans la seconde moitié du classement. Avec des ajustements intelligemment adaptés, ce rang pourrait, à court terme, devenir le point de départ d’une trajectoire ascendante en phase avec les ambitions affichées par le Royaume.

CAN 2025 au Maroc : reflet d’une transformation migratoire et sociale majeure probable... 650

À trois semaines de la Coupe d'Afrique des Nations au Maroc, il me semble opportun de revenir sur quelques enseignements du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2024 (RGPH 2024). Cet événement aura sans doute un impact puissant sur la perception du pays, par les images positives qu'il commence déjà à diffuser et partant sur quelques données démographiques futures Le recensement montre que, sur 36,8 millions d’habitants recensés, 148 152 personnes sont de nationalité étrangère, soit près de 0,4% de la population totale, en hausse de plus de 76% par rapport à 2014. Derrière ce poids relatif modeste se dessine une transformation structurelle : montée en puissance des migrants d’Afrique subsaharienne, féminisation partielle des flux, forte concentration urbaine et profils de plus en plus qualifiés. La situation géographique et l'évolution économique du Maroc l'ont fait passer, en relativement peu de temps, de pays d’émigration à un espace d’installation et de transit pour des migrants aux profils variés. La Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA), adoptée en 2013, ainsi que les campagnes de régularisation de 2014 et 2017, ont installé au Maroc une approche plus inclusive et une meilleure connaissance statistique des populations concernées. Les ressortissants d’Afrique subsaharienne représentent désormais près de 60% des migrants, contre environ 27% en 2014. La part des Européens recule à un peu plus de 20%. Celle des ressortissants de la région MENA n’est que de 7%. L’ancrage continental du Maroc est ainsi confirmé. Au niveau des nationalités, le Sénégal et la Côte d’Ivoire totalisent plus d’un tiers des étrangers, devant la France, qui demeure la principale nationalité européenne avec près de 14% des résidents étrangers. D’autres pays comme la Guinée, le Mali, le Congo-Brazzaville, le Cameroun ou la Syrie complètent ce panorama. Les résidents étrangers au Maroc sont, pour l’essentiel, des arrivants récents : plus de la moitié déclarent être arrivés depuis 2021, et plus d’un tiers entre 2011 et 2020, ce qui témoigne d’une accélération très récente des arrivées. Une majorité de cette population ira garnir les tribunes lors de la CAN. Les motifs économiques dominent largement : plus de 53% des migrants évoquent le travail comme raison principale, confirmant le rôle du Maroc comme pôle d’attraction régional dans les secteurs du bâtiment, des services, de l’agriculture et de l’économie informelle. Viennent ensuite les raisons familiales (un peu plus de 20%), traduisant le poids croissant du regroupement familial et des projets d’installation à moyen ou long terme, puis les études et la fin d’études (environ 14%), signe de l’attractivité académique du pays auprès des étudiants subsahariens. Les motifs humanitaires, fuite de conflits, insécurité, racisme ou effets des changements climatiques, restent numériquement minoritaires. Le Maroc apparaît ainsi comme un espace hybride où coexistent migrations de travail, mobilités étudiantes, regroupements familiaux et besoins de protection internationale. L’immense majorité des résidents étrangers vit en ville : près de 95% sont installés en milieu urbain, ce qui confirme le rôle des grandes agglomérations comme portes d’entrée et espaces d’intégration. Deux régions dominent nettement : Casablanca–Settat, qui accueille plus de 43% des étrangers, et Rabat–Salé–Kénitra avec un peu plus de 19%, même si cette dernière voit sa part reculer par rapport à 2014 au profit de Casablanca. Près de 56% de cette population sont des hommes, mais la féminisation progresse, notamment chez certaines nationalités comme les Ivoiriennes et les Philippins, très présentes dans les services à la personne et le travail domestique. Plus de 80% des résidents étrangers ont entre 15 et 64 ans, ce qui en fait un groupe essentiellement en âge d’activité, avec une présence non négligeable d’enfants et une minorité de personnes âgées. Près de la moitié des personnes de 15 ans et plus sont célibataires, tandis qu’un peu plus de 45% sont mariées, ce qui montre la coexistence de trajectoires individuelles de mobilité et de projets familiaux stabilisés. Le niveau d’instruction apparaît globalement élevé : près de 39% disposent d’un diplôme supérieur et 28% ont atteint le secondaire. Les actifs occupés sont majoritairement salariés du secteur privé, tandis qu’une minorité exerce comme indépendants, employeurs ou salariés du secteur public, ce qui souligne la diversité des modes d’insertion professionnelle. La part relativement limitée des chômeurs peut masquer des formes de sous-emploi ou de précarité dans l’informel. En 2024, plus de 71 000 ménages comptent au moins un résident étranger. Environ 31% sont exclusivement composés d’étrangers, tandis qu’environ 69% sont des ménages mixtes associant Marocains et étrangers, une proportion en forte hausse par rapport à 2014. Cette montée des ménages mixtes traduit un approfondissement de l’intégration résidentielle et sociale, via les mariages mixtes, l’accueil de proches ou des cohabitations partagées liées au travail et aux études. Sur le plan résidentiel, la majorité des ménages étrangers vit en appartement, suivie par les maisons marocaines modernes, ce qui reflète une intégration dans le tissu urbain ordinaire plutôt que dans des formes d’habitat ségrégué. Les ménages exclusivement étrangers sont massivement locataires, alors que les ménages mixtes sont plus souvent propriétaires ou copropriétaires, ce qui met en évidence des trajectoires d’installation différenciées selon la composition du ménage. Les résultats du RGPH 2024 confirment que la présence étrangère au Maroc, bien que numériquement limitée, constitue désormais un fait structurel et durable de la société. La jeunesse, la forte proportion d’actifs, la montée des ménages familiaux et mixtes ainsi que la diversification des profils scolaires appellent à une articulation plus poussée entre politiques migratoires, politiques urbaines, sociales et éducatives. Les enjeux majeurs concernent la valorisation du potentiel économique et démographique de cette population, l’accès à l'éducation, la santé, le logement et un travail décent et la lutte contre les discriminations dans un contexte de pluralisation culturelle. Les dispositifs de la SNIA pour répondre aux engagements régionaux et internationaux du Maroc en matière de gouvernance des migrations doivent aussi évoluer. Cependant, ces chiffres et données vont probablement connaître une véritable évolution dans les années à venir : le focus médiatique africain sur la CAN, puis plus tard sur la Coupe du monde au Maroc, va faire découvrir les atouts du pays et augmenter son attractivité. Ces deux événements, par leur poids médiatique conjugué aux impressions rapportées par les milliers de spectateurs attendus, devraient jouer un rôle de promotion pour le pays. L’Afrique profonde va découvrir le Maroc et les multiples opportunités qu'il offre, tant sur le plan économique que pour les études.

Le stylo de mon père 608

Je le connais depuis mon jeune âge. Mon regretté papa alors directeur d'école m'a offert mon premier stylo quand j'ai réussi mon certificat d'études primaires en juin 1966. Il m'a ainsi appris la façon de le tenir entre mon pouce et mon index et à améliorer mon écriture aussi bien en arabe qu'en français. Il m'arrivait souvent de m'enfermer dans mon studio qui se trouvait au jardin de notre maison de fonction à l'école de Sidi Amr à Meknès. C'est ainsi que j'ai commencé à écrire des petits récits, des poèmes et même des lettres d'amour à une bien-aimée imaginaire. Je tenais aussi mon journal personnel. Mon professeur de français à la première année dite classe d'observation au lycée Moulay Ismail Mr Rossetti m'encourageait à écrire. Mon stylo était pour moi un outil précieux qui me permettait d'exprimer tout ce que je ressentais à cette époque de ma vie. C'était pour moi une manière non seulement de me distraire mais aussi de consolider un don pour l'écriture et la composition de poèmes. Mon père supervisait à distance ce que je produisais comme écrits et avait l'art et la manière de corriger mes dissertations tout en m'incitant à aller de l'avant. Mon capitale s'enrichissait jour après jour. J'avais pris l'habitude à ce jour d'écrire d'un seul trait sans avoir recours au brouillon. Maintenant que je frôle mes soixante dix ans je continue à écrire avec une facilité déconcertante qui surprend mon entourage. Pour moi rien d'étonnant car je possède des gènes transmis par mon père un enseignant et directeur d'école hors pair qui officié plus de quarante ans et qui comme moi et mes frères et sœurs a formé des centaines et des centaines d'élèves. Qu'il repose en paix et qu'il sache que son stylo est entre de bonnes mains. Dr Fouad Bouchareb Tous les droits sont réservés Le 27 Novembre 2025

Le Maroc face à son défi sportif : du loisir à la locomotive nationale... 634

Longtemps cantonné à un simple divertissement populaire ou utilisé comme un outil de communication politique, ou encore comme une occupation socialement jugée inutile, le sport marocain s’annonce désormais comme un moteur économique, social et sanitaire incontournable. Sous les projecteurs de la CAN 2025 et du Mondial 2030, le Royaume Chérifien doit embrasser pleinement ce potentiel. Plus de place pour la demi-mesure, le secteur qui pèse déjà lourd. Le sport génère aujourd’hui 1,56% du PIB national, soit plus de 21 milliards de dirhams. Et ce n’est que le début : en franchissant la barre symbolique de 3%, potentiel estimé par la Banque Mondiale, le sport pourrait à terme rivaliser avec des poids lourds économiques comme l’agroalimentaire ou le tourisme auquel il sert déjà de booster. Le secteur est en pleine effervescence. Le commerce d’articles sportifs bondit à 3,77 milliards de dirhams, tandis que clubs et salles de fitness affichent un chiffre d’affaires en hausse de 25%, atteignant 604 millions. Le football professionnel, qui capte 12% des emplois sportifs, pèse lui 879 millions de dirhams. **Le sport marocain n’est plus un loisir, c’est une économie émergente à part entière**. Sur la scène mondiale, le football est une locomotive de taille : estimé à 59 milliards de dollars en 2025, la FIFA prévoit pour elle des revenus records de 11 milliards pour le cycle 2023–2026. Le Maroc a tout intérêt à s’accrocher à cette dynamique globale et il le fait très bien. Les grands chantiers, du béton à l’emploi participe à cette nouvelle manne. La CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030 ne sont pas que des compétitions sportives. Elles incarnent un formidable levier d’investissement et de transformation. Les trois pays hôtes: Maroc, Espagne, Portugal, mobiliseront entre 15 et 20 milliards de dollars, dont 50 à 60 milliards de dirhams pour le seul Maroc qui ne fait pas que rattraper son retard mais est entrain de doubler ses partenaires. Stades rénovés, routes, infrastructures hôtelières et transports : ces chantiers devrait créer entre 70 000 et 120 000 emplois, directs comme indirects. À cela s’ajoute le tourisme sportif, moteur déjà puissant avec 2 milliards de dirhams générés par des événements mythiques comme, les tournoi de Golf, le Marathon des Sables, ou les trails de l’Atlas. Mais L'activité physique et le sport ne sont pas que cela ce sont des investissements qui soignent. Au-delà de l’économie, l’investissement dans l'activité physique est le sport est un enjeu crucial pour la santé publique. Selon l’OMS, chaque dollar investi dans l’activité physique génère trois dollars d’économies en frais médicaux. L'Europe estime que pour 10 % de pratiquants de plus on économise 0,6 % de PIB en coûts médicaux . Au Maroc, où 59% des habitants sont en surpoids et 24% souffrant d'obésité, 48,9 % des Marocains sont touchés au moins une fois dans leur vie par un trouble mental, l'activité physique pourrait inverser la tendance sanitaire. Elle diminue la mortalité prématurée de 30%, le diabète de type 2 de 40%, la dépression de 30%, tout en augmentant la productivité de 6 à 9%. **L'activité physique et le sport, sont le meilleur médicament gratuit. Il guérit avant même que la maladie n’apparaisse**, Le sport n’est donc pas qu’un plaisir : il est un puissant levier de santé publique durable. Quoi de mieux pour canaliser l'Energie débordante de La Jeunesse . Le sport est aussi l’école de la vie et de la citoyenneté. Les études montrent que les élèves sportifs obtiennent en moyenne 0,4 point de plus, gagnent 13% en concentration et perdent 20% de stress. Pourtant, seuls 22% des jeunes Marocains pratiquent une activité physique régulière, alors que le potentiel dépasse 6 millions. Les enfants ont tendance à remplacer le ballon par l’écran. Et le risque est très important: sans une politique forte, on prépare une génération fragile. Le Royaume investi déjà pas mal dans les activités sportives pour tous notamment par la mise à disposition des jeunes d'infrastructures gratuites de plein air, il lui reste encore beaucoup à faire. Voici une version corrigée et améliorée de votre texte : Le cadre législatif est manifestement en décalage avec les ambitions. La loi 30-09, qui régit le sport au Maroc, est critiquée pour sa centralisation excessive, ses lourdeurs administratives et le manque d’autonomie des clubs et des fédérations. Elle ne définit pas clairement les concepts et a créé un véritable flou juridique. Plus que jamais, il serait judicieux de s’orienter vers une nouvelle loi, qui mette en œuvre et respecte les dispositions de la constitution de 2011 ; une loi plus incitative, qui définisse clairement les concepts et, par conséquent, les responsabilités ; qui corrige l’ensemble des défauts de la précédente, et ils sont nombreux. Il serait également urgent de sortir le sport du temps politique et de le confier à une administration de mission dont les tâches, les stratégies et le rythme s’adapteraient au temps sportif, beaucoup plus long, et seraient en harmonie avec les temps sportifs à l’échelle internationale. L'ensemble des Fédérations Royales Marocaines Sportives ne captent pas plus 350 000 licenciés pour un potentiel de 6 à 7 millions. Les clubs peinent à se professionnaliser, les investisseurs privés ne sont pas très chauds, et la pratique de masse est encore proportionnellement négligée. Pour accélérer la croissance, il faudra probablement alléger la fiscalité avec une TVA réduite sur les équipements et abonnements, alléger les charges pour les start-ups du sport, et reconnaître officiellement le sport comme activité d’utilité publique. Le Projet de Loi de Finances 2026 prévoit justement des ajustements afin de favoriser les partenariats public-privé et booster l’investissement privé. La prochaine décennie peut marquer un tournant historique dans le développement du pays. Le Maroc à l’horizon 2030 a choisi le sport comme pilier national. Avec des compétitions internationales prestigieuses, des infrastructures modernes et une jeunesse pleine d’énergie, le Maroc a toutes les cartes en main pour faire du sport un pilier du développement durable. Mais tout cela nécessite un changement de paradigme : le sport n’est pas seulement un spectacle ni un outil d’image, c’est une filière économique, une culture à promouvoir, et une politique publique à construire. Le Maroc a désormais la possibilité de faire du sport un vecteur majeur de prospérité, de santé, d’emploi et de cohésion sociale. C'est le choix qui a été fait sortir le sport du cadre du loisir et l’inscrire pleinement dans une stratégie nationale. **Le sport, ce n’est pas un luxe. C’est un investissement collectif dans la santé, l’emploi et l’unité nationale.** Le message est clair : en 2030, le Maroc ne devra pas seulement briller par ses équipes, mais aussi par sa vision ambitieuse du sport comme levier de développement humain et économique.

