Pensez le Futur.

Aziz Daouda

2415964
Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .
9000
33.0

Jamal Berraoui s'en est allé...se reposer et la terre trembla 3831

A Dieu Si Jamal Berraoui tu n’es plus parmi nous dans ce monde que tu as tant aimé, dans ce pays que tu chérissais à la folie et pour lequel toute une vie durant, tu as milité.Tu as bataillé pour la justice, pour le progrès, pour l’équité, pour la dignité et tant d’autres valeurs auxquelles tu donnais un sens qui t’était propre.Tantôt philosophe, tantôt philanthrope tu naviguais entre le bon sens et la fidélité à une idéologie qui t’a happé jeune mais que tu as su dompter à ta manière. Ta fidélité à ton parti ne t’a pas aveuglé, ton désintéressement t’a assuré une liberté de ton et de temps.Tu avais réussi à dompter le temps.Tantôt écrivain, tantôt chroniqueur, tantôt journaliste mais jamais silencieux. Jamais la déception ou encore le découragement et le nihilisme ne t’ont eu.La vie a été dure avec toi mais tu l’as aimé avec tendresse. Tu as été un journaliste réputé et un analyste politique hors pair. Tes contributions significatives au journalisme marocain et tes analyses pointues sur les questions politiques, économiques, sociales et sportives du pays ont fait de toi la voix influente de la majorité silencieuse.Ta perspective critique et informée sur les événements d'actualité, tu as su la transmettre à tout un chacun dans un « Ach Waqe3 » que tu as façonné à ta manière. Tu as ainsi ramené la politique à sa juste valeur, à la portée de tous. Dans une darija propre, tu as su redonner à beaucoup le goût du débat, la volonté de réfléchir et le désir de la participation à la chose politique.A toi seul tu as fait plus que tous les partis réunis, plus que tous les médias, plus que nous tous.Tes participations à Décryptage chaque dimanche matin dans les studios, à partir de ton lit d’hôpital ou simplement de chez toi par téléphone étaient des moments clés, des moments sublimes d’intelligence et d’humanisme.Je te fais une confidence mon cher alors que je ne vais plus te revoir parce que Dieu en a décidé ainsi : Quelle ne fut ma fierté à chaque fois que tu as cité en référence mon nom, un de mes propos ou une de mes positions.Sidi Jamal Berraoui combien de journalistes tu as éduqué, formé ; combien de citoyens tu as rendu heureux par tes propos ?Tu as contribué à ta manière de 'safiote' à l'évolution du paysage médiatique marocain. Tes interventions publiques ont toujours été suivies avec attention, abordant des sujets complexes avec simplicité, clarté et rigueur. La large audience que les marocains t’ont réservée en dit long sur leur grand respect à ton égard, parmi tes pairs. Ils se retrouvaient en toi.Tu as toujours défendu la liberté de la presse et ton désir de voir un journalisme indépendant et rigoureux se développer.Tu as fortement contribué à « tamaghrabiyt » à ta manière en te référant subtilement à ta ville natale, à ton quartier à Casablanca, à tes voisins, à des musiques, à une histoire, un adage, au Raja, à tous ce qui nous rattache à notre richissime culture, à notre histoire largement méconnue ou spoliée, à nos racines, à notre continent, au monde.Repose-toi mon ami après tant d’années de batailles remportées, d’abnégation et de courage.Tu as finalement vaincu la maladie. Oui tu as réussi à vaincre la maladie : tes médecins, ta petite famille, tes amis, tes lecteurs et tes auditeurs le savent très bien. Ce n’est pas la maladie qui a fini par t’avoir, c’est plutôt toi qui a décidé de mettre fin à la maladie et à ta mission.Je sais que tu as poussé un long soupir et affiché un petit sourire charmant au moment de nous quitter, car c’est dans ta nature de toujours sourire.Tu as enfin décidé de te reposer.Tu nous manques déjà Sidi Jamal.Si Abdelaziz Erromani n’aura plus à demander en début d’émission « Qi Bqat Shiha Si Jamal ? » Jamais plus de "ana matafeqch m" a si Hadad" qui ponctuaient de temps à autre tes interventions dans Décryptage.Mission accomplie. Tu as été une denrée rarissime.Et puis quelle coïncidence même la terre aura tremblée ce jour là... (En cette triste occasion écoutons la chanson en lien ici-bas, cela fera plaisir à Si Jamal, j’en suis certain)
youtu.be/fbH7VJz2F2o?si=9MErGVWO...

25 ans de règne de Sa Majesté Mohammed VI, en matière de sport... 3298

Il faut d'abord rappeler que le règne de Sa Majesté Mohammed VI , Roi du Maroc, avait débuté avec le meilleur exploit jamais réalisé par l’athlétisme marocain : celui de se classer 5e aux championnats du monde alors organisés à Séville. Le pays avait alors ramené une excellente moisson de médailles. Les athlètes avaient considéré que c'était le meilleur cadeau qu'ils pouvaient offrir à Sa Majesté à l'occasion de son intronisation. En retour, Sa Majesté leur avait répondu de la plus belle des manières, avec une sollicitude royale que chacune et chacun a ancré à jamais dans sa mémoire. Dès le début, Sa Majesté avait donné de nombreux signaux pour faire comprendre à tous l'importance du sport dans le développement socio-économique durable, l'épanouissement du citoyen marocain et la consolidation de l'image de marque du pays. Probablement ayant constaté une certaine lenteur dans l’accomplissement et la mise en œuvre de la vision Royale, Sa Majesté, en 2008, plus exactement le 24 octobre, a adressé une lettre historique aux différents acteurs de la vie sportive, réunis dans des assises nationales. Après un constat qui ne laissait aucun doute quant à la non satisfaction du souverain, cette lettre a tracé la voie et indiqué les axes du développement espéré. La lettre va même jusqu’à expliciter la manière d’y arriver selon la vision de l’auguste souverain. Cette lettre est toujours d’actualité et pas un acteur de la vie sportive ne peut se permettre le luxe d’en ignorer le contenu. Pour montrer la voie et indiquer le cap, Sa Majesté va inaugurer en personne l’académie Mohammed VI de football et le Centre National Mohammed VI des Handicapés où le sport a été envisagé comme pierre angulaire dans l’intégration des personnes à besoins spécifiques. En 2011, à l’initiative Royale de révision de la Constitution du pays, le peuple marocain va voter massivement le projet qui pour la première fois de l’histoire du pays va inclure le sport et l’activité physique comme un droit pour le citoyen marocain. Rare sont les constitutions dans le monde qui consacrent le sport de cette façon si explicite et si claire. C’est ainsi que se concrétise aujourd’hui la vision de Sa Majesté et c’est ce qui explique les investissements importants en matière de sport, le changement qualitatif constaté dans les infrastructures et le niveau des résultats dans certaines activités sportives. D’autres disciplines hélas, trainent encore à saisir les opportunités qui s’offrent à elles pour se hisser au niveau voulu ; sans doute par manque de clairvoyance ou de compétence. La vision royale s’est également révélée très claire et ambitieuse pour le pays en ce qui concerne la place du Maroc dans le concert des pays capables d'organiser de grandes manifestations sportives. Le pays a ainsi organisé de nombreux championnats d’Afrique dans différents sports. Le Royaume concrétisera cette vision en accueillant pour la première fois de son histoire les Jeux Africains. Ceux-ci étant la plus grande manifestation sportive au niveau continental. Les 54 pays d’Afrique y étaient présents. Sous l’impulsion de Sa Majesté que Dieu l’assiste, le Maroc n’a point baissé les bras quand il s’est agi de défendre sa légitimité à organisation de la Coupe du monde de football. Le pays a présenté sa candidature à six reprises sans jamais se décourager. À chaque candidature, le pays avait assuré les instances de la FIFA que sa détermination était forte et légitime, et quoi qu'il advienne, le dossier présenté était un véritable gage pour le pays et les projets qui y figuraient allaient de toute façon être réalisés. À chaque fois, le Maroc avait tenu parole. Il a toujours considéré la Coupe du Monde de Football comme un accélérateur de développement et non comme un rendez-vous sans lendemain. Il faut aussi se remémorer l’occasion et les circonstances de la dernière présentation de la candidature marocaine. L’Afrique de football était en congrès à Kigali au Rwanda. Le Maroc y était représenté bien évidemment par la Fédération Royale Marocaine de Football, mais aussi, au niveau officiel, par le ministre de l’Éducation Nationale, du Préscolaire et du Sport, Chakib Benmoussa. Il est officiellement présent pour recevoir le prix de l’Excellence décerné par la CAF au souverain marocain et au président Kagame. Le ministre lit alors le message que Sa Majesté avait bien voulu adresser à l’assistance. Dans ce message, Sa Majesté a annoncé aux Marocains, aux Africains et aux citoyens du monde, la nouvelle de la candidature à l’organisation de la Coupe du Monde de Football. Cette fois-ci, elle est menée conjointement avec l’Espagne et le Portugal. La formule annoncée par le souverain est historiquement nouvelle ; organiser les compétitions sur les deux rives de la Méditerranée occidentale : un signal civilisationnel fort à la FIFA et au monde. La primauté laissée à Sa Majesté pour faire cette importante annonce en dit long sur la considération dont jouit le souverain dans la région. En effet, Sa Majesté l'a faite au nom des trois pays, mais également au nom de l'ensemble du continent. À cette occasion, la Coupe du Monde de football fêtera ses 100 ans d’existence. Dans son message à l’occasion de la remise à Kigali du prix de l’Excellence de la CAF pour l’année 2022, juste avant l’annonce de la candidature tripartite pour la Coupe du Monde, le Souverain avait déclaré : « Je reste fidèle à la conviction que j’ai exprimée dans mon discours à l’occasion du 29ᵉ Sommet de l’Union Africaine, en 2017 : “l’avenir de l’Afrique passe par sa jeunesse” et seule “une politique volontariste orientée vers la jeunesse canalisera l’énergie pour le développement”. Cela démontre la conviction royale selon laquelle le développement de l’Afrique ne pourra se faire que dans le cadre de sa vision du continent, à savoir la nécessité de l’entente, du respect, de la complémentarité et de la coopération gagnant-gagnant. S’occuper de la jeunesse et lui ouvrir les opportunités nécessaires dans ce processus est essentiel et incontournable. Tout le monde sait la place qu’occupe le football dans le développement de cette jeunesse et c’est ce qui fait dire à Sa Majesté plus loin dans son message : « …Dans mon pays – le Royaume du Maroc, j’ai tenu à faire du football un levier de réussite et de développement humain durable ». Une façon d’inviter les pays du continent à faire de même. Aujourd’hui, nous, Marocains, fêtons les 25 années du règne de Sa Majesté Mohammed VI que Dieu l’assiste. Mais il faut savoir que la quasi-totalité des peuples d’Afrique fêtent également l’occasion avec nous, tant la personnalité royale est rayonnante sur le continent et le Maroc considéré comme un allié certain pour le développement et le bien-être des citoyens. Notre pays est perçu comme un exemple et un allié, et nous devrions tous travailler à consolider cette place particulière qui est la sienne, construite par les nombreuses visites et la sollicitude royale dans différentes régions d’Afrique.

