Pensez le Futur.

Sports

Basta, Monsieur Motsepe... 91

Lettre à Monsieur Patrice Mosepe Président de la Confédération Africaine de Football, en réponse à sa déclaration suite au rendu de la commission de discipline de votre instance. Non, Monsieur le Président, vous ne pouvez pas faire porter à un pays hôte, en l’occurrence le Maroc, le poids des faiblesses chroniques de la CAF et de la gouvernance hésitante de ses instances disciplinaires. En entérinant des sanctions perçues comme sévères pour le Maroc, tout en ménageant ceux qui ont gâché une finale censée être l’apothéose de la CAN 2025, votre discours sur « l’intégrité » et « l’image du football africain » apparaît moins comme un sursaut moral que comme un renversement commode des responsabilités. Ce n’est pas le Maroc qui a fragilisé la crédibilité de la CAF : ce sont les décisions, les non dits, les contradictions juridiques et la communication décalée qui entourent ce dossier. Le Maroc n’est pas un justiciable ordinaire de la CAF, c’est l’un de ses principaux piliers. Quand d’autres reculent devant les exigences organisationnelles, logistiques et sécuritaires, c’est le Royaume qui accepte d’ouvrir ses stades, ses aéroports, ses hôtels et ses villes à des compétitions dont beaucoup ne voulaient pas assumer le risque. La CAN 2025 a mobilisé des infrastructures mises à niveau à marche forcée, neuf stades aux standards internationaux, une logistique fluide et une sécurité saluée, pour offrir au continent un tournoi que personne ne conteste sur le plan de l’organisation. Dire aujourd’hui à ce même pays qu’il doit, en plus, absorber la facture symbolique et sportive des incohérences réglementaires de la CAF revient à punir l’acteur qui a le plus contribué à la réussite de l’événement. Lorsqu’on sanctionne le Maroc, ce ne sont pas seulement des dirigeants fédéraux qui sont visés, ce sont des millions de Marocains qui se sentent atteints. Ils ont rempli les stades, mis en avant l’hospitalité du pays, fait de cette CAN une vitrine du continent, avant de voir leur sélection, déjà distinguée par un prix du fair-play, se retrouver au centre d’un verdict jugé « incompréhensible » jusque dans la presse internationale. Comment expliquer à ces citoyens qu’un pays hôte exemplaire sur le plan organisationnel soit traité avec une telle dureté quand, dans le même temps, la qualification juridique du retrait momentané de l’équipe sénégalaise ou d’autres comportements ayant perturbé la finale semble avoir été traitée avec une indulgence calculée ? La question qui se pose est celle de la cohérence et de la proportionnalité. De nombreux observateurs, y compris des juristes et d’anciens responsables de la CAF, soulignent les incohérences d’une décision où la sévérité affichée à l’égard du Maroc ne s’accompagne pas d’un traitement aussi ferme et transparent de tous les protagonistes. Les suspensions de joueurs marocains et les amendes infligées à la FRMF s’ajoutent au rejet de la réclamation fondée sur les articles 82 et 84, là où la gestion du comportement de l’adversaire et des incidents ayant conduit à l’interruption du match, aux blessures de vaillants stadiers et aux équipements saccagés, laisse un goût d’inachevé. Ce déséquilibre alimente le sentiment que la CAF a cherché un « équilibre politique » plutôt qu’une justice sportive lisible. Vos déclarations, Monsieur le Président, annoncent certes une réforme du Code disciplinaire, des sanctions plus « appropriées et dissuasives » et la volonté de protéger l’intégrité du football africain. Vos propos confirment donc que ce qui a été constaté lors de la finale doit être lourdement réprimandé. La défense de l’intégrité du football africain devait logiquement commencer là au vu des faits que le monde entier a qualifié de scandaleux sauf votre commission de discipline qui encourage ouvertement ainsi l’indiscipline. Aux yeux de millions de Marocains, qui ont investi des milliards de dirhams dans leurs infrastructures et engagé leur image internationale à quelques années d’une Coupe du monde 2030 co organisée, cette soudaine lucidité arrive trop tard et ressemble à une opération de rattrapage. On ne reconstruit pas la confiance avec des promesses abstraites, mais avec des décisions qui donnent le sentiment d’une égalité de traitement, d’une lecture rigoureuse des textes et d’un respect pour les sacrifices consentis par les pays hôtes. En réalité, ce qui se joue dépasse largement un simple contentieux disciplinaire : c’est le contrat moral entre la CAF et ses membres les plus engagés qui est en cause. Quand un pays qui prend des risques pour accueillir vos compétitions a le sentiment d’être transformé en bouc émissaire pour masquer vos propres défaillances, la relation devient toxique. Et si le Maroc vous disait aujourd’hui : basta. Il ne peut pas, il ne doit pas, payer pour les ambiguïtés juridiques, les hésitations politiques et la gouvernance vacillante d’une confédération qui se retranche derrière l’« indépendance » de ses instances, tout en refusant d’assumer pleinement la portée de ses choix. La CAF en votre nom vient de franchir un autre pas vers la perfidie à l’encontre des bons élèves comme si les bons élèves qui travaillent pour le développement du football africain dérangeaient quelqu’un quelque part… Ne sommes-nous pas là en plein dans le syndrome du coquelicot qui dépasse les autres dans un champ. Oui nous y sommes Monsieur le président. Ceux qui n’aiment pas le succès des autres parce qu’incapables de faire de même chez eux ont triomphé. Ils ont menacé. Ils ont été écoutés. Le Maroc dérange par son développement, ses réalisations hors pair, ses victoires diplomatiques, son succès dans l’organisation et la qualité de ce qu’il a offert à votre confédération. Il en paie le prix. Le prix de la naïveté dont il a fait preuve.

CAN 2025 : Quand la Realpolitik et l'Influence Institutionnelle Terrassent le Droit 59

L’arbitrage rendu par la CAF ce 29 janvier 2026, concernant l’épilogue tumultueux de la finale Maroc-Sénégal, ne saurait être réduit à une simple chronique sportive ; il marque l’avènement d’un déni de justice structurel où la Realpolitik s'est, de fait, substituée à la norme écrite. En rendant ce verdict de complaisance, la CAF a manqué une occasion historique de marquer un point décisif contre les dérives qui gangrènent le football africain. Désormais, faute d'une sanction exemplaire, le message envoyé est délétère : quiconque souhaitera demain paralyser une finale disposera d'un précédent pour justifier son insubordination. La « Paralysie Tactique » : Une Prise d'Otage du Jeu Contrairement aux interprétations radicales qui ont circulé dans le feu de l'action, le Onze sénégalais n’a jamais consommé de rupture physique irréversible avec l’aire de jeu. En demeurant dans le périmètre technique, les acteurs ont neutralisé de facto le couperet de l’article 82 du règlement de la CAF. Toutefois, cette distinction ne saurait atténuer la gravité des faits. Nous avons assisté à une véritable prise d'otage du match. En instrumentalisant les zones grises du terrain, le Sénégal a exercé une pression psychologique et administrative insupportable sur le corps arbitral, paralysant le cours normal de la rencontre. Cette sédition périmétrale constitue une entrave majeure à l'éthique sportive : c'est le droit du plus fort, et non la règle, qui a dicté le tempo de la finale. En validant ce comportement, la CAF autorise désormais le chantage au retrait comme levier de négociation en plein match. L'Urgence d'un Cadre Disciplinaire Sui Generis : Sanctionner l'Entrave • Le constat est sans appel : notre droit sportif continental est prisonnier d'un binarisme obsolète. Pour la Commission de Discipline, il n'existe que le match joué ou le match abandonné. Face à cette obstruction systémique, le régime actuel s'apparente à un « arbre aux fruits amers ». • Il est désormais impératif d’instaurer un délit d’entrave spécifique. Le droit ne peut rester muet face à une équipe qui sature l'espace pour bloquer le chronomètre et forcer une décision favorable. La réforme doit consacrer la sanction de l'intentionnalité : tout refus de reprise, même statique, doit entraîner une défaite automatique par pénalité. Sans cette « scientisation » des sanctions, nous condamnons le football africain à l'insécurité juridique permanente. L'Héroïsation du Sabotage et l'Impunité des Architectes Le contraste entre la gravité des faits et la légèreté des sanctions infligées au sélectionneur sénégalais heurte de front les principes élémentaires du droit sportif. • Le héros factice : Ce récit, qui transmute une infraction réglementaire en acte de résistance patriotique, constitue une défaite morale majeure. On ne célèbre plus l'excellence technique, mais la capacité à braquer les rouages du système. • Le paravent de la Fédération Sénégalaise : La stratégie d'Abdoulaye Fall a été d’une efficacité chirurgicale. En orchestrant un narratif de "victimisation" face à une prétendue mainmise marocaine, il a rendu la FSF politiquement intouchable. Pour la CAF, sanctionner le fond aurait été perçu comme un aveu de partialité, validant ainsi la stratégie de l'agression préventive. L'Entrisme Sénégalais et l'Ombre Portée sur le « Hard Power » Judiciaire L’analyse révèle une asymétrie de pouvoir flagrante. Si le Maroc a investi dans un « Soft Power » contributif, le Sénégal semble avoir sécurisé le « Hard Power » judiciaire. Il appert clairement aujourd'hui que la Fédération Sénégalaise est omniprésente et remarquablement introduite dans les arcanes de la CAF. La présence d'une figure nationale à la tête de la Commission de Discipline, même en cas de retrait formel du titulaire, instaure un préjugé structurel insurmontable. Cette justice de Salomon — sacrifier le fusible (le sélectionneur) pour protéger l'institution (le trophée) — n’est qu'une manœuvre de Realpolitik destinée à ménager une fédération dont l'influence institutionnelle semble désormais dicter le tempo des verdicts au détriment de l'équité. Le Rapport de l'Arbitre : Le Paravent de l'Incompétence La Commission de Discipline semble s’être murée dans un aveuglement volontaire en se fondant exclusivement sur les rapports de l’arbitre et des officiels, faisant fi des preuves matérielles, chronométriques et vidéos. • Le juge et partie : L'arbitre, dont la perte d'autorité est la cause première de l’escalade, devient paradoxalement le seul narrateur légitime des faits. • La dénaturation administrative : En s’appuyant uniquement sur ces procès-verbaux souvent laconiques ou partiaux, la Commission a sciemment opté pour une vérité administrative au détriment de la vérité du terrain. C’est un cercle vicieux où l’on protège l’arbitre pour ne pas avoir à appliquer la rigueur de la loi contre le champion. Le Mythe de l’Influence face à la Réalité des Faits Pendant des mois, un narratif médiatique complaisant a tenté de dépeindre Fouzi Lekjaa comme le démiurge de la CAF. Le verdict de ce 29 janvier apporte la preuve cinglante du contraire. Pour démontrer une indépendance forcée, la CAF a frappé le Maroc sur des points périphériques (lasers, logistique) tout en épargnant le Sénégal sur l'essentiel. Il appert aujourd'hui que le Sénégal dispose d'une influence "offensive" capable d’infléchir le règlement, là où le Maroc subit une neutralité punitive. En privilégiant la stabilité politique à la rigueur du droit, la CAF a fissuré son propre socle de crédibilité. Le Maroc, fort de sa vision portée par Sa Majesté le Roi, doit se faire le chantre d'un Laboratoire de la Modernité Institutionnelle. Le recours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) est désormais l'unique voie pour restaurer la primauté du droit sur la manœuvre et transformer ce déni de justice en un précédent législatif salvateur, capable de briser l'impunité de ceux qui pensent pouvoir braquer le système par la sédition périmétrale.

Sanctions de la CAF : une justice disciplinaire à géométrie variable ? 118

Les décisions de la Commission de discipline de la Confédération Africaine de Football (CAF) concernant les incidents ayant émaillé la rencontre finale de la CAN entre le Sénégal et le Maroc sont désormais connues. Elles étaient attendues, scrutées, parfois redoutées. Mais au-delà de leur simple annonce, c’est leur **cohérence, leur proportionnalité et leur équité** qui interrogent aujourd’hui. À première vue, la CAF a voulu frapper fort, donnant le sentiment de sanctionner les deux parties afin de préserver une posture d’équilibre. La CAF a simplement oublié qu'à la base le conflit était bel et bien entre le Sénégal et l'arbitre et point avec l'équipe du Maroc et donc le conflit opposait in fine le Sénégal à cette même CAF responsable de l'organisation et de l'arbitrage. Le Sénégal et le Maroc ont ainsi, selon la logique de la commission qui rappelons le est présidée par un sénégalais, été sanctionnés à des degrés divers. Pourtant, une lecture attentive des faits, confrontée au contenu même des décisions rendues, révèle une **asymétrie difficilement justifiable** entre la gravité des actes constatés et le poids des sanctions prononcées. Le ridicule n'est pas loin. Le problème central c'est à dire l’arbitrage a été évacué simplement. L’élément le plus troublant réside sans doute dans l’**absence totale de référence à l’arbitre** dans le rendu de la Commission. Comme si celui-ci n’avait jamais existé. Or, les images et les témoignages concordent : l’arbitre a fait preuve, en fin de rencontre, d’une **irresponsabilité manifeste**. Comment justifier la reprise du jeu alors que les conditions minimales de sécurité n’étaient clairement pas réunies ? Le stade avait été envahi par des supporters officiels sénégalais, des équipements avaient été saccagés, et la tension était à son comble. En pareilles circonstances, les règlements sont clairs : la priorité absolue doit être donnée à la sécurité des joueurs, des officiels et du public. En ignorant cette dimension, la Commission de discipline passe à côté d’un **maillon essentiel de la chaîne des responsabilités**. Elles sont pourtant bien identifiées. Il ne s’agit pas ici d’exonérer totalement la partie marocaine. Des comportements répréhensibles ont existé, et certaines réactions, à chaud, pouvaient être évitées. Mais la nature et la gravité de ces actes restent **sans commune mesure** avec ceux imputables à la délégation sénégalaise et à son environnement immédiat. L’exemple le plus frappant demeure la sanction infligée à Achraf Hakimi. Lui reprocher d’avoir tenté de retirer une serviette appartenant au gardien sénégalais, objet qui, soit dit au passage, n’avait rien à faire sur l’aire de jeu, relève davantage de la **recherche d’un équilibre artificiel** que d’une application rigoureuse de l’esprit disciplinaire. La commission a sanctionné là le joueur que la CAF avait désigné : Joueur fairplay du tournoi. Quel paradoxe!!! Peut-on sérieusement placer ce geste au même niveau que des débordements impliquant envahissement de terrain et dégradations d’infrastructures ? Préjudice à l'image du football mondial au delà de celui africain. L'opportunité d'un tel amalgame dans le dossier et la proportionnalité des sanctions sont manifestement discutables. C’est précisément sur ce terrain de la proportionnalité que la décision de la CAF vacille. Les sanctions infligées au camp marocain apparaissent **relativement lourdes** au regard des faits qui lui sont reprochés, surtout lorsqu’on les compare à celles concernant la partie sénégalaise, pourtant associée à des incidents structurellement beaucoup plus graves. Cette disproportion affaiblit le discours de ceux qui, au Sénégal et ailleurs, dénonçaient une supposée « mainmise » du Maroc sur les instances de la CAF. Si une telle influence existait réellement, comment expliquer que le Maroc se retrouve, lui aussi, lourdement sanctionné ? Où est cette prétendue protection institutionnelle quand les décisions disciplinaires semblent, au contraire, s’exercer avec une rigueur particulière à son encontre ? Alors on peut regretter l'occasion manquée pour la CAF de montrer un nouveau visage de puissance et de justice. La Commission de discipline de la CAF a manqué une occasion précieuse : celle de **clarifier les responsabilités**, de réaffirmer le rôle central de l’arbitrage et de poser des jalons crédibles pour la gestion des crises dans les compétitions africaines. En choisissant une forme de symétrie punitive plutôt qu’une analyse fine des faits, elle entretient le malaise, alimente les suspicions et laisse les acteurs du jeu: joueurs, dirigeants et supporters dans une zone grise où l’injustice perçue devient plus dommageable que la sanction elle-même. Le football africain mérite mieux qu’une justice disciplinaire à géométrie variable. Il mérite une autorité capable d’assumer ses choix, de nommer les responsabilités là où elles se trouvent réellement, et de protéger l’essentiel : l’intégrité du jeu et la sécurité de ceux qui le font vivre. Aujourd'hui certains rigolent sous cape parce qu'ayant échappé à de vraies sanctions proportionnelles à leurs méfaits, d'autres sont estomaqués, d'autres encore concluent à la non maturité de cette instance africaine, comme d'autres instances continentales d'ailleurs. Une piètre image d'un continent où la jeunesse aspire au développement et à un avenir radieux et pour qui le football et les footballeurs sont les modèles. Le football africain a t il raté l'occasion de servir d'exemple? La CAF s'est elle trompée de communiqué ou de match? En tous cas il y a bien une partie gagnante qui passe sous les radars tranquillement; la partie ayant été à l'origine de tous cela. Tel un fuyard, la commission a publié son communiqué à une heure impossible...Rigolo non? A se demander s'il faut garder espoir et aller plus loin dans la procédure ou bien se résigner à admettre qu'il n' y a pas d'espoir pour une instance footballistique africaine juste et crédible.

Najib Salmi, une conscience qui s’éteint, un héritage qui demeure 148

Najib Salmi s’en est allé, et avec lui se referme l’une des plus belles pages du journalisme sportif marocain. Mais, au-delà de l’hommage collectif, c’est aussi une page intime de ma propre vie de chroniqueur, de confrère et d’ami qui se tourne. Il laisse derrière lui un héritage professionnel immense et, surtout, une empreinte humaine indélébile. Il a été sans doute la plus grande plume du sport marocain pendant des décennies. Pendant plus de quarante ans, Najib Salmi a incarné une certaine idée du journalisme sportif, exigeante et responsable. Il a, en fait, initié une école de journalisme sportif, lui qui est tombé dedans un peu par hasard et s’y était plu. Figure centrale du quotidien L’Opinion, dont il a dirigé la page sportive, il a marqué des générations de lecteurs, notamment à travers sa chronique devenue culte, « Les points sur les i », espace rare où la liberté de ton se conjuguait avec la rigueur intellectuelle et le sens de l’intérêt général. Il était à lui seul une institution. Il appartenait à cette génération pour laquelle le journalisme sportif n’était ni divertissement creux ni caisse de résonance des passions aveugles, mais un acte de service public. À une époque où le sport marocain entrait dans l’ère de la professionnalisation, de l’argent et de la médiatisation excessive, sa plume savait dénoncer les dérives, pointer les responsabilités et saluer, avec la même honnêteté, les avancées et les réussites lorsqu’elles étaient réelles. Najib Salmi ne fut pas seulement un grand chroniqueur, il fut aussi un bâtisseur. À la tête de l’Association marocaine de la presse sportive, de 1993 à 2009, il s’est battu pour la reconnaissance du métier, la défense de son éthique et la dignité de ceux qui l’exercent. Il a contribué à inscrire le journalisme sportif marocain dans les instances régionales et internationales, avec une crédibilité forgée sur le sérieux et la constance. N'est ce pas dans un congrès qu'il organisa à Marrakech que notre ami Gianni Merlo fut élu président de l'AIPS. N'est ce pas lui seul qui titra sur Said Aouita jeune prodige alors. Il venait d'établir un nouveau record national des 1500m...Il dira de lui sans se tromper qu'il ira très loin. Il aura été le soutien de générations de grands athlètes. Il était présent à tous les championnats du monde et au jeux olympiques. Il me soutenait ainsi avec force et détermination. Homme de principes, discret mais inflexible sur l’essentiel, il considérait que le respect du lecteur et la véracité de l’information n’étaient pas négociables. Cette rectitude morale, rare dans un environnement souvent soumis aux pressions et aux intérêts, lui a valu d’être reconnu par ses pairs comme une véritable école du journalisme sportif. Abdellatif Semlali, ministre légendaire de la Jeunesse et des Sports, son ami, se plaisait à l’appeler « Monsieur à côté ». Il l’était effectivement. Jamais il n’a été dans le moule de qui que ce soit, même quand, un laps de temps, il avait rejoint Le Matin du Sahara, alors dirigé de main de maître par Moulay Ahmed Alaoui. Pour moi, Najib Salmi n’était pas seulement une référence professionnelle, il était un ami, un frère et un mentor. C’est grâce à sa confiance que j’ai pu, pendant des années, écrire dans les pages sportives de L’Opinion, apprendre le métier au quotidien, ligne après ligne, sous son regard attentif et bienveillant, subissant ses sautes d’humeur et, surtout, la correction du style et de la syntaxe. Il m’a transmis bien plus que des techniques d’écriture : une conception de ce que doit être la chronique fondée sur la probité, le travail de fond et le refus de la facilité. Aujourd’hui encore, si je continue à écrire, c’est aussi parce que demeure cette voix intérieure qu’il a su faire naître, celle qui rappelle qu’on ne trahit ni le sport, ni le lecteur, ni la vérité. Najib Salmi s’est éteint à l’âge de 78 ans, après une longue lutte contre la maladie, laissant un vide immense dans les rédactions de L’Opinion et de Challenge, auxquels il a contribué avec force et assiduité. Il laisse un vide immense dans le cœur de tous ceux qui ont croisé sa route. Il reposera au cimetière des Chouhada à Rabat, là où lui-même avait accompagné tant d’autres amis et connaissances, de proches et de confrères, et beaucoup de ceux qui ont grandi à l’ombre bienveillante de sa plume. Que Dieu l’accueille en Sa miséricorde. À l’ami, au frère, au maître qui m’a montré le chemin, je ne peux dire qu’une chose : merci, Najib, pour les moments délicieux partagés, pour les mots, pour les leçons et pour l’exemple. Les lecteurs regretteront Najib Salmi, la famille, les intimes et moi enterrons Saïd Hejaj. Said Hejaj s'en va paisiblement se reposer. Najib Salmi se racontera lui dans l'histoire.