Un visa « talents d’avenir » pour accélérer la transformation industrielle du Maroc? 732

Alors que le président Donald Trump a récemment instauré une taxe de 100 000 dollars sur les nouvelles demandes de visa H-1B pour travailleurs qualifiés aux États-Unis, la Chine, confrontée à une pénurie importante de main-d’œuvre spécialisée dans ses secteurs stratégiques, a fait le choix inverse en créant un visa dédié aux talents étrangers dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM). Ce mécanisme, conçu pour être simple et flexible, vise à combler un déficit de près de 30 millions de personnes qualifiées, en facilitant l’arrivée rapide des experts étrangers par une simplification des procédures. C'est donc une approche toute nouvelle qui s'amorce en Chine et qui pourrait rapidement faire tache d'huile. On peut imaginer que demain les véritables ressources convoitées ne vont plus être ni les sources d'Energie ni les terres rares. Tous le monde va se mettre à la chasse des têtes pleines et novatrices. Face à ces dynamiques mondiales qui s'amorcent, le Maroc pourrait envisager une démarche similaire au plus vite, afin de soutenir ses filières industrielles clés telles que l’automobile, l’aéronautique, le spatial ou encore les semiconducteurs. Imaginons un dispositif de visa ciblé permettant d’attirer des profils d’excellence issus des institutions universitaires et centres de recherche internationaux reconnus. Ce visa innovant pourrait s’appuyer sur plusieurs piliers essentiels : - **Allégement des formalités administratives** : Un tel visa marocain offrirait la possibilité d’entrer sur le territoire sans contrat de travail préalable, à l’image du modèle chinois, apportant ainsi une souplesse précieuse tant pour les candidats que pour les incubateurs d’innovation locaux. - **Conditions de séjour assouplies** : Il offrirait aussi des séjours prolongés, des entrées multiples et une procédure accélérée, pour faciliter l’intégration dans les pôles industriels et technologiques marocains. - **Mise en valeur des compétences pointues** : En ciblant les diplômés des meilleures écoles et instituts de recherche, le royaume pourrait renforcer ses partenariats académiques et maximiser les retombées en matière de recherche appliquée. - **Soutien aux secteurs stratégiques** : L’expansion de l’automobile bénéficierait d’ingénieurs spécialisés en robotique et intelligence artificielle, l’aéronautique d’experts en conception de matériaux avancés, le spatial d’ingénieurs en systèmes satellitaires, et les semiconducteurs d’ingénieurs en nanotechnologie. - ** Soutenir le recrutement pas nos universités de doctorants dans les domaines pointus et les inciter à s'installer au Maroc par des aides au logements, des abattements fiscaux etc. Au-delà de l’attractivité, ce programme aurait le potentiel de créer un cercle vertueux d’innovation, où talents étrangers et nationaux contribueraient ensemble au développement d’un écosystème industriel de pointe, porteur de valeur ajoutée pour l’économie marocaine. Si un tel modèle est encore inédit dans les pays en développement, il soulève des questions légitimes, notamment en matière d’intégration culturelle, de compétitivité locale ou d’impacts sociaux. Cependant, face à la nécessité urgente de combler les lacunes techniques pour préserver la compétitivité internationale, cette solution pourrait représenter une occasion majeure d’accélérer la transformation industrielle du Maroc. La Maroc est confronté à un défi démographique de taille comme chacun le sait. Sa population, traditionnellement jeune, s’oriente progressivement vers un vieillissement structurel qui risque d’affecter à moyen et long terme la disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée. Anticiper cette évolution en accueillant des jeunes talents étrangers permettrait de maintenir la vitalité économique et sociale du pays. Les bénéfices d’une telle orientation seraient multiples : - **Compensation du recul de la main-d’œuvre locale** : Le recrutement ciblé d’experts étrangers contribuerait à compenser la baisse attendue de la population active jeune, évitant ainsi une pénurie critique de compétences dans les secteurs industriels majeurs. - **Immigration sélective orientée vers l’efficacité économique** : Cette stratégie viserait à enrichir directement le tissu industriel en favorisant l’innovation, la productivité, ainsi que la création d’emplois qualifiés, plutôt qu’une ouverture large à des profils moins spécialisés. - **Construction d’un environnement attractif et durable** : Attirer ces profils d’excellence dès aujourd’hui offrirait au Maroc le temps de développer un écosystème favorable, incluant formation, recherche, infrastructures et intégration sociale, pour encourager une installation durable et la transmission de savoir-faire. - **Stratégie proactive face aux enjeux démographiques** : Plutôt que de subir passivement le vieillissement, le pays se positionnerait comme un acteur anticipatif en s’appuyant sur une politique migratoire ciblée comme levier de son développement. Inspiré par l’approche chinoise, mais adapté aux spécificités marocaines, un visa « talents d’avenir » pourrait ainsi devenir un levier clé pour attirer les jeunes diplômés étrangers et renforcer durablement les filières industrielles stratégiques du royaume. Ce positionnement permettrait de préparer l’économie nationale aux défis d’une économie mondialisée où l’accès à une main-d’œuvre hautement qualifiée devient un enjeu central. Pour que cette stratégie soit pleinement efficace, elle devra être accompagnée de politiques d’accueil intégrées, combinant formation adaptée, coexistence culturelle et inclusion sociale, afin de créer des synergies entre talents étrangers et forces vives nationales. Un tel pari sur l’humain traduirait une volonté ferme de faire du Maroc un hub régional de haute technologie et d’innovation. Cette stratégie ici proposée est structurée pour renforcer la fluidité de l'arrivée d'immigrés de grandes qualifications et permettre une certaine cohérence avec la politique démographique du pays, en dynamisant l'approche d'intégration et de production du savoir, tout en mettant en avant des arguments adaptés au contexte marocain. Elle propose une réflexion stratégique visant à positionner le Maroc dans la compétition globale des talents et des industries innovantes, un enjeu majeur à l’aube des défis démographiques et économiques du pays.

Hommage à Mehdi Kessaci 683

Hommage à Mehdi Kessaci L’argent facile, un point fragile, Le quartier n’est plus tranquille, Pleins des dealers imbéciles, Le mal est venu comme à Sicile… Personne n’ose agir, Tout consomme sans rien dire, L’hypocrisie est le mal du délire, Les criminels s’abstenir, On ne le voit pas venir … La drogue une suite sans fin, L'accoutumance, renforce le lien, D’ailleurs, on y s’accroche bien, Les trafiquants se frottent les mains… Le drogué se plaît à tort, Le dealer s'enrichit sans effort, Les assassinats à tous les bords, Sans remords la prison un confort… Parlons franchement, La drogue arrive comment, La complicité sûrement, L’inconscience évidemment… Pour le moment, justement, Le renforcement du châtiment, En attendant le tarissement, Ne peut que fléchir apparemment… On s’interroge parfois, qu’elle loi ? S’il y a toujours de toutefois, Les dealers s’organisent et s’emploient, Prendre le pouvoir, ils le prévoient… Une proposition à prendre au sérieux, Laisser aux trafiquants les lieux, Autre chose encore mieux, Les témoignages anonymes précieux… Revenons à Mahdi le martyr, Sentir la mort venir, Il fallait se prémunir, Une leçon pour l’avenir… Mahdi fierté de toute une génération, Chez Dieu, il aurait sa bénédiction, La marche blanche une consolation, Le réveil de la conscience une option… Dr Mustafa BELRHITI ALAOUl TDR 20/11/2025

Réinventer l’école marocaine : de la transmission à l’accompagnement... 746

Les Marocains, et particulièrement les jeunes, expriment aujourd’hui un profond malaise vis-à-vis de leur système scolaire. Ils viennent de le manifester avec éclat. Cette réalité, désormais publique, se retrouve tant dans les discussions familiales que dans les diagnostics institutionnels et les débats sociétaux. Pour pallier les insuffisances d’un enseignement public jugé à bout de souffle, de plus en plus de familles, averties ou aisées, inscrivent leurs enfants dans des institutions privées, parfois étrangères. La classe moyenne, elle aussi, fait de nombreux sacrifices pour suivre ce mouvement. Ce phénomène reflète une crise de confiance et creuse la fracture sociale : l’école, promue comme moteur d’égalité, se transforme en marqueur d’inégalités. Cette dérive était déjà pressentie : dès le 1er novembre 1960, le doyen Charles André Julien alertait M. Bennani, directeur du Protocole royal, sur les risques d’une réforme mal conçue qui produirait de nouveaux problèmes. Malgré des investissements considérables, les réformes successives se sont souvent limitées à des aspects accessoires : infrastructures, uniformes, approches pédagogiques superficielles, organisation des vacances. Trop souvent, elles sont le fruit d’un mimétisme mal inspiré, confiées à des bureaux d’études peu rigoureux et à des fonctionnaires insuffisamment qualifiés. Les réformes diverses et variées n'ont pas abouti et engendre un mécontentement croissant. La déperdition scolaire et les différents classements sont là pour illustrer cette situation angoissante. Si réforme il doit y avoir, et l’urgence est réelle, elle ne doit pas concerner les bâtiments ni la tenue des élèves, ou encore le rythme des vacances, mais s’intéresser au cœur du cursus, à la philosophie éducative, et à la manière d’envisager les rôles de l’élève et de l’enseignant. L’avenir appartient à un monde dans lequel les jeunes créent leurs propres métiers ; cette tendance devient universelle. Nous vivons une période inédite de l’histoire humaine, où la jeunesse façonne ses trajectoires professionnelles et personnelles : les jeunes inventent leurs métiers, construisent leurs propres voies, imaginent de nouveaux modèles sociaux. Aujourd’hui, un adolescent marocain, diplôme ou non, peut concevoir une application, lancer un commerce, bâtir une communauté, influencer des marchés et créer de la valeur inimaginable pour les cadres traditionnels. Le modèle 1337 en est la parfaite illustration. Désormais, les jeunes n’ont plus de frontières ni de limites mentales. Ils expriment une énergie faite d’ambition, d’intuition technologique, d’ouverture culturelle et de rêves. Pendant ce temps, le système scolaire reste enfermé dans un schéma du XXᵉ siècle. Le rôle de l’école doit évoluer : il ne s’agit plus de transmettre, mais d’accompagner. L’école marocaine doit cesser d’être un lieu de récitation de connaissances désormais disponibles en ligne. L’information est à portée de main, même pour un enfant de dix ans. Ce n’est pas cela qu’ils attendent : parfois, ils somnolent en classe et retrouvent la nuit l’espace de liberté où ils imaginent le monde qu’ils veulent vivre et construisent eux-mêmes. Sur le plan technologique et dans l’apprentissage des langues, nombre d’entre eux devancent les décideurs et les enseignants. Les jeunes maitrisent l'anglais davantage que ce qui leur est proposé à l'école et disposent d'équipements technologiques que l'école est loin de pouvoir leur offrir. Les parents se saignent pour cela. Les jeunes préfèrent une connexion à un repas. Les jeunes n'aiment plus l'école telle qu'elle se présente à eux. Ils attendent avant tout  d'y trouver: - quelqu’un qui les écoute ; - quelqu’un qui croit en leur potentiel ; - quelqu’un qui les incite à rêver plus grand, à oser davantage, à créer ; - quelqu’un qui leur accorde sa confiance. L’école doit donc devenir un espace d’accompagnement, d’éveil et de construction de projets de vie ; elle doit former des citoyens capables d’imaginer, d’innover, de collaborer, de prendre des risques et pas seulement de mémoriser. Pour cela, le défi majeur de l’État est la formation de formateurs capables de s’adapter aux nouvelles réalités. Il est indispensable de passer de professeurs transmetteurs à des mentors accompagnateurs. La réforme véritable commence donc avec les enseignants. Ceux d’hier doivent adopter le rôle de mentor, de guide, de catalyseur de talents : un mentor qui pose des questions au lieu d’imposer des réponses, un accompagnant qui aide l’élève à se découvrir, un éducateur qui ouvre des portes plutôt que de dresser des murs. Former les formateurs suppose une nouvelle philosophie : intégrer la psychologie positive, le coaching éducatif, les pédagogies actives, la construction de projets, la culture numérique et la créativité. Enseigner n’est plus un métier de transmission, mais d’accompagnement, avec l’autonomie pour moteur d’avenir. Aujourd’hui, les jeunes n’ont pas besoin de capital financier pour commencer, mais de confiance, d’idées et de compétences. Une bonne connexion fait leur bonheur. Leur atout majeur est leur esprit. Leur frein reste souvent un manque d’encouragement, l’angoisse d’un système trop rigide, trop vertical, trop éloigné de leur vécu. Ils sont capables de tout, sauf de croire seuls en eux-mêmes. C’est là que l’école doit intervenir, en devenant ce cocon où émergent idées et projets innovants. Mais pour réussir, il faut avoir le courage politique de mener la grande réforme attendue par la jeunesse. Le Maroc a l’occasion historique de réinventer son système éducatif, non par la rénovation matérielle, mais par une transformation intellectuelle et spirituelle. L’école doit devenir le lieu de construction des rêves, d’accompagnement des ambitions, de préparation à la vie par l’innovation et la création. Elle doit former des individus capables non seulement de s’adapter à un monde en mutation, mais de le transformer, un monde qui avance plus vite que les générations précédentes ne pouvaient l'imaginer. La vraie réforme est celle de l’étincelle, pas du béton. Elle ne s’incarne pas dans les murs, mais dans les esprits. Elle se construit non dans le passé, mais dans l’avenir que nos jeunes aspirent à inventer, soutenus par notre confiance, rien de plus.