L'Union Africaine et les "dix commandements" pour améliorer l'éducation des femmes en Afrique 3339

Une information vient d’attirer mon attention et susciter mon étonnement, tellement elle rappelle une évidence. Elle rappelle l'un des déficits chroniques connus du continent africain, à l’origine de sa situation socioéconomique et de ses difficultés à quitter la zone de précarité systémique d’une grande frange de la population. L’Unité Africaine vient d’organiser les 4 et 5 juillet 2024, un rassemblement qualifié de fort important puisqu’on lui a donné le nom de Conférence. Ladite Conférence a été consacrée à débattre de l’importance de l’éducation des filles et des femmes. Bien évidemment pour faire tendance et s’inscrire dans un narratif moderne on parla de stratégie. La conférence a donc discuté d’une stratégie pour un accès accru à « un apprentissage inclusif, tout au long de la vie, de qualité et pertinent en Afrique ». Mon étonnement vient du fait que ce n’est qu’en 2024 enfin, que l’Unité Africaine se soit intéressée à une problématique récurrente, quasi présente, sur l’ensemble du continent depuis la nuit des temps. Un problème que tout un chacun pense être l’une des causes principales du sous-développement du continent et de la précarité omni présente dans sa population. C’est qu’en fait depuis fort longtemps, l’organisation panafricaine que ce soit dans son ancienne formule ou la nouvelle, ne fait que patauger dans des difficultés dites politiques. Elle ne vit qu’au rythme de conflits mesquins et de conciliations jamais abouties entre petits chefs de guerre imbibés d’idéologies importées, auxquelles ils ne croient pas eux-mêmes mais peu importe. Elle ne fait que dénoncer ou essayer d’amadouer des auteurs de massacre au nom de causes souvent pour le compte de tel ou tel intérêt, sans jamais réussir à imposer ou régler quoi que ce soit… En fin donc, en juillet 2024, le Commissaire dédié à cette mission au sein de l’Unité Africaine va nous gratifier de sa prophétie. Il dit en substance « En tant qu’États membres, nous devons redoubler d’efforts pour soutenir l’éducation des filles en agissant sur les connaissances et les compétences. Soutenons l’éducation des filles aux niveaux primaire, secondaire et même tertiaire, afin que nos filles terminent leurs études avec succès et deviennent des citoyennes très responsables, capables de prendre des décisions très judicieuses”. Fantastique. Il ne s’agit donc que de préparer nos filles et femmes à prendre des décisions judicieuses…De quelles décisions s’agit-il Monsieur le Commissaire : arrêter les conflits qui fatiguent plus d’une région riche, arrêter de dilapider les deniers publiques dans des projets farfelues et des politiques mal inspirées, créer du travail pour la jeunesse par l’encouragement à l’investissement d’abord interne, aider à la gouvernance au profit de tous, améliorer les services de santé et autres nécessités publiques ? Pour cela Monsieur le Commissaire il va falloir aller plus loin et plus profondément et questionner les régimes politiques notamment et la manière dont on s'accapare le pouvoir dans certaines contrées… Merci Monsieur le Commissaire de rappeler à l’Afrique une évidence dont elle se devait de s’occuper depuis bien longtemps. Vous auriez juste ajouté ‘que de temps perdu dans des luttes intestines, et des débats imbéciles au lieu de se pencher sur les véritables problématiques du continent’. Ce qui est étonnant encore est que pour soi-disant aider à surmonter la situation endémique de la femme sur le continent on en soit encore à des recommandations… La Conférence n’étant que consultative bien évidemment n’a eu pour résultat que la publication de recommandations. Elles sont au nombre de Dix… Même Moise n’a pu à ce jour imposer depuis des millénaires ses recommandations pourtant paroles divines : Tu ne tueras point, tu ne voleras point, tu ne porteras point de témoignage mensonger contre ton prochain par exemple… Monsieur le Commissaire n’aurait-il pas été judicieux de rappeler ces Commandements de Moise en préambule des recommandations de la Conférence… Peut-être que... La Conférence dans ses ‘dix commandements’ par exemple appelle les parties concernées, ceux qui financent ou peuvent le faire, à mettre un peu plus de fonds, c’est-à-dire plus d’argent dans les budgets de l’éducation… Le problème sur lequel la conférence ne s’est pas penchée, mais en avait-elle le courage, c’est comment sanctuariser cet argent, supposé venir, pour qu’il soit vraiment dépensé dans l’éducation pour l’éducation…et qu’il n’aille plus, comme dans plus d’un cas, dans les poches et les comptes lointains de ceux supposés le gérer pour le bien des africaines et des africains…

Mais que se passe t-il sous nos yeux... 3191

Mais qu’arrive-t-il au monde ? La France s’apprête à se mettre au garde à vous sous la férule d’un à peine bachelier mais combien charmant et charmeur. Un visage d’ange qui a réussi à cacher toute une histoire de haine adulée, de racisme évident, de ségrégationnisme revendiqué et de fascisme assumé du parti qu’il incarne. Comme par magie, médias achetés aidant, le jeune bachelier est arrivé en un clin d’œil à maquiller toute une idéologie et à embobiner tout un peuple de France qui va en fin se rendre compte que Vichy n’était pas un accident et qu’une proportion fort importante de la population d’alors n’était point dans la résistance mais plutôt dans la collaboration… La France passe à droite mais attention rien ne risque vraiment de changer, du moins immédiatement car pour cela il faudra le plein pouvoir et cela passe par une Présidente RN, un premier ministre RN et une majorité parlementaire RN. Les RN ne sont pas bêtes et sauront attendre… à moins que le jeune Bardella ne soit pressé et qu’il ait un propre agenda visant à doubler Mme Le Pen et la mettre hors-jeu pour les prochaines présidentielles. Sera-t-il si pressé d’aller vite ? Possible mais peu probable. Ce pendant seul le temps est à même de nous éclairer sur les intentions des uns et des autres…En tous cas l’attitude du Président amateur, joueur de poker, aura été la pierre angulaire dans l’accélération de la réussite du RN et est aujourd’hui le propulseur de l’ascension à la présidence, attendue, de Mme Le Pen, dans peu de temps… pourquoi pas suite à une démission forcée…Car avec Bardella, Macron sera sans doute maintenu en « résidence surveillée » à l’Elysée auprès de sa dulcinée pas plus. Loin de là, en Afrique du Sud on s’attendait au véritable changement souhaité et voulu par le peuple arc en ciel, après des décennies de ‘dictature’ mal vaillante de l’ANC qui fait de la rente mémorielle le seul socle d’une politique ayant conduit au désastre et à l’appauvrissement sans espoir d’une grande frange de la population. Il n’en sera rien. L’ANC vient d’obtenir 20 des 32 postes ministériels du nouveau gouvernement dit d’unité national. Les missions les plus importantes ne lui échappe pas dans ce gouvernement inédit pourtant. Les Finances, l’Énergie, les Affaires étrangères, la Police et la Justice restent aux mains de l’ANC. Le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique, n’a obtenu que six portefeuilles dans le nouveau gouvernement : celui de l’Agriculture, de l’Environnement, des Affaires intérieures et des Travaux publics ; c’est-à-dire les ministères casse-pipe. De l’Autre côté de l’atlantique les choses ne sont guère réjouissantes. Le récent Débat Biden – Trump nous ont révélé une Amérique titubante à la mesure du rythme de marche du croulant président. Une Amérique qui traverse un véritable désastre, un moment inédit dans son histoire, un moment de confusion, de fatigue politique. Un moment qui pousse à se demander s’il était possible que les américains soient tombés ci bas et que leurs grands partis se soient tellement enfermés dans un aveuglement historiquement étonnant. La première puissance mondiale est parue ainsi vivre un moment de décrépitude grave livrant au monde un spectacle de désolation et de naufrage. Les américains ont ainsi le choix entre un vieillard haut en couleur, néo-autoritaire et un autre vieillard croulant de surcroit encore président et qui ne veut pas lâcher le morceau… N’est-ce pas gênant pour le peuple américains (50 millions de téléspectateurs en direct) de voir leur président la mémoire défaillante, un président ayant perdu la cohérence des propos, alignant des mots dans des phrases aussi inaudibles que confuses. N’est ce pas gênant pour eux de voir qu’en face, leur seul choix est un personnage haut en couleur dont les démêlés avec la justice ne sont pas près de s’arranger. Retournons en Afrique constater que les mauritaniens eux ont choisi la continuité avec Ould El Ghazouani qu’ils ont reconduit avec près de 56% des suffrages…Cette fois ci sera-t-elle la bonne pour la stabilité de ce pays sahélien, héritage colonial, ayant connu plus d’un changement brutal par coup d’états successifs, pays ou crise politique se conjugue au quotidien de façon quasi permanente ; les rivalités tribales et personnelles y sont acerbes et ininterrompues. Ainsi va le monde, un monde changeant certes mais peu rassurant… En tous cas ce n'est pas ce monde là dont on aura rêvé et que nous nous apprêtons à léguer aux générations futures. Ainsi va le monde doute par ci, inquiétude par là mais nul doute que demain sera différent, hier était déjà différent d'aujourd'hui...