De la passion au sens : la CAN comme épreuve de vérité pour l’africanité... 215

Le communiqué du Cabinet royal, publié le 22 janvier 2026 à l’issue de la CAN 2025 organisée avec brio par le Maroc, conjugue appel au calme après l’épisode du retrait sénégalais et célébration d’un succès organisationnel salué en Afrique et au‑delà. Par un ton mesuré et prospectif, il transforme une tension sportive en démonstration de leadership continental responsable, fidèle à une vision de long terme pour une Afrique unie et prospère. **A travers le ton et le contenu du message royal, on comprend qu'une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus : la réussite marocaine est aussi une réussite africaine. ** La CAN 2025 a confirmé la capacité du Maroc à faire d’un tournoi continental un levier de développement et de rayonnement. L'Organisation fluide, les infrastructures modernisées, les afflux massifs de supporters et la dynamisation de secteurs clés tel le tourisme, les transports, le commerce et les services, ont généré des retombées de plusieurs milliards de dirhams et environ 100 000 emplois directs et indirects, avec plus de 3 000 entreprises mobilisées et quelque 500 000 supporters transportés par Royal Air Maroc. Le message royal replace cette réussite dans une trajectoire plus large : celle d’un *"grand pays africain" *qui, en vingt‑quatre mois, a gagné l’équivalent d’une décennie de développement en infrastructures et en savoir‑faire, au service de son peuple et de son continent. Sans occulter le caractère *"malheureux"* des incidents de la finale Maroc–Sénégal, le communiqué choisit la hauteur plutôt que la polémique. En rappelant qu’une fois la passion apaisée, *"la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus"*, il propose une lecture adulte des émotions collectives et souligne que le peuple marocain *"sait faire la part des choses"* et refuse la rancœur. La défaite sportive se mue ainsi en victoire symbolique et diplomatique : les *"desseins hostiles"* et le dénigrement sont neutralisés par la constance stratégique, la confiance en soi et l’ancrage africain du Royaume. Le public marocain dans le stade a été le témoin d'une tragédie grotesque, montée de manière délibérée et préméditée mais n'a pas été dupe. Il a vite compris et gardé son calme et son flegme, alors que lourdement blessé. Un comportement remarqué et remarquable qui l'honore et honore le Royaume. Dans les faits, comme dans l’histoire, les relations Maroc–Sénégal sont empreintes d’une fraternité consolidée, raffermie à chaque occasion. Le message royal prend donc une portée particulière vis‑à‑vis de ce pays frère, avec lequel les relations sont qualifiées *d’"exceptionnelles et stratégiques"*, fondées sur une mémoire partagée, une solidarité africaine assumée, une fraternité religieuse profonde et de fortes convergences économiques. La tenue, les 26 et 27 janvier à Rabat, de la 15e Haute Commission mixte maroco‑sénégalaise, assortie d’un forum économique, donne un contenu concret à cette fraternité résiliente en relançant investissements, projets conjoints et coopération Sud–Sud au service des deux peuples et par extension à tous ceux de la région. Au‑delà des protagonistes de la finale, le communiqué s’adresse à l’ensemble des peuples africains en rappelant que *"rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles"* ni la *"coopération fructueuse"*nouée avec les pays du continent. Il inscrit la CAN 2025 dans une stratégie de long terme : capitaliser sur un capital immatériel fait de confiance, de visibilité et de crédibilité, et en faire un tremplin vers les prochains rendez‑vous, notamment la Coupe du monde 2030, dans une Afrique qui assume sa place sur la scène mondiale, cherche à l'assoir dans la continuité et à la consolider. Dans cet esprit, il importe de refuser que les dérives: racisme, discours de haine, manipulations médiatiques ou idéologiques , viennent ternir notre africanité ou en nier la dignité profonde. Être africain, c’est d’abord partager une géographie, une histoire, des cultures, des luttes et un destin commun, au‑delà des frontières, des résultats sportifs ou des conjonctures politiques. Nous ne sommes pas condamnés à reproduire la bêtise et l’hostilité ; au contraire, nous avons la responsabilité collective de faire de l’espace public un lieu de rencontre, d’écoute et de fraternisation, où l’intelligence, le respect inconditionnel de la dignité humaine et la curiosité de l’autre l’emportent sur l’insulte et la stigmatisation. Dans la droite ligne du message royal, cette CAN doit rester comme un rappel : notre avenir africain ne se construira ni dans la haine ni dans l’imitation des pires réflexes, mais dans la capacité à transformer les tensions en apprentissages, les compétitions en passerelles et les désaccords en occasions de dialogue. **Nous sommes africains, ensemble, par la mémoire et par le futur, et c’est cette conscience partagée qui peut faire de nos stades, de nos villes et de nos débats des espaces d’élévation plutôt que des scènes de division.** Les tentatives de déstabilisation voulues par certains peuvent, au mieux, troubler l’horizon le temps d’une compétition, mais elles ne sauraient s’installer durablement dans la conscience des peuples. À mesure que les faits se dévoilent, elles se retournent contre leurs auteurs, désormais exposés au regard du monde, incapables de masquer indéfiniment leurs échecs, la pauvreté de leur esprit et la petitesse de leurs desseins. **Là où la manipulation s’épuise, la vérité finit toujours par s’imposer, et avec elle la dignité des nations qui misent sur la construction, la fraternité et l’avenir plutôt que sur l’intrigue et la division.**

Locomotive du Football Africain : Le Modèle Marocain face aux Vents Contraires 174

Le rideau est tombé sur la CAN 2025, laissant derrière lui un sillage de contrastes saisissants. Si l’événement a consacré la suprématie du Royaume en tant que hub logistique de premier plan, les scènes de tension observées lors de la finale du 18 janvier 2026 à Rabat ont agi comme un rappel brutal des contingences qui pèsent encore sur le football continental. Entre la perfection des infrastructures et l’archaïsme de certaines postures disciplinaires, une interrogation s'impose : comment la transition du cadre réglementaire de la CAF vers celui de la FIFA en 2030 transformera-t-elle la gestion de ces crises organiques ? Cette mutation ne constitue pas une simple extension d'échelle, mais une véritable rupture paradigmatique où la neutralité technocratique viendra sanctuariser l'excellence marocaine. I. L’Excellence Marocaine : Une vitrine technologique pour l’Afrique L’investissement massif déployé par le Royaume — de la modernisation profonde des complexes sportifs à l’intégration systémique de la VAR — a offert au monde l'image d'un Maroc moderne, rigoureux et visionnaire. Cette réussite matérielle, saluée par les observateurs internationaux, visait à établir un standard de référence africain. Pourtant, cette image de perfection s’est heurtée à un phénomène psychologique tenace : le « complexe du pays hôte ». Dans cette configuration, la maîtrise organisationnelle est parfois perçue par certains concurrents non comme un progrès partagé, mais comme un levier de domination, alimentant mécaniquement des théories du favoritisme. Les événements de la finale en sont l'illustration paroxystique. Le but refusé à Ismaïla Sarr ou le penalty accordé en fin de match sont devenus, sous le prisme de la suspicion régionale, des instruments de polémique plutôt que des faits d'arbitrage techniquement étayés. Les données de DM Sport révèlent pourtant une réalité inverse : le Maroc a figuré parmi les sélections les plus pénalisées du tournoi. Ce décalage souligne une faille majeure : la technologie ne suffit pas à valider le résultat si elle n'est pas protégée par une autorité juridictionnelle perçue comme exogène. II. Leadership Solidaire et Diplomatie du Ressentiment Il serait toutefois erroné de percevoir cette quête d'excellence comme une volonté de distanciation. Au contraire, le Maroc préserve des relations historiques profondes et indéfectibles avec la majorité des nations sœurs du continent. Le Royaume, fidèle à son ancrage africain, continue d'œuvrer activement pour la promotion du football continental au sein de la CAF, offrant ses infrastructures et son expertise aux fédérations en quête de professionnalisation. Cette politique de la main tendue fait du succès marocain un succès pour toute l'Afrique. Pourtant, ce leadership dérange. On observe une « diplomatie du ressentiment » émanant de certaines sphères médiatiques étrangères, notamment dans certains pays arabes et africains, visant à ternir la belle image donnée par l'organisation marocaine. En érigeant le Maroc en « ogre » favorisé, ces narratifs tentent de transformer une supériorité factuelle en une injustice morale. Ce harcèlement médiatique cible précisément l'émergence d'un modèle de gouvernance qui s'aligne désormais sur les standards mondiaux les plus exigeants. III. L'avènement de la « justice froide » : La sanctuarisation par le droit Le passage sous l'égide de la FIFA en 2030 marquera la fin de cette proximité géographique propice aux cabales. Contrairement au cadre continental, la mondialisation des corps arbitraux brisera les rivalités de zones. Là où la CAF doit parfois naviguer entre compromis diplomatique et impératif sportif, la FIFA déploie une « justice froide », purement procédurale. Le chaos observé à Rabat trouverait en 2030 une réponse chirurgicale. L'Article 10 du Code Disciplinaire de la FIFA est clair : tout refus de reprendre le jeu entraîne un forfait automatique et des sanctions lourdes. En 2030, la règle du droit agira comme un couperet protecteur pour l'organisateur, rendant caducs les narratifs victimaires. IV. La technologie et le « Bloc 2030 » : Vers une vérité indiscutable L'édition 2030, portée par le trio Maroc-Espagne-Portugal, bénéficiera d'une automatisation totale du jugement (Shadow VAR, hors-jeu semi-automatisé) et d'une transparence absolue. Le Hosting Agreement de la FIFA s'imposera comme une norme supérieure garantissant l'impartialité. Ce cadre juridique agira comme un bouclier, empêchant que des incidents disciplinaires ne soient instrumentalisés politiquement contre le Royaume. La CAN 2025 aura été pour le Maroc une démonstration de force organisationnelle réussie, confirmant son rôle de locomotive pour le football africain. Cependant, elle a aussi révélé que l'excellence reste vulnérable aux bruits de couloirs. En 2030, l'ancrage définitif dans le droit FIFA permettra au Royaume de transformer cette belle image organisationnelle en une consécration d'image pérenne. Le sport, enfin protégé des scories géopolitiques, pourra s'aligner sur la vision stratégique d'un Maroc tourné vers l'universel, faisant de la règle de droit le socle de sa légitimité mondiale.

CAN 2025: Quand le Maroc croit en lui-même et en l'Afrique... 187

En 1961, John F.Kennedy lançait aux Américains un défi devenu immortel: «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays.» Cet appel à la responsabilité individuelle a contribué à forger un état d’esprit collectif fondé sur l’engagement civique et le dépassement de soi. Les USA contemporains portent encore, à bien des égards, l’empreinte de cette philosophie. Des décennies plus tard, Barack Obama galvanisait les foules avec «Yes we can», un cri d’unité et de détermination collective, tandis que Donald Trump popularisait «Make America Great Again», slogan de renaissance nationale. Ces formules ne sont pas de simples mots : elles cristallisent des moments où un peuple se redécouvre, se mobilise et se projette vers l’avenir. Une sorte de régénérescence d'une puissance qui a peur de choir, une façon de revigorer une nation qui aurait tendance à s'oublier ou à dormir sur ses lauriers? Le Maroc a également connu cette grammaire de la mobilisation nationale. Feu Hassan II rappelait avec force, dans un de ses discours: « Nous n’atteindrons cet objectif qu’en traduisant le nationalisme en citoyenneté et en faisant passer la conscience nationale du simple amour pour la patrie à un engagement effectif pour contribuer à l’édification d’un Maroc qui soit l’objet de la fierté de tous les Marocains. » Une vision fondatrice : aimer le Maroc ne suffit pas, il faut le construire. Dans le même esprit, Sa Majesté le Roi Mohammed VI disait, à l’occasion de la Fête du Trône de 2019, que « le Maroc appartient à tous les Marocains car il est notre maison commune », appelant chacun à contribuer à son édification, à son essor, ainsi qu’à la préservation de son unité, de sa sécurité et de sa stabilité. Plus récemment, lors de la Fête du Trône de 2024, le Souverain insistait de nouveau sur la nécessité de « mutualiser les efforts de tous les Marocains » et en appelait à leur patriotisme ainsi qu’à leur sens des responsabilités individuelles et collectives. Un message qui résonne, à la marocaine, comme un « Yes we can » national, destiné à surmonter les défis socio‑économiques et à consolider les acquis. La CAN 2025 : un révélateur de confiance nationale. C’est dans ce contexte que le Maroc a connu un tournant majeur avec l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Bien avant le coup d’envoi, la CAN agissait déjà comme un puissant révélateur : révélateur du niveau de développement atteint par le Royaume, mais aussi de la confiance retrouvée des Marocains en leurs capacités collectives. La compétition internationale ainsi accueillie par le Maroc a montré une capacité inégalable : stades modernes répondant aux standards les plus exigeants, réseaux autoroutiers étendus, hubs ferroviaires performants, villes de plus en plus propres et organisées, civisme largement salué par les visiteurs. Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech ou Agadir comme exemple seulement, incarnent ce Maroc qui avance, qui investit et qui se projette vers un avenir radieux. Ces progrès ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent d’une vision stratégique impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et traduite par des investissements structurants : plus de 2 000 km d’autoroutes réalisés depuis le début des années 2000, le complexe portuaire Tanger Med devenu une référence mondiale du transbordement, ou encore une politique énergétique ambitieuse visant plus de 52 % d’énergies renouvelables dans le mix national à l’horizon 2030. La CAN 2025 vient ainsi consacrer un processus de long terme, et non un simple coup d’éclat. Résilience, solidarité et crédibilité internationale. Avant même l’échéance sportive, le séisme d’Al Haouz en septembre 2023 avait déjà mis en lumière la résilience de la nation marocaine. Face à une tragédie humaine majeure, la solidarité spontanée: collectes massives, volontariat citoyen, mobilisation des institutions et l’intervention rapide de l’État sous l’impulsion royale ont démontré la solidité du lien national. La reconstruction engagée a renforcé la conviction que le Maroc sait faire face à l’adversité. Dans le même temps, les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une trajectoire globalement positive : amélioration progressive du PIB par habitant sur le moyen terme, montée en puissance de secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et les énergies vertes, affirmation du Royaume comme acteur diplomatique central en Afrique. Cette crédibilité internationale, parfois source de crispations ou de critiques régionales, confirme surtout que le Maroc a franchi un cap stratégique. Un succès qui appelle plus d’engagement. Mais ce succès n’est pas une fin en soi. Il appelle davantage d’efforts individuels et collectifs, davantage de confiance mutuelle entre citoyens, entreprises et institutions. Plus que jamais, la question posée par Kennedy reste pertinente: « Qu’est‑ce que je fais pour mon pays ?» Chaque Marocain, à son niveau, est interpellé. Cette dynamique repose sur un dénominateur commun : la solidarité, prolongée par le travail, l’innovation et la responsabilité. Elle se traduit par des initiatives locales, par l’essor de pôles technologiques à Casablanca, Rabat ou Tanger, par l’investissement dans le capital humain et par l’adhésion au Nouveau Modèle de Développement, qui vise un Maroc plus inclusif, plus productif et mieux positionné dans l’économie mondiale. Une ambition africaine assumée. La CAN 2025 doit également être comprise comme un moment de fraternité africaine. Le Maroc y a affirmé sa vocation continentale : tirer vers le haut, partager l’expérience, renforcer les partenariats Sud‑Sud et les interdépendances économiques. Les défis sécuritaires, climatiques, sociales et économiques sont communs ; les réponses doivent l’être aussi. Le destin du Maroc est indissociable de celui de l’Afrique et celui de l'Afrique dépend aussi du Maroc. Un Maroc prospère est une excellente locomotive pour le reste du continent et notamment dans la région. Les critiques stériles et les jalousies ancrées ou passagères ne résistent jamais longtemps au sérieux du travail, à la constance de l’effort et à la clarté de la vision. Seuls demeurent les pays qui avancent, investissent et rassemblent. Une mission claire. La mission est désormais limpide : persévérer, viser plus haut, plus fort et plus uni, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Non pas en copiant des slogans importés, mais en innovant, en assumant notre singularité et en occupant, avec confiance, la place qui est naturellement celle du Maroc sur l’échiquier mondial. Oui, Yes we can, à la marocaine. Construisons ensemble un Maroc plus fort et une Afrique plus confiante, non par le dénigrement ou la comparaison stérile, mais par le travail, la complémentarité et l’engagement collectif. Le monde avance et n’attend personne. Le Maroc l’a compris. À chacun désormais de choisir : accompagner ce mouvement ou rester à l’écart de l’Histoire. Les coupes de football il y en aura toujours.

Le Maroc face au syndrome du coquelicot : quand la réussite devient une cible.. 205

On parle couramment du « syndrome du coquelicot rouge », ou *Tall Poppy Syndrome* en anglais. Il s'agit d'une théorie sociologique et culturelle selon laquelle, dans certains groupes ou sociétés, ceux qui dépassent les autres, réussissent trop ou se distinguent excessivement sont critiqués, rabaissés ou « coupés », afin de préserver une forme d’égalité apparente au sein du groupe. En bref, la réussite dérange et devient préjudiciable à ceux qui en manquent. On agit alors tous azimuts pour ne serait-ce que dénigrer et médire de ceux qui excellent. La métaphore vient précisément de l’idée que, dans un champ de coquelicots, ceux qui poussent plus haut que les autres sont coupés pour que le champ reste uniforme. Le syndrome du coquelicot rouge désigne donc cette mécanique bien connue par laquelle une réussite trop visible appelle non l’émulation, mais la volonté de la rabaisser par n'importe quel moyen. À l’échelle régionale africaine, le Maroc en est aujourd’hui l’illustration la plus nette. Non pas parce qu’il s’autoproclame modèle, mais parce que ses performances s’imposent d’elles-mêmes, provoquant crispations, jalousies et stratégies d’entrave. En gros, un Maroc qui dérange parce qu’il réussit. Le Royaume n’a cessé, ces dernières années, d’accumuler des réussites structurantes : diplomatie africaine active, infrastructures de grande qualité, notamment sportives de rang mondial, crédibilité organisationnelle reconnue, et résultats sportifs qui ne relèvent plus de l’exception mais de la continuité. Cette dynamique, loin de fédérer autour du pays, a réveillé chez certains acteurs régionaux une obsession de la contestation systématique, sans aucun scrupule ni limite. L’organisation de la Coupe d’Afrique au Maroc aurait dû être consacrée comme un moment d’unité continentale de réussite collective de tous les africains. Elle s’est au contraire transformée, pour ses détracteurs, en terrain d’une guerre de nuisance visant moins l’événement que le pays hôte lui-même. Le voisinage n’est pas étranger à la stratégie évidente de sabotage indirect que chacun peut parfaitement vérifier. Dans ce contexte, il serait naïf de ne pas voir le rôle joué par l’Algérie, enfermée dans une rivalité devenue presque doctrinale avec le Maroc. Incapable de rivaliser sur le terrain de la performance, Alger a depuis longtemps déplacé le combat vers celui de la décrédibilisation, de la suspicion et de l’agitation périphérique. Faute de pouvoir empêcher l’attribution ou le déroulement de la compétition, la stratégie a consisté à polluer son environnement narratif : remettre en cause l’équité, semer le doute sur l’arbitrage, insinuer des collusions, fabriquer du soupçon là où les faits résistent. Une méthode classique : quand on ne peut pas faire tomber le coquelicot, on tente d’en ternir la couleur. Et comme cela trouve toujours appui chez certains, des relais médiatiques idéologisés ont parfaitement pris le relais. Cette entreprise n’aurait pas eu la même portée sans le concours actif de certains journalistes français idéologiquement alignés, souvent issus de milieux marqués par une hostilité ancienne au Maroc et à sa monarchie. Tout au long de la compétition, une partie de cette presse dite « progressiste » a déversé un venin fait d’insinuations, de procès d’intention et de mises en cause à peine voilées de la Fédération Royale Marocaine de Football et de ses dirigeants sinon de l'Etat marocain. Le journalisme d’enquête a ici cédé la place à un militantisme déguisé, où le soupçon tient lieu de preuve et où la réussite marocaine devient, par principe, suspecte. Ce traitement n’était ni neutre ni innocent : il participait d’une stratégie de délégitimation, soigneusement entretenue. Par ricochet sont apparues certaines complicités africaines, et des frustrations recyclées se sont décomplexées. Plus préoccupant encore, certaines attitudes de responsables ou dirigeants africains, ont alimenté ce climat délétère. Déclarations intempestives, contestations outrancières, postures victimaires déplacées : autant d’éléments qui ont donné le sentiment que des frustrations sportives ont été recyclées en accusations politiques, au mépris de l’éthique sportive. Qu’il y ait eu instrumentalisation consciente ou simple opportunisme, le résultat est le même : une tentative de fragilisation du Maroc par des voix censées incarner l’esprit de fraternité africaine. Mais malgré tout, la manœuvre a échoué et elle est en train de se retourner contre ses instigateurs. Car malgré tout, la réalité est têtue. La Coupe d’Afrique au Maroc a été une grande réussite organisationnelle, populaire, financière, médiatique, économique et sportive. Les supporters africains, les délégations et les observateurs honnêtes l’ont vu et vécu. Les campagnes de suspicion n’ont pas masqué l’essentiel : le Maroc a livré ce qu’il avait promis. En définitive, cette séquence révèle une vérité simple et dérangeante : le problème n’est pas que le Maroc gagne, organise et avance. Le problème, pour certains, est qu’il le fasse trop bien, trop visiblement, trop durablement alors qu'ils n'y arrivent point. Et dans un champ de coquelicots africains, ceux qui s’acharnent à couper celui qui dépasse finissent souvent par révéler leur propre incapacité à grandir. Le beau coquelicot va continuer à pousser...surtout qu'il a bien été arrosé par une pluie abondante. Dieu merci. Quand aux Coupes, il y aura bien d'autres occasions pour en soulever...