Vieillir 705

Vieillir Vieillir, n'est pas chiant. N'en déplaise à Feu Bernard Pivot. Vieillir c'est hilarant Je dirai même plus vieillir, c’est excitant , c’est appaisant , c’est merveilleux, c’est fantastique et c'est plutôt rassurant. Viellir est une aubaine et une occasion inouïes de voir ses enfants grandir et vieillir.... Viellir c'est un cadeau du ciel et une bénédiction de Dieu de profiter de ses petits enfants en jouant avec eux on s'amusant comme un fou avec eux et en devenant presque enfants avec eux... Vieillir c'est merveilleux et juste fascinant de continuer à fréquenter ses amis d'enfance, de persister à plaisanter avec eux et de partager des souvenirs et des aventures vécues ensemble...... Vieillir est une occasion idoine de découvrir d'autres cultures, de voyager et de se faire plaisir encore et encore... Vieillir c'est devenir sage, c'est partager les expériences, c'est conseiller les plus jeunes et les moins jeunes.... Vieillir c'est aider son prochain c'est assister autrui... Vieillir c'est le temps de méditer, de rêver et de prier pour ce monde qui devient de plus en plus fou...... Vieillir c'est ne rien attendre des autres mais c'est repondres aux attentes des autres..... Vieillir c'est être serein et confiant en l'avenir et ne jamais appréhender le futur et les mauvais lendemains. Vieillir c'est être optimiste et voir le verre toujours à moitié plein Vieillir c'est avoir la foi et croire en la bonté de Dieu qui lui seul programme les choses Vieillir c'est défier l'âge et ses rides et son lot de faiblesses, de maladies et crises.... Viellir c'est affronter la vie et ses aléas..... Vieillir c'est attendre patiemment et sereinement le son de son propre glas.... Dr Fouad Bouchareb Le 8 Mai 2024 Tous les droits sont réservés

Le Maroc, uni et indivisible : le 31 octobre, mémoire et vision d’un Royaume rassemblé... 824

Il est des dates qui cessent d’être de simples repères pour devenir des symboles forts. En instituant le **31 octobre “Fête de l’Unité”**, Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a pas seulement ajouté un jour au calendrier national des fêtes : il a inscrit dans la mémoire collective une certitude, celle d’un Maroc uni, fidèle à son histoire, confiant en son destin, certain de son avenir. Ce choix, placé à la veille de l’anniversaire de la Marche Verte, n’est pas une coïncidence, mais un message. Il relie deux moments : l’un de mémoire, l’autre d’espérance, pour rappeler qu’au Maroc, l’unité n’est pas une posture, mais une philosophie collective de vie, une continuité historique, une conviction chevillée à l’âme du pays et de chacun des citoyens. **L’unité séculaire du Royaume est le fil d’or de l’histoire marocaine.** Le 6 novembre 1975, trois cent cinquante mille Marocains, le Coran dans une main et le drapeau dans l’autre, faut il le rappeler, épaulé par de très nombreux ressortissants de pays amis, y compris d'un Prince et non des moindres, ont marché vers le Sud pour retrouver ce qui n’aurait jamais dû être perdu : le Sahara, matrice du Royaume. La **Marche Verte** n’était pas une conquête ; elle fut un retour, une affirmation pacifique d’une légitimité plus ancienne que les frontières tracées à la règle sur les cartes coloniales. Ce fut aussi un serment entre le Trône et le peuple, entre le passé et l’avenir. Un serment que rien, ni les manœuvres diplomatiques, ni les campagnes hostiles, ni la propagande à coup de milliards de dollars, n’ont pu ébranler. Le marocain ne plie pas. le marocain est fidèle à ses engagements. Le marocain tient parole, le marocain est conscient de la diversité de son pays mais ne le conçoit que dans l'unité et la cohésion. En décidant de faire du 31 octobre la **Fête de l’Unité**, Sa Majesté le Roi Mohammed VI réactive ce serment et le transpose dans le temps présent : l’unité du Maroc n’est pas un souvenir glorieux, mais un horizon qui se construit chaque jour, un avenir qui se forge sur le droit et la foi, la diplomatie et la constance, le développement et la prospérité partagée. Depuis un demi-siècle, la diplomatie marocaine déroule patiemment le fil d’une stratégie claire : défendre la marocanité du Sahara sans jamais céder à la provocation, faire triompher la légitimité par la raison et non par la force. Les récentes **résolutions du Conseil de sécurité** ont confirmé la justesse de cette ligne. Elles consacrent le sérieux et la crédibilité de la proposition marocaine d’autonomie, une voie réaliste, moderne, conforme aux aspirations des populations locales et de l’ensemble du peuple marocain qui y a adhéré mesurant parfaitement le sacrifice demandé. À l’inverse, l’Algérie persiste dans une posture anachronique, arc-boutée sur son soutien à un **Polisario** qui ne représente plus qu’une ombre de lui-même. Un mouvement construit sur le mensonge, l'infox et la propagande à coup de milliards de dollars. C'est sans doute la situation la plus couteuse du genre depuis que l'humain est humain. Jamais on n’a su combien de Sahraouis ont véritablement suivi le Polisario, ni combien, avec l’aide de ses parrains, il a fait venir de Mauritaniens, de Maliens, de Nigérians de Tchadiens et d’ailleurs pour renforcer ses rangs. La générosité de Kaddafi ayant beaucoup aidé, faut il l'oublier! Aujourd’hui, l’Algérie est acculée à permettre le **recensement des populations des camps** et qui dit recensement dit, en parallèle, identification. Le discours figé des séparatistes n’a plus de prise sur le réel : pendant que les camps de Tindouf s’enlisent dans l’attente, les provinces du Sud Marocain s’éveillent à la vie, au développement, à la dignité. Le contraste est saisissant : là-bas, l’immobilisme ; ici, la construction. Là-bas, l’idéologie ; ici, la réalité. La Marche Verte n’a jamais été un épisode clos, c'est un serment devenu doctrine nationale, un récit fondateur, un mythe vivant, la croyance d’une nation: **la plus ancienne nation au monde**. Elle a forgé une conscience nationale rare, faite de loyauté et de foi dans la continuité du Royaume. Dans un monde traversé par les fragmentations et les identités blessées, le Maroc a fait de son unité une boussole, non une nostalgie. À **Laâyoune**, **Dakhla**, **Smara**, **Boujdour** ou Bir Guendouz, la ferveur des célébrations du 31 octobre dit mieux que les discours la profondeur de ce lien. Ces villes, naguère marginalisées, incarnent aujourd’hui un Maroc en marche, sûr de lui, fidèle à ses racines et tourné vers son avenir. Le Sud n’est plus un bout du Royaume : il en est le cœur battant. **Le Sahara est une promesse d’avenir, un laboratoire de développement et un pôle stratégique du Royaume.** Les investissements dans les énergies renouvelables, la pêche, les infrastructures, le tourisme ou la logistique ont transformé la région en un carrefour incontournable entre l’Afrique, l’Atlantique et l'Europe. C’est là que s’expérimente, à ciel ouvert, la vision royale d’un Maroc moderne, équilibré et inclusif, un Maroc qui ne laisse aucune région à l’écart. La **Fête de l’Unité** n’est pas seulement un hommage au passé : elle est une projection vers l’avenir. La **Fête de l'Unité**dit à la jeunesse marocaine que l’unité n’est pas un héritage qu’on contemple, mais un édifice qu’on bâtit, qu’on construit jour après jour, par le travail, la fidélité et la foi en la nation, avec un inflexible respect de la mémoire des sacrifices et une croyance ferme en la promesse de continuité. Le 31 octobre, le Maroc fait la fête, mais se souvient :des soldats tombés sur les dunes, des diplomates qui ont défendu la cause nationale sur toutes les tribunes du monde, des pionniers qui ont bâti dans le sable les fondations d’un développement exemplaire. À travers eux, c’est tout un pays qui se regarde dans le miroir de son histoire, non pour s’y complaire, mais pour y puiser la force d’aller plus loin. Car au fond, **l’unité du Maroc n’est pas un acte politique ; c’est une vérité historique, un état d’esprit, une fidélité viscérale.**Le 31 octobre vient simplement lui donner un nom, une date, un souffle renouvelé. **Il n’y a pas d’unité sans mémoire, ni de mémoire sans avenir.**Le Maroc n'a jamais célébré le passé pour le passé mais toujours comme évocation pour se projeter dans l'avenir. Jamais il n'a cru en une rente mémorielle figée. Fort de son histoire et de sa souveraineté retrouvée, il avance désormais avec la sérénité de ceux qui n’ont rien à prouver, mais seulement à poursuivre. Son ADN est particulier mais jamais pour s'isoler. Au contraire, le Royaume se voit être une partie d'un monde, ouvert à la coopération, à la liberté, à la prospérité. Dans le vent du Sud, au loin, résonne toujours le même serment : **Un seul Royaume, une seule âme, un seul destin.**

Quand le plus grand match du Maroc devient son pire miroir... 1015

Le *derby casablancais*, fête suprême du football marocain, censé avoir lieu au moins deux fois par saison, s’est mué en un triste miroir de nos défaillances collectives. Ce qui devait être un hymne à la passion du football est devenu une procession vers la honte, celle de ne pas respecter l'abécédaire primaire du jeu, du civisme, du respect d'autrui et des règles de Fédération et de la FIFA. La toute dernière édition en particulier nous a démontré un scénario devenu familier et répétitif hélas : fumigènes, affrontements, jets d'éléments inflammables, dégradations de biens publics et privés et match interrompu à de nombreuses reprises. Le rectangle vert, jadis sanctuaire du jeu et de la performance sportive des joueurs, est aujourd’hui pris en otage par la pyromanie des tribunes et la *complaisance forcée* vis-à-vis de comportements plus que dérangeants. Cette fois-ci, la quantité de fumigènes était tellement impressionnante qu'elle pousse à se poser moult questions : qui les vend, qui les fait exploser et comment ils sont régulièrement introduits dans les stades ? Qui a intérêt à ce que le derby casablancais devienne un champ de ruines footballistique ? Ce n’est plus un match de football, c’est une **atmosphère de guerre**, une scène impressionnante d'effets spéciaux de film, importés vers les gradins. Au nom du drapeau du club, le bon sens est supplanté. Le *Raja* et le *Wydad*, deux monuments de notre sport, se voient instrumentalisés, dépassés, doublés, prisonniers, squattés, exploités par des foules qui confondent ferveur et fureur, et qui croient défendre des couleurs, alors qu’elles piétinent l’honneur du ballon rond. Au nom de *"l'amour supposé du club"*, on se retrouve à défendre des causes obscures très loin de la cause même des clubs s'il y en avait. Une sorte *d'ultra-nationalisme des gradins*. Certains groupes se sont érigés en milices des stades. Ils contrôlent les tribunes, dictent leurs lois, imposent leur violence. Maintenant ils dictent même le rythme des matchs. On joue quand ils le désirent et on arrête quand ils le décident. On glorifie leurs tifos sans jamais oser nommer clairement leurs dérives. Pourtant, derrière les chorégraphies des fois splendides, parfois de mauvais goût, se cachent souvent des préparatifs dignes d’un champ de bataille : objets tranchants, pierres et autres, fumigènes et explosifs importés illégalement dans les stades, codes de mobilisation et appels à la confrontation avec tout ce qui représente l'ordre. Insultes des institutions, colportage de fausses informations, infox, slogans subversifs, tout s'entremêle sans ménagement ni gêne: un cocktail de revendications sociales et de militantisme politique à peine voilé. Même la politique étrangère et les positionnements du pays n'y échappent point. Tant pis pour les intérêts communs, ceux de toute une nation. Les responsables de clubs, eux, feignent la surprise ou se terrent en attendant que passe la tempête. Comme si les bus ou voitures caillassés, les grilles tordues et les fumées toxiques étaient des accidents du hasard ou tombés du ciel. Les autorités élaborent des stratégies et prennent des dispositions mais subissent des débordements des fois dangereux. Leur comportement est plus que paternaliste: C'est qu'en face il n'y a que des gamins. Les patrons et encadrants sont toujours à l'abri, loin des scènes. Pourtant certains sont visibles et descendent même sur le terrain pour haranguer les foules déchainés et les chauffer. Quant à la Fédération, elle réagit par des amendes et des huis clos, répétant le même rituel administratif qui n’effraie plus personne. Le football est-il pris en otage ? Les conséquences sont désastreuses : matchs interrompus, sanctions financières, image ternie à l’international. Le Maroc, pourtant salué pour sa ferveur populaire, offre le spectacle d’un football malade, où la passion se confond avec la déraison. Ces violences tuent le jeu, étouffent les talents, refroidissent les familles qui osaient encore venir au stade. Dans un pays où le football est presque une religion, il est consternant de voir les temples du sport transformés en **zones de non-droit**. Les enfants qui rêvaient du derby comme d’un mythe fondateur n’y voient plus qu’un désordre ritualisé, un folklore de casse. Certains y adhèrent probablement parce qu'ils n'ont pas de palliatifs pensant que ce qui se passe est juste normal. Mais pour autant, devrions-nous baisser les bras et admettre une certaine faillite du courage ? Ce n’est pas la rivalité entre les clubs qui est coupable, mais **notre incapacité collective à la civiliser**. Ce fut encore le cas il n'y a pas si longtemps. Le problème n’est pas dans les chants, mais dans ce qu’on tolère au nom de la passion. La violence des stades est d’abord le fruit d’un silence : celui des clubs qui ne veulent pas perdre leurs tribunes, celui des médias qui préfèrent glorifier l’ambiance plutôt que de dénoncer la dérive, celui des autorités obligées de maintenir l’ordre seules face à un public qu'ils n'ont fondamentalement pas à gérer, comme c'est le cas ailleurs. À force de ne pas choisir et de ne sévir qu'après coup, nous avons laissé **le charhabe** s’installer comme une sous-culture tolérée, une norme, une identité dévoyée. Le derby ne devrait pas être une épreuve de force, mais une célébration de la ville, du talent et du dépassement de soi par les joueurs sur le terrain. Le mythe du derby doit tout de même survivre, car derrière la rage, il y a une vérité : la rivalité **Wydad–Raja** est une des plus belles histoires du football africain et peut être mondial. Elle a nourri des générations, forgé des carrières, inspiré des chants et des rêves. Cette tradition ne survivra pas malheureusement si elle continue à s’enliser dans la haine et l'absurdité. Le derby mérite mieux. Casablanca mérite mieux. Le Maroc mérite un football où la passion ne se confond pas avec la déraison, où la couleur d’un maillot n’autorise pas la brutalité et les violences. Si rien ne change, le plus grand match du royaume finira par devenir son plus grand scandale : le Derby de la fumée.