Un G7 affaibli, plus faible que jamais... 3105

Giorgia Meloni, femme propulsée au pouvoir par l’extrême droite italienne a reçu le G7 dans une situation inédite. De tous les présents, elle est la seule fort probablement à se sentir forte, alors que les autres sont quasiment tous affaiblis ou moribonds politiquement. La situation en Grande Bretagne est en train de pousser vers la porte Mr. Rishi Sunak qui va certainement bientôt quitter le pouvoir, le brexit n'est pas loin et la situation loin de se stabiliser notamment économiquement. Son voisin français est en train de vivre le même cauchemar lui qui a été forcé à provoquer des élections législatives, suite à la débâcle de sa majorité au suffrage européen, au profit du Bachelier, à peine, M. Jordan Bardella qui rêve sans doute d'être présent au prochain G7 à côté du sieur Macron. La cohabitation n'est pas loin...Macron a joué à la roulette russe et risque de recevoir l’unique balle du barillet en plein cœur. Non loin de là le chancelier allemand Olaf Scholz, ne pouvant devenir le digne successeur de Mme Angela Merkel revenue vivre en femme du peuple, est lui aussi en grande difficulté et donc véritablement affaibli depuis les dernières élections européennes. Il subit entre autres de vives critiques au sein même de sa coalition. Les représentants de l’outre atlantique à ce sommet ne sont pas en meilleures postures, M. Justin Trudeau qui ne traverse pas un moment mais plutôt des moments difficiles tant au plan familial que politiques parait plus atténué que jamais. Certains canadiens s’emportent même à dire que le Canada n’a jamais été aussi mal. Son voisin américain lui aussi est exténué et n’est pas certain de rester à la maison blanche tant Donald Trump le malmène et lui montre les crocs. C’est donc un G7 de gens baignant dans la faiblesse que Mme Meloni a reçu dans un superbe tailleur rose comme pour signifier à ses paires qu’elle, la femme du groupe est la seule à être à l’aise dans son fauteuil. Madame Meloni qui disait de Macron que c'était entre autre un irresponsable était là à pavaner, à le regarder de haut. Elle sera surement là ou presque, dans un autre G7 avec à ses côtes bien triomphante Mme La présidente Lepen...ou qui sait encore M. Le président Bardella....une italienne à côté d'un italien...d'origine. Ainsi dans ce G7 de la faiblesse, naguère décrié, le fascisme se retrouve puissamment réhabilité et fréquentable...Mussolini et pourquoi pas Hitler en sont si heureux dans la profondeur de leurs tombes...Leur progéniture est entrain de faire un bon travail et domine aujourd'hui le groupe politico-économique le plus puissant, le G7 qui devient aussi le groupe de la honte aux yeux de ceux qui croient encore au plus grand mensonge de l'histoire moderne: l'humanisme et les valeurs universelles... La question qui se pose alors est de savoir si le véritable vainqueur dans cette situation d’incertitude des occidentaux n’est autre que l’Absent-Présent à ce G7 Vladimir Poutine…lui qui sort d’élections remportées haut la main, à la majorité écrasante et qui attend tous ce beau monde sur les terres d’Ukraine...

Elections sud-africaines: changement ou continuité... 2909

C’est acté, l’ANC a beaucoup perdu lors des élections sud-africaines de 2024, contrairement à toutes celles d’avant où elle trônait sans rivalité notoire. La rente mémorielle et le populisme au goût de luttes contre toutes sortes de chimères, les promesses, jamais tenues par ailleurs, n’ont plus suffit pour amadouer les masses et les faire voter pour ceux qui aujourd’hui sont plutôt tenus pour être responsables de ce que bon nombre de sudafricains ressentent comme une trahison. Les résultats confirment aujourd’hui la débâcle du parti au pouvoir depuis Mandela. L’ANC de Ramaphosa est toujours le premier parti du pays certes mais il est lourdement sanctionné avec seulement 40% des votes. C’est une perte sèche de 17 points par rapport aux élections de 2019. Celles-ci annonçaient déjà la débâcle d’aujourd’hui. Pour les africains du sud. Les résultats des élections de 2019 étaient déjà une sorte d’alarme…Mais cela n’a pas suffi pour le réveil attendu, pour une prise de conscience que quelque chose devait changer. De ce fait les élections législatives sud-africaines de cette année resteront dans les annales politiques du pays, certains interprétant les résultats comme étant l’expression d’un ras le bol du système politique imposé depuis 1994 par l’ANC. Les résultats aujourd’hui obtenus imposeraient une cohabitation et c’est plutôt inédit, l’ANC ayant gouverné sans partage depuis1994. La question et de savoir avec qui elle va s’opérer cette coalition ? Beaucoup pencheraient à penser qu’elle se fera avec Zuma ; multi récidiviste moult fois condamné, il a su aller reprendre en main et raviver les nostalgiques de la lutte à savoir le bras armé de l’ANC…Umkhonto we Sizwe…dit MK. Ce "nouveau parti" a réussi à glaner 14.9 % des voix, se plaçant à la troisième place. S’il ralliait l’ANC cela donnerait en fait au même parti, avec ces deux mouvances, une majorité confortable d’un peu plus de 55%, soit un score assez proche de celui de l'ANC en 2019 qui était de quelques 57%. Si cette coalition se faisait, alors l’Afrique du Sud n’aura pas changé et l’ANC aura cinq années soit pour réformer le pays et le remettre sur les rails, soit pour l’enliser davantage dans les problématiques économiques et sociales. Les séparatistes de la région du Cap qui estiment que le pays ne peut pas être sauvé auraient davantage possibilité de se faire entendre. Les scandales de corruption du parti au pouvoir avec tout récemment celui de l’ancienne présidente de l’Assemblée nationale, Nosiviwe Mapisa-Nqakula ont certes pesé mais pas au point d’apporter un changement radical. Jacob Zuma président de 2009 à 2018, jugé coupable est aujourd’hui de retour par la fenêtre avec le soutien de la branche armée de l’ANC… C’est dire qu’une partie de la société n’est point sensible au scandale et vote par appartenance plutôt que pour le respect de la moralité, quand il s’agit d’exercice du pouvoir. Cyril Ramaphosa, président sortant est plutôt certain, selon ses dires, d’obtenir la majorité car il voit mal l’ensemble des oppositions se mettre du même côté et refuser la majorité à l’ANC. C’est dire que rien ne va changer dans les faits. La question est alors de savoir si cette nouvelle situation de coalition va trouver les bonnes réponses pour la question du chômage endémique par exemple ? Le taux de participation de l’ordre de 60% sur les 27 millions de personnes appelées aux urnes est quasiment le plus bas depuis le début de l’expérience politique actuelle du pays arc en ciel. C’est un autre indice de désamour entre les 62 millions d’habitants et leur modèle politique qui ne les rassure plus pour leur avenir. La fuite du capital vers les pays limitrophes est un gros indice de ce désamour. Les jours à venir risquent d’apporter leur lot de surprises mais seront-elles de tailles à surprendre vraiment ? Voici les résultats définitifs de ces élections • ANC 40.18, • Alliance démocratique (DA) 21.82 • Umkhonto we Sizwe (MK) 14.59 • Combattants pour la liberté économique (EFF) 9.49 • Parti Inkhata de la liberté (IFP) 3.86 • Alliance patriotique (PA) 2.06 • Front de la liberté (VF) 1.36 • ActionSA 1.18 • Parti chrétien démocrate africain (ACDP) 0.60 • Mouvement démocratique uni (UDM) .049 Vous aurez remarqué que trois partis sur les 10 ayant obtenu des voix, ont le mot liberté dans leurs appellations et que trois se revendiquent démocrates…Ce ci en dit long sur les attentes de ce peuple sud-africain et sur ses rêves. Dans tous les cas, ces élections auront un impact sur l'histoire du pays et des répercussions sur l'ensemble du continent. L'Afrique du Sud est actuellement la deuxième économie d'Afrique.