L’Aporie de Rabat ou l’Anatomie d’une Faillite Procédurale : Le Fiasco de la Finale CAN 2025 210

L’épilogue de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, mettant aux prises le Maroc et le Sénégal dans l’enceinte de la capitale, ne restera pas seulement dans les mémoires comme une joute athlétique de haute intensité, mais il s’est mué en un cas d’école de paralysie institutionnelle. Entre les Lois du Jeu de l’IFAB et les méandres du Code Disciplinaire de la CAF, l’incident survenu le 18 janvier dernier dans l’enceinte du stade Moulay Abdellah de Rabat transcende la simple péripétie disciplinaire, il met en exergue une zone d'ombre juridique où la procédure a vacillé autant que l'autorité, révélant une faille sismique où l’interprétation subjective vient supplanter la rigueur de l’alignement normatif. I. La Matérialité des Faits : L’Ingénierie de la « Résistance Passive » Contrairement aux interprétations radicales qui ont circulé dans le feu de l'action, le Onze sénégalais n’a jamais consommé de rupture physique irréversible avec l’aire de jeu. Si des velléités de retrait vers la ligne de touche ont été observées, symbolisant une défiance vis-à-vis du corps arbitral, les acteurs sont restés dans le périmètre technique, neutralisant de facto le couperet de l’article 82 du règlement de la CAF. Juridiquement, cette distinction est fondamentale : nous ne sommes pas en présence d’un forfait par abandon, mais dans une phase de paralysie tactique. Cette manœuvre semble d'ailleurs procéder d'une connaissance fine et une instrumentalisation de la règle visant à occuper l'espace pour paralyser la sanction administrative. En jouant sur l'ambiguïté entre la protestation véhémente et l'insubordination, le banc de touche a utilisé l'espace limitrophe comme un levier de pression, évacuant les sanctions irréversibles au profit d'un cadre disciplinaire plus malléable. II. Des Vices de Forme et la « Célérité Suspecte » de l’Arbitrage Le dénouement de la rencontre a été le théâtre d’une érosion manifeste de la souveraineté de l'officiel, illustrée par deux manquements majeurs aux standards internationaux. Le cœur du litige, et corollairement le point de fragilité de toute sanction future, réside dans la gestion temporelle du corps arbitral. Les directives de l’IFAB et le Code disciplinaire de la CAF imposent à l’officiel un protocole de diligence strict avant toute déclaration de forfait : • L’Ingérence des Zones Techniques : L’irruption de staffs sur le rectangle vert aurait dû, en vertu de la Loi 12, se solder par une pluie d’exclusions. Cette inertie ne saurait être réduite à une simple erreur d’appréciation ; elle constitue une rupture caractérisée de la sécurité juridique du match. • Le Délai de Sommation Occulté : L’arbitre est tenu d’accorder une fenêtre légale de réflexion, généralement entre cinq et dix minutes, pour permettre au capitaine de ramener ses troupes à l’ordre. À Rabat, ce délai semble avoir été occulté ou, à tout le moins, mal formalisé. En omettant de notifier clairement au capitaine — seul interlocuteur sui generis sur la pelouse — le déclenchement du chronomètre de mise en demeure, l’arbitre a instauré une insécurité juridique manifeste. L'erreur de procédure ici est double. En ne sommant pas formellement les acteurs de reprendre le jeu dans le délai imparti, l'arbitre a privé la fédération adverse d'une chance de se conformer à la règle. On ne saurait prononcer une sentence aussi irrévocable qu’un forfait (défaite 3-0 sur tapis vert) sans avoir scrupuleusement respecté le « code de route » de la crise. Cette précipitation indécise transforme l'incident en un cas de manquement processuel. Le chaos de Rabat n'est donc pas uniquement le fait de joueurs contestataires, mais celui d'un arbitrage qui n’a pas su imposer le cadre temporel prévu par la norme internationale. • L’Énigme de la Loi 14 : Le penalty décisif, entaché par une anticipation flagrante du gardien, appelait impérativement une reprise sous l’égide de la VAR. La décision de l'arbitre, Jean-Jacques Ndala, de siffler la fin de la rencontre avec une rapidité intrigante s'apparente à un arbitrage de circonstance. En sacrifiant la vérification technologique, l’officiel semble avoir privilégié un impératif sécuritaire de court terme pour prévenir un risque de débordement dans les tribunes, au détriment de la probité du résultat. III. De la Sanction Organisationnelle à l’Impératif de Recours Fédéral La reprise erratique des débats, intervenue avant l’ultime coup de sifflet, a scellé l'impuissance du régime organisationnel. Faute de pouvoir acter un abandon organique et définitif, la CAF se voit contrainte de se replier sur les articles 146 et 147 de son Code Disciplinaire. Toutefois, si ces leviers permettent de châtier le « comportement antisportif » par le biais d'amendes fédérales, ils ne constituent que des pansements sur une plaie ouverte, incapables de restaurer l'équité sportive bafouée. Face à ce que l'on doit qualifier de déni de justice sportive, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) ne saurait se cantonner à une posture de spectatrice passive. Il lui appartient d'exercer son droit de recours légal auprès des instances compétentes afin de déplacer le litige du terrain émotionnel vers une procédure administrative structurée. L’impératif est ici d’ordre normatif : exiger une instruction rigoureuse sur l'intégrité procédurale de cette fin de rencontre, transformant ainsi un sentiment légitime de préjudice en une action de droit souveraine et irréfutable. La CAF se retrouve face à un miroir : pour exiger la discipline absolue, elle doit d’abord garantir l’impeccabilité de ses officiels. De tels précédents doivent être traités avec une rigueur qui ne laisse aucune place à l’arbitraire, consacrant ainsi l'excellence et l'alignement normatif que nous appelons de nos voeux. La finale de 2025 agit comme le révélateur. Sans une refonte profonde visant à codifier la "désobéissance coordonnée", la conformité technique restera l'otage des rapports de force sur le terrain.

CAN : l’urgence d’un code éthique pour restaurer l’esprit du football africain 328

La très récente Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, pourtant voulue comme une célébration du football africain dans toute sa diversité et sa ferveur, a laissé un goût amer, une grosse amertume, une déception incommensurable, une douleur immense et des blessés. Quel dommage que de récompenser ainsi un pays qui a tout donné pour que soit célébré l'Afrique. Quelle honte que de haranguer les foules jusqu'à leur faire commettre des agressions physiques et de peut être laisser orpheline une famille. Au-delà des performances sportives, plusieurs comportements observés tout au long de la compétition ont suscité l’incompréhension, l’indignation et parfois la honte. Des débordements verbaux, des attitudes provocatrices, des mises en cause répétées de l’arbitrage et des déclarations irresponsables de personnes sensées incarner les valeurs mêmes du sport ont terni l’image de la CAN. En conférence de presse, pourtant organisée par la CAF à la gloire du sport et en dehors, certains ont commis des propos invraisemblables, fruits de leurs imaginations débordantes et de petits calculs imbéciles. Le paroxysme de ces dérives a été atteint lors de la finale, avec le comportement indigne d'un entraîneur, aujourd'hui largement relayé et commentés par les médias et les réseaux sociaux. Quelles que soient les tensions inhérentes à un match de ce niveau, rien ne saurait justifier des attitudes contraires aux valeurs du sport, de respect et de fair-play. Ce n’est pas seulement une question d’émotion ou de rivalité, mais une question de responsabilité vis à vis d'une jeunesse et d'un continent en devenir. La CAN au Maroc n’a pas été une compétition comme les autres. Elle fut une vitrine du football africain, observée par le monde entier, suivie par des millions de jeunes qui y cherchent des modèles. Les entraîneurs, joueurs, dirigeants et officiels ne sont pas de simples acteurs : ils sont des référents, des symboles et des ambassadeurs. Face à cette réalité dommageable, il devient impératif que la Confédération Africaine de Football (CAF) franchisse un cap. Les sanctions ponctuelles, souvent perçues comme tardives ou incohérentes, ne suffisent plus. Il est temps d’instaurer un code éthique contraignant, clair et universel, que tout participant à la CAN serait tenu de signer avant le début de la compétition, dès les phases éliminatoires. Un engagement moral et juridique, condition sine qua non de participation. Un tel code n’aurait pas pour vocation de brider la passion ou la liberté d’expression, mais de fixer des limites claires entre la compétition et la dérive, entre la contestation légitime et l’irresponsabilité publique. Le dit Code Éthique de la CAN reposerait sur huit piliers clairs, précis et contraignants. **1. Les principes fondamentaux du code seraient:** * Le respect des valeurs du football : fair-play, intégrité, dignité et respect mutuel * Le respect de l’image et de la réputation du football africain * La responsabilité individuelle et collective de tout participant **2. Le comportement sur le terrain et en zone technique serait bien encadré:** * L'interdiction de tout comportement agressif, provocateur ou insultant * Le respect absolu des arbitres et officiels, quelles que soient les décisions * L'interdiction de gestes, propos ou attitudes incitant à la violence ou à la haine **3. Le comportement hors du terrain fait partie du tout:** * Le respect des adversaires, supporters, médias et institutions * L'interdiction de toute forme de discrimination: raciale, nationale, religieuse ou autres. * Le comportement doit être exemplaire dans les lieux publics, hôtels, stades et zones mixtes **4. La communication et déclarations publiques doivent respecter les règles avant tout:** * l'obligation de retenue et de responsabilité dans les déclarations médiatiques * L'interdiction de mettre en cause l’intégrité de l’arbitrage sans preuves établies sino devant les instances et non par toute autres voix. * L'interdiction d’incitation à la violence ou à la contestation hostile par le geste ou le verbe **5. La responsabilité des entraîneurs et dirigeants est fondamentales:** * L'obligation d’exemplarité renforcée en raison de leur rôle d’autorité * La responsabilité directe du comportement du staff technique * L'engagement à calmer les tensions et non à les attiser **6. Les réseaux sociaux et communication numérique fait partie du jeu et de la compétition:** * L'application du code éthique aux publications sur les réseaux sociaux * La responsabilité personnelle des messages publiés ou relayés * L'interdiction de propos diffamatoires, haineux ou provocateurs **7. Les sanctions doivent être exemplaires et sans complaisance:** * Des sanctions progressives et clairement définies : avertissement, amende, suspension, exclusion définitive * L'application immédiate et transparente des sanctions * La possibilité de sanctions aggravées en cas de récidive ou de faits graves **8. L'engagement formel est un préalable à la participation à toute compétition:** * La signature obligatoire du code par tous les joueurs, entraîneurs, dirigeants et officiels dans un document individuel accompagnant les listes de joueurs et officiels engagés dans une compétition africaines. * La signature du code est une condition préalable à toute accréditation pour la CAN * La reconnaissance écrite des sanctions en cas de violation est obligatoire Le but du code est bien évidemment d'instaurer l’exemplarité pour protéger l’avenir du football africain et ses compétitions. L'introduction d'un code éthique dans les procédures de participation aux CAN, n’est pas un aveu de faiblesse, mais un signe de maturité. Le football africain a atteint un niveau de visibilité et de compétitivité grâce à cette CAN au Maroc. Le niveau ainsi atteint impose des standards élevés et des garanties. On ne peut tolérer que par la faute d'un individu surchauffé tout un édifice s'écroule et que des vies soient menacées, voire perdues. La passion ne peut plus servir d’alibi à l’excès, la victoire ne justifiera jamais la perte de valeurs, la ferveur ne peut disculper un comportement excessif. La CAN doit rester une fête, pas un théâtre de dérives. En posant un cadre éthique clair, la CAF enverrait un message fort : le football africain se doit d'avancer, de se structurer et de se respecter. Le football doit rassembler et non provoquer la haine, l'hostilité, la répugnance, les crises entre nations ou encore servir de terreau à des froids diplomatiques...Pour ne pas dire plus.

Adieu Lhaj Abdelhamid Frej : Un pilier de l'athlétisme marocain s'en va... 366

Partie 1 *Cet article est paru dans le journal l'opinion sous ma signature le 26 septembre 2009*. Je voulais ainsi rendre hommage à un monument de l'athlétisme marocain: Lhaj Abdelhamid Frej. Il vient de nous quitter en ce 13 janvier 2026. Je n'ai rien trouver de mieux à faire en cette circonstance triste que de publier à nouveau ce texte. Qu'il repose en paix avec la satisfaction de la mission accomplie pleinement. Voici le texte: *Dans la tribune officielle du semi marathon de Rabat, organisé par le Fus place de la poste, voilà quelques mois déjà, j’avais eu le privilège et je pèse bien mes mots, de m’asseoir à la gauche de Si Abdelhamid Frej.* *Aujourd’hui octogénaire, Si Abdelhamid, ancien cadre de la conservation foncière, est aujourd’hui le doyen des dirigeants de l’athlétisme marocain.* *Venu du Fus au Stade Marocain dans les années 50 (je venais de naître), il y rejoignait feu Haj Jilali Elaoufir, emblématique président de la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme.*Si Abdelhamid a été le second secrétaire général de l’histoire de cette fédération après Feddoul Benzeroual*.* Eh oui, lui aussi a fait ses débuts en athlétisme.* Le lecteur va se demander où je veux en venir en évoquant une telle personnalité. Eh bien c’est une phrase que me chuchot Si Abdelhamid à l’oreille qui m’a fait penser à ces quelques lignes. Il me dit en substance, « Hna maak qalban wa qalaban ». J’avoue que j’ai eu la chair de poule à entendre un si humble et discret personnage du sport national me parler ainsi. Il insinua et marqua en fait sa position, vous l’avez vite deviné, vis-à-vis des propos pour le moins abjects véhiculés à mon égard par le prétendu président de la ligue d’athlétisme de Casablanca. Je vais vous en épargner le nom pour ne pas lui donner l’importance qu’il ne mérite point et comme je n’ai jamais fait dans l’abject, je ne veux vraiment pas prononcer de gros mots. Ce qui m’importe ici est plutôt d’évoquer quelqu’un qui depuis les années cinquante a toujours œuvré en silence dans la promotion de l’athlétisme en tant que secrétaire général, président délégué et vice président de la FRMA ; en tant que président du prestigieux Stade Marocain Athlétisme pour près de trente ans et depuis la disparition de feu Abderrahman Medkouri, en qualité de président de la ligue de Rabat et sa région. Si Frej a toujours été là dans une discrétion totale mais avec une efficacité maximale. C’est ainsi que tous nous l’apprécions et le respectons. Tous, c'est-à-dire les vrais gens de l’athlétisme car lui sommes reconnaissants de véritables sacrifices pour notre sport… Je veux ici lui rendre hommage pour ses qualités humaines et ses multiples compétences, pour cette discrétion dont devraient s’inspirer ceux qui aujourd’hui nous cassent les pieds et s’érigent en donneurs de leçons mais en vérité, dans une tentative perdue d’avance, de cacher échecs successifs et faiblesses. « mataiqerqbou ghir stola lkhaouine » La fuite en avant et l’autisme n’ont jamais mené nulle part. la réalité finit toujours par vous rattraper. Or la réalité de notre athlétisme n’est pas rose et se sont les chiffres et les statistiques qui le disent l’affirment et le confirment. Les chiffres sont têtus. Pourquoi s’obstiner à vouloir faire croire au marocain que tout va bien ? En déformant l’histoire, en diffamant et insultant de manière abjecte ceux qui n’ont fait que vous dire votre vérité en face ? Surtout quand ils bénéficient d’une légitimité historique et technique que vous êtes loin d’avoir. Mais passons. Si Abdelhamid Frej, était donc là assis à la seconde rangée au côté de Si Mohamed Ounaini, pendant près de 20 ans comptable compétent et honnête de l’école nationale d’athlétisme et de la FRMA et remercié dans le cadre de la réforme…Omar dans sa belle jellaba blanche et « tarbouche watani ». Quel beau représentant de son époque. Lhaj Omar était le compagnon fidèle de Haj Jilali Elaoufir. Au décès de celui-ci il s’était volontairement exilé en France où il rejoignit ses anciens amis athlètes. Ils ne cessent de rappeler les Charles loulou Benacoun (très grand sprinter d son époque, médaillé aux jeux méditerranéens avec Medkouri et Lamaachi Bouchaib décédé voilà longtemps déjà) et autres grandes figures de l’athlétisme d’après l’Indépendance. Beaucoup disent qu’il avait très bien fait de partir… Il y avait aussi Aziz Ismaili un autre fonctionnaire de la jeunesse et des sports ayant servi pendant plus de dix ans à la FRMA et qui a été rappelé au bercail…car dit on an avait besoin de lui…Depuis il s’ennuie quand même un peu dans les couloirs du ministère le père Aziz…lui qui était habitué à faire au moins une centaine de kilomètres par jour au service des athlètes…Il nous parla des conditions de son départ de la FRMA avec humour mais aussi beaucoup d’amertume et de regrets. C’est qu’il adorait son travail.*

Adieu Lhaj Abdelhamid Frej : Un pilier de l'athlétisme marocain s'en va... 349

Partie 2: Je m’attarde sur la deuxième rangée pour évoquer encore une fois la discrétion agissante de si Abdelhamid Frej. Président de la ligue, mais président discret. Pendant le temps durant lequel nous attendions l’arrivée des coureurs, car dans pareilles manifestations sportives, après le départ vous ne faites qu’attendre, j’ai écouté encore une fois le silence de notre ami, silence qui me rappela de grands noms de notre sport : Regragui, son éternel Tarbouche rouge et son élégance remarquable, Brahim Elhadad, aujourd’hui souffrant à Marrakech dans l’indifférence d’une FRMA qu’il a longtemps servie comme trésorier. N’est il pas aussi le fondateur de la ligue d’Oujda ? Merci à Bakir Benaissa et à Mahjoub Mouhcine qui lui rendent visite assez fréquemment. On parla aussi de feu Ibrahimi Brahim, le premier marocain à avoir été nommé lion de l’atlas à cause de sa belle chevelure, très grand athlète de son époque. Rappelez vous qu’il finira soigneur de l’équipe nationale de football. On parla aussi de Raymond Guillot figure emblématique de l’OM. Son dernier acte en athlétisme fut une lettre qu’il adressa à Nezha Bidouane, sociétaire de l’OM aussi juste après sa qualification à la finale des championnats du monde de 1997…Il ne verra pas la finale…Bref que de souvenirs. Et bien sur qu’on évoqua la situation de l’athlétisme national. La situation que tout le monde connaît maintenant. Quand de temps à autre si Abdelhamid prononça quelques mots, ce furent des mots d’espoir : ils vont finir par comprendre. Comprenez par ILS, ceux qui dirigent l’athlétisme aujourd’hui. « Mataybqa ghir elmaaqoul » martelait il de temps à autre et Ounaini d’évoquer comme il se plait à le faire souvent les moments de gloire de l’athlétisme. Lorsqu’un fonctionnaire de la FRMA arriva dans la tribune et s’assit juste devant Si Frej, Ounaini avec la touche d’humour qu’on lui connaît, n’hésita pas à dire « mataihchmouch hata y jiou maatlin » et Omar de rétorquer « had Siyid baada ja, fina houma alaadae aljamiyin ? » Il n’ y avait personne pour représenter officiellement la FRMA. Effectivement uu si grand semi marathon fut boudé par les membres du bureau fédéral. Ils sont plus présents dans la presse que sur les stades, rétorqua Ismaili. Et Si Frej dans tout cela ? Stoïque et calme comme à son habitude, il souriait. Un sourire qui en dit long sur l’amertume et la désolation de l’homme. Il en a vu des choses du genre, le père Frej, durant sa vie sportive, et n’a pas besoin de mettre des mots pour révéler le fond de sa pensée. Son sourire et sa mimique suffisaient. Je m’attendais à ce qu’à la fin de la manifestation, il soit appelé au podium pour remettre un prix. Rien n’en fut. Il a été oublié. Sa discrétion lui joua encore une fois un petit tour. Non pas qu’il voulait être appelé, non, non pas du tout, c’est son dernier souci. Je connais l’homme. C’est tous simplement la nouvelle génération qui l’oublia… ou ne s’est pas rendu compte de sa présence. Il est trop discret pour qu’on se rende compte qu’il est là, lui qui durant un demi siècle de vie sportive n’a accordé qu’une interview ou deux et dont on ne parle que très rarement. Quelle leçon d’humilité dont devraient se nourrir certains de ceux qui parlent trop aujourd’hui… Oui mais les objectifs et les motivations aussi ne sont pas les mêmes dirait l’autre. Si Frej est un dirigeant sportif et n’a jamais mélangé les choses. Il ne s’est jamais servi du sport. Il a servi et sert encore le sport, pour le sport. A ce titre il préfère se taire. Je devrais m’en inspirer décidément. C’est sans doute plus efficace pour l’histoire. Voilà, le semi marathon est fini. Un autre kenyan a gagné, Asmae Laghzaoui aussi. Les organisateurs sont contents, le record de la course a été batu. Nous quittons la tribune, si Frej est reparti à pieds à la maison, je pense. Diour Jamaa ne sont pas loin de là. Sur mon chemin vers ma voiture, je rencontre Elghazi Zaaraoui : Ba Lghazi, champion du monde de cross country de 1965… Abdelhamid Frej était alors secrétaire général de la FRMA… Merci Si Abdelhamid et longue vie. On a vraiment besoin de sages comme toi par les temps qui courent. Aziz Daouda

CAN 2025 : le paradoxe des origines et l’urgence de sauver les championnats africains par la CHAN 388