Leïla Slimani: quand une parole pour plaire trahit, la réalité de tout un pays... 1064

Les récentes déclarations de l’écrivaine Leila Slimani, marocaine pour nous, Franco-marocaine pour les plateaux de télévision, ne sont pas du tout passées comme une lettre à la poste. Leïla Slimani a eu un propos tout particulièrement au sujet des femmes et des mères marocaines qui a suscité une vive controverse dépassant la simple divergence d’opinion. Leila était parmi les invités de l'émission "Tout le monde en parle". Une émission qui a survécu à son concepteur Thiery Ardisson, au Québec et pas en France. Les propos en question, perçus comme condescendants, déconnectés des réalités sociales et culturels du Maroc, ont profondément heurté de très nombreuses Marocaines. Notamment et en premier celles qui, comme elle, écrivent en français et s'abreuvent d'émissions culturelles en français. Elles ne lui ont pas passé les propos, loin de là. Beaucoup lui ont répondu. Certaines plus sèchement que d’autres. Elle en a reçu sur la gueule comme jamais dans sa vie. Les réactions sont posées, argumentées et sans ménagements même si gentiment débitées. Certaines sont de véritables leçons à l'adresse de quelqu'un qui a bien mérité un rappel à l'ordre et des plus puissants. Toutes lui rappellent que souvent bon nombre de mamans, contraintes par des conditions difficiles, ont élevé leurs enfants avec courage, dignité et un sens aigu des valeurs, et elles refusent aujourd’hui que leur engagement soit réduit à des clichés simplistes ou à des jugements à sens unique dont le seul but est de faire le buzz sur les plateaux de télévision. Sur les réseaux sociaux et dans les espaces publics, la réaction a été unanime et passionnée. Les femmes marocaines, du moins celles qui se sont exprimées, ont rejeté fermement la vision stéréotypée dont elles ont été victimes, dénonçant une posture parfois moralisatrice et occidentalisée qui ignore la complexité et la richesse de leur vécu. Leur rôle ne peut ni se réduire ni se caricaturer, car il est fondamental dans la construction de la société marocaine, elle-même en mutation mais profondément enracinée dans ses traditions, sa résilience et son identité propre. La phrase où Leila Slimani parle de la vengeance comme une valeur que les mamans enseigneraient à leurs enfants, les filles en particulier, ne passe pas et ne passera pas. Elle a avancé en exemple sa propre grand mère, absente pour la contredire... Cette expression est tout authentiquement inappropriée que fallacieuse. C'est plutôt le contraire qui est vrai : l'une des valeurs fondamentales de la société marocaine est justement le pardon. Le pardon est ici enseigné et vécu au quotidien dans le relationnel sociétal. La vie tourne autour du pardon. Le mot pardon en darija est prononcé des dizaines de fois par jour par tous ici. Lalla Leila, faut-il vraiment vous rappeler que la culture marocaine ne se nourrit pas de rancune et encre moins de vengeance, mais d’exigence : une exigence de respect et de nuance. Aujourd'hui, la société marocaine progresse, mais elle rejette fermement les jugements extérieurs imposés sans une connaissance approfondie du contexte local, qu'il soit cultuel ou culturel. En tant que figure publique représentant le Maroc sur la scène internationale, si vous le voulez bien, vous devriez faire preuve d’une plus grande prudence et d’empathie dans vos propos. Dire une vérité est une chose, l'inventer en est une autre, d'autant plus que la circonstance n'était point une fiction mais bien une émission grand public. Cette polémique met en lumière une fracture symbolique persistante entre une certaine élite installée à l’étranger et le Maroc réel, celui qui vit, lutte et avance à son rythme certes mais avance très bien. Critiquer est légitime, remettre en cause est salutaire mais cela doit toujours se faire avec rigueur, responsabilité et surtout dans le respect. La parole publique ne doit jamais humilier ni infantiliser les femmes marocaines et encore moins dans leur rôle essentiel et vital : celui d'élever les nouvelles générations. Le Maroc ne se fige pas dans des stéréotypes. Les femmes marocaines, qu’elles soient avocates, entrepreneures, enseignantes, artistes, ouvrières, artisanes ou mères au foyer, mènent chaque jour, dans l’ombre des combats essentiels, fondés sur une force tranquille digne d’admiration. Leur modernité est un processus intérieur, patient et authentique, qui n’a rien à envier aux discours importés. Leur devenir est entre leurs mains et ne se fera pas au gré de paroles prononcées ici ou là dans le seul but d'épater une assistance avide d'orientalisme primaire. Au-delà, cette affaire révèle plus largement la difficulté que rencontrent certains Marocains et Marocaines de la diaspora à concilier distance et sensibilité vis-à-vis de leur pays d’origine. C’est d’un pont qu’avait besoin ce dialogue, fondé sur une écoute sincère et un partage respectueux des expériences. À travers cette maladresse, Leïla Slimani a montré combien une parole déconnectée peut blesser profondément, surtout lorsqu’elle émane de l’une des nôtres. Et si l'expression prononcée par Leïla Slimani ne faisait que traduire son ressenti personnel et peut être un désir de vengeance refoulé en relation avec son passé familial. Son papa, le défunt Othmane Slimani, éminent économiste, après avoir été ministre et patron de banque, avait connu une véritable descente aux enfers, accusé de malversations. Il succombera à un cancer des poumons avant la fin du processus judiciaire, ayant fait appel suite à un premier jugement le condamnant en première instance. Il faut reconnaître cependant au défunt que c'est sous sa présidence de la Fédération Royale Marocaine de Football que l'Équipe Nationale du Maroc de Football avait remporté l'unique titre africain qu'elle détient à ce jour. C'était en 1976. Les marocains n'ont jamais oublié cette épopée et en remercie toujours Si Slimani, le sélectionneur Mehdi Belmejdoub, l'entraineur Mardarescu et les joueurs de l'époque avec à leur tête Ahmed Faras. Madame Slimani, qui mérite le respect pour ce qu'elle est, doit simplement intégrer que le Maroc ne réclame pas de leçons, mais une compréhension véritable et un dialogue respectueux pour accompagner sa transformation et les grands progrès engrangés. Le fait de colporter des inepties et des idées qui ne collent ni à son histoire, ni aux valeurs de ses citoyens et encore moins à celles de ses femmes, n'honore pas une écrivaine qui aspire à marquer l'histoire. Beaucoup avant elle ont tenté le même cheminement dans leur quête de vouloir être plus royalistes que le roi; jamais personne n'a réussi. Le Maroc, on peut le quitter, mais lui ne nous quitte jamais, et c'est pour cela qu'il faut le respecter. le Maroc c'est surement bien manger, bien boire mais pas se venger. C'est là ma réponse à Leila Slimani au nom de ma mère, de ma grand-mère et de toutes les mères et grands-mères, si elles me le permettaient...

Le Maroc, cette conviction tranquille qui doit encore se partager... 1147

La maxime "One who believes in himself has no need to convince others" est communément traduite ainsi en français :«Celui qui croit en lui-même n’a pas besoin de convaincre les autres». Elle évoque *la confiance tranquille*, la force intérieure et la stabilité de celui qui avance sans démonstration ostentatoire. Cette idée trouve un écho particulier dans la réalité marocaine actuelle: un pays sûr du cap qu'il s'est fixé, fier de ses avancées multiples et diverses, convaincu de sa légitimité diplomatique, fort de ses alliances et de son enracinement international. Il est cependant confronté à un défi intérieur majeur, celui de persuader sa propre jeunesse, voire une bonne frange de sa population, du sens et de la portée de ses progrès et des avancées engrangées. Un véritable chantier que de gagner la confiance de la jeunesse et que celle ci, par ricochet gagne en confiance en elle même et en un avenir commun rayonnant et prospère. La diplomatie marocaine, un exemple de confiance affirmée, témoigne d’une résolution affichée sans complexe devant toute épreuve. Elle se caractérise par une détermination sans faille, à la fois décidée et pragmatique. A l'internationale, le Maroc affiche une sérénité stratégique reconnue. Sous l’impulsion Royale, sa diplomatie fondée sur le dialogue et la continuité, s’impose comme un modèle d’équilibre entre coopération, fermeté et confiance en soi. À l’ONU, par exemple, la proposition marocaine d’autonomie dans le dossier du Sahara est devenue une référence normative, acceptée par la quasi-totalité des partenaires internationaux. Ce succès diplomatique illustre parfaitement la maxime. Convaincu de sa justesse, le Maroc n’a pas eu besoin de recourir à des démonstrations excessives pour imposer sa position. Le pragmatisme, la patience, l'endurance et la détermination sont les maîtres mots dans ce dossier. Aujourd’hui, le ministre Bourita ou encore Omar Hilal, ambassadeur du Royaume auprès de l'ONU, sont même perçus comme des stars et sont sollicités en tant que tels à chaque apparition publique, tellement ils sont convaincants et crédibles. Mais est-ce le cas pour tous les domaines et secteurs ? Au-delà de la question du Sahara Marocain, le Royaume déploie une diplomatie économique et parlementaire active, tissant un réseau d’alliances solides en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient, et progressivement en Amérique latine et en Asie. Cette stratégie fondée sur le partenariat illustre cette *conviction tranquille* qui cherche moins à convaincre qu’à consolider les acquis. Les accords renouvelés avec l’Union Européenne ou les coopérations renforcées avec la Chine, l'Inde, le Brésil, les pays africains et autres, démontrent la solidité de l'approche. Mais au-delà, le Maroc endure un paradoxe étonnant. Son défi intérieur le plus urgent est de reconquérir, peut-être même de construire, la confiance de sa jeunesse. Une confiance en elle même avant tout et celle en le pays aussi. Cette confiance affichée à l’extérieur et perçue positivement en interne, contraste avec l’impatience et le scepticisme d’une partie de la jeunesse marocaine vis-à-vis d'autres aspects de la vie. Face aux défis socio-économiques tels que le chômage, la précarité et la lenteur des réformes, telles qu’elles sont perçues, de nombreux jeunes expriment un profond doute quant à leur avenir. A côté de la faiblesse endémique de la communication, de la pauvreté de l'argumentaire, de l'apathie des médias officiels, du superflu de bons nombre parmi les autres, les jeunes subissent souvent aussi un discours nihiliste relayé par certaines voix médiatiques ou réseaux sociaux, qui mine leur confiance et alimente leur désengagement et leur fatalisme. Ce paradoxe d'un État sûr de lui-même sur la scène mondiale mais qui doit sans cesse convaincre en interne est au cœur de la situation. Malgré les efforts gouvernementaux pour améliorer l’emploi et les services publics, des manifestations individuelles ou collectives récurrentes reflètent ce malaise. le déficit en confiance civique et chronique. Comment le Maroc peut-il alors raviver la foi commune et faire évoluer ce paradigme? Il semble essentiel d’investir dans un dialogue authentique avec la jeunesse pour qu’elle ressente pleinement la portée et les bénéfices des progrès réalisés. Des initiatives comme les programmes d’éducation civique renouvelés, le soutien à l’entrepreneuriat jeune, notamment dans les zones rurales, la révision en profondeur du cursus scolaire et la participation accrue des jeunes aux instances décisionnelles sont autant d’exemples en cours ou à développer. L'allégement de certaines règlementations en matière de fiscalité, de change, de commerce électronique, de fonctionnement des entreprises et de monnaies numériques ouvriraient sans doute quelques horizons pour cette jeunesse connectée, avide de réussite. Cela augmenterait sans doute aucun ce capital confiance tant recherché, aujourd'hui crucial. Pourquoi ne pas prendre de suite les mesures que l'on va fatalement prendre dans dix ans? Alors, il sera trop tard. Les jeunes marocains veulent entreprendre et vivre au rythme du monde. La maxime *Celui qui croit en lui-même n’a pas besoin de convaincre les autres* deviendrait ainsi un appel à réinventer le lien entre l’État et la jeunesse: créer une énergie collective de confiance, non seulement manifestée à l’extérieur, mais aussi vécue et ressentie à l’intérieur, afin de bâtir un avenir partagé. C'est ce qui semble aujourd'hui entamé. Les décisions prises en conseil des ministres tout récemment pour inciter les jeunes à rejoindre les institutions, par la révision de la loi organique de la chambre des représentants en témoignent. Le rabaissement de l'âge plafond de la jeunesse de 40 à 35 ans est une grande avancée. La possibilité pour les jeunes de se présenter aux élections sans appartenance à un parti, ainsi que le soutien financier promis aux jeunes non partisans, sont autant de coups de fouet à la léthargie qui s'était durablement installée dans la vie politique marocaine. La messe est dite: ou les partis politiques s’ouvrent à la jeunesse, ou ils sont condamnés à n’occuper que des strapontins. Si les jeunes s'engagent, alors ils participeront aux changement dont ils rêvent et l'imposeront. Leur niveau de confiance ne s'en trouvera qu'augmenté. Maintenant, attendons les débats au parlement qui fixera tout cela. C’est un critère important: pour une fois, on aura une loi adoptée avec environ neuf mois d’avance avant les élections. Pourvu que personne ne mette de bâton dans la roue. Ce n’est qu’ainsi que la confiance sera construite, comme un socle transparent, inclusif, participatif, et pérenne. Une précision tout de même, la phrase "One who believes in himself has no need to convince others" est généralement attribuée à Lao Tzu (ou Laozi), le sage chinois fondateur du taoïsme. Cependant, elle n’est pas authentifiée comme un extrait du Tao Te Ching. Peu importe, la maxime prend de toute façon ici tout son sens.