Le Sport un moyen de développement durable? 3157

Toute personne opérant dans la sphère publique est doublement interpellée quand il s’agit de développement durable et de responsabilité sociale. Celles actives en sport le sont également. Il faudra dire que la question de développement durable est très confuse dans l’esprit des gens. Dans certaines contrées, la nécessité est d’un développement tout court afin que les citoyens puissent vivre décemment, dans la dignité, avec une réponse correcte à leurs besoins, en profitant des richesses de leurs pays. Il y a cependant plein de confusions dans les messages véhiculés par la quasi-totalité des hommes politiques et différents influenceurs qui se sont accaparés la question sans la moindre compétence dans le domaine, avec une prédominance idéologique dans la communication, ce qui rend difficile la compréhension d’un sujet pourtant capital. La question par exemple de dire que la planète est en danger est juste ridicule. Ce sont les humains qui sont menacés de disparition et de pleins de problèmes probables avant leur disparition, si rien n’était fait pour renverser la tendance. Aussi n’est-il pas légitime de poser ouvertement la question de savoir si la compensation carbone imaginée comme solution, n’est-elle pas un moyen de figer les pauvres dans leur pauvreté et les riches dans leur confort ? Du temps où j’exerçais en ma qualité de responsable directe dans le sport, la question de développement durable se posait beaucoup plus dans sa dimension sociale plutôt qu’environnementale, or il se trouve que justement le sport et l’athlétisme pour ce qui m’intéresse, dans certaines régions du continent en particulier, ont permis de solutionner énormément de problèmes à partir de l’amélioration du niveau de vie d'individus. Cette amélioration a eu à chaque fois un impact positif sur l’environnement immédiat des personnes concernées et parfois sur un cercle encore plus large autour de cette personne, au niveau de tout un village par la création d’écoles, de structures de santé, de mise en place de moyens de production, de mise en place de point d’eau. Je suis de ceux convaincus que le retour et la valorisation de systèmes coutumiers et de traditions ancestrales ; résultat d’un cumul culturel dans le temps et l’histoire, est extrêmement important, non pas dans une vision de nostalgie et ou de ‘folklore’ mais plutôt pour y puiser des solutions aux problèmes actuels. L’homme, partout dans le monde, a toujours mis en place des systèmes ingénieux pour résoudre ses problèmes de l’adduction, de la conservation et du partage de l’eau par exemple. Pour en revenir aux valeurs actuelles, le sport, sans doute aucun, est un vecteur d'éducation des jeunes filles et des femmes, une école du vivre ensemble, de paix et de diplomatie. Il est du reste le moyen le plus efficace pour la cohésion et l’inclusion sociale, même quand il s’agit de populations carcérales. Dans les années 80 j’avais initié l’activité sportive en faveur des handicapés dans mon pays, ce qui a abouti peu de temps après à la création d’une Fédération Royale Marocaine dédiée. Aujourd’hui au Maroc, la quasi-totalité des catégories de personnes à besoins spécifiques bénéficient d’encadrements sportifs dans des centaines d’associations et de nombreux centres spécialisés. Les résultats du Maroc dans ce domaine sont souvent cités en exemple. Cette conviction toujours présente fait qu’aujourd’hui encore, je fais partie de deux importantes associations dédiées à l’activité physique et au sport pour les jeunes filles et les femmes : l’Association nationale Femme et activité Physique initiée début des années 80 par Mme Fatima El Faquir et l’Association Femmes Réalisations et Valeurs initiée par Mme Nezha Bidouane. Les deux font bénéficier des dizaines de milliers de femmes d’une activité soutenue et régulière. Je participe par ailleurs assez régulièrement à des activités initiées en milieu carcérale etc. Ce pendant afin que le sport puisse jouer convenablement ce rôle d’axe de développement durable et sociale, il y a bien des choses à améliorer dans la formation des encadrants. D’abord il faut privilégier les formations académiques dans des institutions et les facultés spécialisées. L’activité physique et le sport sont des domaines fort complexes. Les fédérations internationales ont très mal fait en mettant le nez dans les formations. Elles devraient se consacrer à la qualification et laisser les formations aux systèmes universitaires. Il ne faut pas oublier que le sport lui-même est menacé par les risques climatiques et environnementaux, mais également par un tas de dérives qu’il peut subir ou engendrer. Le réchauffement climatique par exemple contraint les sportifs à ajuster leurs heures d'entraînements, le manque d'eau ne permet pas l'installation de certaines infrastructures sportives sur certains territoires : piscines, terrains de tennis, golfs...). La pollution atmosphérique et sonore de certains sports, la violation des droits de l'homme qui entache la crédibilité de certains grands événements sportifs, les violences psychiques ou physiques infligés aux sportives sont également autant de menaces qui pèsent lourd et qui compromettent la mission noble du sport. Un autre risque majeur ici est celui de l’exploitation qu’elle soit financière ou physique. Je pense ici à tous ces jeunes sportifs exploités, auxquels ont fait miroiter plein de bonnes choses et un avenir radieux, dans différents centres de soi-disant formation qui n’obéissent à aucune règle démonologique ni à aucun code éthique. Je pense aussi à l’exploitation sexuelle, à la pédophilie, au harcèlement et à l’exploitation sexuelle des jeunes filles. Il y a également l’hérésie de toutes ces activités hautement polluantes qui se disent sportives…que ce soit directement par l’utilisation de motorisation puissante, de caoutchouc, de plastique et autres composants nocifs. La violence est également présente au quotidien dans le sport notamment quand les enjeux sont très importants et quand s’y ajoute une dimension exagérée de fanatisme. Le racisme est aussi de plus en plus exprimé sans gêne dans les tribunes par un public de plus en plus libéré de contraintes morales ou judicaires, dans une impunité déconcertante. Alors bien évidemment il y a des actions qui sont menées à travers ce qui est communément appelé aujourd’hui Safeguarding. Beaucoup de fédérations internationales dont World Athletics se sont lancées dans cette voie. Attendons de voir les résultats de telles stratégies mais toujours est-il que ces questions ne peuvent être solutionnées par de simples règles et sanctions. La Création par les Nations unis de la Journée Internationale du Sport au service du Développement et de la Paix a surement été pensée dans ce sens. Faut-il le rappeler la journée a été proposée par un africain : le marocain Kamal Lahlou.

Dieu pardonne surement le mensonge pour une bonne cause Part1 3030

Cela faisait des mois que sa maman souffrait d’une maladie gravissime. Autour d’elle tous savaient que sa vie allait être de plus en plus courte et qu’il n’était plus question que de peu de temps avant qu’elle ne les quitte à jamais. Elle était la seule à ne pas le savoir et à nourrir l’espoir d’une guérison quasi certaine. Au premier diagnostic les médecins pensaient pouvoir faire quelque miracle. Il en était heureux, convaincu qu’une intervention chirurgicale, œuvre d’un grand spécialiste, allait relancer la machine. Ce n’était qu’une illusion d’optique dirait ton. A son grand désarroi l’après-midi même on lui annonçait que l’opération n’était point possible. C’était trop tard. La maladie s’était répandue telle une constellation de centaines d’étoiles. Tout le corps de la pauvre maman était criblé de petites particules tranquilles en apparence, si dangereuses, si incontrôlables. Aucun médicament ne pouvaient les déloger de ce corps si pale, si frêle. L’impuissance. Avec ses sœurs Aoula et Tania présentes avec lui au chevet de la maman, ils décidèrent de ne rien dire ni à la maman, ni au papa qui naïvement leur faisait grande confiance et croyait tout ce qu’ils lui racontaient comme version des choses. Peut-être aussi qu’il faisait semblant pour ne pas les contredire du haut de ses 80 ans. Il fallait le ménager aussi pensaient-ils. Au contraire ils lui dirent que les médecins avaient vu qu’il n’était pas nécessaire d’opérer son épouse depuis un demi-siècle et plus et qu’avec une radiothérapie légère et une médication appropriée, tout allait rentrer dans l’ordre. Aujourd’hui il se rappelle encore du grand sourire de soulagement de sa maman qui disait à ceux qui lui rendait visite, le visage rayonnant, que Dieu merci elle allait s’en sortir sans opération. Elle le vivait comme un moment de triomphe contre la maladie, un moment de gloire, un moment de jouvence retrouvée. Son visage s’était illuminé et avait repris des couleurs…Ce furent les derniers moments de joie et de bonheur de la pauvre maman.

Dieu pardonne surement le mensonge pour une bonne cause...Part 2 2906

Dieu pardonne certainement le mensonge pour une bonne cause. Le Hazard faisant bien les choses, des fois, cette période coïncida pile poils avec l’arrêt qu’il avait décidé pour sa carrière si longue et éprouvante. Il avait longuement réfléchi et s’était resigné à une pause qu’il entendait définitive. Cela le rendait disponible pour se tenir au côté de la maman qu’il chérissait tant. Il passait ainsi le plus clair de son temps à son chevet comme par ailleurs ses sœurs présentes à la maison familiale en permanence pour prendre soin de celle qui avait fait de huit portées, des universitaires appréciés, citoyens dévoués à leur pays. Il ne pouvait pas en être autrement. L’exemple était là une maman ayant fréquentée les premières classes de l’école moderne à Fès et un papa plus que dévoué à son métier. Les déplacements fréquents à la clinique pour des contrôles ou peut être pour y laisser encore et toujours des sous, étaient pour la maman synonymes d’espoir et pour eux de calvaire répété ; des moments renouvelés de la confirmation du désespoir ; Les choses empiraient chaque jour un peu plus, de manière exponentielle… Il se demandait tout le temps si cet acharnement médical était judicieux ou s’il était juste en train d’accélérer les choses. Jamais il n’aura de réponse à son questionnement. A chaque moment il souhaitait pour de bon ne pas revivre cette déchéance, s’il venait qu’il soit lui-même atteint un jour. Se doutant de quelque chose, un jour la maman demandera à la sœur Tania de lui expliquer pourquoi il était toujours là et pourquoi il ne travaillait plus. Elle voulait savoir si cela avait une relation avec son état de santé. Il senti alors qu’il qu’il devait peut-être disparaitre quelques jours. Histoire de rassurer la pauvre maman encore plus pale, encore plus frêle. Il décida alors d’aller à Brazzaville où depuis quelques années déjà, il organisait, pour le compte de la Mairie, à l’époque l’un des meilleurs festivals sportifs du continent. Pour cela le président congolais Sassou Nguessou l’avait fait Officier de l’ordre national. Une décoration qui chatouilla sa fierté et dont il parle souvent. Il était persuadé qu’un tel voyage allait rassurer la maman sur son état de santé et la tranquilliser. Il a lu cela dans ses yeux et l’entendit au ton de sa voix hésitante au moment de lui annoncer qu’il partait au Congo pour du travail. Deux jours après il arrivait à Brazzaville vers 2h du matin… A peine dans sa chambre la valise non encore défaite, qu’il reçoit un appel de sa sœur Tania, pris par une étonnante panique : « Elle est décédée », demanda-t-il sans même réfléchir ? Tania le rassure que non mais que la pauvre maman était rentrée dans un coma profond. La liaison Casablanca- Brazzaville et retour était quotidienne. Il n’avait donc qu’a attendre la nuit d’après pour rentrer. Il prit la peine de s’excuser auprès de mon hôte le maire Alfons L, alors directeur du festival et pris le chemin du retour. Il arriva au chevet de sa maman plongée dans un sommeil irréversible un 14 mars. Le soir vers 20 ou 21 heures, alors qu’il lui tenait la main, que son frère M lui récitait à haute voix Sourate Yacine, et que tous ses enfants : J, A, El, F son épouse, étaient autour du lit médical où la maman avait passé quelques semaines, dans la chambre qu’on avait spécialement aménagée pour elle ; elle rendit l’âme. Une dernière respiration profonde, un dernier soupir long et doux qui disaient long sur la souffrance endurée des mois durant. Sa main droite qu’il tenait tendrement se relâcha et se mit à refroidir. Le papa qui était là bien évidemment, n’en revenait pas. Alors qu’il annonçait à tous qu’elle était partie, le papa lui cria dessus que non et qu’il fallait juste la réanimer, regardant l’air autoritaire M, médecin d’une compétence avérée. Il a fallu quelques longues minutes pour que le papa revienne à la raison et accepte qu’il venait à ce moment précis de perdre son âme sœur. Celle qui avec brio lui avait donné 8 enfants et les avait tous éduqué de la meilleure des manières. C’est ainsi qu’est parti la défunte maman, voilà 17 ans jours pour jours. Le jour même sa sœur S donnait naissance à Z qu’on appelle aujourd’hui le bogoss du haut de ses 17 ans. Comme quoi la vie continue. Le lendemain du décès, alors que sa sœur rentrait à la maison son bébé en main, les autres s’apprêtaient à aller mettre sous terre le corps inerte de la mère paisiblement allongée, méticuleusement lavée et enveloppée dans le traditionnel linceul blanc. Avant de qu’elle ne soit complètement enfermé dans ce drap ; ils s’étaient tous penchés pour déposer un dernier bisou sur le franc de la défunte mais le sentait elle. Sentait telle la douleur qui déchiraient leurs entrailles. Tristesse, douleur, soutien des amis proches, solidarité de la famille élargie, encens et coran, quelques cris, s’entremêlaient dans un moment inoubliable, aux traces indélébiles. Chaque année la veille de ce triste anniversaire, sa fille l’appelle pour le soutenir car elle sait la douleur que la disparition de la maman avait ancré en lui. Elle lui demande alors de faire une offrande en son nom. Une somme symbolique qu’il remet au premier nécessiteux qui croise son chemin ce jour-là. Sa fille et sa grand-mère étaient très liées. Elle qui lui dit souvent : « C’est Lalla qui nous a appris à être les hommes et les femmes que nous sommes aujourd’hui, chacun de nous porte la trace de son exemple et de son enseignement. »