Les chiffres sont parfois plus éloquents et plus édifiants que les discours. La Coupe d’Afrique des Nations 2025, qui se déroule sous le signe de la diversité et de la diaspora, révèle pourtant une réalité profondément inquiétante pour l’avenir du football africain : **l’Afrique ne nourrit plus que partiellement sa propre compétition reine**. Elle l’importe en très grande partie. Selon une étude de *Foot Mercato*, **la France est le premier pays de naissance des joueurs présents à la CAN 2025**, avec 107 joueurs nés sur son sol. Un chiffre vertigineux, sans commune mesure avec celui de n’importe quel pays africain. À elle seule, l’Île-de-France fournit 45 joueurs, devenant la région la plus prolifique de la CAN, devant des capitales historiques du football africain comme Abidjan, Bamako, Casablanca ou Dakar. Ce constat est très loin d'être anecdotique. Il est **structurel, historique et politique**. Il s'agit en réalité d'une inversion totale du sens de l’histoire Pendant des décennies, la CAN était la vitrine des championnats africains. Rappelez vous celle remportée par le Maroc en 1976...Les compétitions locales en Égypte, au Cameroun, au Ghana, au Maroc, en Tunisie ou au Nigeria étaient les réservoirs naturels des sélections nationales. La CAN était un prolongement du football domestique, son apogée et sa concrétisation à l'international. Aujourd’hui, **le sens de l’histoire s’est inversé**. Ce ne sont plus les championnats africains qui alimentent la CAN, mais **les centres de formation européens, les clubs européens et les systèmes sportifs européens**. Sur l’ensemble des effectifs, **186 joueurs sont nés en Europe**, soit plus d’un quart des participants. Et encore, ce chiffre ne dit rien du lieu réel de formation, très majoritairement européen même pour les joueurs nés en Afrique. A l'exception du Maroc avec l'Académie Mohammed VI et du Sénégal avec *Génération Foot* dans une moindre mesure. Ainsi, les championnats africains sont progressivement relégués à un rôle de **championnats d’animation nationale**, très utiles pour faire vivre une passion locale mais déconnectés du plus haut niveau continental. La champions League africaine et la Coupe de la Confédération Africaine restent assez anecdotiques. La diaspora, est certainement une richesse incommensurable… mais peut aussi nourrir un aveu d’échec. Il serait absurde de nier la richesse humaine et culturelle que représente la diaspora. La CAN 2025 est un carrefour mondial de trajectoires, de mémoires et d’identités multiples. Le cas du Maroc, dont l'équipe nationale est une mixture de joueurs nés et formés au pays et de joueurs nés dans un nombre de pays différents, illustre parfaitement cette mondialisation positive du football africain. Mais cette diversité pour certains pays du continent cache un aveu collectif que **l’Afrique ne parvient plus à retenir, former et valoriser ses talents sur son propre sol jusqu’à leur maturité sportive**. Les jeunes partent de plus en plus tôt. Les meilleurs ne passent parfois même jamais par un championnat africain. Ils arrivent en sélection comme des “produits finis”, façonnés ailleurs, selon d’autres logiques économiques et sportives. Dans ce contexte La CHAN devient une nécessité stratégique et pas du tout une compétition secondaire. **Le Championnat d’Afrique des Nations** prend une dimension capitale. Trop souvent considérée comme une compétition de second rang, elle est en réalité **le dernier rempart structurant pour la survie et la crédibilité des championnats africains**. La CHAN est aujourd’hui : * la seule compétition continentale qui **valorise exclusivement les joueurs évoluant dans les ligues locales** ; * le seul espace où les clubs africains deviennent visibles à l’échelle continentale ; * un levier concret pour **ralentir l’exode précoce des talents** ; * un outil de pression positive sur les Etats et les fédérations pour améliorer infrastructures, gouvernance et compétitivité des ligues. Sans la CHAN, les championnats africains disparaissent progressivement du radar international et même continental. Il y a donc nécessité impérative de développer la CHAN pour rééquilibrer le football africain. Continuer à l'organiser ne suffit plus. Il faut la **renforcer, la valoriser et l’intégrer pleinement dans la stratégie globale de la CAF** pour: * Une meilleure exposition médiatique ; * Un meilleur alignement du calendrier avec les ligues locales ; * Une incitations financières réelles pour les clubs ; * Une articulation claire entre CHAN, compétitions interclubs et CAN. La CHAN doit devenir ce qu’elle aurait toujours dû être : **le socle du football africain**, et non son appendice. Les pays qui ne l'ont pas compris ou on un avis contraire devraient revenir à la raison et se ressaisir. Il s'agit pour eux et pour le continent dans on intégralité de reprendre le contrôle de notre propre récit footballistique. La CAN 2025 raconte une belle histoire de diasporas et de racines partagées. Mais elle raconte aussi une histoire plus inquiétante : celle d’un continent qui applaudit des talents qu’il ne produit plus chez lui ou en partie seulement. Face à cette réalité, **abandonner ou marginaliser la CHAN serait une faute historique**. La renforcer, au contraire, c’est faire le choix de la souveraineté sportive, de la durabilité économique et de la dignité du football africain. C'est aussi la meilleure façon de conforter une bonne position d'acteur majeur dans le football mondial. Le Royaume du Maroc l'a parfaitement intégré. Il est présent à toutes les éditions du CHAN et n'y joue pas un rôle de figurant. Au contraire, il sait parfaitement que cette compétition continentale comme celles des catégories d'âges sont le véritable tremplin et une plateforme solide pour un développement harmonieux et pérenne. Sans championnats forts, il n’y a pas de football fort. Sans la CHAN, il n’y aura bientôt plus de football africain… seulement du football africain d’origine.

CAN 2025 ou le Maroc, vitrine panafricaine exemplaire... 444

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc marque une rupture nette avec les 34 éditions précédentes par le niveau de standards qu’elle impose et par le message qu’elle adresse au continent et au reste du monde. Le Royaume, dès le dépôt de sa candidature, avait promis une édition en tout point exceptionnelle, allant jusqu’à présenter sans détour cette CAN comme la meilleure de tous les temps. Cette ambition n’a pas été un simple slogan: elle s’est traduite dans les faits par une mobilisation sans précédent de l’État, de ses institutions et de la société. La rendez-vous en devint un concentré de savoir-faire marocain au service de l’Afrique toute entière ou presque. *Le Maroc disposait déjà, CAN ou pas, d’infrastructures difficilement égalables sur le continent en termes de gamme, de capacité d’accueil et de connectivité. Son réseau routier et ferroviaire figure parmi les plus développés, ses aéroports assurent des liaisons fluides avec les grandes capitales du continent et du monde. A cela s’ajoute un maillage rare de grandes villes capables d’accueillir un événement sportif international de premier plan.* Au plan strictement sportif, le Royaume a modernisé l’ensemble des stades retenus pour la compétition et en a construit de nouveaux, portant toutes les enceintes aux normes les plus exigeantes de la FIFA, qu’il s’agisse de capacités, de sécurité ou de qualité des pelouses. Cette CAN vient ainsi dévoiler à grande échelle une réalité déjà connue des initiés: le pays est doté d’un écosystème d’accueil robuste, tourné vers l’excellence. En toile de fond, cette démonstration s’inscrit dans une transformation de fond engagée sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le pays connaît depuis deux décennies une métamorphose tous azimuts: infrastructures, économie, politiques sociales, diplomatie, rien n’est laissé de côté. Le développement humain est au cœur de la vision royale, et les investissements consentis dans les stades, les transports, l’hébergement, mais aussi dans la santé et l’éducation, s’inscrivent dans une même trajectoire: améliorer le niveau de vie du citoyen tout en projetant le pays comme acteur central de la scène africaine. Le Royaume a triplé son PIB en 20 ans, un record rarement égalé sur le continent. Il vise un nouveau doublement dans la décennie à venir. L’organisation de la CAN s’insère dans cette dynamique comme une vitrine spectaculaire des capacités logistiques, techniques et humaines du pays. Cette ambition s’accompagne d’une vision panafricaine assumée, fondée sur une logique de partenariat «Win-Win». *Le Maroc se positionne comme moteur de l’intégration africaine, mettant à disposition ses moyens et son expertise. Il est devenu le 1er investisseur étranger en Afrique de l’Ouest et porte des projets structurants, à l’image du gazoduc Nigeria–Maroc, destiné à relier 16 pays à une source d’énergie fiable, condition indispensable à tout développement. *A Dakhla, le Royaume édifie le plus grand port en eau profonde du continent, conçu comme une porte d’accès stratégique pour les pays du Sahel vers l’Atlantique. L’Office Chérifien des Phosphates déploie pour sa part des solutions innovantes pour la souveraineté alimentaire du continent, tandis que les banques marocaines accompagnent la modernisation et la structuration des systèmes financiers d’une vingtaine de pays, là où nombre d’acteurs occidentaux se sont désengagés. La CAN ne fait que lever le voile sur cette réalité, en donnant à voir au grand public ce que le Royaume construit depuis des années. *Le football, dans cette équation, n’est pas un simple divertissement: il est envisagé comme une véritable industrie d’avenir pour l’Afrique. * Sur un continent qui se dirige rapidement vers les deux milliards d’habitants, majoritairement jeunes, le sport s’impose comme un levier majeur à la fois pour la santé physique et mentale que pour l’emploi et la consommation locale. La vision de Sa Majesté le Roi s’appuie sur ce potentiel en plaçant la jeunesse au centre des priorités. Investir dans les académies, les infrastructures sportives et les compétitions, c’est investir dans la stabilité du continent et, par ricochet, dans celle du monde. Le Maroc, qui s’est vu confier par ses pairs africains un rôle de premier plan sur la question migratoire, articule cette politique sportive avec une approche inclusive de l’intégration: les ressortissants subsahariens représentent aujourd’hui plus de 70% des étrangers vivant au Maroc, soit plus de 200 000 personnes, témoignant d’une volonté d’accueil et de co-construction d’un destin commun. Dans ce contexte, la CAN 2025 joue pleinement son rôle de test grandeur nature pour la Coupe du Monde 2030, que le Maroc organisera avec l’Espagne et le Portugal. Elle démontre la capacité opérationnelle du Royaume à gérer un événement de grande ampleur: 52 matchs sur 31 jours, 24 équipes, une logistique lourde en flux de supporters, de médias et d’équipes. Une organisation fluide, des stades modernisés comme le Prince Moulay Abdellah, des infrastructures hôtelières à la hauteur, des réseaux de transport efficaces et une sécurité maîtrisée constituent autant de signaux positifs adressés à la FIFA. L’accueil de plus d’un million de spectateurs sans incidents renforce l’image d’un pays capable d’offrir une expérience globale réussie aux stades et dans les multiples fan-zones, dans toutes les villes du pays. Sur le plan symbolique, les performances des Lions de l’Atlas, portés par l’engouement populaire, renforcent l’idée d’un Maroc pivot du football africain à l’horizon 2030. La dimension politique n’est pas en reste. Face à la puissance d’attraction de modèles nord-américains ou européens, cette CAN donne corps à une autre forme de coopération, triangulaire et équilibrée, entre l’Afrique et l’Europe du Sud. Le dossier conjoint Maroc–Espagne–Portugal trouve dans cette édition une validation grandeur nature de la complémentarité entre les trois pays : synergies d’infrastructures, connectivité, capacité à absorber des flux massifs de supporters, diversité des cultures et des langues. Le succès de la CAN 2025 conforte la crédibilité de cette candidature en montrant que le Maroc est un pilier fiable du dispositif à trois, pleinement intégré aux standards mondiaux de l’organisation sportive. Au-delà des chiffres, des statistiques d’audience ou des retombées économiques, l’impact le plus précieux pour le Royaume demeure cependant immatériel: c’est l’estime des peuples africains. L’image laissée par cette CAN dans la mémoire des joueurs, des délégations, des médias et des supporters pèsera longtemps. Le souvenir d’un pays accueillant, organisé, ouvert et profondément attaché à son africanité est sans doute le legs le plus durable de cette compétition. C’est sur ce capital de confiance, fait de respect, d’hospitalité et de sérieux, que le Maroc entend bâtir la suite de son projet continental et mondial, dans le football comme au-delà, bien évidemment.

CAN2025: Pourquoi le Maroc devrait remporter son quart devant le Cameroun... 637

Le quart de finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 entre le Maroc et le Cameroun, programmé pour le 9 janvier 2026 au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, s'annonce comme le choc le plus brûlant des quarts. Une rencontre au gout de la revanche d'une autre CAN, celle de 1988. Mais nous sommes en 2025 et beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. Pays hôte invaincu, les Lions de l'Atlas affichent une maîtrise totale avec 7 buts marqués pour seulement 1 encaissé sur penalty en quatre matchs, surpassant les Lions Indomptables et leurs 6 buts pour 3 encaissés. Cette supériorité chiffrée, portée par l'étincelle de Brahim Díaz, l'indomptabilité d'El Kaabi, un milieu récupérateur à toute épreuve, une défense rugueuse et l'avantage du public, positionne le Maroc comme grand favori d'un duel technicotactique intense. Même s'il n'est pas jugé impeccable par certains, le parcours du Maroc l'a été au plan de l'efficacité malgré la perte des deux pièces maitresses que sont Saiss et plus encore, du meneur de jeu Azzedine Ounahi. Les Lions de l'Atlas ont survolé le Groupe A avec 7 points : une victoire 2-0 clinique contre les Comores, un festival offensif 3-0 face à la Zambie et un nul que l'on peut comprendre stratégique 1-1 devant le Mali, prouvant une polyvalence rare. En huitièmes, un 1-0 maîtrisé contre la Tanzanie a confirmé leur solidité, avec zéro but encaissé lors de trois de leurs quatre sorties. Cette défense de fer, menée par un trio Yassine Bounou, Nayef Aguerd et Mazraoui, soulagé par unEl Aynaoui infatigable, n'a cédé qu'une fois sur penalty face au Mali. Au total, une différence de buts de +6 qui évoque la discipline d'une équipe en quête de sacre continental à domicile. Et encore Hakimi ne faisait que revenir lors de la dernière rencontre disputée. Cette fois ci pour les quarts, ils auront en face un Cameroun solide mais vulnérable par ailleurs par la jeunesse de l'équipe et le caractère décousu sur de nombreuses phases de jeu, lors de leurs prestations jusqu'ici. Cependant leur marge de progression est énorme et la métamorphose et montée en gamme, peut justement se produire là en quart de finale. Les Lions Indomptables ont arraché la première place du Groupe F avec également 7 points: un 1-0 précieux contre le Gabon, un 1-1 accroché face à la Côte d'Ivoire et un 2-1 laborieux devant le Mozambique. Les deux buts encaissés en poules ont déjà alerté sur les défaillances défensives du collectif. Leur qualification en quarts avec 2-1 contre l'Afrique du Sud en huitièmes, a révélé du caractère, mais aussi des failles : trois buts concédés en tout, dont un sur erreur individuelle face aux Bafana Bafana. Moins tranchants devant avec seulement 6 buts, ils dépendent d'un réalisme opportuniste, loin de la fluidité marocaine. Le Maroc lui profite d'un Brahim Díaz, maestro en pleine lumière. Il vit sans doute son âge d'or en CAN : 4 buts en 4 matchs, un record historique pour un Marocain en une phase finale de CAN, dont le bijou à la 64e contre la Tanzanie. Il répond clairement à son entraineur de club qui semble ne pas savoir comment profiter de son génie. Premier Lion à claquer un but par match consécutif, le Madrilène excelle dans les espaces réduits, avec Ayoub El Kaabi (3 buts) en lieutenant fidèle et tranchant. Face à une défense camerounaise solide avec André Onana impérial mais hésitant des fois, cette menace individuelle, même de petite taille : 4 tirs cadrés par match en moyenne, pourrait faire basculer un scénario verrouillé, comme lors des huitièmes où ses appels ont déstabilisé les Taïfa Stars. La maîtrise technique globale et la domination du ballon penchent aussi du côté du Maroc qui écrase les statistiques collectives : 2 184 passes réussies, un record absolu, 89% de précision et 71% de possession contre la Tanzanie, un océan de contrôle. Achraf Hakimi, de retour en trombe avec une passe décisive, va surement animer un couloir droit infernal, tandis qu'El Khanouss qui prend à peine ses marques, dicte le tempo au milieu malgré l'absence d'Azzedine Ounahi. A l'inverse, le Cameroun végète à 77% de précision et 43% de possession moyenne, luttant en transitions rapides. Cette asymétrie technique promet un siège prolongé des Lions de l'Atlas sur la surface adverse. Avec un Amrabet en sentinelle pour s'occuper de Anguissa et le tour est joué. D'autres faits et atouts sont également en faveur des Lions de l'Atlas: les facteurs psychologiques et historiques peuvent être décisifs. Hôtes euphoriques, les Marocains surfent sur 23 matchs invaincus et un public en fusion à Rabat, où l'ambiance rappellera la Coupe du Monde 2022. L'historique global sourit au Cameroun avec 6 victoires, 5 nuls, 2 défaites en 13 duels, intouchable en CAN avec 2 victoires et 1 nuls, mais les deux dernières confrontations penchent pour le Maroc : un 1-0 en qualifications de la CAN 2019 et un 4-0 humiliant au CHAN 2020. Il s'agit donc ici d'un bras de fer générationnel sans doute, mais la fraîcheur marocaine avec moins de minutes jouées et l'adaptation parfaite au condition climatique, l'emportent sur l'expérience des Lions Indomptables. Ces éléments conjugués forgent un scénario idéal pour un Maroc conquérant en quête d'une seconde étoile qui se décidera là au sifflet final, au complexe Moulay Abdallah, vendredi aux environs de 22 heures. Si une élimination surprise reste toujours possible dans une compétition aussi serrée que la CAN, le Maroc possède aujourd’hui les signaux statistiques les plus forts pour l’emporter : ✔ Meilleure production offensive globale ✔ Une seule équipe encaissée contre deux pour le Cameroun ✔ Maîtrise collective du ballon et du rythme ✔ Deux buteurs en pleine forme (Díaz et El Kaabi) ✔ L’avantage du terrain et du soutien populaire Ces éléments forment une base objective pour plaider en faveur d’un succès marocain dans ce quart de finale.

CAN 2025 : retour d’une mémoire africaine oubliée... Lumumba des gradins : la star symbolique ... 664

Indépendamment de l’issue de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, quel que soit le vainqueur, le meilleur buteur ou le gardien, le meilleur joueur, une certitude s’impose : la véritable star symbolique de cette compétition est congolaise. Non par un talent footballistique hors normes, mais par un rappel historique puissant et politique : la réincarnation, par le geste et l’attitude, de Patrice Émery Lumumba. Dans un tournoi dominé par les chiffres, trophées et records, un événement a surgi, déstabilisant les grilles de lecture classiques. Il ne s’agit ni d’un but décisif ni d’une parade spectaculaire, mais d’un acte symbolique reliant le football africain contemporain à une page tragique de l’histoire continentale. Au cœur de cette scène : Michel Kuka Mboladinga, supporter de la RD Congo, surnommé « Lumumba » dans les tribunes du stade Moulay El Hassan. Vêtu avec soin, coiffure et lunettes étudiées, il a suivi les rencontres de son pays, debout, immobile, main droite levée vers le ciel, regard fixe devant lui, une silhouette quasi statuaire. Ce rituel silencieux, répété match après match, a transcendé le folklore des gradins pour incarner dignité, constance et résistance. La CAF elle-même l’a salué: son président a rencontré Michel Kuka, consacrant la portée de ce « Lumumba » des tribunes. Au départ, peu y ont vu clair, y compris certains commentateurs sportifs. Certains parlaient d’une célébration originale, d’autres d’une provocation ou d’une excentricité virale. Ce malentendu révèle une réalité profonde : pour la jeunesse d'aujourd'hui, la mémoire politique du XXᵉ siècle s’efface derrière le flux médiatique. Patrice Lumumba, absent de l’imaginaire collectif, survit chez les historiens et militants ; pour beaucoup, son nom reste abstrait. Assassiné le 17 janvier 1961, après avoir été le premier Premier ministre du Congo indépendant (30 juin 1960), Lumumba incarne la lutte anticoloniale. Sa disparition, dans le contexte de la Guerre froide et des convoitises sur les richesses congolaises, a privé l’Afrique d’une voix souveraine. Le 17 janvier 1961 il est arrêté; son corps mutilé et dissous pour effacer jusqu’à sa trace physique. Marginalisé depuis par les récits dominants et manuels réécrits, en fait il effrayait les occidentaux et autres puissances coloniales, craignant son intransigeance. Le discours qu'il prononça devant le Roi des belges avait signé son arrêt de mort. Rappeler Lumumba à la CAN 2025, au Maroc, prend un relief particulier. En août 1960, peu après l’indépendance congolaise, il s’y rendit comme Premier ministre, saluant le Royaume et ses efforts de soutien aux indépendances africaines, sous feu Mohammed V. Le Maroc d'alors est l'hôte des mouvements de libération africains, et milite avec quelques partenaires engagés pour l’unité continentale, contre les ingérences et pour une souveraineté authentique. En incarnant Lumumba, Michel Kuka a transformé le football en espace de mémoire et de transmission. Le stade est devenu agora : un corps dressé, un silence assumé, une main levée ont fait resurgir l’histoire. Ce geste impose un rappel brutal : l’Afrique a ses martyrs, penseurs et leaders inachevés. Parfois, un simple supporter suffit à raviver une mémoire enfouie. Dans ce contexte, le geste de Mohammed Amoura, joueur algérien, mérite mention hélas. Lors d’une célébration après la qualification de son équipe aux quart de finale, il a imité la posture de Kuka puis s'est laissé tombé d'un geste moqueur et déplacé, provoquant critiques et plus sur les réseaux. Tourner en dérision Lumumba, même par ignorance, offense sa mémoire et l’idéal d’une Afrique insoumise. La bassesse est à son comble, l'indigence morale à son paroxysme. Le continent est aujourd'hui scandalisé. Cela trahit un vide éducatif criant : le sport ici hélas par ce geste ignoble, tolère la légèreté là où il devrait porter une conscience historique minimale et des valeurs de respect. Un joueur de football se doit d'avoir un minimum d'éducation ou s'abstenir de manifester quand il ne maitrise pas les codes ou n'est pas habité par les valeurs du sport et du fair-play. Le comble est que dans la quasi totalité des chaines algériennes l'attitude de ce pauvre joueur de ballon est glorifié et rapportée accompagnée de railleries et de moqueries de mauvais gout. L'incarnation véritable des médias d'un autre monde. On ne peut exiger du football africain qu’il soit fondateur d'unité, qu'il soit éducatif et élever le niveau des gens, tout en laissant railler les symboles de l’émancipation africaine. Cette schizophrénie révèle manifestement et images à l'appui, l'affaissement culturel et de civisme de tout un peuple. Une presse de caniveaux ne peut élever un peuple bien au contraire. Elle l'enfonce dans la petitesse, la médiocrité et accélère sa déchéance. Le jouer de ballon s'est excusé sous la pression mais cela ne suffira point. Le mal est fait. La CAN 2025 au Royaume du Maroc, restera sans doute gravée pour sa qualité et pour ses exploits sportifs. Mais grâce à un supporter congolais lucide et un public marocain respectueux et éduqué, elle offre une leçon de mémoire : Lumumba irrompe au présent, rappelant qu’on ne se projette pas sans assumer son passé. Dans un continent post-1961, ce geste était vital. Les héros ne meurent que si on cesse de les incarner, dans des stades comme ailleurs. Sur la terre marocaine où Lumumba défendit en 1960 une Afrique libre, son ombre renaît, portée par un supporter. Stade plein, caméras braquées, millions de regards : sa mémoire guide encore les consciences.