La Maturité Politique Émergente de la Jeunesse Marocaine : Un Héritage de GENZ212... 1048

L’essoufflement du mouvement GENZ212 ne signe pas la fin d’une génération en quête de sens. Il devrait marquer le début de la maturité politique d'une jeunesse jusqu'ici considérée hors jeu ou pas du tout intéressée. Entre frustrations légitimes, réponses institutionnelles et possibilités manifestes d'une manipulation dont elle peut ne pas être consciente, la jeunesse marocaine amorce un tournant décisif : passer de la contestation à la construction. Les récentes décisions en Conseil des ministres afin de l'inclure dans la vie politique par des encouragements, on ne peut plus substantiels, expliquent fort bien un mouvement qui s’estompe et une génération qui aujourd'hui s’interroge. La balle est bien dans son camp maintenant. Elle sait que le Maroc ne se fera pas sans elle et qu'il se fait pour elle. Né dans la sphère numérique, GENZ212 a embrasé les réseaux sociaux et mobilisé une jeunesse avide de changements. Son énergie, d’abord spontanée, naïve et sincère, bute aujourd’hui sur la réalité : absence de vision commune et claire, leadership flou et tentatives de récupération par des extrêmes opportunistes, ayant un laps de temps flairé le filon d'or et cru en l'occasion à ne pas rater. L’élan s’est vite affaibli comme dans toute contestation fondée sur des slogans creux, sans contours ou contenu précis, mais la question demeure : que reste-t-il de cette colère ? Le pays a répondu avec promptitude et sérieux. La réponse institutionnelle s’est rapidement manifestée. Le calme et la fermeté du discours royal lors de l’ouverture de la dernière législation du Parlement actuel et le projet de loi de finances 2026 quelques jours plus tard, ont redéfini les priorités autour de la santé, de l’éducation et de la cohésion sociale. Des records absolus sont battus pour l'enseignement et la santé. En intégrant ainsi les attentes de la jeunesse dans l’action publique, la crise est désamorcée. Le Maroc, comme à chaque fois, a choisi l’écoute et la réforme plutôt que la confrontation. Le piège de la manipulation s'est ainsi vite refermé sur ces promoteurs... Sur d’autres terrains, certains ont tenté de ranimer la flamme. L’appel au boycott de la Coupe d’Afrique des Nations, par exemple, en est l’illustration : présenté comme un geste de protestation, il révèle vite ses ambiguïtés et aussi une certaine frustration de non-réussite des extrémistes. La réaction de la majorité des citoyens a vite mis à l'index les promoteurs du boycott, les tournant au ridicule. De nombreux observateurs ont conclu à une tentative de récupération politique voire géopolitique. L'excès de zèle des médias algériens dans leur tentative de chauffer la scène, confirme cette suspicion et la justifie. Certains vont jusqu'à affirmer que les dernières manifestations ne sont plus un cri du cœur, mais un écho d’agendas extérieurs. C'est ainsi que plusieurs jeunes, anciens soutiens du mouvement, ont pris leurs distances. « Nous voulions le changement, pas devenir un outil entre des mains invisibles », affirment dans les réseaux sociaux des militants de la première heure. Les dernières innovations en faveur de la jeunesse pour les inciter à franchir le pas politique comme chemin vers les institutions, conjuguées avec l'importance historique des budgets alloués à la santé et ceux projetés pour l'enseignement, ont fait basculer le mindset de la majorité des jeunes de la contestation à la construction. Comme à ses habitudes, ancrées dans l'histoire, face à la dérive, l’État marocain a toujours privilégié la stabilité et le dialogue. Cette approche pragmatique est donc dans le continuum d'une tradition bien ancrée: répondre à la fronde par des politiques concrètes, non par des discours vides de sens et des promesses mielleuses. À travers son histoire moderne, le Royaume a toujours su que le véritable pouvoir de la jeunesse, c’est de construire, pas de boycotter. Le Maroc ne se défait pas par dépit, il se bâtit par engagement. GENZ212 a servi de révélateur, exprimant les aspirations d’une jeunesse qui voulait être entendue sans être manipulée, actrice sans être instrumentalisée, une jeunesse qui s'est mise en avant au nom de leurs parents et de la société dans sa globalité. Aujourd'hui, par son calme, elle révèle une conscience politique en gestation à laquelle l'État veut contribuer en l'encourageant à franchir le pas vers les institutions représentatives. Ainsi, la colère et les revendications de cette génération ne seront plus exprimées dans les rues ou sous cape, ou vite récupérées par ceux qui confondent liberté d’expression et déstabilisation. Ceci, bien entendu, en attendant que leurs enfants viennent un jour les bousculer et les sortir de leur zone de confort, à leur tour. Dans un contexte régional fragile et incertain, la cohésion nationale demeure le rempart essentiel. La jeunesse marocaine semble l'avoir vite compris et intégré. Un véritable passage vers la maturité. Le Maroc progresse, parfois lentement, mais sûrement, en conjuguant réforme et stabilité, jeunesse et responsabilité. GENZ212 n’est pas un échec, mais une étape. Celle d’une génération qui comprend que le vrai changement ne s’improvise pas sur les réseaux, mais s’inscrit dans la durée, via l’action, l’écoute et la participation. Résister aujourd’hui, c’est refuser d’être manipulé. C’est construire avec lucidité son pays, pas contre lui. Le Maroc entre ainsi dans une phase nouvelle où la jeunesse devient conscience, non plus une force de rupture, mais un moteur d’équilibre. C'est cela, finalement, la révolution tranquille, une évolution marocaine tout au long de son histoire moderne. C'est là un particularisme que seules les Marocains et Marocaines arrivent à comprendre : protester, écouter, dialoguer, répondre, conjuguer, projeter et se projeter en sont les maîtres mots. Etre marocain est une croyance. Rester unis est ici une foi. Défendre le pays est une dévotion. C'est ainsi depuis des millénaires.

Les décès en compétitions sportives : entre l’extrême et le scolaire. part2 938

3. Spécificités du contexte marocain a. Faible documentation officielle Au Maroc, il n’existe pas à ce jour de base de données nationale transparente sur les décès en sport ou en EPS. Les cas médiatisés fournissent des indices, mais ne suffisent pas à quantifier le phénomène. b. Exemples médiatisés - Deux décès d’élèves en séance d’EPS ont fait la une dans les médias nationaux, à Agadir et Meknès. [5] - D’autres cas non confirmés circulent dans la presse locale, appelant à la prudence et à la nécessité d’enquête. c. Contraintes locales - Ressources médicales limitées dans les établissements scolaires (écoles rurales particulièrement vulnérables). - Absence d’équipements de secours (défibrillateurs, matériel de réanimation). - Manque de formation des enseignants en premiers secours. - Faible culture du dépistage médical périodique pour les élèves pratiquant le sport. 4. Recommandations pour prévention et sécurité a. Dépistage médical systématique - Imposer une visite médicale complète avant la participation à l’EPS ou à tout sport (antécédents familiaux, ECG, examen clinique). - Réplétion périodique tous les 2 à 3 ans ou en cas de symptômes (douleurs thoraciques, essoufflement, syncopes). b. Formation et équipements d’urgence - Former les enseignants, encadrants, surveillants aux gestes de premiers secours (RCP, usage du défibrillateur). - Installer des défibrillateurs externes automatiques (DEA) dans les écoles, particulièrement les établissements secondaires ou à fort effectif. - Assurer une couverture médicale lors des compétitions et événements scolaires. c. Protocoles de pratique sécurisée - Adapter l’intensité des activités selon l’âge, la condition physique et les conditions climatiques. - Prévoir des phases d’échauffement, de récupération, de pauses, de surveillance en cas de chaleur. - Interdire les séances intenses pendant les pics de chaleur ou par temps extrême. d. Surveillance et rapport, transparence - Instaurer un registre national des incidents sportifs (effondrements, malaises, décès). - Analyse systématique des cas dramatiques (autopsie, rapport médical) pour tirer des enseignements. - Publication et retour d’information pour améliorer les protocoles. e. Sensibilisation et culture de sécurité - Sensibiliser les élèves, les parents et les enseignants à la sécurité en sport (signes d’alerte, importance de la visite médicale). - Intégrer dans les curricula scolaires des modules sur la santé, le cœur, les capacités physiques et les dangers de l’effort extrême sans préparation. f. Priorité aux zones à risques - Renforcer les écoles en milieu rural, moins dotées en moyens, en équipements de secours et en formation. - Subventionner l’équipement des établissements scolaires en matériel de secours. Voici des stratégies proposées par la recherche et les organisations sportives pour limiter les risques : Domaines et recommandations - Dépistage médical : Examen médical pré-participation (histoire familiale, symptômes évocateurs, ECG) [6] - Formation & sensibilisation : formation des entraîneurs, du staff, des officiels aux signes « alerte » (syncope, douleurs thoraciques). - Infrastructure & équipements d’urgence : mise à disposition de défibrillateurs externes automatiques (DEA) sur les terrains avec protocole d’usage rapide (< 3 à 5 minutes) [6] - Surveillance durant l’effort : veiller aux conditions climatiques, à l'hydratation, aux pauses, à l'adaptation d’intensité. - Intervention rapide : Protocole clair : arrêt cardiaque supposé → RCP + défibrillation rapide. - Suivi post-incident et rapport : tous les incidents doivent être évalués, analysés (autopsies, imageries) pour améliorer les protocoles. - Réglementation et normes : imposer des minimas médicaux selon les niveaux de compétition (fédérations, ligues). - Promotion d’une culture de sécurité : prioriser la vie sur la performance, refuser de jouer en condition de risque. Conclusion Le décès sportif, bien que rare, constitue une tragédie qui met en lumière les failles du système de sécurité et de prévention. Dans les contextes professionnels, amateurs et scolaires, le facteur commun est souvent l’absence de détection, un encadrement inadéquat, ou un retard dans l’intervention d’urgence. Dans le cadre de l’EPS, ce risque, quoique faible, est réel, notamment dans des environnements moins bien équipés. Au Maroc, quelques cas médiatisés montrent que le danger ne peut être ignoré. Il est urgent de mettre en place une stratégie nationale de prévention : dépistage systématique, formation, équipement de secours, protocoles clairs, culture de sécurité, transparence sur les incidents. Ce n’est qu’en combinant ces mesures qu’on peut espérer préserver la santé et la vie des pratiquants scolaires comme sportifs. RÉFÉRENCES 1. AHA Journals : https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/CIRCULATIONAHA.108.804617? 2. dnaofsports.com: http://www.dnaofsports.com/football/how-many-deaths-in-football/ 3. Wikipedia: en.wikipedia.org/wiki/Gansu_ultramarathon_disaster?utm_source=chatgpt.com 4. dakaractu.com: http://www.dakaractu.com/Deces-d-une-eleve-en-classe-de-4e-des-suites-d-une-crise-cardiaque-lors-d-un-cours-d-EPS-a-Diass-les-exigences-du-SEEPSS_a200406.html 5. Le 360 Français: https://fr.le360.ma/societe/education-physique-la-seance-de-la-mort_CW56CCPVNZHGVLXDX6VTYSI6P4/ 6. PMC: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3418121/?utm 7. Telquel.ma: telquel.ma/2021/04/15/la-mort-subite-sur-les-terrains-de-football-aumaroc- interpelle-sur-le-suivi-medical-des-joueurs_1718546?utm_source=chatgpt.com