La langue maternelle dans l'enseignement, un impératif de développement... 3170

Je remercie chaleureusement les nombreuses personnes qui ont réagi à mes précédents articles sur la question de la langue au Maroc. Les avis continuent de diverger concernant le recours à la langue maternelle marocaine dans l'enseignement. Certains sans le moindre argument s’y oppose avec une ferveur incommensurable. Faux débat, disent d’autres. Dans les faits, la quasi-totalité des enseignants recourent déjà à la Darija pour expliquer le contenu des leçons notamment dans les matières scientifiques. Tant mieux. Ce qui laisse perplexe, par contre, est cette logique d´opposition que certains s'évertuent à imposer entre l'arabe et la Darija. En fait, scientifiquement, ce qui est requis dans l’enseignement notamment dans les premières années, ce qui est conseillé par l’ensemble des instances internationales concernées, ce qui est conclu par la quasi-totalité des recherches scientifiques en la matière, est un continuum linguistique, dans la complémentarité entre la langue utilisée à la maison et les autres langues, l'arabe en tête dans le cas du Maroc, puisque politiquement nous en avons fait la langue du pays. La Darija et l’arabe se complètent parfaitement d'ailleurs. L'avantage à apprendre dans la langue maternelle pendant les premières années de scolarité est justement de permettre un transfert vers les autres langues sans fracture ni cassure, assurant une structuration mentale normale. L'enfant n'est pas choqué et se développe psychologiquement, normalement, dans la continuité de son bagage linguistique, génétique, historique, civilisationnel et social. Logiquement, comme cela s'est avéré être le cas dans les pays ayant opté depuis longtemps pour l’usage de la langue maternelle dans l’enseignement, la démarche a pour effet salutaire l'assimilation aisée et assurée du savoir par les apprenants, l’adoption sans difficultés des valeurs sociales et l’intégration facilitée des valeurs civiques. L'école étant ici une composante de la vie, parfaitement intégrée à son environnement. Procéder comme nous le faisons jusqu'à maintenant hélas est justement à l'opposé de cette logique. Notre façon de faire favorise le dédoublement de la personnalité pour ne pas dire plus. Un enfant dès sa scolarisation va adopter un comportement pour l'école, un comportement dans sa famille et plus tard un autre comportement pour la rue et la vie au quotidien. Il développera un langage pour chacune de ces sphères. Cela favorise de nombreuses anomalies mentales et est la principale cause du décrochage scolaire, qui enregistre au Maroc des chiffres plutôt inquiétants, sans parler des budgets colossaux dépensés, pour un rendement faible. Il y va ainsi de dépenses publiques malheureuses, de montants invraisemblables dilapidés sans vergogne depuis longtemps et sans remise en question. . L'enfant n'ayant pas intégré convenablement l'outil qu'est la langue d'apprentissage qui lui est imposée, est tout simplement découragé et va s’éjecter de lui-même du système scolaire. Plus tard, le jeune n'ayant pas réussi sa scolarité, va se retrouver être un sous homme et se percevoir ainsi. Quoi qu'il acquière comme savoir professionnel plus tard, du moment qu'il n'est pas capable de l'exprimer en arabe standard ou en français, il est considéré ignorant. Le citoyen qu'il va devenir est exclu par exemple de l'information officielle qui n'est servie que dans les deux langues plus haut citées, sinon en amazigh et en espagnol. Petit à petit, il se déconnecte de "la vie officielle", décroche de la vie culturelle, ne va plus lire, ne va plus écrire et vite retombera dans l'illettrisme primaire. Cet état des choses crée un divorce entre ces citoyens là, hélas fort nombreux et la Chose publique par exemple. Ils ne vont plus pouvoir, ni vouloir participer à la vie sociale et encore moins à celle politique. Ce rejet est normal car ces citoyens-là, ne se sentent plus concernés et se perçoivent vivre à la marge, le ou les langages utilisés leur étant étrangers. Dans la logique des choses, les plus aigris vont aller jusqu'à développer un rejet puis une haine de la chose publique. Ils constitueront le terreau propice au nihilisme et pourquoi pas à l'intégrisme. L'enfant commence par rejeter et haïr son école et transposera cet état d'âme sur tout son environnement par la suite et notamment sur les institutions. Les violences qui se développent dans notre société peuvent trouver ici une explication plausible. Voilà en résumé la problématique du déni de la langue maternelle. Ce n'est pas une simple affaire de technique ou de linguistique mais plutôt une affaire existentielle pour une société. C'est lié de manière intime au développement humain et partant au développement tout court du pays. Toute réflexion ici devra être menée avec intelligence, loin de toutes idéologies partisanes ou de convictions immuables. La langue maternelle est par essence structurante et rien ne peut remplacer ni son efficacité ni sa richesse.

Championnats du Monde de Crosscountry, l'Afrique domine de la tête et des épaules... 3152