Quand l’Algérie persiste à naviguer à contre-courant de l’histoire... 1032

Qu’est-ce qui a donc piqué le président algérien pour que, dans son dernier discours devant le Parlement, il choisisse de s’installer résolument à rebours du sens de l’histoire et des dynamiques internationales actuelles ? Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a, de facto, tranché la question du Sahara marocain en consacrant l’option d’une **autonomie sous souveraineté marocaine**, le chef de l’État algérien continue de ressasser les vieux éléments de langage : *« peuple sahraoui spolié », « référendum d’autodétermination »*, comme si le temps à Alger, s’était figé dans les années 1980. Dans son propos, le droit international est invoqué… puis ignoré. Le paradoxe, pour ne pas dire l’incohérence, est d’autant plus frappant que le président algérien invoque le **droit international**, tout en feignant d’ignorer que c’est précisément le Conseil de sécurité qui en est l’un des principaux interprètes et producteurs normatifs. Or, le droit a parlé. Les résolutions successives du Conseil de sécurité ont abandonné depuis longtemps toute référence à un référendum devenu impraticable, irréaliste et politiquement caduc. À sa place, une solution politique, pragmatique et durable a émergé : **l’autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine**. Cette évolution n’est ni accidentelle ni conjoncturelle. Elle est le fruit d’un constat partagé au sein de la communauté internationale : le territoire du Sahara est historiquement, juridiquement et politiquement partie intégrante du Royaume du Maroc. Et pour tenir compte de la sensibilité algérienne, pays qui a investi des dizaines de milliards de dollars depuis près d’un demi-siècle dans ce conflit artificiel, le Conseil de sécurité a, en quelque sorte, « coupé la poire en deux » en validant une large autonomie régionale, sans remettre en cause la souveraineté marocaine. On pensait alors donner une sortie honorable à Alger. Elle ne l'a pas saisie. Une Algérie isolée face à un réalignement global. En persistant dans cette posture, l’Algérie ne défie pas le Maroc : elle **nargue les grandes puissances**. Les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, plusieurs pays d’Europe centrale, de nombreux États africains et arabes ont clairement ou implicitement rallié la position marocaine. Certains l’assument ouvertement, d’autres, pour des raisons historiques, idéologiques ou de politique intérieure, avancent plus prudemment. C'est le cas de la Russie et de la Chine qui n'ont pas voté contre la dernière résolution du Conseil de sécurité. Mais tous agissent en conséquence : ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla, accords économiques, investissements massifs, partenariats stratégiques avec Rabat. Pendant ce temps, l’Algérie s’enferme dans une **diplomatie de déni**, incapable de lire les rapports de force réels. À l’heure où le Maroc s’impose comme un hub africain, atlantique et euro-méditerranéen, Alger souffle sur les braises d’un conflit qui ne mobilise plus personne, sinon elle-même et quelques relais idéologiques résiduels ridicules. Un régime d'un autre temps, face à une population en souffrance, est aux commandes à Alger. Certains mots utilisés maladroitement par le président et sa mimique sont en fait des insultes adressés ouvertement à beaucoup de pays et non des moindres, à ceux qui soutiennent la position du Maroc. Plus inquiétant encore est le **décalage abyssal** entre ce discours idéologique et la réalité vécue par la population algérienne. Le régime militaire semble évoluer sur une autre planète. Le président paraît hors sol, déconnecté des préoccupations quotidiennes d’un peuple meurtri par des pénuries à répétition : denrées de première nécessité, médicaments, pneus, produits de base. Dans un pays pourtant riche en hydrocarbures ou la gestion économique et sociale frôle l’absurde et la manipulation des chiffres un sport national. La question se pose alors avec acuité : **à qui profite cette obstination chronique ?** Certainement pas aux Algériens. Elle sert avant tout à perpétuer un système politique qui a besoin d’un ennemi extérieur pour masquer ses échecs internes à répétition, justifier la mainmise de l’armée sur le pouvoir et détourner l’attention d’une crise structurelle profonde. Il faut coute que coute cacher la véritable Algérie; celle cernée sur le plan régional. les signaux à ce niveau sont tout aussi préoccupants. Accusée par plusieurs pays du Sahel de contribuer à leur déstabilisation, directement ou indirectement, l’Algérie se retrouve progressivement **encerclée diplomatiquement**. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ne cachent plus leur défiance à l’égard d’Alger. A cela s'ajoute la rupture totale avec le Maroc, les relations avec l’Espagne durablement affectées. L’influence algérienne en Afrique recule, au moment même où le Royaume chérifien y consolide ses positions économiques, religieuses et sécuritaires. Quelles conséquences immédiates alors ? À moyen terme, ce positionnement risque d’avoir des conséquences lourdes : * **Isolement diplomatique accru**, * **Perte de crédibilité internationale**, * **Affaiblissement de la voix algérienne dans les forums multilatéraux**, * **Aggravation du malaise social interne**, * Et, paradoxalement, **renforcement de la légitimité de la position marocaine**. L’histoire montre que les conflits artificiels finissent toujours par se retourner contre ceux qui les instrumentalisent. En refusant d’accepter la réalité du dossier du Sahara, l’Algérie ne retarde pas la solution : elle retarde sa propre normalisation politique et régionale. Elle diffère aux calendes grecques sa sortie de crise et son développement. Le dossier du Sahara est désormais clos sur le plan stratégique, même s’il reste ouvert sur le plan rhétorique pour Alger. Continuer à s’y accrocher relève moins de la conviction que de l’aveu d’impuissance. À force de naviguer à contre-courant, le régime algérien risque de se retrouver seul, échoué sur les rives d’un passé révolu, pendant que la région avance sans lui. Une explication tout de même à cette sortie hasardeuse précipitée du président algérien: le grand succès de la Coupe d'Afrique des Nations de Football au Maroc. La réussite du Royaume et le satisfecit général, semble irriter le régime algérien qui ne trouve rien à répondre à ses ressortissants s'étant rendus sur place et ayant de visu constaté l'étendue, la maladresse et la bêtise de la propagande que leur fait subir le régime militaire. Certains n'hésitent pas à conclure que le Maroc avaient pris une avance de 50 ans sur leur pays. Quoi qu'il en soit, le Maroc officiel ne répondra certainement pas aux propos du président algérien. Le Royaume est dans son droit, consacré par la communauté internationale. Il poursuit son petit bonhomme de chemin se développant chaque jour un peu plus et engrangeant succès après succès.

La CAN, bouée de sauvetage pour un continent en crise : pourquoi quadriennale rime avec abandon... 1160

Passant d'un rendez-vous biennal à une compétition quadriennale dès 2026, la Coupe d'Afrique des Nations (CAN), joyau de la Confédération Africaine de Football (CAF), voit son calendrier dilué par les intérêts voraces des clubs européens et une FIFA complaisante. Ces acteurs, obsédés par la rentabilité immédiate, sacrifient la renaissance continentale, la réconciliation et l'unité panafricaine au profit d'un agenda mondialisé. Pendant un mois, la CAN offre un oubli bienvenu des fléaux qui minent l'Afrique : guerres civiles, famines, terrorisme et crises économiques et politiques récurrentes. Loin d'être un simple tournoi sportif, elle agit comme un catalyseur multidimensionnel, sportif évidemment, mais aussi économique, festif et thérapeutique pour un continent meurtri, en grande partie. C'est une véritable bouée de sauvetage pour des peuples en crise. Le football transcende le terrain pour devenir un exutoire vital et un liant social puissant. Il agit ici comme un antidote aux conflits et à la misère, au désarroi et à la perte d'espoir. Dans des pays en devenir, ravagées par la violence, les sélections nationales de football incarnent l'espoir et l'unité, transformant les stades en parenthèses de normalité. - Au **Soudan** : La guerre civile, éclipsée depuis avril 2023, a fait plus de 20 000 morts et 10 millions de déplacés, selon l'ONU. Et pourtant les Aiglons de la Mer Rouge, troisièmes du groupe E avec 3 points après deux matchs, portent fièrement les couleurs d'un championnat exilé, ravivant un sursaut collectif, allumant une lueur d'espoir. - Au **Burkina Faso** : Touché par une crise alimentaire aiguë affectant 3 millions de personnes et une insécurité jihadiste endémique, les Étalons, deuxièmes du groupe E avec 3 points, n'ont plié face à l'Algérie que sur un simple penalty. Leur qualification galvanise un peuple divisé, offrant un rare motif de fierté nationale et d'espérance. - Au **Mali** : 5 millions de citoyens sont impactés par la présence d'une mosaïque de groupes terroristes, par des insurrections et coups d'État à répétition, mais cela n'a pas empêché les Aiglons du Mali de tenir tête au Maroc hôte. Ils sont leaders ex aequo avec 4 points après deux journées. Le duel imposé au Maroc symbolise une résilience farouche et une fierté à toute épreuve. - En **République Démocratique du Congo (RDC)** : 8 millions de déplacés à l'est fuient les violences du M23 ; pourtant, les Léopards au groupe D, avec le Sénégal muent les stades en exutoires cathartiques, canalisant la colère en liesse collective. - Au **Zimbabwe** : 4,5 millions de personnes souffrent d'un recul sanitaire et économique chronique ; les Warriors, lanterne rouge du groupe B avec 1 point, ravivent néanmoins l'orgueil d'une jeunesse confrontée à un chômage massif. Plus de 80% chez les moins de 25 ans ne savent plus quoi faire de leurs vies. - Au **Mozambique** : 1,1 million de déplacés à Cabo Delgado fuient les jihadistes ; pourtant les Mambas célèbrent une victoire historique 3-2 sur le Gabon, puissance footballistique, défiant l'adversité. - Au **Nigeria** : au nord les États BAY : Borno, Adamawa, Yobe, ploie sous Boko Haram depuis 15 ans, avec des millions de déplacés. Les Super Eagles, en groupe C avec la Tunisie, arrivent pourtant à unir un pays fracturé par l'insécurité côtière et les divisions ethniques endémiques. Sur le terrain on oublie même que les USA viennent de bombarder les djihadistes accusés de malmener les chrétiens du pays. - Au **Cameroun** : La crise anglophone a déplacé 700 000 personnes ; les Lions Indomptables arrachent un nul 1-1 face au tenant du titre ivoirien en groupe F, offrant une parenthèse enchantée aux tensions persistantes. - En **Angola** : Héritage d'une guerre civile traumatique, le pays lutte pour sa stabilité ; les Palancas Negras se battent vaillamment en groupe B aux côtés de l'Égypte, symbolisant une reconstruction fragile et de l'optimisme. Ces exemples illustrent comment la CAN, par sa régularité biennale, agissait comme une soupape de sécurité sociale, interrompant les cycles de désespoir tous les deux ans. Au delà du jeu et du ballon qui glisse sur les pelouses, l'impact est également économique. La CAF a élargi les phases finales à 24 équipes sur 54 nations, tandis que les éliminatoires ont uni 30 autres pays autour de moments d'espoir partagé. La CAN 2025 au Maroc bat tous les records : 236 849 spectateurs en phase de groupes (contre 197 880 en 2023), avec plus d'1 million de billets déjà vendus. Les projections économiques explosent: 192,6 millions de dollars de revenus; en sponsoring quelques 126 M$ et en billetterie pas moins de 19 M$, tandis que 500 000 à 1 million de visiteurs étrangers devraient booster le PIB marocain de 12 milliards de dirhams via tourisme, hôtellerie et sponsoring local. Historiquement, la CAN 2023 en Côte d'Ivoire avait généré 2,2 milliards d'euros d'impact économique ; 2025 pourrait la surpasser, renforçant le soft power africain. La CAN est vue dans le monde entier. LA qualité à toute épreuve offerte par le Maroc y contribue pour beaucoup. Le monde entier découvre le continent sous un autre visage, celui du progrès et de la modernité. Hélas, ce ci est sans compter avec le diktat européen et une trahison de l'essence africaine. Les Africains, conscients de ces enjeux, ont toujours milité pour une CAN biennale, ancrée dans leur réalité, répondant à leurs besoins spécifiques. Comment justifier le passage quadriennal sinon comme un diktat européen ? Les clubs sont arrivés à imposer ce calendrier pour limiter les absences de leurs stars africaines à 28 jours par an, au lieu de 40 en année CAN, préservant leurs profits et intérêts mercantiles. La FIFA, sous le sourire d'Infantino, sacrifie ainsi l'urgence humanitaire africaine. Quatre ans d'attente, c'est une éternité pour des peuples en péril. Ce choix ignore les précédents et les véritables problèmes, comme la Champions League qui sature le calendrier sans égards pour les confédérations mineures. La CAF doit trancher : le football africain est un ciment social irremplaçable, une soupape vitale d'espoir en Afrique. Quadriennaliser la CAN, c'est diluer son âme panafricaine au profit d'intérêts étrangers. L'héritage d'une CAN tous les deux ans doit être préservé, pour que le ballon rond puisse continuer de guérir les blessures du continent. Le retour à un cycle de deux ans est un devoir humanitaire qu'on ne peut balayer aussi impunément. La CAN, espace éphémère de réconciliation africaine tous les deux ans, risque de s'effacer au prix de rêves brisés d'une jeunesse qui aspire à vivre comme les autres. La CAN n'est pas un tournoi comme les autres, loin de là.

Le style Moulay El Hassan : élégance, humilité et souveraineté du geste... 1112

Il arrive parfois qu’un instant dépasse l’événement qui l’a rendu possible. La cérémonie d’ouverture de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations, organisée au Maroc, restera sans doute dans les mémoires non seulement pour sa technologie, sa beauté, la pertinence de sa thématique et sa qualité inédite en Afrique ; non par son importance sportive et diplomatique, mais surtout pour la prestation silencieuse, presque chorégraphique, du Prince Héritier **Moulay El Hassan**. Sous une pluie battante, dans un stade plein et sous les regards croisés du public marocain et international, le Prince a surpris les non avertis. Non par l’ostentation, mais par la sobriété. Non par la distance, mais par la proximité. Ce soir-là, le Maroc a offert à l’Afrique et au monde bien plus qu’un tournoi de football : une leçon de style, de comportement et d’hospitalité par l’élégance du geste et la noblesse de l’attitude. Sans parapluie, avançant calmement sur la pelouse détrempée du **Stade Moulay Abdellah**, le Prince Héritier s’arrête, salue chaleureusement un public charmé, enthousiaste, fervent, et se dirige vers les arbitres et les joueurs avec un naturel désarmant. Les images parlent d’elles-mêmes : des sourires, des échanges simples, un ton amical et profondément humain. Aucun protocole pesant, aucune rigidité. Juste l’évidence d’un homme à l’aise dans sa mission, avec prestance et classe. Lorsqu’il demande à l’arbitre de quel côté botter le ballon pour donner le coup d’envoi symbolique, le geste devient presque métaphorique. Celui d’un héritier du trône qui sait que l’autorité véritable n’a pas besoin d’être imposée, mais s’exerce dans le respect, l’affection et l’écoute. Le ballon est frappé avec élégance, sans emphase. Le message, lui, est limpide. La joie est manifeste. Le Maroc est hôte et maison commune de tout un continent en devenir. Le Prince en donne la preuve. En bon Marocain, le Prince Héritier maîtrise cet art ancestral: celui de recevoir et de mettre à l’aise ses invités. Les pays présents à la CAN sont les invités du Maroc. Et, à un niveau plus profond encore, ils sont les invités de tous les Marocains, à leur tête Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, comme se plaisent à le répéter le président de la FIFA **Gianni Infantino** et celui de la CAF **Patrice Motsepe**, Sud-Africain, faut-il le rappeler. En présidant cette cérémonie, en représentant son auguste père, le Prince Moulay El Hassan n’incarnat pas seulement la continuité institutionnelle. Il incarnait une culture : celle d’un Royaume où l’hospitalité est une valeur cardinale, et où la souveraineté s’exprime aussi par la courtoisie. Installé dans la Tribune Royale aux côtés du président des Comores, de **Gianni Infantino**, de **Patrice Motsepe** et du président de la FRMF **Fouzi Lekjaa**, le Prince a suivi la rencontre avec une attention visible, réagissant aux temps forts comme n’importe quel passionné de football, exprimant une joie sincère, une émotion partagée. Lorsque **Ayoub El Kaabi** inscrit son splendide retourné acrobatique à la 74ᵉ minute, la joie du Prince est spontanée, sincère, presque contagieuse. Ce n’est pas une joie calculée, mais celle d’un jeune homme fier de son équipe, de son pays, et du moment historique que vit le Royaume et l'Afrique. À cet instant même, il se retourne et salue respectueusement son invité : le Président des Comores. Les relations et la coopération avec ces Îles sont particulières. La quasi-totalité des hauts responsables de ce pays frères, pourtant lointain, dont le président lui-même, ont été formés dans les grandes écoles et universités du Maroc. Cette capacité de Son Altesse Royale à passer, sans rupture, du protocole à l’émotion est peut-être l’un des traits les plus marquants de cette prestation. Elle humanise la fonction sans jamais l’affaiblir. Elle rappelle la sollicitude royale à l’hôpital de Marrakech : Sa Majesté se penchant sur un lit d’hôpital et faisant l’accolade à un blessé subsaharien qui le remercie de tout cœur et semble avoir oublié son malheur. Là, à Rabat, en cette soirée du 21 décembre, la pluie est un symbole : entre gratitude et destin. Il y avait, ce soir-là, une autre dimension, plus subtile, presque spirituelle. Après sept années consécutives de sécheresse, cette pluie abondante tombant sur Rabat, à ce moment précis, prenait une résonance particulière. Le geste princier, accompli sans protection alors qu’il pleuvait des cordes, est apparu à beaucoup comme une forme de gratitude silencieuse, un remerciement à la miséricorde divine. Vivement la pluie et les neiges abondantes sur les cimes de l'Atlas. Dans une monarchie où le temps long, le symbole et le sacré comptent autant que l’instant médiatique, cette image a marqué les esprits. Elle a rappelé que le pouvoir, au Maroc, s’inscrit dans une continuité historique et spirituelle, celle de la plus ancienne dynastie régnante au monde. Celle du commandeur des coryants. Feu Hassan II n’avait-il pas remercié Dieu, traversant Khémisset debout les bras en l’air, par une pluie battante qui avait tardé ? Le Prince est un homme d’exception en devenir, brillant étudiant, doctorant perspicace, marocain résolu, musulman convaincu, africain décidé, humaniste érudit. La victoire finale des Lions de l’Atlas (2-0) n’a fait que parachever une soirée déjà chargée de sens. Mais au-delà du score, c’est le comportement du Prince Héritier qui restera comme l’un des moments forts de cette ouverture de la CAN. Par son humilité, son élégance et sa maîtrise des codes, **Moulay El Hassan** a montré qu’il n’était pas seulement un héritier de sang royal, mais un héritier de valeurs pérennes. Et c’est peut-être là que réside le respect, l'amour et l’admiration du public marocain et la surprise de celui international : avoir vu, sous la pluie, se dessiner le portrait d’un futur grand leader qui comprend que la grandeur commence souvent par la simplicité du geste.

Mondial 2030 : Vers une loi-cadre de l’événementiel sportif au Maroc, ou l’art de transformer l’exceptionnel en legs durable 1084

L’attribution de la Coupe du Monde 2030 au bloc Maroc-Espagne-Portugal ne doit plus être lue comme une simple célébration du football mondial, mais comme un choc de souverainetés partagées. Pour la première fois, l'histoire ne se contente pas de relier deux rives ; elle impose la construction d'un espace juridique et économique intégré, défiant les frontières classiques de l'organisation événementielle. Ce projet ne se limite pas à une collaboration logistique éphémère ; il exige la naissance d'un véritable Laboratoire de la Modernité Institutionnelle. Au-delà de l’investissement colossal dépassant les 50 milliards de dirhams, l’enjeu fondamental réside dans la capacité du Royaume à ériger un cadre normatif d'exception. Il ne s'agit plus seulement d'accueillir, mais d'anticiper : comment transformer l’impératif de la convergence en un héritage législatif durable? Entre l'influence structurante des standards internationaux et la nécessité d'un ancrage eurafricain affirmé, le Maroc est au pied d'un mur fertile : celui de l'invention d'un droit de l'événementiel qui, à l'instar des mutations opérées pour les JO de Paris 2024, fera de 2030 le socle d'un nouveau modèle de développement global. I. La Loi-Cadre : Dépasser la gestion pour l'exécution accélérée L'annonce de cette candidature tripartite a propulsé la nécessité d'une coordination harmonisée dans les domaines logistiques, économiques et sécuritaires au rang d'impératif stratégique. Le cadre actuel, dominé par la Loi 30-09, ne saurait supporter seul le poids d'un événement qui prévoit d'accueillir plus de 1,5 million de supporters. 1. Le miroir français : Pour les JO de Paris 2024, la France a adopté une loi d'exception dès 2018 pour réduire de 25 % les délais de recours administratifs sur les chantiers olympiques. 2. L’Impératif de la Convergence : L'échéance du Mondial agit comme un puissant levier, forçant l'accélération des processus de convergence réglementaire et douanière entre les trois capitales. 3. Un Droit de l'Exception : Le Royaume doit instaurer un régime dérogatoire pour ses zones de chantiers stratégiques, transformant la contrainte administrative en fluidité opérationnelle. II. La Doctrine du « Legs » : L'Ingénierie Juridique contre les "Éléphants Blancs" L’efficacité globale de l’opération, de la phase pré-événementielle au legs post-réalisation, repose intégralement sur la solidité de l’engagement triangulaire. 1. Mutualisation et Interopérabilité : Les accords trilatéraux influencent directement la planification : il ne s'agit plus de construire des infrastructures isolées, mais des réseaux intégrés (ports, liaisons aériennes, ferroviaires) pensés pour l'interopérabilité. 2. Le modèle de la SOLIDEO : À l'instar de la structure française, le Maroc doit garantir une transformation des infrastructures menée dans un esprit d'alignement normatif pour assurer leur utilité sociale future. 3. L'optimisation des retombées : L’harmonisation des offres touristiques et des régimes fiscaux incitatifs pour les investisseurs est cruciale pour maximiser les retombées partagées. III. Souveraineté et Cybersécurité : Le nouveau champ de bataille numérique Un événement de cette ampleur, opéré par trois États souverains, engendre des défis de coordination qui nécessitent une gestion diplomatique et technique de premier ordre. 1. Espace Sécuritaire Unifié : La création d'un espace sécuritaire unifié exige le partage d'informations en temps réel et la coordination des forces de l'ordre entre les trois nations. 2. Le Défi de la Mobilité Transcontinentale : L’acheminement des supporters entre l'Europe et l'Afrique doit être fluide, fiable et écologique, nécessitant des investissements massifs dans les capacités aéroportuaires. 3. Souveraineté et Image : Le défi est de présenter un modèle idéal de coexistence interculturelle tout en protégeant les systèmes contre les cybermenaces croissantes. Vers un nouveau standard de puissance La Coupe du Monde 2030 n’est pas une simple somme de trois organisations nationales ; c’est un projet de co-développement stratégique. En ancrant l'exceptionnel dans la durabilité juridique, le Maroc a l'opportunité de transformer cette candidature en un précédent historique d'intégration réussie entre deux rives.