Les décès en compétitions sportives : entre l’extrême et le scolaire. part1 943

Résumé de l’article Le décès sur les terrains de sport, bien que rare, constitue une réalité préoccupante. Il touche aussi bien des sportifs professionnels que des élèves lors de cours d’Éducation physique et sportive (EPS). Les causes les plus fréquentes sont d’origine cardiaque (anomalies congénitales, troubles du rythme, myocardite), aggravées par l’effort intense, l’environnement ou l’absence de prise en charge rapide. Dans les écoles, le risque est accru par le manque de dépistage médical préalable, l’insuffisance d’équipements de secours (comme les défibrillateurs), et une faible culture de la prévention. Des cas récents au Maroc, notamment à Agadir et Meknès, rappellent l’urgence d’agir. L’article recommande : - Un dépistage médical systématique avant toute activité physique, - La formation des enseignants aux gestes de premiers secours, - L’installation d’équipements d’urgence dans les établissements, - Des protocoles clairs pour adapter les séances d’EPS à l’état de santé des élèves, - Une meilleure transparence et un suivi des incidents. Dans le contexte marocain, à l’aube de la CAN 2025 et du Mondial 2030, faire du sport un espace sûr et inclusif est une priorité de santé publique. Introduction Le sport incarne la vitalité, l’effort, le dépassement de soi. Pourtant, dans des circonstances tragiques devenues parfois médiatisées, des sportifs — même de haut niveau — ou des élèves en séance d’EPS s’effondrent, victimes de crises cardiaques, de problèmes physiologiques ou d’accidents. Ces événements rappellent les limites biologiques, mais surtout les lacunes de prévention, de surveillance et d’encadrement. Dans les sociétés où le sport occupe une place importante — et plus encore au Maroc, porté par ses ambitions sportives (organisation de la CAN 2025, co‑organisation du Mondial 2030) — il importe de questionner les garanties offertes aux pratiquants, y compris les élèves. Cet article explore d’abord les décès dans les contextes sportifs professionnels ou amateurs, puis s’intéresse aux cas survenus dans l’EPS, avant de décliner ces problématiques dans le contexte marocain. Les questions centrales sont : quelles sont les causes les plus fréquentes de ces décès ? Dans quelle mesure le cadre scolaire est-il exposé à ces risques ? Et quelles mesures de prévention sont raisonnablement applicables, particulièrement au Maroc ? Problématique Dans quelle mesure le phénomène de décès subit en contexte sportif (compétition / entraînement) constitue-t-il une alerte pour la sécurité dans les cours d’EPS, et comment adapter les dispositifs préventifs à la réalité marocaine ? Hypothèses 1. La majorité des décès subits chez les sportifs est d’origine cardiaque (anomalies structurelles ou rythmiques non diagnostiquées). 2. Le contexte scolaire (moins de contrôle médical systématique, encadrement parfois limité) expose davantage les élèves aux risques lors des séances d’EPS. 3. Au Maroc, en l’absence d’un système systématique de dépistage, les décès dans les cours d’EPS sont sous-déclarés, mais des cas récents montrent que le risque est réel. 4. L’adoption de protocoles médicaux obligatoires, de formation des enseignants et de matériels de secours (défibrillateurs, etc.) peut réduire significativement ces incidents. 1. Décès en contexte sportif : état général a. Données et fréquence - Une revue clinique sur les « sudden deaths in young competitive athletes » recense des cas répartis selon les sports. [1] - En football, on recense en moyenne 12,2 décès par an, soit environ 1 pour 100 000 participants, combinant décès directs (traumatiques) et indirects (cardiaques) [2] . - Certains sports extrêmes (ultramarathon, conditions environnementales extrêmes) sont aussi liés à des accidents massifs, comme le drame de l’ultramarathon du Gansu en Chine où 21 participants sont morts en 2021 à cause d’hypothermie et d’une forte tempête soudaine. [3] b. Principales causes identifiées - Anomalies cardiaques structurelles ou congénitales, souvent non détectées (cardiomyopathie hypertrophique, anomalies coronariennes). - Troubles du rythme cardiaque, pouvant déclencher une fibrillation ventriculaire. - Myocardite, inflammation cardiaque, notamment après infections virales. - Coup direct thoracique (commotio cordis) dans certains sports de contact. - Hyperthermie / coup de chaleur, surtout dans des conditions de terrain chaud et d'humidité élevée. - Rhabdomyolyse sévère, déséquilibre électrolytique, usage de substances dopantes ou stimulantes. - Retard d’intervention, absence d’équipement de secours (défibrillateur, personnel formé). c. Cas célèbres et leçons - Le cas d’athlètes qui s’effondrent en match ou à l’entraînement souligne l’importance du dépistage. Quelques cas documentés : - Réda Saki : défenseur, s’est effondré sur un terrain lors d’un match du Championnat amateur. Il est décédé à l’hôpital après l’incident. [7] - Youssef Belkhouja : joueur du Wydad Casablanca, mort subitement pendant une demi-finale de la Coupe du Trône. [7 - D’autres noms cités dans la presse : Jaouad Akdar (Hassania Agadir), Adil Etakradi (Olympique Khouribga) lors d’entraînements ou matchs. - Dans le monde scolaire, bien que les cas soient plus rares, des décès d’élèves pendant une séance d’EPS ont été médiatisés dans plusieurs pays : au Sénégal, une élève de 4ᵉ est décédée suite à une crise cardiaque pendant un cours d’EPS. [4] - Au Maroc, récemment, deux élèves sont décédés après des malaises survenues pendant une séance d’EPS dans les provinces d’Agadir et Meknès. [5] 2. Décès dans les cours d’éducation physique : particularités et vulnérabilités a. Contexte scolaire : caractéristiques - Les cours d’EPS se déroulent souvent dans des conditions moins contrôlées que les compétitions : ressources limitées pour le suivi médical, absence de dispositifs de secours, gestion des classes, contraintes d’infrastructure. - La population scolaire est plus hétérogène (divers niveaux de condition physique, antécédents non détectés). b. Cas documentés - Les cas marocains mentionnés ci-dessus montrent que le drame peut survenir en milieu éducatif. L’absence de preuves systématiques suggère que certains incidents restent anonymes ou non médiatisés. - Dans d’autres pays africains ou francophones, des décès en cours d’EPS ont ravivé le débat sur la nécessité de la visite médicale obligatoire avant la pratique physique. c. Risques spécifiques - Effort inadapté à l’état physiologique de l’élève (mauvaise condition physique, pathologies non connues). - Absence de détection préalable des facteurs de risque (cardiopathies, antécédents familiaux). - Mauvaise gestion des conditions environnementales (chaleur, humidité, terrain). - Délai de secours trop long, manque de défibrillateurs, personnel non formé aux premiers secours.

Allah Alwatane Al Malik : La Victoire d’un Peuple, l’Épopée d’une Nation Unique... 1075

Lorsque les joueurs marocains ont foulé la pelouse face à l’Argentine, ces fils de la terre d’Allah Alwatane Al Malik, portaient sur leurs épaules tout le poids d’un peuple millénaire, de ses espérances, de ses rêves les plus profonds, de ses ambitions. Cette victoire éclatante n’est pas qu’un triomphe sportif, elle est le chant sacré d’une identité forgée au creuset des âges, le souffle puissant d’une nation qui refuse de se laisser définir par d’autres, qui se distingue et le revendique sans complexe. Le Maroc, riche de son histoire unique, multiple et complexe, est plus qu’un pays : c’est une légende en marche, un passé conjugué au présent et au futur. De ses villes impériales aux oasis verdoyantes, de son désert magique à ses plaines nourricières, de son atlas à son atlantique et sa méditerranée, ce royaume millénaire a su garder vivantes des traditions ancestrales tout en embrassant les défis de la modernité. Les joueurs du haut de leur âge précoce, se sont transcendés en gardiens fiers et passionnés de cette mémoire. Ils ont incarné l’âme de leur patrie dans chaque sprint, dans chaque passe, dans chaque but et à chaque fois qu'un adversaire les a agressé. Jamais méchants, jamais malpolis, jamais tricheurs, ils ont séduit le monde. Leur attachement à leur monarchie, pilier de stabilité et symbole d’unité, est la force tranquille qui éclaire leur route, qui motive leur engagement et atténue leur souffrance. Feu Mohammed Abed Al Jabri, grand philosophe devant l'éternel, n'avait il pas dit que «Le Maroc est un pont entre les mondes, un équilibre entre tradition et avenir. » Ces mots résonnent aujourd’hui plus fort que jamais à travers ce triomphe collectif d'une jeunesse insatiable, infatigable, déterminée et conquérante. Allah Alwatane Al Malik : ces mots sacrés sont l’essence même de l’amour que nourrit tout Marocain pour sa terre, pour son histoire, pour son particularisme, pour ce qu'il est simplement. Le drapeau qui s’élève au vent, les chants de joie qui s’élancent à chaque fête, des villages aux grandes villes, traduisent cette ferveur d’un peuple souverain, fier de sa dimension unique, de ses attributs, de son originalité . Le Maroc ne s’incline devant aucune influence et ne l'a jamais fait, même aux moments les plus sombres de son existence. Il ne cherche pas à être l’ombre de quiconque et se contente de la sienne. Il avance d’un pas sûr, guidé par la sagesse des siècles et l’énergie vibrante de sa jeunesse. Comme l’avait prêché le Sultan Youssef Ben Tachfine, fondateur de l’Empire almoravide : « Celui qui n’aime pas sa patrie n’a pas de cœur. » Cette victoire est l’illustration vivante de cet attachement profond qui unit le peuple marocain par le cœur. Cette victoire, fruit d’un talent incommensurable et d’une volonté à toute épreuve, annonce le réveil d’une nation audacieuse. Le Maroc est à l’aube d’une épopée nouvelle, une ère où ses richesses culturelles et ses valeurs fondamentales se mêlent à un esprit d’innovation et de dépassement. Il ose rêver, il ose bâtir, il ose tracer un chemin qui lui est propre, celui d’un pays qui tient fermement la barre de son destin. Il fabrique à la fois des voiture et des babouches. Il équipe des avions et s'habille en Jellaba. Il n'a pas de complexes. Il est lui même et c'est tout. Face aux géants du football mondial, nos Lions de l’Atlas ont rugi avec la puissance d’un peuple uni, qui puise dans ses racines séculaires la force nécessaire pour gravir les sommets. Cette victoire illumine tout un continent, et plus encore : elle est un hymne vibrant à ce Maroc authentique, fier de son passé, confiant en son avenir. Aujourd’hui, le Maroc célèbre sa singularité, son courage, son identité. Il se réinvente. Il conquiert. Il brille. Ce triomphe est un hommage majestueux à une civilisation millénaire qui, loin de s’éteindre, resplendit à nouveau de toute sa splendeur, portée par des jeunes souriants mais fermes et déterminés. Tahar Ben Jelloun ne dit il pas que « Le Maroc est un livre aux mille pages, chacune racontant l’histoire d’un peuple debout, créatif et fier. » Aujourd’hui, ces pages s’enrichissent d’un nouveau chapitre glorieux. Allah Alwatane Al Malik est pour l’éternité dans nos cœurs et notre histoire n'est pas finie, elle continue de plus belle et s'enrichit chaque jour. Merci les lionceaux, vous avez contribué à faire de votre pays une Étoile Indomptable par Une Victoire Épique qui restera Gravée dans l’Histoire...

Le compagnonnage, une piste oubliée pour réinsérer les jeunes NEET... 1081

S'il y a une situation à laquelle il faut répondre vite, très vite même, c'est celle des NEET. Ces jeunes ne vont pas s'évaporer. Au fur et à mesure qu'ils avancent en âge, leurs problèmes, et donc les nôtres, deviendront de plus en plus difficiles à apprivoiser et à contenir. Le gouvernement se doit de trouver des solutions durables pour réinsérer ces jeunes sans emploi ni formation, les fameux NEET: Not in Employment, Education or Training. Une voie ancienne pourrait s’avérer étonnamment moderne : le compagnonnage. Héritée des traditions artisanales, cette forme d’apprentissage direct, qui a fait ses preuves tout au long de notre histoire, n'a pas été abandonnée ailleurs. Dans de nombreux pays européens, l’apprentissage en atelier est un pilier de la formation professionnelle. L'idée devrait inspirer un nouveau modèle marocain d’insertion et de transmission des savoir-faire, en redonnant sens à l’apprentissage par le contact avec les métiers. Dans un passé pas si lointain cela a été le cas même pour certains métiers modernes : coiffure, mécanique et autres. Il est temps de repenser tous cela et également de regarder ce qui se passe ailleurs dans les pays où l'enfance et ses droits sont parfaitement protégés, mais où il n'est pas interdit d'apprendre un métier en atelier, bien au contraire. En Suisse ou en Allemagne, le système dit « dual » associe enseignement théorique et pratique en entreprise. Il permet aux jeunes d’acquérir une qualification reconnue tout en participant à la vie productive du pays. C'est par exemple le pilier incontournable de l'excellence suisse en horlogerie. Ce modèle d'apprentissage valorise la transmission et la rigueur du geste, et permet de maintenir vivantes des professions manuelles et artisanales, tout en réduisant le chômage des jeunes. Or, aujourd'hui, force est de constater que bon nombre de métiers traditionnels marocains sont en perte de vitesse et risquent la disparition faute de Maâlems. Le compagnonnage met au cœur de la formation la relation entre le maître et l’apprenti, la mobilité entre ateliers, ainsi que la réalisation de chefs-d’œuvres auxquels l'apprenti participe fièrement et voit se concrétiser ses efforts, dont l'appréciation du client est l'indice unique d'évaluation. Les écoles de formation professionnelle ne peuvent offrir une telle approche émotionnelle avec les métiers. Le compagnonnage valorise la patience, l’excellence et la fierté du métier : des valeurs qui résonnent avec la culture artisanale marocaine. Au Maroc, la situation est étonnamment paradoxale. Les politiques de lutte contre le travail des enfants ont permis des avancées spectaculaires certes : le nombre de mineurs travailleurs a chuté de près de 94% en vingt ans. Mais la législation, dans son zèle protecteur, ne distingue pas clairement le travail illégal de l’apprentissage encadré. Le résultat est sans équivoque, des ateliers où se transmettaient autrefois les savoirs du bois, du cuir ou du métal ferment les uns après les autres, faute de pouvoir accueillir des apprentis sans enfreindre la loi, alors que des centaines de milliers de jeunes sont abandonnés à la rue et ses risques. Cette confusion entre «exploitation» et « formation pratique » prive aujourd’hui des centaines de jeunes d’une voie d’apprentissage réelle, et fragilise un pan entier du patrimoine artisanal national. Afin de récupérer au plus vite cette force historique pour l'absorption des NEET, un cadre juridique revisité, adapté et souple est une urgence. La leçon peut encore une fois nous venir d’Europe. Les comparaisons internationales peuvent nous offrir un éclairage précieux. En Suisse, la formation professionnelle repose sur une véritable alliance entre écoles, entreprises et collectivités locales. L’apprentissage y est valorisé comme une voie d’excellence. Les jeunes ont la possibilité et la chance d'alterner cours et pratique en atelier. Ils acquièrent une solide expérience et obtiennent un certificat fédéral reconnu. Ce système assure une insertion rapide sur le marché du travail, tout en garantissant une protection claire des mineurs et une reconnaissance institutionnelle du statut d’apprenti. Le résultat de ce pragmatisme est que les métiers manuels et artisanaux y demeurent vivants et respectés. En Allemagne, le modèle dual associe également formation théorique et apprentissage en entreprise. Il permet aux jeunes d’intégrer très tôt le monde du travail avec un statut protégé et encadré. Le système est reconnu pour sa capacité à prévenir le chômage des jeunes et à maintenir un haut niveau de compétence technique, notamment dans les métiers industriels et artisanaux. Le Maroc, en revanche, peine encore à structurer cette articulation entre apprentissage et formation. L’apprentissage artisanal y reste largement informel, soumis à une législation restrictive qui tend à confondre accompagnement formatif et travail illégal. Si la protection des mineurs est globalement forte, elle demeure floue dès qu’il s’agit de formation pratique. Cela a pour conséquence une insertion inégale des jeunes selon les secteurs, alors que de nombreux métiers traditionnels pourtant créateurs de richesse, sont aujourd’hui menacés de disparition faute de relève. La philosophie directrice de la réforme nécessaire aujourd'hui, devrait être la réhabilitation du rôle du Maalem. Le Maroc dispose heureusement encre d’un atout inestimable : son réseau d’artisans maîtres, ou Maâlems, gardiens de traditions séculaires dans la ferronnerie, la bijouterie, la menuiserie ou la poterie. Redonner une place légale et formatrice à ces maîtres serait un premier pas vers la création d’un compagnonnage marocain, adapté aux réalités locales et tourné vers la modernité. Cela impliquerait de réformer la loi sur le travail des enfants pour distinguer l’apprentissage structurant, du travail précaire, et de créer des passerelles institutionnelles entre l’artisanat traditionnel et les programmes de formation professionnelle formelle. C'est une voie d’avenir pour les jeunes NEET et ces milliers de jeunes marocains déscolarisés. Le compagnonnage pourrait devenir une porte de sortie de la précarité, voire de la délinquance menaçante. L’apprentissage auprès d’un Maalem n’est pas un retour en arrière, mais une réinvention moderne du lien entre savoir, travail et dignité. Le Maâlems est un maitre est un éducateur, un transmetteur de valeurs fortes. Et puis n'oublions pas que c'est ainsi que Fès était une ville industrielle, que Marrakech a gardé une authenticité qui lui donne son cachet particulier, que Ouarzazate est Ouarzazate ou que Chefchaouen soit Chefchaouen. Encadré par l’État, reconnu par les institutions et soutenu par des incitations locales, ce modèle pourrait contribuer à redonner espoir à une jeunesse en quête de sens, tout en préservant les métiers patrimoniaux qui font la richesse culturelle du Maroc, ce qui le distingue et ce qui fait sa force. En chaque apprenti, germe un bon citoyen, en chaque apprenti dort une PME.