L’Afrique a dominé de la tête et des pieds les championnats du monde crosscountry qui se sont déroulés à Beograd en ce 30 mars 2024 en lieu et place de la Croatie qui devait les abriter mais qui finalement avait été remplacée sur décision de World Athletics étant donné que les préparatifs n’étaient pas bien menées. Les épreuves ont eu lieu le long du Danube dans le parc de l’amitié. Une splendeur. Quand on parle Afrique, on parle en fait du Kenya, de l’Ethiopie, de l’Ouganda et dans une moindre mesure du Maroc ou de l'Afrique du Sud. Sur toutes les médailles mises en jeux une seule va échapper aux africains et ce fut dans le relais mixte où la Grande Bretagne va réussir l'exploit d'enlever une médaille de bronze aux africains. Chez les juniors dames, c’est la jeune Ethiopienne Marta Alemayo qui remporta la course avec quatre secondes d’avance sur sa compatriote Asayech Ayichew et quelques dix secondes sur son autre compatriote Robe Dida. Dès le départ les Ethiopiennes ont montré qu’elles étaient là pour gagner et n’ont à aucun moment laissé l’initiative à la concurrence kenyane notamment. Au classement par équipe l’Ethiopie remporte ainsi naturellement l’Or avec 12 points suivie du Kenya 28 points et de l’Ouganda 48 pts. Il faut dire que les africaines n’ont pas laissé planer le moindre doute sur leurs intentions de se retrouver sur le podium. les USA n’ont obtenu ici que la 4ème place avec 40 points de retard sur l’Ouganda. Deux autres équipes africaines ont pris part à cette épreuve de 8 km : La RSA 10ème et le MAR 12ème . Chez les juniors garçons les 15 premiers sont tous africains, montrant ainsi la domination de l'Afrique aujourd’hui mais sans doute à l’avenir aussi. Les jeunes africains ont fait montre dans cette course d’une grande solidité et d’une grande combativité. A l’arrivée la victoire reviendra au Kenyan Samuel Kibathi suivi de l’éthiopien Mezgebu Sime à quatre secondes tout de même et d’un autre kenyan : Matthew Kiopkoech Kipruto. Au classement par équipe sans surprise aucune le Kenya est médaillé d’or avec 15 points suivi de l’Ethiopie avec 21 pts et de l’Ouganda avec 52 points. Là aussi deux autres équipes africaines étaient présentes la RSA 5ème et le MAR 6ème. Ce fut là une belle revanche du Kenya sur l’Ethiopie en juniors. Chez les séniors dames la domination kenyane était très forte puisqu’elles ont pris les Cinq premières places au classement individuel. On se crorait dans un championnats kenyan. Elle ne laissèrent aucune chance à leurs adversaires. Cerise sur le gâteau Beatrice Chebet, âgée aujourd’hui de 24 ans seulement a ici remporté son deuxième titre d’affilé, puisqu’elle a été également championne du monde l’an passé. Avant elle seule Tirunesh Dibaba avait fait de même. Beatrice Chebet a devancé ses compatriotes Lilian Kasait Rengeruk et Margaret Chelimo Kipkemboi. Au classement par équipe la première place est revenue naturellement au Kenya avec 10 points seulement, suivi de l’Ethiopie 41 points qui devance l’Ouganda de seulement 3 petits points. (44points). Les USA sont ici 4ème suivi de l‘autre équipe africaine présente sur cette course la RSA 7ème. Chez les séniors hommes, Jacob Kiplimo mettra tout le monde d’accord. Avec sa victoire ici à Beograd, en renouvelant son exploit de l’an passé, il rejoint la liste très restreinte des athlètes ayant remporté les championnats du monde de cross plus d’une fois. Son nom figure aujourd'hui à côté de ceux de Kenenisa Bekele, Geoffrey Kamworor, Khalid Skah et de Paul Tergat. Sur cette course aussi les 19 premiers athlètes sont africains sauf l’espagnol Thierry Ndikumwenayo qui pointe à la 17ème place…Il faut noter que ce champion du Burundi vient juste d’être naturalisé espagnol. La course n’a pas du tout été facile. Les athlètes ont beaucoup changé de rythmes et de tactiques pour épuiser les adversaires mais finalement la logique a été respectée. Au classement par équipe la victoire de Jacob Kiplimo n’a pas suffit à son pays pour remporter l’or puisque c’est le Kenya encore une fois qui va être sacré champion du monde avec 19 points, suivi de l’Ouganda 31 points tout de même et de l’Ethiopie 40 points. En quatrième position nous avons l’Espagne avec 99 points. Les autres équipes africaines présentes ont été respectivement l’Erythrée 6ème, la RSA 8ème et le Burundi 10ème. Enfin au relais mixte le Kenya, encore une fois, n’a laissé aucune chance à ses adversaires. Le temps réalisé par les kenyans ne laisse planer aucun doute sur leur supériorité. Ainsi le Kenya va remporter l’or avec seulement 22min et 15sec, suivi de l’Ethiopie à 26 secondes en 22:43. La grande surprise ici est la Great Britain & Northern Ireland qui en 23min 00 va prendre la médaille de bronze devançant le Maroc de 8 petites secondes. L’ Ouganda sera 5ème, la France 6ème, Le Japon 7ème, les USA 8ème, la RSA 9ème, la SER 10ème, le MEX 11ème, le KAZ 15ème et FIJ 13ème. Le Kenya s'est donc hissé en tête du tableau des médailles avec onze médailles lors de ces 45e Championnats du monde de cross-country qui se sont déroulés par un temps sec et ensoleillées. Six médailles d'or ont été remportées par le Kenya, dont les titres par équipe pour les hommes seniors, les femmes seniors, les hommes U20 et la course de relais mixte, ainsi que les médailles d'or individuelles grâce à Beatrice Chebet (femmes seniors) et Samuel Kibathi (hommes de moins de 20 ans). Les autres médailles ont été remportées par l'Éthiopie, dix au total, l'Ouganda cinq médailles et la Grande-Bretagne une médaille. L'Espagne a été la meilleure équipe européenne dans toutes les courses individuelles. Sur le circuit plat de près de 2 km avec des obstacles, des ponts, de la boue et un labyrinthe de foin, le continent africain a dominé toutes les épreuves de la tête et des épaules. Au total, 439 coureurs de 45 pays et une équipe de réfugiés ont participé à cette édition. Finalement on peut encore une fois conclure qu'en athlétisme l'Afrique est une super puissance et qu'en demi fond et fond surtout, aucun autre continent ne fait le poids pour le moment.

Peut-on encore faire sans l’intelligence artificielle ? 3152

L’IA est un domaine de recherche en pleine expansion en elle-même, pour elle-même mais c’est également un domaine qui de plus en plus sert de support à l’ensemble des autres domaines scientifiques avec l’ouverture de nouvelles perspectives, d’accélération de la connaissance et de maitrise de nouvelles technologies qui permettent des raccourcis en temps jusqu’ici inimaginables. L’avenir de l'IA est prometteur certes mais à la condition de la maitrise de l’outil et des caps à maintenir et aussi en réduisant au maximum le fossé qui peut exister entre la compréhension de l’humain, ses intentions et la machinerie qui elle devient de plus en plus autonome et donc a besoin d’humains d’un niveau de connaissance et de maitrise de plus en plus capables de lui faire faire le travail convenablement de manière efficiente et parfaitement bien ciblée, pour l’intérêt de l’humanité. Il y a lieu également de parfaitement comprendre les disparités et les différences culturelles, génotypiques, géographiques, historiques et autres qui devraient nous amener à ne plus avoir qu’un seul angle de vision mais plutôt à entrevoir les choses en tenant compte justement de ces disparités et différences et ce notamment quand il s’agit de domaine médicaux complexes où le détail est très important. Le sénégalais, le canadien, le marocain, le finnois, réagissent-ils de la même façon aux thérapeutiques aujourd’hui proposées ? Souffrent-ils des mêmes maladies, réagissent-ils de la même façon, s’ils sont exposés à un même virus ou une même bactérie ? Les applications de l’IA, qui concernent les humains, permettent et permettront davantage dans un avenir proche, d’améliorer la qualité des soins. Les opérations seront assistées et les médicaments conçus au cas par cas. Toujours est il qu’il faut avoir des données fiables, comme il est impératif de procéder de la manière la plus appropriée et cela la machine ne peut le faire si au préalable ce ne sont pas des humais éclairés qui procèdent à son apprentissage. Ses humains doivent avoir la connaissance suffisante et adéquate pour développer les approches et techniques qu’il faut mais également être en respect total d'une éthique à toute épreuve. Dans le lien en bas, Dr Tariq Daouda nous explique cela et plus encore de manière très pédagogique, alors qu’il était l’invité de la rédaction de Médi TV. Je vous invite à cliquer dessus.
youtu.be/J4aTDFxk1fg?si=0Fh3AFBw...

Abdou Cherif, ignoré de son vivant, célébré à son décès... 3436

Dans la série des textes que m'a transmis Si Jalil Benazzouz , je partage ici avec vous celui du virtuose Jbara. Si vous ne le connaissez pas je vous invite à le découvrir en cliquant sur le lien que je partage ici au bas de l'article. Si Jbara maitrise l'espagnol est c'est pour cela que l'article original ici bas est en espagnol. Je me suis proposé de le traduire en français. Jbara est connu pour fusionner les rythmes gnaouis avec des inspirations de rocker convaincu et convaincant. Certains voient en lui le Santana marocain et vont jusqu'à le nommer ainsi. Figurez, d'après si Jalil que durant les 12 derniers mois, Jbara a passé beaucoup de temps avec Abdou pour travailler sur des chansons inédites qu'ils étaient sur le point de produire ensemble . Malheureusement le sort en a voulu autrement. Si Jalil me dit que le grand artiste Jbara s'est promit de mener ce travail à terme et de le proposer au public marocain en hommage à son cher ami. Ici bas en lien, je partage avec vous le lien de la chanson Qilouna de Jbara. Elle est vraiment en symbiose totale avec la réflexion de l'artiste. Merci de savourer ce moment exquis. Voici l'article tel que écrit par Jbara en Espagnol: Yo desde la distancia he estado viendo videos, y los comentarios de la gente y me da para valorar un poco lo que ha y está pasando. Lo que más me dolió son la falta de respeto no solo al artista, sino al humano, había algún comentario en algún video de él actuando que decía, tengo 40 años y nunca había visto nada de él, como es posible que nos hayan privado de este gran artista. Y ahora esos medios que lo ignoraron o esas instituciones, se desagan en halagos a ese gran artista. Hipócritas y carroñeros. Y luego está ese público embrutecido por esos mismos medios de comunicacion y por esas instituciones que les embrutecen dando mierda como arte, y están en ese lugar en el que deberían mostrar al menos respeto, y graban su entierro y el dolor de una madre. desgraciadamente ese globalismo putrefacto ha entrado en la sociedad y la está destruyendo y nadie se da cuenta. Conclusion, vivimos en un mundo de mierda, donde los envidiosos se muestran como amigos dolientes, donde los medios muestran su verdadera cara de destructores de valores y donde el público ya no tiene respeto por nada ni nadie. Una Reflection xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Traduction en Francais J'ai regardé à distance les vidéos et les commentaires des gens, et cela me donne un aperçu de ce qui s'est passé et de ce qui se passe encore. Ce qui m'a le plus blessé, c'est le manque de respect non seulement pour l'artiste, mais aussi pour l'être humain. Dans une vidéo de lui en train de jouer, un commentaire disait : "J'ai 40 ans et je n'ai jamais rien vu de lui, comment est-il possible qu'ils nous aient privés de ce grand artiste ? Et maintenant, ces médias qui l'ont ignoré ou ces institutions se déchargent de leur fardeau en faisant l'éloge de ce grand artiste. Hypocrites et charognards. Et puis il y a ce public brutalisé par ces mêmes médias et par ces institutions qui les brutalisent en leur donnant de la merde en guise d'art, et ils sont à cet endroit où ils devraient au moins faire preuve de respect, et enregistrer son enterrement et la douleur d'une mère. Malheureusement ce globalisme pourri est entré dans la société et la détruit et personne ne s'en rend compte. Conclusion, nous vivons dans un monde de merde, où les envieux sont montrés comme des amis éplorés, où les médias montrent leur vrai visage de destructeurs de valeurs et où le public n'a plus de respect pour rien ni personne. Une réflexion
youtu.be/s69lC_tvqp0?si=B7gJKh2V...