Un Triptyque Historique : Comment le Maroc, l'Espagne et le Portugal Forgent le Succès de la Coupe du Monde 2030 1200

L'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2030 au trio inédit formé par le Maroc, le Portugal et l'Espagne marque l'ouverture d'un nouveau chapitre dans l'histoire des relations internationales et sportives. L'organisation conjointe de cet évènement consacre une dynamique sans pareil, engageant les trois nations dans une coopération triangulaire dont l'efficacité sera le marqueur décisif du succès de cet événement planétaire. Ce partenariat trilatéral transcende la simple collaboration logistique pour devenir un véritable levier de développement stratégique. La question n'est plus de savoir si les relations bilatérales sont prêtes, mais comment leur intégration en un cadre trilatéral renforcé garantira la réussite d'un méga-événement appelé à relier, pour la première fois, deux continents par le biais du sport. Les liens historiques et la proximité géographique confèrent aux relations entre ces trois partenaires un terreau propice à une intensification remarquable. L'annonce de leur candidature tripartite a, de fait, propulsé la nécessité d'une coordination harmonisée dans les domaines logistiques, économiques et sécuritaires au rang d'impératif stratégique I. Les Fondations Politiques et Économiques de la Coopération Renforcée L'alignement autour du projet 2030 n'est pas fortuit ; il s'ancre dans des considérations politiques et économiques profondes qui mutualisent les intérêts des trois pays. •⁠ ⁠L'Impératif de la Convergence ne souffre aucune ambivalence : l'Espagne et le Portugal, tout en s'inscrivant dans le cadre structurel de l'Union européenne, reconnaissent au Maroc le statut de partenaire stratégique incontournable, véritable porte d'entrée et pivot vers le continent africain. Cette dynamique n'est pas unilatérale ; le Royaume consolide, par cette même alliance, son ancrage eurafricain avec une netteté accrue. L'échéance du Mondial, loin d'être une simple contrainte calendaire, agit comme un puissant levier, forçant l'accélération — jugée souvent trop lente — des processus de convergence réglementaire, douanière et sécuritaire entre les trois capitales. Surtout, la volonté politique affichée au sommet — symbolisée par le suivi direct de Sa Majesté le Roi Mohammed VI des engagements marocains — s'érige en catalyseur décisif, garantissant l'établissement d'une ligne directrice unifiée et pérenne, même face aux contingences et aux fluctuations des majorités au sein des échiquiers politiques des États alliés. •⁠ ⁠La Mutualisation des Investissements et des Retombées : Sur le plan économique, le Mondial représente une opportunité sans précédent de dynamiser le commerce et l'investissement. Les accords trilatéraux influencent directement la planification des grands travaux : il ne s'agit plus de construire des infrastructures isolées, mais des réseaux intégrés (ports, liaisons aériennes, potentielles liaisons ferroviaires à grande vitesse) pensés pour l'interopérabilité. L'harmonisation des offres touristiques et des régimes fiscaux incitatifs pour les sponsors et les investisseurs est cruciale pour maximiser les retombées partagées. La réussite de la coordination dans les domaines logistiques, économiques et sécuritaires ne sera pas qu'un simple indicateur de performance ; elle sera le symbole d'une capacité collective à gérer un événement complexe à l'échelle transcontinentale. II. Gérer les Complexités : Les Défis du Codéveloppement Un événement de cette ampleur, opéré par trois États souverains, engendre naturellement des frictions et des défis de coordination qui nécessitent une gestion diplomatique et technique de premier ordre. •⁠ ⁠Le Défi de la Sécurité Globale et du Transport Intégré : Le premier obstacle est la création d'un espace sécuritaire unifié pour les millions de supporters en mouvement. Cela exige le partage d'informations en temps réel, la coordination des forces de l'ordre et l'harmonisation des protocoles d'urgence. Parallèlement, le système de transport doit être pensé comme un réseau unique. L'acheminement des équipes et des supporters entre l'Europe et l'Afrique doit être fluide, fiable et écologique, nécessitant des investissements ciblés dans les capacité d'accueil aéroportuaires et les dessertes maritimes. •⁠ ⁠Le Vecteur Culturel et Civilisationnel : Au-delà du sport, le Mondial est une plateforme diplomatique. Le défi secondaire, mais fondamental, est de dépasser la simple organisation technique pour présenter un modèle idéal de coexistence interculturelle. Le Maroc, l'Espagne et le Portugal doivent investir dans la promotion de leurs patrimoines croisés, consolidant les valeurs de paix et de respect mutuel. Cela implique la qualification des institutions nationales non seulement en logistique, mais aussi dans la gestion des publics et l'interaction médiatique mondiale, afin d'éviter les pièges d'une couverture fragmentée ou sensationnaliste. III. L'Influence Structurante des Accords Bilatéraux sur la Logistique L'influence des accords existants entre les trois pays est vitale pour le développement des infrastructures. L'étape actuelle est caractérisée par une forte attente des secteurs privés et des observateurs sportifs, qui guettent l'accélération concrète des chantiers. L'efficacité globale de l'opération, que l'on considère la phase pré-événementielle, l'exécution pendant le tournoi ou le legs post-réalisation, repose intégralement sur la solidité de l'engagement triangulaire. La transformation des infrastructures, des stades aux centres de formation et aux zones d'accueil, doit être menée dans un esprit d'alignement normatif. En conclusion, la Coupe du Monde 2030 n'est pas une simple somme de trois organisations nationales ; c'est un projet de co-développement stratégique. Les relations historiques et solides unissant le Royaume du Maroc, le Portugal et l'Espagne, amplifiées par une volonté politique constante et de haut niveau, constituent l'élément décisif pour transformer cette candidature en un succès retentissant, offrant au monde un précédent d'intégration réussie entre deux rives.

Law 30-09: A “Tree with Bitter Fruits” Hindering the Development of Moroccan Sports 1244

While Morocco’s recent performances on the international stage—particularly in football—demonstrate its growing dynamism, the legal framework governing the sports sector seems unable to keep pace with this evolution. Conceived in the wake of the 2008 Royal Letter and enacted in 2010, Law No. 30-09, which was meant to modernize the national sports system, now reveals—fifteen years after its delayed implementation—serious limitations. Marked by internal inconsistencies, deficient enforcement, and pervasive state interference, the law ultimately undermines its original purpose: to professionalize Moroccan sport and align it with international standards. I. Excessive Requirements and Forgotten Sanctions Born from a clear political will to reform Moroccan sport and provide it with a modern legal framework, Law 30-09 has quickly become a rigid and impractical instrument. One of its most emblematic—and controversial—provisions is the obligation imposed on certain sports associations to establish sports corporations (Sociétés Anonymes). While the intent was to ensure sound governance, fiscal transparency, and executive accountability, practice has revealed the limits of this approach. •⁠ ⁠A disproportionate constraint. Most associations lack the financial and organizational capacity to comply with such structural obligations. •⁠ ⁠A flawed and inapplicable framework. The law establishes three non-cumulative conditions triggering the obligation to form a sports company. Only the first has been clarified by regulation, while the other two—relating to turnover and payroll—were never defined by governmental decree. As a result, the rule remains largely inoperative, especially since the penalties for non-compliance are systematically ignored. •⁠ ⁠An unfinished reform. Even among the few clubs that have complied, the parent association still holds the majority of the share capital. This structural lock prevents the opening of capital to private investors, thus maintaining dependency on the old associative model rather than promoting professionalization. II. The Persistent Shadow of the State: An Interference Contrary to Autonomy Principles By its very nature, sport is a sphere of autonomy, an ethos enshrined in the Moroccan Constitution and in the regulations of international organizations such as FIFA. Yet Law 30-09 establishes the supervising ministry as the true guardian of the sector, concentrating significant and often excessive powers: •⁠ ⁠An extensive right of scrutiny. The ministry approves statutes, grants accreditation, and confers authorization to national federations. •⁠ ⁠A pronounced power of interference. The administration may impose standard contracts and, more seriously, revoke authorization or dissolve a federation in the event of a “serious violation.” Such prerogatives contradict the spirit of the Constitution, which reserves this power to the judiciary. •⁠ ⁠Institutional omnipresence. A state representative must sit within the governing bodies of both the national federations and the Moroccan National Olympic Committee (CNOM), reinforcing state oversight at the expense of autonomy. This predominant executive control contradicts the principles of independence that underpin both national constitutional law and the global sports governance model. III. The Ambiguous Status of Athletes: The Law’s Major Omission Beyond institutional deficiencies, Law 30-09 exposes a serious legal vacuum regarding the status of athletes. The professional athlete’s contract is treated as an ordinary employment contract—an assimilation that raises significant difficulties. •⁠ ⁠The legislator had to create several exceptions to the Labour Code (five-year fixed-term contracts, exclusivity clauses, conditions for unilateral termination), resulting in an incoherent hybrid regime. •⁠ ⁠Although classified as “employees,” professional athletes do not enjoy the social protection and retirement benefits normally afforded to workers. •⁠ ⁠As for amateur athletes, their status remains completely unaddressed by the law. The provisions aimed at supporting athlete training and post-career reconversion are equally deficient. They are neither mandatory nor widely implemented, few training centers exist, and many athletes lack the educational background needed to benefit from such programs. IV. The Need for a Moroccan Sports Code Faced with these structural weaknesses, a piecemeal revision of the law is no longer adequate. The codification of sports law—through the adoption of a comprehensive Moroccan Sports Code—is now an imperative step toward supporting the country’s international ambition. Drawing inspiration from the French model, such a reform would serve several key purposes: 1.⁠ ⁠Clarifying and consolidating the dispersed legal texts, regulations, and case law to facilitate specialization among legal practitioners. 2.⁠ ⁠Correcting inconsistencies by redefining the jurisdictional competences of the State and creating a sui generis legal status for professional and amateur athletes. 3.⁠ ⁠Modernizing the legal framework by integrating fiscal and social regimes specific to sports entities and individuals. Despite its initial promise of modernization, Law 30-09 has become a “tree with bitter fruits.” Instead of fostering professionalism, it has constrained the sector and amplified its institutional fragility. Only a complete codification—reflecting Morocco’s socio-economic realities and the principles of good governance—can ensure a coherent, autonomous, and sustainable framework for the country’s sports development.

La Loi 30-09 : Un "Arbre aux Fruits Amers" qui Freine le Sport Marocain 1358

Si l'éclatante performance du Maroc sur la scène internationale, notamment dans le domaine du football, témoigne d'un rayonnement grandissant, une législation à la traine pourrait bien devenir un fardeau majeur. La Loi 30-09, censée moderniser le secteur après la lettre royale de 2008, s'avère, quinze ans après son entrée en vigueur tardive, être un frein, marqué par des incohérences, une application défaillante et une ingérence étatique contestée. Des Exigences Inadaptées et des Sanctions Oubliées La Loi 30-09 est née en 2010 d'une volonté royale d'établir un cadre juridique pour corriger les problèmes du sport marocain et s'aligner sur les standards internationaux. Mais l'outil s'est rapidement révélé trop lourd et déconnecté de la réalité. L'une des mesures phares, et la plus controversée, était l'obligation pour certaines associations sportives de créer une société sportive. Si l'objectif affiché était d'encadrer le régime fiscal (en prélevant l'impôt sur les sociétés) et d'imposer une meilleure gouvernance et transparence (bilans annuels, contrôle par un commissaire aux comptes, responsabilité des dirigeants), la réalité est tout autre : • Contrainte Insupportable : Cette exigence de création est jugée trop contraignante pour la plupart des associations, qui peinent à la respecter. • Loi Mort-Née et Paradoxe Structurel : Un Texte à Trous. L'échec de cette mesure est double. Le législateur a prévu trois conditions (non cumulatives) pour déclencher l'obligation de créer la SA. Or, si la première condition d'application a été détaillée, les deux autres critères majeurs — liés au montant de la recette ou à la masse salariale — n'ont jamais été précisés par décret par le gouvernement, rendant de facto la règle boiteuse et largement inapplicable. De plus, les sanctions pour non-conformité demeurent systématiquement inappliquées, ce qui achève de neutraliser le texte. Enfin, pour les rares clubs ayant obtempéré, le club associatif originel est resté actionnaire ultra-majoritaire. Ce verrouillage capitalistique anéantit toute ambition réelle d'ouverture du capital aux investisseurs privés et perpétue le modèle associatif, entravant ainsi l'impulsion financière et professionnelle attendue. L'Ombre de l'État : Une Ingérence à Contre-Courant Le sport est un secteur qui prône l'indépendance, une philosophie ancrée dans la Constitution marocaine et dans les règlements d'instances comme la FIFA. Pourtant, la Loi 30-09 érige l'État en véritable tuteur du secteur. Le ministère de tutelle s'arroge un pouvoir absolu, exerçant un contrôle et une prédominance de multiples façons : • Droit de Regard : L'administration doit approuver les statuts, accorder l'agrément et habiliter les fédérations. • Contrôle Exacerbé : L'État est en droit d'établir des contrats-types imposés aux clubs et, plus grave, dispose d'un pouvoir de dissolution ou de retrait d'habilitation des fédérations en cas de violation grave. Cette ingérence étatique est perçue comme un recul dangereux. Elle est non seulement en profond décalage avec l'esprit général de la Constitution — qui attribue la prérogative de dissolution d'une association ou d'une fédération au pouvoir judiciaire, et non au pouvoir exécutif — mais elle met aussi la législation marocaine en contradiction flagrante avec les règlements sportifs internationaux, notamment dans le domaine du football, qui exigent l'autonomie. • Présence Obligatoire : Un représentant étatique est même imposé au sein des comités directeurs des fédérations et du Comité National Olympique Marocain (CNOM). Le Flou Statutaire des Sportifs : Grands Oubliés du Texte Au-delà des questions institutionnelles, la loi crée un vide juridique flagrant concernant les sportifs eux-mêmes. Le contrat du sportif professionnel est simplement assimilé à un contrat de travail de droit commun. Or, cette qualification est hautement incohérente : • Le législateur a été contraint de dresser une liste de dérogations au Code du Travail (CDD de 5 ans, clause d'exclusivité, condition de résiliation unilatérale), créant un régime sans cohérence. • Pire, le sportif, bien que considéré comme un "salarié", ne bénéficie pas de la protection sociale offerte à tous les employés, étant privé de droits sociaux et d'une retraite. • Quant aux sportifs amateurs, leur statut est tout simplement jamais abordé par la loi. De même, l'initiative louable d'assurer une formation professionnelle aux athlètes pour préparer leur après-carrière (qui est souvent très courte) s'avère inadaptée. Les formations ne sont ni obligatoires, ni appliquées par les fédérations, les centres d'enseignement sont rares, et le niveau académique de nombreux joueurs est insuffisant pour y prétendre. L'Urgence d'un Code du Sport Face à ces limites "insurmontables", le simple rapiéçage de la Loi 30-09 n'est plus suffisant. La codification du droit du sport est une nécessité impérieuse pour accompagner les ambitions mondiales du Maroc. Inspirée par l'exemple français, cette initiative permettrait de : 1. Réunir et Clarifier les Textes : Mettre fin à l'éparpillement des lois, règlements et jurisprudences pour faciliter la spécialisation des juristes. 2. Combler les Vides : Corriger les maladresses (comme l'attribution d'une compétence juridictionnelle à l'État) et, surtout, définir un statut juridique sui generis pour les sportifs professionnels et amateurs, adapté aux spécificités de leur carrière. 3. Moderniser l'Encadrement : Intégrer des régimes spécifiques omis, tels que le régime fiscal des sociétés sportives et les droits sociaux des athlètes. En conclusion, la Loi 30-09, malgré sa bonne intention initiale, est un "arbre aux fruits amers" qui nécessite une refonte complète. Sans un cadre plus rigoureux et adapté aux réalités du terrain, le Maroc risque de voir son développement sportif entravé.
bluwr.com/drafts/new/

Mustapha Hadji, Ballon d’Or africain : du silence des pâturages à la voix des stades 1291

Le palmarès de Mustapha Hadji tient en quelques lignes, mais chacune d’elles pèse lourd dans l’histoire du football africain, de la jeunesse marocaine et surtout pour Mustapha lui-même. Ballon d’Or africain en 1998, artisan majeur de l’épopée marocaine à la Coupe du monde en France, international respecté, passeur de jeu élégant, ambassadeur discret du football et de la jeunesse du centre prédésertique marocain. Des titres, des distinctions, des chiffres. Et pourtant, réduire Hadji à son palmarès serait passer à côté de l’essentiel : une trajectoire humaine rare, presque cinématographique, qui commence loin des projecteurs. Car avant les pelouses européennes, avant les hymnes et les trophées, il y a un douar près de Guelmim. Une région austère, rude, où l’enfance s’écrit au rythme du soleil et des troupeaux. le vent est sec et fort. L'horizon est sans limite. Les enfants y contemplent à chaque instant l'Atlas et la majesté de ses simes. le sol est dure et rocailleux. Comme beaucoup d’enfants de son âge, Mustapha est berger dès qu’il a pu marcher, dès qu’il a pu être autonome. Il est vite érigé en responsable de ce que la famille et le douar ont de plus précieux: des chèvres et des moutons. Il apprend très tôt la patience, la solitude, l’observation. Des qualités qui, plus tard, feront de lui un joueur à part, capable de lire le jeu avant les autres, de sentir le ballon, d'ajuster le mouvement. Le tournant se produit avec le regroupement familial. Direction la France. Le choc est immense. Changement de langue, de climat, de codes sociaux. À l’école, Mustapha peine à s’intégrer. Il ne comprend pas tout, parle peu, se replie souvent sur lui-même. Mais là où les mots manquent, le ballon devient langage. C’est sur les terrains de quartier que son talent commence à se révéler. Un football instinctif, fluide, presque poétique. Il n’y a pas de calcul, seulement le plaisir de jouer, de s’exprimer enfin, de montrer ce dont il est capable. Autour de lui, des regards bienveillants s’attardent. Des éducateurs, des entraîneurs, des figures humanistes qui voient au-delà des difficultés scolaires ou linguistiques. Et surtout, il y a père lève tôt qui travaille et une mère qui veille. Une présence constante, exigeante et protectrice. Elle encadre, encourage, rappelle l’importance du travail et de la discipline. Elle a cela dans les gènes. Elle sait d’où elle vient. Rien n’est laissé au hasard. À partir de là, l’ascension devient irréversible. Club après club, Mustapha Hadji affine son jeu. Il n’est pas le plus puissant, ni le plus rapide, mais il comprend le football. Le ballon l’adopte et l’aime. Il joue entre les lignes, fait jouer les autres, sublime le collectif. Son style tranche dans une époque dominée par l’impact physique. Il impose une autre grammaire : celle de l’intelligence et de la créativité. L’année 1998 marque l’apogée. La Coupe du monde en France révèle Hadji au grand public. Le Maroc séduit, impressionne, frôle l’exploit. Hadji en est l’âme technique. Quelques mois plus tard, le Ballon d’Or africain vient consacrer cette trajectoire singulière. Une reconnaissance continentale, mais aussi un symbole puissant : celui d’un enfant de Guelmim devenu référence du football africain. Sans jamais renier ses racines, il les sublime dans son récit. Il ne manque jamais de les évoquer avec nostalgie et reconnaissance. Après les sommets, Mustapha Hadji ne se transforme pas en icône tapageuse. Il reste fidèle à une certaine sobriété. Celle du Maure descendant de l’homme de Jbel Ighoud. Il incarne, comme ses 40 millions de concitoyens, 350 mille ans d’histoire, pas de scandales, peu de déclarations tonitruantes. Une élégance rare, sur et en dehors du terrain. Plus tard, il transmettra, accompagnera, conseillera, toujours avec la même discrétion. L’histoire de Mustapha Hadji mérite mieux qu’un simple hommage ponctuel. Elle appelle une série, un récit au long cours. Parce qu’elle parle d’exil et d’intégration, de transmission et de mérite, de talent brut façonné par l’effort et l’encadrement humain. Elle rappelle surtout que derrière chaque trophée se cache un enfant, souvent silencieux, qui a appris à transformer ses fragilités en force. Dans un football moderne parfois amnésique, l’itinéraire de Mustapha Hadji demeure une leçon. Une leçon de jeu, mais surtout une leçon de vie. Lors de la 4e édition des Journées Africaines de l’Investissement et de l’Emploi, consacrée au football comme vecteur d’inclusion socio-économique, tenue à la Faculté des Sciences Juridiques et Sociales - Souissi, à Rabat, Mustapha est invité à l’estrade par l’icône du journalisme sportif qu’est devenue Dounia Siraj, un autre exemple de réussite d’une jeunesse innovante, engagée, sûre d’elle. Elle a dirigé de main de maître une cérémonie où elle devait, entre autres, donner la parole à Fouzi Lakjaa et à Midaoui. Elle le fut sans sourciller, la voix posée et la posture digne. Mustapha prend la parole et raconte son histoire. Les mots sont forts, précis et juste. La posture est digne. L’audience est émue. Les jeunes étudiants, très nombreux, écoutent ébahis. Ils vivent là un moment inédit. Une inspiration rare. Mustapha, sourire aux lèvres, raconte. Les mots fusent dans un récit à couper le souffle. C’est alors que je prends la parole pour interpeller le cinéma marocain. Cette histoire unique, mais semblable à bien d’autres, ne mérite-t-elle pas d’être racontée dans un film, dans une série ? Les mots et la mimique de Mustapha sont si forts qu’ils pourraient, traduits en images, montrer à toute la jeunesse en construction quelles sont les valeurs du travail, du sérieux, de la confiance en soi et de l’engagement. Le festival de Marrakech venait d’être clos la veille. Pendant que Mustapha parlait, j’ai nourri le rêve de voir un film sur Mustapha Hadji remporter l’Étoile d’Or...à une prochaine édition. Le cinéma marocain devrait jouer ce rôle-là aussi. Celui de perpétuer les réussites de la jeunesse du Royaume. Le cinéma se doit de nous raconter, et surtout à la jeunesse, ces grandes histoires de réussite dans moult domaines et Dieu sait qu’il y en a. L’histoire de Nezha Bidouane, celle de Hicham El Guerrouj, de Said Aouita, de Salah Hissou, de Moulay Brahim Boutayeb, d’Abdelmajid Dolmy, de Si Mohamed Timoumi ou de Achik, de Nawal El Moutwakel, ne méritent-elles pas d’être racontées dans des livres, dans des films ? Celles de Jilali Gharbaoui, de Mohamed Choukri, d’Abdelouhab Doukkali, d’Abdelhadi Belkhayat, de Tayeb Seddiki, de Tayeb Laalj, de Fatna Bent Lhoucine, de Fadoul, de Miloud Chaabi de Haj Omar Tissir (Nesblssa) et j’en passe, ne méritent-elles pas d’être portées à l’écran ? Merci, Si Mustapha, d’avoir été un grand joueur, une fierté nationale et surtout de continuer à faire ce que tu fais avec brio : motiver et inspirer notre jeunesse, aiguiser notre fierté nationale par ce genre d’éducation rénovée, pilier d’un Maroc souverain qui élève sa jeunesse vers un avenir prospère et éclairé.