Réformer, oui. Imiter, non. Le Maroc face au leurre parlementaire... 1179

Partout où il a été adopté, le modèle parlementaire montre ses limites. En Europe, les crises politiques répétées et les gouvernements éphémères se multiplient, nourrissant le désenchantement citoyen. En Israël, la succession d’élections en un laps de temps restreint illustre une instabilité chronique. En Grande-Bretagne, la saga du Brexit a révélé les failles d’un système tiraillé entre légitimité électorale et fragmentation politique. Partout, la logique des coalitions fragiles et des compromis de circonstance a transformé le parlementarisme en machine à divisions et en vecteur de populisme. Là où le parlement se fragmente, c'est la crise assurée: la France est entrain de l'expérimenter amèrement. Et pourtant c'est quand le parlementarisme s’essouffle que certains interrogent l'équilibre institutionnel du pays, l'évoquant de manière anachronique en tant que modèle adéquat ! Ce constat suscite un débat récurrent; Certains milieux, séduits par un idéal importé, proposent de « parlementariser » davantage le système politique, voire de réduire encore plus le rôle institutionnel du Souverain. Une proposition affriolente en apparence, mais dangereusement déconnectée des réalités nationales, historiques, sociologiques et profondément politiques; L'équilibre institutionnel au Maroc s'étant forgé par l’histoire en cohérence avec la géographie et les données démographiques. Le Maroc n'est pas un pays comme les autres et son peuple encore moins. C'est un Etat nation d'un particularisme qui se distingue beaucoup parmi d’autres particularismes dans la région et au-delà. Depuis la Constitution de 2011, le pays avance sur une trajectoire singulière : celle d’une monarchie constitutionnelle équilibrée, conjuguant stabilité de l’État et pluralisme politique réel. Cette articulation subtile entre la légitimité historique du Trône et la légitimité démocratique des autres institutions a permis au pays d’éviter les turbulences qui ont frappé plusieurs États de la région et dont les conséquences ont été désastreuses, faut il le mentionner. Le souverain, dans ce cadre, ne se présente pas comme un acteur partisan, mais comme un arbitre institutionnel garant de la cohésion nationale et de la continuité des réformes ambitieuses entreprises. Sans cette autorité morale et politique d'une grande subtilité, le pays risquerait de sombrer dans les mêmes blocages que connaissent d’autres régimes parlementaires fracturés par les querelles d’appareils et les ambitions personnelles. Déplacer le débat autour des insuffisances et imperfections vers se sujet là, c'est s'éloigner dangereusement du véritable enjeu : revitaliser et assainir la vie politique. Les appels à un transfert accru de prérogatives vers le Parlement passent souvent à côté du vrai problème : la faiblesse du corps partisan. Le mal du système politique marocain ne vient pas d’un excès d’autorité monarchique, mais d’un déficit de crédibilité des autres acteurs politiques. La monarchie n’a jamais empêché les partis de se montrer compétents, cohérents ou audacieux. Trop souvent, ceux-ci ont préféré la rhétorique à l’action, abandonnant le terrain et la responsabilité. Le défi réside donc moins dans l’affaiblissement du pouvoir royal que dans la moralisation de la vie publique, la valorisation du contrôle parlementaire et l’exigence de compétence chez les élus. La démocratie ne se mesure pas uniquement à la répartition formelle des pouvoirs, mais à la qualité de leur exercice et à l'impact sur la vie de tous les jours et sur le cours de l'histoire. Depuis l’indépendance, la force du Maroc tient à une constante immuable : réformer sans rupture, moderniser sans renier ses fondements. Ce modèle, parfois critiqué au nom d’un idéalisme importé et d'une idéologie aujourd'hui effondrée après avoir causé bien des malheurs, demeure l’un des rares à concilier stabilité, ouverture et ambition. Céder au mimétisme institutionnel serait une erreur stratégique dans un contexte mondial où même les grandes démocraties doutent de leurs propres mécanismes. Le peuple marocain dans sa majorité le sait. Il en est même profondément convaincu. Il va même jusqu'à réclamer que tous le pouvoir soit concentré entre les mains du Roi; une façon de dire haut et fort son ras le bol du fonctionnement des institutions qu'il a lui même élues. Quel paradoxe que de voter pour des gens et d'en appeler au Roi pour nous en débarrasser! Etonnant, non? C'est tous le particularisme de cette nation. Le Maroc n’a pas besoin d’un changement de régime, mais d’un sursaut politique et moral. La monarchie, garante de la continuité, n’est pas un frein à la démocratie marocaine : elle en est la colonne vertébrale. S'unir autour, est la singularité de ce pays qui a su traverser l'histoire, fidèle à lui même. Ce modèle est unique et fait des envieux de tout genre. Comme le rappelait Hassan II, la démocratie n’a pas une seule définition. Chaque peuple doit inventer la sienne. Cette leçon reste d’une actualité saisissante : le Maroc poursuivra sa voie propre, celle d’un équilibre réfléchi entre autorité et participation, tradition et modernité, un équilibre qui fait sa force et fonde sa stabilité. Le Maroc avance, et même à grands pas. Quant aux aventuriers et apprentis sorciers de la politique: prisonniers de leurs contradictions, de leurs illusions et de leurs échecs, ils finiront par s’échouer sur les rives de l’histoire. Ils avancent masqués derrière des slogans porteurs: le communiste devient soudain un ardent défenseur des droits humains et l'islamiste se découvre une vocation démocratique. Ils oublient simplement que l'histoire les a déjà jugé et que les modèles ne manquent pas et les marocains le savent. Ils ne sont pas dupes. Il n'est pas question ici de ceux qui ont déjà fait leur mea culpa et se sont repentis bien évidemment, mais de tous les autres.

Citoyens exigeants, citoyens oublieux : l’autre crise de notre société... 1177

Le citoyen face à lui-même : entre exigences et oublis Dans beaucoup de sociétés contemporaines et sans doute aucun dans la notre aussi, une étrange tendance se renforce : celle du citoyen qui exige tout de l’État, mais oublie de se demander ce qu’il lui donne en retour. Cette posture de dédouanement collectif, où les responsabilités se dissolvent dans la critique, nourrit une citoyenneté passive, souvent indignée mais rarement engagée. On reproche beaucoup de choses aux gouvernants en oubliant que c'est nous même qui avons voté pour eux et que ne pas voter est en fait un vote pour les majorités qui se forgent. Quand quelque chose ne va pas: chômage, insécurité, éducation, santé, la première réaction est souvent d’accuser l’État. On réclame davantage de prestations, plus de justice, plus de transparence. C’est légitime. Mais dans cette revendication, il est rare que chacun s’interroge sur son propre rôle : payons-nous nos impôts correctement ? Respectons-nous les lois ? Participons-nous réellement à la vie civique ou préférons-nous laisser les « autres » faire ? Un pays ne se construit pas seulement par les décisions de ceux qui gouvernent, mais par la participation consciente de ses citoyens. Le discours public met souvent l’accent sur les droits : droit à la santé, à l’éducation, au travail, à la liberté d’expression. Mais les devoirs: civils, moraux et économiques sont fréquemment oubliés. Or, revendiquer un droit sans remplir un devoir, c’est fragiliser le contrat social. L’incivisme du quotidien par exemple jeter ses déchets n’importe où, tricher sur ses impôts, contourner les règles, mine autant une société que les grandes défaillances politiques qu’on dénonce. Les droits ne se gagnent pas sans accomplissement des devoirs. Beaucoup dénoncent la corruption comme si elle venait d’en haut, comme une pluie sale tombée sur des citoyens innocents. Mais la vérité est plus dérangeante : le corrupteur et le corrompu se confondent souvent dans la même personne. Le commerçant qui fraude, l’automobiliste qui glisse un billet pour éviter une amende, le parent qui cherche un passe-droit pour son enfant: tous participent à ce même mal. Accuser le « système » sans se reconnaître comme maillon de ce système, c’est refuser de grandir. La corruption est intériorisée et ne dérange que quand on en est la victime ou quand il faut manifester se délectant du goût du populisme et du nihilisme . On se laisse paisiblement, passivement séduire par les discours simplistes des populistes. Ces derniers jouent sur la colère, la frustration et la peur. Ils fournissent des coupables tout faits : les élites, les étrangers, les institutions. Mais très peu d’auditeurs prennent le temps d’analyser, de vérifier, de raisonner. Le populisme plaît parce qu’il soulage : il transforme la réflexion en émotion. Le nihilisme, quant à lui, propose un plaisir encore plus dangereux : celui de la désespérance. Croire que tout est perdu, que tout est mensonge, que rien n’a de sens, c’est refuser l’effort de penser le réel et de participer au changement. Beaucoup ont la mémoire courte et ne voient pas les progrès réalisés, souvent parce qu’ils ne prennent pas la peine de comparer. Les générations précédentes ont connu la misère, l’absence d’école, les soins rudimentaires, la précarité permanente. Aujourd’hui, malgré les difficultés, le confort matériel, les infrastructures et les libertés sont sans commune mesure. Regarder en arrière n’est pas de la complaisance : c’est un devoir de lucidité pour mesurer le chemin parcouru. L’ère est à la contestation sans information. Notre époque est marquée par une hyper-réactivité. On conteste avant de comprendre, on commente avant de savoir. Les réseaux sociaux amplifient cette impulsion : on s’indigne plus vite qu’on ne s’informe. Mais une opinion qui ne se fonde pas sur la connaissance devient un bruit, Une nuisance et non une contribution. La critique, pour être légitime, doit être éclairée, étayée, vérifiée. Un citoyen responsable ne se contente pas de réclamer. Il agit, s’informe, s’engage et reconnaît les progrès comme les erreurs. C’est seulement à cette condition qu’une nation peut évoluer sans sombrer dans la plainte stérile. John F. Kennedy n'avait il pas dit dans son discours d'investiture le 20 janvier 1961 sa phrase célèbre, devenue une signature autant personnelles que politique: « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. » Cette citation avait pour but d'inciter l'Américain à se demander avant tout ce qu'il peut apporter à son pays, et non l'inverse. La phrase souligne le devoir civique et la responsabilité personnelle dans le cadre de la nation et est parfaitement transposable chez nous par les temps qui courent. Il parait que John Kennedy c'était en fait inspiré d'une phrase plus ancienne exprimée par un principal d'école, dans son enfance, et qui aurait dit à propos d'une école qui s'appelait alma mater: « The youth who loves his alma mater will always ask not 'What can she do for me?' but 'What can I do for her?' » Kennedy aurait remplacé « alma mater » par « pays » pour en faire cette maxime patriotique. A ce demander combien de directeur d'école sont capables d'un tel niveau de réflexion et d'engagement pour inspirer notre jeunesse et lui faire prendre conscience de ses devoirs avant de leur parler de leur droits. Aujourd'hui si le besoin est de formuler un pacte social nouveau pour nous retrouver tous autour du même objectif d'aller de l'avant et de rendre encore plus fort notre pays, il convient aussi de nous atteler à reformuler un pacte patriotique comme cela avait été le cas à notre indépendance ou après la glorieuse marche verte, en nous remémorant à chaque instant, à chacun de souffles, notre devise Dieu, la Patrie, Le Roi. C'est ainsi que toutes nos revendications seront entendues, que nos droits vont se réaliser, que le corruption va disparaitre et que la paix sociale sera à jamais installée.