"Abdou Cherif : Entre reconnaissance tardive et faux-semblants" 3262

A la suite de la disparition subite du grand artiste devant l'éternel Abdou Cherif, j'avais instinctivement commis un article que j'avais titré: "Abdou Cherif est parti, emporté par sa voix vers les cieux.", article que j'ai publié en arabe, en français et en anglais. A ma grande surprise c'est la version anglaise qui a le plus été lue. Immédiatement après la publication, j'ai reçu un message de Si Jalil Benazzouz que j'ai connu à travers un groupe Wattasap "Amis de SportPro Maroc". Si Jalil qui oeuvre dans la promotion et la vulgarisation du Golf, m'a fait savoir qu'il était ami très lié à feu Abdou Cherif; qu'il avait apprécié mon article et qu'il l'avait fait lire à d'autres amis du défunt qui l'avait également apprécié. Cela m'a comblé. Si Jalil, dans le cadre de cette discussion, m'a fait transmettre des articles que justement des amis dont on parle ici ont écrit et qu'il souhaitait que je les publie dans Bluwr; ce que je fais avec le plus grand plaisir ici bas, exactement comme je les ai reçus. En voici le premier que j'accompagne ici en lien plus bas de l'une des merveilles de notre regretté. Je vous laisse l'apprécier. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx "Abdou Cherif : Entre reconnaissance tardive et faux-semblants" Par Yassir BOUSSELAM Dans un monde saturé de contenus multimédias, Abdou Cherif, artiste méconnu, a longtemps été relégué dans l'ombre, loin des projecteurs. Ce n'est que récemment que les médias et les institutions ont commencé à reconnaître son talent, offrant une reconnaissance tardive qui contraste cruellement avec l'indifférence passée. Cependant, cette soudaine acclamation soulève des questions sur l'intégrité de l'industrie artistique et des médias. Elle met en lumière un déséquilibre flagrant entre la reconnaissance méritée et l'oubli injuste, alimenté par une culture de superficialité et d'hypocrisie. Cette tendance à glorifier la médiocrité au détriment de la qualité est également observable dans le comportement du public, souvent conditionné par les médias à accepter un standard artistique minimaliste. Cette adhésion tacite à la médiocrité est choquante, surtout lorsqu'elle ignore les moments de deuil et de douleur les plus intimes. De plus, le fait que de nombreuses personnes n'aient jamais entendu parler d'Abdou Cherif révèle l'influence néfaste des médias et de l'industrie artistique sur la propagation de la médiocrité. Cette ignorance souligne la nécessité de réformer le paysage médiatique et artistique pour promouvoir une appréciation authentique de la qualité artistique. Dans un contexte où l'hypocrisie est monnaie courante, filmer la douleur privée d'une mère en deuil ou l'enterrement d'un être cher est profondément offensant. Cela témoigne d'un manque flagrant de respect pour l'intimité et la dignité humaine, alimenté par une quête de sensationnalisme et de notoriété à tout prix. Il est indéniable que filmer une mère éplorée par la perte de son unique fils, dans son intimité brisée et sa détresse abyssale, sous couvert de solidarité, constitue une offense flagrante à la sacralité de la vie privée. La quête de notoriété ou de vues ne saurait justifier pareille intrusion dans la souffrance d'autrui. Révoltant est le spectacle de charognards se ruant dès qu'une victime trébuche, avides de profiter de la tragédie ou de captiver l'attention. Filmer l'ultime repos du cercueil est une transgression patente de l'intimité, une violation du sanctuaire réservé à la famille et aux amis les plus intimes du défunt. Il est ironique de constater que ceux qui prétendent être des amis proches ou des admirateurs de l'artiste étaient souvent les premiers à le dédaigner et le Il est également ironique de constater que ceux qui ignoraient et critiquaient Abdou Cherif de son vivant se précipitent maintenant pour lui rendre hommage. De même, les opportunistes qui rejetaient autrefois les artistes sont maintenant les premiers à les pleurer, révélant ainsi la fausseté et la superficialité de nombreuses interactions dans le monde de l'art. Cette série de faux-semblants et d'injustices est déchirante, mais elle soulève également des questions cruciales sur l'état de l'industrie artistique et des médias contemporains. Reconnaître et remédier à ces problèmes est essentiel pour restaurer l'intégrité et le respect de l'art et des artistes dans notre société. À bon entendeur !
youtu.be/mRF5-P0_S5Y?si=xVmYX6t2...

Abdou Cherif est parti, emporté par sa voix vers les cieux. 3638

Je conduisais rentrant de Fès, quand la chaine de radio qui me tenait compagnie dans l’habitacle de ma voiture annonça la disparition subite, dramatique, incompréhensible, inattendue, rapide, foudroyante et triste de Abdou Cherif. J’adorais, j’adore et adorerais jusqu’à la fin de mes jours ce virtuose que je n’ai jamais eu la chance de rencontrer mais que la télévision et YouTube par la suite m’ont fait découvrir et aimé. Moi qui adore Abdelhalim Hafed ou Hafez et la belle chanson égyptienne trouve en lui une certaine continuité de la belle époque ; celle du gout musical sublime ; celle où les paroliers comme les compositeurs, les chefs d’orchestre et les interprètes se surpassaient pour offrir au public arabe et pas que, le meilleur de la musique. Inspirés tantôt des arts populaires profondément enracinés, tantôt d’airs musicaux d’ailleurs, allant même jusqu’à explorer le tango argentin, ils nous ont légué un patrimoine musical unique dont on ne mesure pas encore assez la richesse. A écouter Abdou Cherif interpréter Gabar ou habibaha, on est pris dans un tourbillon de magie par sa voix envoutante, forte, douce, expressive. Le son est limpide et la diction claire. Abdou sublime ce genre de chanson à vous faire oublier l’original… Et puis surprise un soir, à l’Olympia du Caire, il annonce douteusement avec douceur qu’il allait s’aventurer à chanter la Bohème. Charles Aznavour aurait tant aimé cet instant. Ce fut un triomphe. Et ce n’est point fini Abdou va tenter l’impossible et à l’impossible nul n’est tenu, il va un soir casablancais étonner, surprendre, en revisitant l’un des standards du Malhoum marocain: Ghita. Qui aurait pensé qu’un jour ce fidèle invétéré de Abdelhalim allait toquer à la porte de Lhaj Driss Benali Al malki et le faire se redresser dans sa tombe vielle de près de deux siècles. Je suis persuadé que là où il est, Driss Benali a du sourire de satisfaction. Jamais personne n’a interprété Ghita comme Abdou Cherif, même pas le grand maitre Driss Toulali. Voilà c’est cet homme qui nous quitte aujourd’hui à jamais nous laissant sa voix, son sourire, son élégance, sa sensibilité et son audace à ce mettre debout dans de grandes salles de spectacle et à faire voyager ses fans au delà du temps. En arrivant à la maison, je me suis mis dans un coin, pris mon téléphone et commencé à écouter en boucle des extraits de ses interprétations passant plus de temps sur quelques unes où il avait été au summum de son art comme par exemple Rahila, composée par un autre de la musique marocaine: Abdesalam Amer et interprété par une autre belle voix celle du crooner Mohamed ElHayani. Lui aussi parti tôt. Une façon de le défunt Abdou Cherif à distance et de prier pour la paix de son âme. J’ai hésité avant de vous faire la proposition d’une quelconque de ses interprétations: toutes sont aussi parfaites et belles les unes que les autres. Finalement je me suis dit pourquoi pas la Bohème. Vous en avez un lien ici bas. Nous sommes à Dieu et à lui nous retournons. Repose en paix Abdou.
youtu.be/hvM66SxNfJY?si=EAZNznev...

Dialogue entre Dame Tour Mohamed VI et Dame Tour Hassan... 3676

Le hasard n'a jamais fait autant bien les choses comme cette fois ci... Se promenant sur les berges du Bouregreg, probablement seul, à une heure où âme ne bouge, notre ami Aziz Boucetta a surpris une discussion à laquelle il ne pouvait s'attendre et ne pouvait penser; une discussion entre la Tour Mohamed VI et la Tour Hassan...rien que ça. Au premier balbutiement de la discussion, je l'imagine s'arrêtant, sortant son carnet de notes de journaliste à l'ancienne et consignant à jamais la teneur des mots, des idées échangés. Un moment rare. Commencée comme une honteuse rivalité telle qu'on les connaissait naguère entre Lmra Lbeldia et Lmra Al3asria...la discussion s'est très vite élevée, tanguant au grès des vents entre histoire et philosophie...des pics...de temps à autres semblent ici s'adresser à nous tous et parfois plus directement à nos politiques ou ceux qui s'en revendiquent. Les deux tours, gentiment dans un langage empreint de sagesse, parfois de nostalgie s'adressent à nous tous pour nous réveiller nous qui passons au quotidien par là, sans jamais nous soucier de ce dialogue des temps. Elles s'adressent au monde comme pour dire que si nous en sommes là aujourd'hui, c'est surement pas notre faute mais que nous nous attelons hardiment à redevenir comme avant; à reprendre notre petite place légitime. Nous ne reprochons rien à personne, ni n'avons de compte à régler avec qui que ce soit; mais d'un pas ferme nous sommes sur le chemin du retour. Nous en sommes certes au premier pas mais un pas ferme qui se veut imperturbable. Pour cela il y a des conditions que nous essayons de nous opposer à nous mêmes: le sérieux et la détermination. Il y a aussi hélas les conditions que nous opposent les squatters de la politique et de l'économie, sans scrupule. Les sangsues devraient également nous laisser en paix, les imbéciles aussi. Un jour, si Dieu me prête vie je vais demander à Si Aziz de me dire dans quelle langue, les deux tours avaient elles tenu cette discussion et comment sont elles arrivées à dialoguer. Mais le sait il lui même... A l'époque la Tour Hassan ne devait point parler comme nous aujourd'hui...J'imagine que la Tour Mohamed VI est elle plus à l'aise en anglais...ou en Darija peut être. lisez ce billet inspiré et inspirant, vous vous feriez votre propre idée comme je me suis fait la mienne. Le lien du beau récit de Si Aziz est ici bas.
panorapost.com/post.php?id=44748