La loi 30-09 relative à l’éducation physique et aux sports au Maroc : un frein obsolète au développement sportif 1333

Promulguée en 2010, la loi 30-09 visait à moderniser la gouvernance sportive marocaine, à encadrer le mouvement associatif et à ouvrir la voie à la professionnalisation. Quatorze ans plus tard, son bilan est contrasté: si elle a instauré une architecture formelle, on a toujours dit qu’elle ne répondait pas aux exigences du sport moderne, ni n’était incitative et encourageante. Elle est aujourd’hui accusée d’être un **frein structurel** au sport marocain, en raison d’un cadre rigide, inadapté et partiellement inconstitutionnel. Pire encore, engagée bien avant la lettre royale aux assises du sport de 2008, le projet n’avait en fait subi aucun ajustement pour se conformer aux directives royales. Les auteurs avaient probablement estimé que le projet répondait suffisamment aux contenus de la lettre et n’avaient pas jugé utile de le retirer. La remise en question, déjà vive depuis sa promulgation, s’intensifiera à la lumière de la Constitution de 2011, qui érige l’activité physique en droit citoyen et impose à l’État de promouvoir le sport de haut niveau tout en favorisant la participation associative. L’approche de la Coupe du Monde 2030, de surcroît, exige une adaptation législative sans tarder. Lors de la 4e édition des Journées africaines de l’investissement et de l’emploi, dédiée au football comme vecteur d’inclusion socio-économique et organisée par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales-Souissi à Rabat, le président de la Fédération Royale Marocaine de Football, Fouzi Lekjaa, a déclaré sans ambages que la loi 30-09 avait fait son temps et qu’une nouvelle mouture était nécessaire pour accompagner le développement sportif du pays. Les principales problématiques consistent d’abord en une **discordance avec la Constitution de 2011**. Conçue avant cette révision fondamentale, la loi 30-09 ne garantit pas explicitement le droit au sport comme droit citoyen. Elle limite la liberté associative par un régime d’agrément discrétionnaire, contredisant le principe constitutionnel de liberté d’association garanti par le Code des libertés publiques de 1958, toujours en vigueur. De même, elle assigne à l’État un rôle flou en matière de régulation et de financement, fragilisant l’autonomie des fédérations et exposant celles-ci à des paralysies administratives. Force est de constater aussi une **ambiguïté du statut des sportifs professionnels**. Malgré la reconnaissance constitutionnelle du droit au travail et à la protection sociale, la loi ne définit ni un contrat sportif clair ni une protection spécifique. Ce vide juridique alimente des conflits récurrents entre clubs, joueurs et fédérations. On relèvera également un **décalage avec le sport moderne**. Attachée à une vision bureaucratique et centralisée, la loi ignore les standards internationaux et les mécanismes de gouvernance par performance ou objectifs. La professionnalisation reste inachevée: les clubs manquent de structures juridiques stables, les modèles économiques sont précaires, et les investisseurs privés sont découragés. Le rôle des collectivités territoriales demeure flou, malgré la régionalisation avancée, rendant les investissements sportifs tributaires de volontés locales plutôt que d’un cadre national cohérent. **La rigidité de la loi entrave la contractualisation rapide, la flexibilité pour les infrastructures et l’indépendance des fédérations.** Elle génère des lenteurs administratives pour les partenariats public-privé, l’absence de statut pour les sociétés sportives et des difficultés à intégrer les normes internationales, bloquant ainsi l’attractivité pour le capital privé. On peut ainsi soupçonner son **incompatibilité avec les exigences FIFA et le Mondial 2030**. La critique peut s’étendre au domaine de l’éducation avec une certaine **inadéquation avec la réforme éducative**. Alors que le Maroc investit dans le sport scolaire et universitaire, la loi omet toute intégration systémique entre écoles, universités, clubs et fédérations, ainsi que des passerelles entre sport de masse et d’élite. La loi mélange indûment sport amateur et professionnel, sans distinguer la gestion associative de l’activité commerciale des clubs. Son autre faiblesse se situe au niveau de la définition des concepts et donc de la désignation claire des responsabilités induites. Elle soumet le tissu associatif, pilier du mouvement sportif, à une tutelle excessive, créant insécurité juridique et contournements permanents. Enfin, elle conçoit le sport comme activité éducative ou culturelle, ignorant son potentiel économique : métiers du sport, sponsoring, droits audiovisuels, fiscalité spécifique et création d’emplois. Conçue dans un contexte pré-constitutionnel, la loi 30-09 est aujourd’hui **obsolète, rigide et partiellement inconstitutionnelle**. Elle freine la gouvernance, la professionnalisation et l’économie du sport, au moment où le Maroc se projette vers des échéances mondiales majeures. La situation conduit donc à la nécessité de s’orienter vers une nouvelle loi, moderne, alignée sur la Constitution, sur le propos de la lettre royale de 2008, sur les exigences d’un sport moderne en concordance avec les instances internationales, et répondant aux impératifs à mettre en place en vue de la Coupe du Monde 2030, tout en inventant un mode nouveau de gestion et d’administration éloigné du temps politique. Une administration de mission est largement souhaitée. La nouvelle loi doit s’aligner sur le cadre constitutionnel en définissant clairement les concepts, en consacrant le sport comme droit citoyen, en protégeant la liberté associative et en clarifiant le rôle de l’État (encadrement, financement, audits, contrats-objectifs). Elle devrait distinguer entre sport amateur et professionnel, entre club et association, et instaurer une professionnalisation complète: statut du sportif professionnel, sociétés sportives obligatoires pour les clubs, régulation des investissements privés. Elle doit permettre l’intégration du sport à l’économie nationale via un cadre fiscal dédié, un code d’investissement spécifique, une reconnaissance sectorielle et une modernisation du sponsoring et des droits TV. Elle devra s'harmoniser aux exigences FIFA 2030 par plus de flexibilité, réglementer les infrastructures et sécuriser les grands projets. La nouvelle loi devrait fixer les responsabilités de l’État en matière de formation des cadres et des niveaux exigés, faisant de la formation académique la base d’un système national à même de répondre aux exigences de la pratique et aux véritables besoins de la société. Elle devra en outre spécifier le rôle et définir la responsabilité des régions et des collectivités locales en matière de sport pour tous, de création d’infrastructures de proximité et d’encadrement. Une sorte de municipalisation des activités physiques de masse. Cette loi nouvelle attendue est **urgente, stratégique et incontournable** pour aligner le sport marocain sur les standards internationaux et les ambitions nationales.

Performance sportive Vs Valeur sur le marché 1243

🌍⚽ Retour sur ma participation comme paneliste aux MedDays 2025 de l'Institut Amadeus J’ai eu l’occasion d’intervenir sur le thème : « Au-delà du terrain : le football, vecteur de développement », pour analyser les leviers qui transforment aujourd’hui le football marocain en un modèle structurant pour l’Afrique. 🇲🇦 1. Une transformation portée par une vision royale depuis 2008 La victoire du Maroc en Coupe du Monde U20 n’est pas un hasard. Elle est l’illustration directe d’une stratégie long terme structurée autour : - de la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI - du lancement de l’Académie Mohammed VI - d’un plan massif d’infrastructures sur tout le territoire - du modèle Evosport Morocco pour professionnaliser la formation - de la continuité méthodologique U15 → U20 - et du travail déterminant de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) depuis la nomination de Fouzi Lekjaa, 🏆 2. Maroc U20 vs Argentine : une victoire sportive… et économique 🇲🇦 Valeur Maroc U20 : 11 M€ 🇦🇷 Valeur Argentine U20 : 62 M€ ➡️ Malgré un écart x6 en valeur marchande, le Maroc a dominé l’Argentine et remporté la Coupe du Monde. Pourtant : - seuls 13% de nos joueurs dépassent 1 M€ - en Botola, aucun joueur n’est valorisé au-dessus de 1.000.000 € alors que la valeur moyenne des joueurs argentins évoluant en Argentine est de 2M € (contre 4M€ pour ceux qui jouent à l’étranger) 👉 Nos performances dépassent largement notre valorisation. Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, merci de cliquer sur le lien Linked In pour avoir une analyse chiffrée et comparative sur la valorisation des talents U20 (https://www.linkedin.com/posts/reda-laraichi-23a94911_analyse-de-l%C3%A9quipe-du-maroc-u20-activity-7404077601742540800-0-qz?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAAAJz_g4BKDRDUzkUfV0YUfrLztjfngDZmFc). 📊 3. La DATA : le prochain chantier stratégique Pour combler l’écart de valorisation, le Maroc doit accélérer la structuration de la data. Dans cette dynamique, des solutions marocaines émergent et montrent la voie, comme Reborn de Youssef MAAROUFI et Fayçal Amine Louryagli , récemment lauréate du programme Start-up de National Basketball Association (NBA) Africa, preuve que l’innovation locale peut soutenir notre transformation digitale. Mention spéciale à Fayçal Bouchafra d' Evosport Morocco pour son accompagnement. 💹 4. Agents & accès aux top ligues Les plus grands clubs travaillent avec un cercle restreint d’agents référents. Sans connexion directe à ces réseaux, la performance sportive ne suffit pas à déclencher les gros transferts. 🎯 Message clé porté aux MedDays : La Coupe du Monde U20 prouve que le Maroc n’est pas sous-performant, il est sous-valorisé. La prochaine bataille n’est plus sportive, elle est économique. Former des champions ne suffit plus : il faut désormais transformer cette performance en valeur marchande durable pour nos clubs, notre championnat et tout l’écosystème du football marocain.

La CAN 2025 face à la FIFA : l’Afrique doit-elle toujours se contenter du rôle secondaire ? 1358

À quelques jours seulement du coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc, une décision de la FIFA ravive un vieux débat : celui de la considération réelle accordée aux compétitions africaines dans l’architecture du football mondial. En réduisant **à cinq jours seulement** le délai obligatoire de mise à disposition des joueurs africains par les clubs européens, l’instance dirigeante du football mondial semble encore une fois pencher en faveur de ces mêmes clubs… au détriment des équipes nationales africaines. Cette mesure, à première vue technique, en dit long sur la hiérarchisation implicite du football mondial et sur la place que la FIFA continue de réserver en vrai au continent africain. Comment préparer sérieusement une compétition comme la CAN dans un délai dérisoire, une compétition majeure, un événement phare du football africain, suivie par des centaines de millions de téléspectateurs, moteur économique, social et politique majeur dans la région avec seulement **cinq jours de rassemblement** ? Aucune équipe au monde, dans aucun continent, ne peut construire une cohésion tactique, assimiler des schémas de jeu, soigner des automatismes ou même récupérer physiquement dans un laps de temps aussi réduit. Il est alors légitime de s’interroger : * Est-ce une mesure rationnelle ? * Ou une décision qui banalise la CAN, comme si cette compétition ne méritait ni respect ni conditions optimales ? * Ou encre, s'agirait il d'une discrimination structurelle envers l’Afrique ? Mais la question fondamentale reste la même. Elle n’est pas nouvelle : **le football mondial est-il véritablement égalitaire ?** La décision concernant la mise à disposition des joueurs n’est que la partie visible d’un système plus vaste, où les **compétitions et les équipes africaines sont structurellement désavantagées**. Prenons l’exemple des classements FIFA, qui déterminent la composition des chapeaux lors des tirages au sort des grandes compétitions. Le calcul des points dépend du niveau des adversaires rencontrés. Or une équipe qui joue principalement en Afrique affrontera mécaniquement des équipes moins bien classées, donc récoltera **moins de points**, même en cas de victoire. À l’inverse, une sélection européenne, avec des adversaires mieux classés, engrange davantage de points, même avec des résultats similaires. Ainsi, ce système entretient un **cercle fermé** : les mieux classés restent mieux classés, les moins bien classés restent condamnés au bas du tableau. Où est alors la méritocratie annoncée ? Le classement dicte donc ouvertement le parcours d’une Coupe du monde**. La récente décision de garantir que les **quatre meilleures équipes mondiales** ne se rencontrent pas avant les demi-finales de la Coupe du monde 2026 est un tournant majeur. Cela signifie que le classement, déjà biaisé, joue désormais un rôle déterminant dans la structure même de la compétition. On a même vu le maitre de cérémonie du tirage au sort, sans doute relié par oreillette à un décideur, décider de placer des équipes dans des groupes sans même expliquer le pourquoi de la chose... On protège donc ouvertement les géants et on enferme les autres dans un destin calculé. C'est une logique de préservation des puissants, typique d’un système où le sport, en apparence universel, se plie aux impératifs économiques et médiatiques des grands marchés. Se pose alors la question de savoir si **FIFA est une institution financée… par ceux qu’elle marginalise** car un paradoxe saute ici aux yeux : * **Les États**, surtout dans les pays en développement, sont les premiers investisseurs du football : infrastructures, académies, stades, subventions, compétitions. La CAN est une affaire de ces Etats. * **Le football de sélection**, notamment la Coupe du monde entre nations, est le produit le plus lucratif de la FIFA. * L’émotion, l’histoire, le prestige du football viennent très largement des **nations**, non des clubs. Et pourtant, ce sont les **clubs européens, entités privées ou associations** qui semblent dicter les conditions. Les fédérations africaines, pourtant contributrices essentielles du vivier mondial: en joueurs, en talents, en audiences et en marchés émergents, voient leur marge de manœuvre bien réduite. **L’Afrique est très appréciée en fournisseur de talents, mais pas comme acteur décisionnaire ?** Cette situation rappelle un schéma bien connu du continent : Produire la matière première, mais laisser la valeur ajoutée ailleurs. Dans le football comme dans l’économie mondiale, l’Afrique forme, fournit, alimente, mais se retrouve souvent spectatrice quand il s’agit de gouvernance, de recettes, d'intérêts ou d’influence. La CAN, au lieu d’être considérée comme un pilier stratégique du calendrier mondial, est traitée comme une complication logistique alors même qu'**Une compétition continentale ne peut progresser si elle est constamment reléguée au second plan.** Le football ne peut progresser dans certaines contrées que grâce aux compétitions régionales et continentales. Celles ci constituent des objectifs pour la majorité des équipes et sont l'unique possibilité de visibilité pour certaines nations. C'est encore une fois l'occasion de se demander si **Le football mondial est vraiment démocratisé ?** La FIFA se présente comme une maison commune, garante de l’équité, de la solidarité et du développement. En théorie, oui. En pratique, la balance est lourde d’un côté. Les décisions récentes montrent une organisation soucieuse de préserver les intérêts immédiats des puissances économiques du football, principalement situées en Europe, au détriment de l’équité sportive. Alors, faut-il continuer à faire semblant ? L’Afrique doit-elle se contenter d’applaudir, de se taire, et de fournir ses joueurs, comme on fournit un produit au marché global ? Le moment n'est il pas venu pour **une affirmation africaine** La CAN 2025, organisée au Maroc, avec tous les efforts déployés et les moyens mis en place peut devenir un moment charnière. Les peines que s'est données le Maroc mérite respect. Il démontre que le continent a les moyens en infrastructures modernes, en audiences massives et en talents reconnus mondialement, il ne lui manque ni passion ni compétences mais plutôt de la **reconnaissance** et du**poids dans les décisions**. Il est temps que FIFA traite les compétitions africaines avec le respect qu’elles méritent. Non par charité ou par discours, mais par justice, par cohérence et parce que le football mondial ne peut continuer à ignorer un continent qui en est l’un des principaux moteurs humains et culturels. L'Afrique est sans doute fière de faire partie de FIFA mais le strapontin ne lui sied plus. Les africains eux ne supportent plus le mépris.

Mondial 2026 : risque d’un tournoi réservé aux plus riches ? Une inflation sans précédent. 1419

La Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, s’annonce comme un événement hors normes : un format élargi à 48 équipes, 104 matchs, des installations de pointe et une couverture médiatique estimée comme la plus massive de l’histoire du sport. Mais à mesure que les premières informations sur la billetterie et les coûts logistiques se dévoilent, une inquiétude grandit parmi les passionnés : **le Mondial nord-américain pourrait devenir la Coupe du monde la plus chère jamais organisée**, au point de remettre en cause l’accessibilité même de l’événement. Au cœur de cette inquiétude figure le modèle américain du *dynamic pricing*, un système où les prix ne sont jamais fixes. Ils évoluent en fonction de la demande, du volume de requêtes en ligne, de la réputation de l'affiche, et même de paramètres algorithmiques sur lesquels le consommateur n’a aucune prise. Ainsi, une chambre d'hôtel vendue normalement à environ 200 USD ne sera pas proposée à moins de 500, voire 600 USD, et probablement davantage pour les retardataires. Ce mécanisme, courant dans le sport professionnel américain, pourrait transformer l’achat de billets pour le Mondial en une course effrénée, voire injuste. Certains tickets pour la finale sont déjà annoncés entre 5 000 et 20 000 dollars, un niveau totalement inédit. Les billets des matchs de poules pourraient connaître des fluctuations quotidiennes, rendant quasi impossible toute projection financière pour les fans étrangers. Les supporters américains, déjà habitués à des prix très élevés en NBA, NFL ou MLB, semblent mieux armés pour naviguer dans ce système. En revanche, pour le fan marocain, brésilien, sénégalais, égyptien ou indonésien, ce modèle représente un obstacle presque infranchissable. À ce tableau déjà ombragé s’ajoute la question de la plateforme officielle de revente.**FIFA Official Ticket Resale Platform**. Dans l’idéal, elle permet d’éviter le marché noir et de sécuriser les transactions. Mais dans un marché dominé par la logique spéculative, elle pourrait devenir le nouveau terrain de jeu d’acteurs cherchant à maximiser leurs profits, d'autant plus que FIFA prend une commission au passage. FIFA n’a pas encore communiqué sur les garde-fous qu’elle compte mettre en place. Sans régulation stricte, la revente pourrait amplifier la volatilité des prix, surtout pour les matchs les plus prisés : phases finales, rencontres impliquant des équipes à forte diaspora, ainsi que le match d’ouverture et la finale. L’un des éléments les plus déconcertants de ce Mondial est la vente anticipée de billets sans affectation précise. Aux USA, sur les **6 millions de billets prévus**, près de **2 millions ont déjà trouvé preneur**, alors que leurs détenteurs ne savent pas encore pour quels matchs ils ont payé. Cela reflète plusieurs dynamiques : - Une confiance totale du public américain dans l’organisation de l’événement ; - Le pouvoir d’achat élevé d’un public prêt à investir massivement dans des expériences sportives ; - Une asymétrie structurelle entre supporters américains et fans internationaux, ces derniers étant contraints d’attendre les affectations pour planifier voyages et budgets. Cette situation alimente la crainte que les stades soient massivement occupés par des spectateurs locaux, au détriment des supporters venant soutenir leurs équipes depuis l’étranger. Les USA comptent parmi les marchés hôteliers les plus chers du monde, et les villes retenues ne dérogent pas à la règle : **New York, Los Angeles, Miami, Seattle, Dallas** ou encore **San Francisco** figurent régulièrement en tête des classements des destinations les plus coûteuses. Une véritable inflation est attendue dans tout le secteur hôtelier. Lors d’événements sportifs d’envergure, les prix des chambres peuvent doubler ou tripler. Pour une Coupe du monde étalée sur plus d’un mois, les projections sont encore plus alarmantes : certains opérateurs évoquent déjà des tarifs « jamais vus ». Les fans devront anticiper : - des hausses massives des prix des hôtels ; - une saturation prévisible des logements alternatifs ; - des coûts de transport interne très élevés, puisque les distances entre villes hôtes exigent souvent le recours à l’avion. L’ensemble de ces paramètres pose une question centrale : **à qui s’adressera réellement la Coupe du monde 2026 ?** Les 250 millions de licenciés du football dans le monde se sentiront quelque peu frustrés. Leur sport leur échappe. Le modèle nord-américain, dominé par les logiques commerciales et les mécanismes spéculatifs, semble incompatible avec la tradition du football en tant que sport populaire. On pourrait assister à l’émergence d’un Mondial à deux vitesses : - **Une Coupe du monde premium**, largement fréquentée par le public nord-américain et les supporters les plus aisés ; - **Une Coupe du monde à distance** pour des millions de fans internationaux qui devront se contenter des retransmissions télévisées, faute de moyens suffisants pour se rendre sur place. Pour les supporters venant de pays où le revenu médian est largement inférieur à celui des États-Unis, qu’il s’agisse de nations africaines, latino-américaines, asiatiques ou même européennes, l’expérience pourrait devenir inaccessible. La FIFA est visiblement face à un dilemme stratégique. Elle devra tôt ou tard répondre à cette problématique. Certes, le choix des États-Unis garantit des infrastructures de haut niveau, des recettes record, un marché publicitaire colossal et une organisation logistique d’une fiabilité rare. Mais cette logique financière pourrait entrer en contradiction directe avec la mission sociale et symbolique du football : **rassembler, fédérer, inclure**. Si le Mondial 2026 se transforme en événement élitiste, il risque de laisser une trace négative durable dans l’opinion publique. Le football moderne, déjà critiqué pour sa dérive commerciale, pourrait faire face à une contestation accrue venant des fans, ces mêmes fans qui font vivre ce sport, d'autant plus que les revenus de la FIFA vont passer de 7,5 à 13 milliards USD. Le Mondial est ainsi sous tension. En 2026, il sera sans doute spectaculaire sur le plan sportif et organisationnel. Mais il pourrait aussi devenir un tournant dans l'histoire de la Coupe du monde : celui où l’événement cesse d’être un rendez-vous populaire et accessible pour se transformer en produit premium destiné à un public privilégié. Entre inflation des billets, explosion des prix hôteliers, distances logistiques et modèle économique américain, **le risque est réel de voir cette édition entrer dans l’histoire comme la plus exclusive, la plus chère et la moins accessible**. La FIFA, les organisateurs et les villes hôtes devront trouver les moyens d’atténuer cette dynamique pour ne pas sacrifier l’essence même du football : un sport universel, qui appartient à tous. La proximité de Gianni Infantino avec Donald Trump, voire l'amitié qui lie les deux hommes, pourra-t-elle aider en quelque chose ?