Et si la fiscalité devenait la clé de nos solutions face à la colère des jeunes au Maroc ? 1156

Fin septembre 2025, de nombreux jeunes Marocains ont manifesté partout pour réclamer justice sociale, réformes éducatives, un meilleur accès aux soins, et la lutte contre la corruption. Ce mouvement inédit, porté par la Génération Z à travers le collectif GenZ 212, a exprimé un profond mal-être face à la précarité, au chômage élevé atteignant quelque 35% chez les 15-24 ans, et à un sentiment d’injustice sociale avec les millions de NEET. Cela était prévisible : les récents taux d'inflation, la dégradation du pouvoir d'achat quasi généralisé, la pression sur les marchands ambulants qu'on a décidé d'éradiquer du jour au lendemain, certains aménagements décidés à la va-vite et mis en lien avec la CAN et la Coupe du Monde ne pouvaient pas rester sans réaction de la population, et ce sont les jeunes qui l'ont portée. Des projets qui devaient nous réunir nous ont en fait divisé. Face à cette mobilisation, tous attendions attentivement le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI le vendredi 10 octobre à l'ouverture constitutionnelle de la session parlementaire. Ce fut le dernier discours devant ces parlementaires là. Le prochain devant le parlement sera prononcé devant d'autres parlementaires de notre choix aussi...Tous étions suspendus aux mots, au ton de la parole du Souverain, à sa gestuelle. La sérénité paternelle du souverain allait, dès les premiers instants de son apparition, nous rassurer. Dans un continuum parfait avec le discours du Trône, le souverain a insisté sur la responsabilité et le dialogue au sein des institutions. Il a souligné l’importance de l'Unité, de la stabilité, de la transparence et de la justice sociale, et rappelé la nécessité de réformes urgentes autant dans la perception que structurelles, pour bâtir un Maroc uni et prospère. La ligne est tracée et le cap précisé : le Maroc doit devenir émergent et atteindre les 300 milliards USD de PIB au plus vite, en en faisant profiter l'ensemble de la population et des régions du pays. La colère est perçue intelligemment avec sérénité, et une réponse claire : sur la base des grands acquis, le Maroc entreprend une nouvelle ère dans son développement, une ère plus inclusive qui s'appuie sur les spécificités et les atouts de chaque terroir. Le discours invite en fait à un pacte patriotique avec l'engagement de toutes et de tous. Un pacte ou les projets ne se télescopent pas mais se complètent au profit des populations. La session parlementaire est donc ainsi lancée et va s'attaquer au projet de loi de finances, et c'est la responsabilité des élus que d'en débattre. Dans le contexte actuel et pour répondre aux orientations royales, les députés comme le gouvernement devront sortir des sentiers battus et débattre dans un esprit constructif, certes partisan, mais dans l'intérêt de la nation entière. Dans ce contexte, la fiscalité peut devenir un outil plus efficace et mieux adapté à la période que nous traversons et à chacune des régions. Elle ne doit plus être perçue ou ressentie comme un fardeau ou un simple outil de prélèvement, mais comme un levier stratégique capable d'accompagner les solutions économiques et sociales. Trop souvent réduite à la collecte des impôts pour financer la dépense publique, elle peut et doit devenir un moteur de croissance, d’investissement et d’emploi, en particulier pour répondre aux attentes des jeunes. Elle doit devenir un levier de développement et d’équité. Il va falloir entre autres remettre en question la réforme fiscale progressive entre 2023 et 2026 qui fait débat d'ailleurs, notamment avec la montée du taux d’impôt sur les sociétés (IS) pour les petites et moyennes entreprises (PME). Pour les PME dont le bénéfice net fiscal est inférieur ou égal à 300 000 dirhams, le taux d’IS est passé de 12,5% en 2023 à 17,5% en 2025, et atteindra 20% en 2026. Cette réforme avait pour but d'ajuster la fiscalité tout en stimulant la croissance économique, mais elle soulève des interrogations sur l’impact réel pour les PME et leur capacité à investir et créer des emplois essentiels à la jeunesse marocaine. Force est d'insister sur le fait que ce sont les PME qui créent le plus d'emplois au Maroc, juste après le secteur informel. Le gouvernement qui voulait créer des emplois a bloqué cette dynamique, entre autres par cette réforme mal venue. Au contraire, les PME qui emploient le plus devraient bénéficier d'abattements fiscaux importants pour les aider à grandir. À l’international, plusieurs pays montrent qu’une fiscalité allégée favorise la compétitivité et attire les investissements, comme l’Irlande avec un taux d’IS généralisé à 12,5%. Le cadre fiscal marocain se doit d'être réadapté pour stimuler la croissance et renforcer la justice sociale, tout en assurant des recettes publiques suffisantes. Le défi au Maroc est d’adopter une fiscalité qui soutienne la relance économique tout en répondant aux aspirations de la jeunesse pour plus d’équité. Cela demande un engagement conjoint du gouvernement et du parlement, pour concevoir une politique fiscale transparente, juste et adaptée à la réalité des PME, des entrepreneurs informels et des jeunes travailleurs. Une fiscalité qui laisse le maximum de pouvoir d'achat aux citoyens stimulant ainsi le véritable moteur de la croissance: la demande intérieure. Une TVA à 20% ne le fait pas. Intégrer les activités informelles par une fiscalité adaptée à leur taille permettrait de valoriser ces acteurs comme de véritables entrepreneurs en devenir, contribuant ainsi à la formalisation de l’économie sans écraser leurs capacités. Un marchand ambulant est en fait un porteur de projet de PME. Combien de success stories se sont forgées à partir d'une activité précaire ? Certes, il faut organiser tout cela et mettre des normes, mais en quoi un jeune qui se lance dans un petit commerce nous dérange-t-il ? L'espace appartient à tous, y compris aux jeunes qui se lancent à leur compte sans embêter personne. Les interdire c'est en faire des revanchards aigris, prêts à tous, alors qu'on est incapable de leur proposer de palliatif. En cette période de tensions sociales et d’espoirs pour un Maroc meilleur, la fiscalité peut devenir un puissant levier de transformation économique. Elle doit être repensée non pas comme un frein, mais comme un outil d’émancipation collective. Les députés et les ministres devraient lire Ibn Khaldoun à ce sujet. Faire de la fiscalité un facteur de redistribution par la prospérité, au service des citoyens et notamment de la jeunesse, est une voie à explorer pour bâtir un Maroc plus juste, plus solide, et capable de relever les défis de demain. Par ailleurs, valoriser les réussites nationales dans tous les domaines, de l’entrepreneuriat au sport en passant par la culture, est essentiel pour nourrir la fierté et l’ambition des jeunes Marocains. Les réussites exemplaires de nos compatriotes devraient être obligatoirement enseignées à l'école pour susciter la curiosité, l'admiration et servir d'exemple par le travail et la novation.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI: Un style ancré dans la responsabilité, la justice et le développement pour tous 1144

Fidèle à la ligne et à la logique qu’il a instaurées depuis le premier jour de son règne, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a encore une fois confirmé son style. « Le style, c’est l’homme même », disait Buffon dans son célèbre discours à l’Académie française en 1753. Par cette formule, Buffon voulait dire que le style reflète la personnalité, la pensée et la sensibilité de celui qui écrit ou parle. Autrement dit, la manière d’exprimer les idées vaut autant que les idées elles-mêmes, car elle trahit, au sens noble, ce qu’est réellement l’homme : son caractère, sa rigueur, son goût, son intelligence. Cette réflexion m’est venue dès les premiers pas de Sa Majesté à sa descente de voiture. Le pas est ferme et la démarche sereine. Il se dirige vers ce qui représente un symbole fort du Maroc moderne : le Parlement. Là où se retrouvent une fois par an l'institution royale, les représentants élus par le peuple et le gouvernement. Une réunion annuelle comme un symbole fort du fonctionnement et de la solidité du pays, tel que le voulurent les Marocains en 2011. Toutes les forces vives du pays sont là. Sa Majesté salue les présents tout en blanc, symbole de pureté. Ils scrutent sa gestuelle et sont suspendus à ses lèvres, le souffle bas ou haletant. Le temps est grave. Les yeux se baissent. Les oreilles tentent de capter. Les esprits sont concentrés. Dès les premiers mots prononcés, la maxime de Buffon est inversée : « L’homme, c’est le style ». L’aphorisme ouvre un autre champ d’interprétation, plus moderne peut-être : le style façonne aussi l’homme par l’éducation, la culture, l’élégance du langage et de la tenue. C’est cela qui s’offrait ainsi à nous. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a une conviction cardinale : les institutions. Tout doit se passer dans les institutions et n’arriver que par les institutions. En ce 10 octobre, il a rappelé cela sans ambiguïté et sans tournure de phrase. Les mots sont finement choisis, mais la parole est directe. Cinq mots clés vont raisonner sous la belle coupole. Ils tourbillonneront autour des têtes de nos vaillants députés et ministres pendant toute une législature. : 1. Responsabilité : Sa Majesté le Roi a insisté sur le sérieux et le sens du devoir des parlementaires et du gouvernement dans la dernière année législative, soulignant la nécessité d’agir avec intégrité et efficacité au service de la patrie. 2. Justice sociale : Une priorité réaffirmée pour combattre les inégalités et garantir des conditions de vie équitables pour tous les Marocains, en cohérence avec les projets économiques nationaux. 3. Réformes : L’appel à achever et accélérer les réformes structurelles en cours afin de consolider les acquis démocratiques et socio-économiques du Royaume. C’est un message clé du discours. 4. Unité : Le Souverain a lancé un appel à l’unité et à la mobilisation de toutes les énergies pour défendre l’intérêt supérieur de la Nation et renforcer la cohésion sociale. 5. Transparence : La promotion de la transparence et de la communication citoyenne autour des initiatives publiques est mise en avant comme un facteur clé pour la confiance et la bonne gouvernance. Le discours royal du 10 octobre 2025, prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI devant le Parlement marocain, a marqué un tournant porteur d’espoir et d’engagement pour la dernière année législative. Le Souverain a rappelé avec force l'importance du « sérieux et du sens du devoir pour les représentants de la Nation », appelant à « achever les réformes en cours, à accélérer l’exécution des projets, et à rester vigilants dans la défense des causes citoyennes, tout en gardant comme priorité l’intérêt général ». L’un des éléments clés du discours est la mise en avant de la cohérence incontournable entre les ambitions économiques et les programmes sociaux. Le Souverain a souligné qu’il ne pouvait y avoir de contradiction entre ces deux dimensions fondamentales, qui doivent impérativement « converger pour améliorer les conditions de vie de tous les Marocains et garantir un développement territorial équilibré ». Cette vision souligne l’engagement royal à construire un Maroc où croissance économique rime avec justice sociale. Sa Majesté a également insisté sur la nécessité d’une justice territoriale accrue, en appelant à des politiques intégrées ciblant les régions les plus fragiles, telles que les zones montagneuses, les oasis, ou encore les centres ruraux en expansion. Cette approche vise à « faciliter l’accès aux services et dynamiser le développement local », tout en soulignant « l’importance de la gestion durable des littoraux », rappelant ici une dimension écologique et la probable menace des industries. Ces mesures traduisent une volonté forte d'équité et de solidarité territoriale. Dans un esprit d’unité, le Souverain a lancé un vibrant appel à la mobilisation de tous les acteurs, exhortant députés et institutions à « mobiliser toutes leurs énergies dans l’intérêt supérieur de la Nation » et à promouvoir « la transparence et la communication citoyenne autour des initiatives publiques ». Face aux défis, cette unité est présentée comme une force nécessaire pour accompagner les réformes et assurer le progrès durable du pays. Le discours s’inscrit dans une logique positive de continuité institutionnelle, de rigueur et d’ambition collective, faisant du Maroc un pays « plus équitable, moderne et solidaire ». Malgré un contexte national marqué par des mouvements sociaux, le message royal reste concentré sur le dialogue constructif, la lutte contre les inégalités et la confiance dans les institutions. Ce discours est ainsi une feuille de route claire pour un Maroc qui avance avec responsabilité et justice, animé par une vision ambitieuse pour un avenir partagé par tous. Il confirme le style d'un monarque adulé par un peuple conscient que tout doit se passer au sein des institutions, en conformité avec la constitution voulue par la volonté du peuple en 2011. Fidèle à ses convictions et à sa mission suprême de commandeur des croyants, il rappelle : « Quiconque fait le poids d’un atome de bien le verra, et quiconque fait le poids d’un atome de mal le verra. » (Sourate Az-Zalzala, versets 7 et 8). Az-Zalzala veut dire « le grand tremblement ». Ces versets expriment que rien n’échappe à la justice divine : chaque acte, même minuscule, sera pris en compte au Jour du Jugement. Le choix du Souverain n’est pas fortuit. La fermeté est là. Ne fait-il pas ici une extrapolation, au-delà de la circonstance, dans le cadre le plus solennel qui soit, pour rappeler à tous l'impérative reddition des comptes et la fermeté qui attend les corrompus et les déviants ? Ce furent là les derniers mots de Sa Majesté devant ce parlement, avant de conclure, et c’est lourd, très lourd de sens. Le Monarque parle peut mais dit tout clairement sereinement. C'est son style.