CAN 2025 au Maroc : reflet d’une transformation migratoire et sociale majeure probable... 1470

À trois semaines de la Coupe d'Afrique des Nations au Maroc, il me semble opportun de revenir sur quelques enseignements du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2024 (RGPH 2024). Cet événement aura sans doute un impact puissant sur la perception du pays, par les images positives qu'il commence déjà à diffuser et partant sur quelques données démographiques futures Le recensement montre que, sur 36,8 millions d’habitants recensés, 148 152 personnes sont de nationalité étrangère, soit près de 0,4% de la population totale, en hausse de plus de 76% par rapport à 2014. Derrière ce poids relatif modeste se dessine une transformation structurelle : montée en puissance des migrants d’Afrique subsaharienne, féminisation partielle des flux, forte concentration urbaine et profils de plus en plus qualifiés. La situation géographique et l'évolution économique du Maroc l'ont fait passer, en relativement peu de temps, de pays d’émigration à un espace d’installation et de transit pour des migrants aux profils variés. La Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA), adoptée en 2013, ainsi que les campagnes de régularisation de 2014 et 2017, ont installé au Maroc une approche plus inclusive et une meilleure connaissance statistique des populations concernées. Les ressortissants d’Afrique subsaharienne représentent désormais près de 60% des migrants, contre environ 27% en 2014. La part des Européens recule à un peu plus de 20%. Celle des ressortissants de la région MENA n’est que de 7%. L’ancrage continental du Maroc est ainsi confirmé. Au niveau des nationalités, le Sénégal et la Côte d’Ivoire totalisent plus d’un tiers des étrangers, devant la France, qui demeure la principale nationalité européenne avec près de 14% des résidents étrangers. D’autres pays comme la Guinée, le Mali, le Congo-Brazzaville, le Cameroun ou la Syrie complètent ce panorama. Les résidents étrangers au Maroc sont, pour l’essentiel, des arrivants récents : plus de la moitié déclarent être arrivés depuis 2021, et plus d’un tiers entre 2011 et 2020, ce qui témoigne d’une accélération très récente des arrivées. Une majorité de cette population ira garnir les tribunes lors de la CAN. Les motifs économiques dominent largement : plus de 53% des migrants évoquent le travail comme raison principale, confirmant le rôle du Maroc comme pôle d’attraction régional dans les secteurs du bâtiment, des services, de l’agriculture et de l’économie informelle. Viennent ensuite les raisons familiales (un peu plus de 20%), traduisant le poids croissant du regroupement familial et des projets d’installation à moyen ou long terme, puis les études et la fin d’études (environ 14%), signe de l’attractivité académique du pays auprès des étudiants subsahariens. Les motifs humanitaires, fuite de conflits, insécurité, racisme ou effets des changements climatiques, restent numériquement minoritaires. Le Maroc apparaît ainsi comme un espace hybride où coexistent migrations de travail, mobilités étudiantes, regroupements familiaux et besoins de protection internationale. L’immense majorité des résidents étrangers vit en ville : près de 95% sont installés en milieu urbain, ce qui confirme le rôle des grandes agglomérations comme portes d’entrée et espaces d’intégration. Deux régions dominent nettement : Casablanca–Settat, qui accueille plus de 43% des étrangers, et Rabat–Salé–Kénitra avec un peu plus de 19%, même si cette dernière voit sa part reculer par rapport à 2014 au profit de Casablanca. Près de 56% de cette population sont des hommes, mais la féminisation progresse, notamment chez certaines nationalités comme les Ivoiriennes et les Philippins, très présentes dans les services à la personne et le travail domestique. Plus de 80% des résidents étrangers ont entre 15 et 64 ans, ce qui en fait un groupe essentiellement en âge d’activité, avec une présence non négligeable d’enfants et une minorité de personnes âgées. Près de la moitié des personnes de 15 ans et plus sont célibataires, tandis qu’un peu plus de 45% sont mariées, ce qui montre la coexistence de trajectoires individuelles de mobilité et de projets familiaux stabilisés. Le niveau d’instruction apparaît globalement élevé : près de 39% disposent d’un diplôme supérieur et 28% ont atteint le secondaire. Les actifs occupés sont majoritairement salariés du secteur privé, tandis qu’une minorité exerce comme indépendants, employeurs ou salariés du secteur public, ce qui souligne la diversité des modes d’insertion professionnelle. La part relativement limitée des chômeurs peut masquer des formes de sous-emploi ou de précarité dans l’informel. En 2024, plus de 71 000 ménages comptent au moins un résident étranger. Environ 31% sont exclusivement composés d’étrangers, tandis qu’environ 69% sont des ménages mixtes associant Marocains et étrangers, une proportion en forte hausse par rapport à 2014. Cette montée des ménages mixtes traduit un approfondissement de l’intégration résidentielle et sociale, via les mariages mixtes, l’accueil de proches ou des cohabitations partagées liées au travail et aux études. Sur le plan résidentiel, la majorité des ménages étrangers vit en appartement, suivie par les maisons marocaines modernes, ce qui reflète une intégration dans le tissu urbain ordinaire plutôt que dans des formes d’habitat ségrégué. Les ménages exclusivement étrangers sont massivement locataires, alors que les ménages mixtes sont plus souvent propriétaires ou copropriétaires, ce qui met en évidence des trajectoires d’installation différenciées selon la composition du ménage. Les résultats du RGPH 2024 confirment que la présence étrangère au Maroc, bien que numériquement limitée, constitue désormais un fait structurel et durable de la société. La jeunesse, la forte proportion d’actifs, la montée des ménages familiaux et mixtes ainsi que la diversification des profils scolaires appellent à une articulation plus poussée entre politiques migratoires, politiques urbaines, sociales et éducatives. Les enjeux majeurs concernent la valorisation du potentiel économique et démographique de cette population, l’accès à l'éducation, la santé, le logement et un travail décent et la lutte contre les discriminations dans un contexte de pluralisation culturelle. Les dispositifs de la SNIA pour répondre aux engagements régionaux et internationaux du Maroc en matière de gouvernance des migrations doivent aussi évoluer. Cependant, ces chiffres et données vont probablement connaître une véritable évolution dans les années à venir : le focus médiatique africain sur la CAN, puis plus tard sur la Coupe du monde au Maroc, va faire découvrir les atouts du pays et augmenter son attractivité. Ces deux événements, par leur poids médiatique conjugué aux impressions rapportées par les milliers de spectateurs attendus, devraient jouer un rôle de promotion pour le pays. L’Afrique profonde va découvrir le Maroc et les multiples opportunités qu'il offre, tant sur le plan économique que pour les études.

Le futur du football marocain se joue loin des projecteurs 1330

L’Académie Mohammed VI : le cœur battant du football marocain moderne Quand on observe la trajectoire récente du football marocain, une évidence s’impose : une grande partie de la transformation passe par un seul et même point d’origine. L’Académie Mohammed VI de Football n’est plus seulement une structure de formation. Elle est devenue une référence, un repère, parfois même un symbole d’ambition et de crédibilité retrouvée. Là où le Maroc produisait autrefois des talents de manière irrégulière, souvent livrés à eux-mêmes, il dispose aujourd’hui d’un centre capable de fabriquer des internationaux au sens le plus professionnel du terme. Le football marocain n’improvise plus : il planifie, il investit, il structure. Une génération qui ne doit rien au hasard Si les Lions de l’Atlas brillent aujourd’hui dans les plus grands championnats européens, ce n’est pas le fruit du hasard ou d’une génération dorée tombée du ciel. Derrière les performances, il y a du travail, de la méthode et surtout une politique de formation cohérente. Des joueurs comme Nayef Aguerd, Youssef En-Nesyri, Azzedine Ounahi, Oussama Targhalline ou encore Abdel Abqar incarnent ce changement profond. Ils ont grandi dans un environnement structuré, exigeant, où l’on ne forme pas uniquement un joueur… mais un professionnel. Et cette dynamique ne se limite pas à l’équipe A. Les catégories de jeunes confirment, année après année, que le vivier est désormais riche, constant, maîtrisé. Les équipes U17 et U20 rivalisent aujourd’hui avec les meilleures formations mondiales. La victoire en Coupe du monde U20 en 2025 n’est pas un exploit isolé, mais l’aboutissement logique d’un long travail de fond. Des profils émergent, s’installent, progressent, comme Zabiri ou Essadak, et attestent que la relève est non seulement assurée, mais organisée. Une école de discipline avant d’être une école de football Ce qui distingue l’Académie Mohammed VI, ce ne sont pas uniquement ses terrains, ses bâtiments ou ses équipements. C’est surtout sa rigueur, presque militaire, et son exigence quotidienne. Les jeunes y apprennent le football, bien sûr, mais surtout le métier de footballeur. La ponctualité, l’effort, la nutrition, la récupération, la gestion mentale, la vie collective, les études : tout est intégré dans un cadre clair, sans folklore et sans approximations. Contrairement à beaucoup de structures locales qui bricolent avec les moyens du bord, l’Académie fonctionne comme un club professionnel à part entière. Bilans réguliers, programmes individualisés, accompagnement scolaire, ouverture à l’international : rien n’est laissé au hasard. Le football marocain a enfin cessé de fonctionner à l’intuition. Il repose désormais sur une méthode. La formation n’est pas un coût, c’est un investissement Là où l’Académie Mohammed VI a été visionnaire, c’est en assumant une vérité que beaucoup de clubs refusent encore de regarder en face : la formation n’est pas une charge financière, mais une stratégie économique. Former un joueur, ce n’est pas seulement préparer un futur titulaire, c’est constituer un actif. Un joueur bien formé a une valeur marchande, et cette valeur ne disparaît pas avec son départ du club. Au contraire : elle peut se prolonger toute une carrière. Le mécanisme de solidarité de la FIFA garantit que chaque club formateur est rémunéré à chaque transfert international d’un joueur entre ses 12 et ses 23 ans. Ce système transforme la formation en source de revenus structurée, régulière et durable. Le parcours de Nayef Aguerd en est un exemple parfait. Entre Dijon, Rennes, West Ham et Marseille, ses transferts ont généré des montants importants. À chaque mouvement, l’Académie Mohammed VI et le FUS de Rabat perçoivent une part. Sans négociation. Sans polémique. De manière automatique. Ce sont des revenus discrets, invisibles pour le public, mais extrêmement précieux pour les structures formatrices. Ils permettent d’investir à nouveau, de sécuriser les budgets, de sortir de la dépendance chronique aux subventions. En Europe, des clubs ont bâti leur solidité financière sur ce modèle. Former, vendre, former encore. Le Maroc a les talents pour faire pareil. Ce qu’il lui manque encore, c’est la généralisation de cette logique. La vraie question : pourquoi les clubs n’emboîtent-ils pas le pas ? Tout le monde connaît désormais le modèle. Tout le monde voit ses résultats. Et pourtant, peu de clubs marocains ont pris le virage. La raison principale est simple : la formation demande du temps, de la patience et du courage managérial. Elle ne rapporte pas immédiatement. Elle impose de penser à cinq ou dix ans, dans un football local encore trop dépendant de considérations politiques, émotionnelles ou court-termistes. Beaucoup de clubs vivent encore en équilibre précaire, sous perfusion, sans vision économique claire. On recrute dans l’urgence. On licencie dans la panique. On change de coach comme d’entraîneur physique. Mais on ne bâtit rien de durable. Construire une académie performante, ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est fondamental. Le Maroc a ouvert la voie. Il reste à la généraliser.

Achraf the Go(l)dFather 1342

1) Un infidèle au poste Hakimi, est un latéral droit pas comme les autres. Ces autres qu’il a pris la bonne habitude de doubler, voire de dédoubler, pour les reléguer en seconde position - afin de garder la priorité, à droite. Doté d’une vitesse qui n’attend personne, il embarque ses adversaires à bord d’un Orient(al)-Express. Un voyage aux rythmes des percussions - précises, cadencées, répétitives - qui finissent par imposer un tempo infernal à ceux qui empruntent son couloir : celui de leur « mort ». Mais Achraf avait trop de talent et de tempérament pour qu’on le (Eric) Cantonnât à une base arrière ou, pire, qu’on le mette de côté. Armé pour tirer son poste vers le haut, il va le faire entrer dans une nouvelle ère, donnant naissance à l’arrière-droit post-moderne. De Madrid à Paris, en passant par Milan, Hakimi va profiter de ce parcours de Fashion Week pour dessiner les contours de sa mutation. Un défonceur, cassant les codes – et surtout les lignes - pour avancer vers son destin, à coups de reins. La révolution est en marche : celle d’un infidèle au poste. 2) Un numéro 2 qui ne fait qu’un avec son pays Ses velléités sur le terrain contrastent avec son attachement à ses racines, un lien viscéral avec la Terre qui ne l’a pas vu naître, mais qui le verra grandir. Un cordon (h)om(e)bilical avec sa mère-Patrie dont il sera le fils conducteur. Inlassablement guidé par cette boussole intérieure pointée vers l’Atlas, ce stakhanoviste met tout son cœur à l’ouvrage pour en porter haut les couleurs et les valeurs. C’est donc sans surprise qu’en cette soirée du 6 décembre 2022, c’est lui, dernier tireur d’élite, qui s’avancera pour parapher l’une des plus belles pages du sport marocain. Il y ajoutera le sceau du Maestro. Une inspiration salvatrice, à ne toutefois pas reproduire chez soi, car elle a été réalisée par un professionnel. Une panenka mêlant technique, sang-froid et malice, qui nous emmènera au pays des merveilles. Le Maroc venait de gravir l’Everest espagnol. Achraf, lui, ne s’arrêtera pas en si bon chemin, menant l’expédition qui s’attaquera aux cimes de l’Olympe. Lors du tournoi, l’équipe du Maroc déploya un jeu flamboyant – ô cette ogive sur coup franc du capitaine -, dont ils ont gravé l’empreinte dans le bronze. Achraf montra la voie du succès à des jeunes joueurs en leur apprenant à garder leur Cap’. Répondant toujours à l’appel, il deviendra, en toute logique, égérie d’un opérateur téléphonique national. 3) Le Lion d’Or Si les épopées sont collectives, l’Histoire, elle, garde en mémoire des visages, des figures de proue-sse. Celle d’Hakimi s’est arrogé la part du Lion dans notre lobe (in)temporal, saturé par ses statistiques et performances mémorables. Une dernière saison parachevée avec 16 passes décisives et 11 buts inscrits, pour la plupart, lors de matchs au sommet - altitudes réservées aux joueurs de haut-vol. En Ligue des Champions, il ira jusqu’à dominer le classement des occasions créées (36) et du sprint le plus rapide : flashé à 36.9 km/h, il fait (ff)fi de la limite de vitesse autorisée pour un parisien. Mais le phénomène Achraf va bien au-delà des chiffres, qui ne sauraient à eux seuls saisir l’aura de celui qui se confond avec son époque. Il incarne, pour toute une génération, le rêver plus grand et la fin du c’est déjà bien, ce faux-plafond de verre nourri de complexes. Nés de l’importation des modèles à suivre, ils ont eu tendance à dés-Orienter, à nous éloigner de nous-mêmes. Hakimi a réduit la distance parcourue par nos rêves. Véritable icône, il est devenu la promesse de marques, attirées par son sens de la conquête de territoires - que ce com’battant réalise Under A(r)mour. Derrière l’icône, se cache un autre rêve — un rêve de gosse. La quête du métal précieux, l’apothéose de l’al-kimie. Et 24/25 fut l’exercice le plus abouti vers cette transmutation. Chef-d’œuvre de régularité et de dépassement, il aurait mérité d’être couronné d’un Ballon d’Or pour être intéGraal. Son seul tort : avoir été fidèle au poste.

Mondial 2026 : l’Afrique s’impose, le Maghreb rivalise, le Maroc confirme... 1286

La Coupe du Monde 2026, organisée conjointement par les **États-Unis, le Canada et le Mexique**, marque un tournant historique avec 48 équipes, un format inédit, des qualifications étalées sur plusieurs mois, dans un monde du football en pleine mutation. Au-delà des nouveautés techniques, c’est une véritable **recomposition géopolitique** qui s’opère. Le football devient, plus que jamais, un espace où s’affirment ambitions nationales, stratégies régionales et rivalités symboliques. Dans ce nouvel échiquier, l’Afrique, et plus particulièrement le **Maghreb**, occupe une place centrale. Avec 9 nations qualifiées, l’Afrique montre qu’elle s’organise, tandis que le Maghreb s’affirme comme le pôle majeur du football africain et l'un des prétendants sérieux, par le biais du Maroc, au niveau mondial. La liste des qualifiés: Maroc, Tunisie, Égypte, Algérie, Ghana, Cap-Vert, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire et Sénégal, ne réserve que peu de surprises, si ce n’est l’absence notable du Cameroun et du Nigéria. **Le Maroc** demeure la vitrine stratégique d’un soft power national et africain assumé. Qualifié sans difficulté, le Royaume confirme une dynamique enclenchée depuis plus d’une décennie : infrastructures de haut niveau, planification, politique soutenue par une gouvernance stable, projection diplomatique via le football et valorisation réussie de la diaspora comme force technique et stratégique. Le Maroc est aujourd’hui un **pivot continental**, doté d’une stratégie globale et durable : CAN 2025, candidature pour 2030, Coupe du Monde des U17 féminines, présence accrue dans les instances du football. Sa qualification pour le Mondial 2026 n’est pas un événement isolé, mais l’aboutissement d’une politique d’influence cohérente et assumée. De son côté **L’Algérie** savoure son retour, tout en ressentant douloureusement les succès répétitifs du voisin marocain. Les médias algériens, souvent maladroits, multiplient des explications contestables pour justifier leurs échecs, allant jusqu’à évoquer le complot, une domination marocaine supposée sur la CAF ou d’autres causes plus fantaisistes les unes que les autres. Après avoir manqué le Mondial 2022 dans des circonstances cruelles, l’Algérie aborde ce cycle avec urgence et fierté, cherchant à restaurer sa visibilité internationale et à sortir de l’isolement. Se qualifier représente un vrai **marqueur de crédibilité régionale**, à l’heure où la région connaît de profondes recompositions politiques. Ici, le football favorise autant la cohésion nationale, aujourd'hui fragilisée par les crises récurrentes d'approvisionnement et le déficit en crédibilité à l'international, que la compétition symbolique entre voisins. Pour ce qui est de **La Tunisie**, en proie à des difficultés politiques, elle cherche la stabilité par le football, misant sur la constance comme stratégie. Formation structurée, diaspora compétitive, gestion technique efficace ; la qualification tunisienne s’inscrit dans une logique de continuité. Le pays n’a pas la projection géopolitique du Maroc ou la dimension de l’Algérie, mais possède ce bien précieux : la **durabilité**. **L’Égypte**, quant à elle, géant démographique et historique, fait son grand retour après plusieurs absences frustrantes. Pour Le Caire, cette qualification est bien plus qu’un exploit sportif : c’est un **prestige stratégique**, crucial à l’heure où le pays cherche à restaurer son image internationale et à stabiliser sa scène interne. Forte de son poids démographique et de sa culture footballistique, l’Égypte retrouve la visibilité mondiale qu’elle considère naturelle. La présence conjointe du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Égypte signale un **réalignement régional**. Ce bloc, fort de près de **200 millions d’habitants**, partage des réalités géopolitiques sans former pour autant un ensemble complémentaire : il s’agit plutôt d’une bataille d’influence intra-régionale. Chaque pays projette son image à travers le football : - Le Maroc à travers sa politique, ses infrastructures, son organisation, sa planification et sa diplomatie sportive puissante. - L’Algérie cultivant le prestige national et la symbolique populaire. - L’Égypte avec son poids démographique et son influence culturelle sur le monde dit arabe. - La Tunisie par sa régularité et ses compétences techniques. Tous se disputent en fait le leadership africain, le football devenant le miroir de leurs ambitions politiques : - Qui représente l’Afrique à la FIFA ? - Qui guide la transformation du football continental ? - Qui définit les standards en formation et en infrastructures ? Le Maroc semble prendre une longueur d’avance incontestable, mais l’Algérie et l’Égypte restent compétitrices dans cette lutte symbolique. Les modèles nationaux diffèrent nettement : - Maroc : centralisé, planifié, vision long terme. - Algérie : émotionnel, populaire, volatil mais puissant. - Égypte : massif, institutionnel, historique. - Tunisie : discret, stable, technique. Ensemble, ils forment désormais une **zone footballistique cohérente**, dont l’importance sur la scène mondiale est inédite. Reste à jeter un œil sur les barrages de mars, véritables théâtres d’incertitude et d’enjeux continentaux. Ils offriront les derniers billets. Leur portée dépasse le football : chaque ticket ouvre un espace de narration nationale où le sport devient miroir identitaire. Le Mondial 2026 est résolument géopolitique et le **Maghreb y pèse lourd**. Pour la première fois, la région apparaît à la fois comme bloc concret et espace de rivalités internes. Quatre nations qualifiées dans un contexte où : - l’Afrique gagne en importance. - la FIFA s’adapte au monde multipolaire dans un contexte mondial en redéfinition. - les États utilisent le football comme instrument diplomatique. - le Maghreb, dans sa diversité et sa division devient l’une des régions les plus dynamiques du ballon rond. Ce tournoi nord-américain mettra en scène bien plus que des équipes : il exposera visions, récits nationaux, rivalités historiques et stratégies régionales. Un véritable champs de bataille géopolitique. Dans ce contexte global, le **Royaume du Maroc** n’est plus un figurant : il s'impose comme un acteur central, suscitant jalousies et rivalités acerbes...