Intelligence artificielle, Le Debrief... 3487

l'intelligence artificielle un sujet et une thématique dont se saisissent des spécialistes certes mais pas que, hélas. Beaucoup se saisissent du sujet, s'en accaparent et répandent plein d'inepties du haut de leur ignorance, des fois frôlant le ridicule et l'intolérable.... Beaucoup prennent la parole dans des débats autant incompréhensibles que stériles. Résultats des courses nombreux citoyens et décideurs sont induits en erreurs avec des propos fallacieux limites inacceptables pour l'intelligence humaine normale. Faut pas être un génie ni un super pro de l'IA pour conclure à l'ignorance de beaucoup de ceux qui prennent la parole, mais tous n'avons pas la possibilité de pénétrer les méandres du sujet et d'en saisir les opportunités fantastiques aujourd'hui offertes à nous... Le sujet est d'une extrême importance et pour en prendre la mesure et donc en comprendre l'enjeu, les contours et les contenus, c'est à de véritables spécialistes qu'il faut donner la parole et c'est ceux là qu'il faut écouter; Ecouter pour s'instruire et comprendre ce qui est entrain de transformer fondamentalement nos connaissances, notre degrés d'intégration de la science et de la technologie et partant prendre les bonnes décisions politiques qui vont impacter notre devenir en tant qu'individus, société et pays. Notre pays se doit de prendre les mesures adéquates pour ne pas rater le coche et pourquoi pas se positionner comme leader dans le domaine. Dans son émission hebdomadaire "LE DEBRIEF" sur Medi1 TV, Si Aziz Boucetta a eu l'intelligence de recentrer le débat et de lui donner de la consistance, en réunissant autour de la même table des spécialistes, experts et praticiens, venant d'horizons différentes et exerçant à des niveaux différents mais tous véritables connaisseurs du Sujet: Maha Gmira, Phd; experte des stratégies de l'IA et genre auprès du PNUD Tariq Daouda, Phd; professeur à l'UM6P de Benguerire Youssef Ghalem, ingénieur ENSIAS et entrepreneur à succès, utilisant l'IA au quotidien pour développer son business. Résultats des courses, tout un chacun à la suite de ce débat, a pu se faire une véritable idée de ce qu'est l'IA véritablement, ses horizons et ses développements, son utilité et son intérêt pour l'humanité et l'humain loin des idées farfelues du danger, du remplacement de l'homme, de la destruction massive des emplois etc. Bref, merci Si Aziz Boucetta et à Medi 1 TV pour ce beau Debrief...et cette immersion intelligente dans l'intelligence artificielle. Les pays qui ne veulent pas rater le virage technologique actuel comme ils ont raté le virage de l'industrialisation, dont le notre bien évidemment, n'ont qu'à écouter les véritables spécialistes de l'IA. Les lois devraient vite bouger, la libéralisation de l'économie et le détricotage de certaines règles du siècle passé devrait être entamé au plus vite. Le ratage du virage de l'industrialisation nous avait tellement affaibli qu'on a fini par être mis sous protectorat pendant 50 ans...Faut pas l'oublier... Le génie des nôtres, contrairement à celui des jeunes américains par exemple est confronté aux incompréhensions des responsables d'un autre âge, aux lois désuètes du siècle passé toujours en vigueur, aux décisions administratives qui bloquent progrès et innovation. La vitesse de compréhension, celle de la réaction sont ici les maitres mots. Le lien de l'émission est ici attaché plus bas pour celles et ceux qui ont 52 minutes pour s'instruire.
youtu.be/1uLQ9thQ7no?feature=sha...

KTB Darija... 3590

Qyas KtbDarija : Projet pour un Double Standard pour l'Ecriture de l'Arabe Marocain ou Darija a été publié par Tariq Daouda et Nassim Regragui. KtbDarija est un projet initié en 2008 visant à normaliser l'Arabe Marocain www.ktbdarija.com [email protected] 27 septembre 2012 1- Résumé Grâce à internet, la Darija, langue parlée par la quasi-totalité des marocains, est devenue en peu de temps l'une des langues les plus écrites par ceux-ci, paradoxe intéressant pour une langue jusqu'alors essentiellement orale. Ce vecteur visiblement essentiel de la culture marocaine s'arme de plus en plus comme moyen de communication et d'expression. Mais malheureusement, ses apparitions écrites en dehors de la toile restent encore timides, et pour cause : Il n'existe à ce jour aucune norme officielle écrite de la Darija. Le but de ce dossier est donc de proposer une norme d'écriture pour la Darija, qui soit un outil puissant de développement durable pour le Maroc. Un outil qui soit non seulement adapté à sa grammaire et sa phonologie mais qui permette également de combattre l'analphabétisme, d'augmenter l'efficacité du système scolaire marocain, qui réponde au impératifs d'informatisation et d'ouverture vers l'extérieur, tout en restant en accord avec l'histoire, le patrimoine culturel et les réalités sociales du Maroc. §§§§§§§§§§§§§ Voici la table des matières de cette étude extrêmement bien documentée. Si vous êtes intéressés et si vous voulez comprendre davantage l'approche et son extrême importance consultez le site ktbdarija.com. §§§§§§§§§§§§§§ 2- Table des matières 1 Introduction 5 2 Pourquoi une nouvelle façon d'écrire 9 2.1 Le cas de l'écriture Arabisante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 2.2 Le cas de l'écriture francisante ou francisée . . . . . . . . . . . . . . . 10 2.3 Le cas de l'écriture alphanumérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 3 La Démarche : Les Exigences Génératrices 13 4 Les alphabets 15 4.1 Les phonèmes issus du français . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 5 Les Règles D'Écriture 21 5.1 Règles génératrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 5.2 Les règles gages de la pérennité du standard . . . . . . . . . . . . . . . . 21 5.3 Les Règles Pratiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 5.3.1 Règles générales du standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 5.3.2 Règles spécifiques à l'écriture arabe . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 5.3.3 Règles spécifiques à l'écriture latine . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 5.3.4 Des variantes régionales : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 5.3.5 Réhabilitation du vocabulaire, et introduction de mots étrangers . 23 6 Claviers : 25 7 Conclusion : 27 8 Annexe 1 : Entretien réalisée le 23 Novembre 2010 par Giosella Licata dans le cadre de sa Maîtrise en Dialectologie Arabe à l'Université de Rome. 29 8.1 Quand est née ktbdarija.com? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 8.2 Pourquoi avez vous choisi comme titre du site ktbdarija? . . . . . . . . . 29 8.3 A qui votre site s'adresse t-il? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 8.4 Qui a eu l'idée de ce site et pourquoi? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 8.5 Quelle est la structure de votre site? Quelles sont ses sections? . . . . . . 30 8.6 Pourquoi vous avez choisi comme langue de communication l'arabe dialec- tal marocain? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
ktbdarija.com

Les marocains ont bien une langue historique. 3476

En conclusion du panel ‘Which langue binatna’ consacré à la langue du futur du Maroc, lors de la 7ème édition Des Impériales, mercredi 14 février 2024, j’ai lancé un pavé dans la marre en disant que j’étais franchement pour l’officialisation et la constitutionalisation de la langue marocaine, dite Darija. Depuis le débat est ravivé et les avis continuent de diverger notamment concernant le recours à la langue maternelle marocaine dans les premières années de l'enseignement, la structuration mentale de l'enfant étant quasiment complétée dans les premières six années de la vie. Faux débat, disent certains. Dans les faits, la quasi-totalité des enseignants recourent déjà à la Darija pour expliquer le contenu des leçons spécialement dans les matières scientifiques. Tant mieux, cela permet aux élèves de comprendre tant soit peu. Ce qui laisse perplexe, par contre, est cette logique d´opposition que certains s'évertuent à imposer entre l'arabe et la Darija. Les deux langues se complètent parfaitement d'ailleurs. L'arabe est une composante et une acquisition fondamentale de la culture mais elle n'est la langue maternelle des marocains. L'avantage à apprendre dans la langue maternelle pendant les premières années de scolarité est justement de permettre un transfert vers les autres langues sans fracture ni cassure, assurant une structuration mentale normale. En fait, scientifiquement, ce qui est requis est un continuum linguistique, dans la complémentarité entre la langue maternelle et les autres langues, l'arabe en tête. Toutes les instances internationales le préconisent et le recommandent, forts en cela par les conclusions de nombreuses recherches scientifiques afférentes. L'enfant qui apprend dans sa langue maternelle n'est pas choqué et se développe psychologiquement normalement dans la continuité de son bagage génétique et sociale. Logiquement, comme cela s'est avéré être le cas dans les pays qui nous ont devancé, la démarche a pour effet salutaire l'intégration assurée du savoir, des valeurs sociales et des valeurs civiques. L'école étant ici une composante de la vie, parfaitement intégrée à son environnement. Procéder comme nous le faisons jusqu'à maintenant est justement à l'opposé de cette logique. Notre façon de faire favorise le dédoublement de la personnalité pour ne pas dire plus. Un enfant dès sa scolarisation va adopter un comportement et une langue pour l'école, un comportement et un langage dans sa famille et plus tard un autre comportement et une autre langue pour la rue et la vie au quotidien. Cela favorise de nombreuses anomalies mentales et est la principale cause du décrochage scolaire qui connait au Maroc des chiffres plus qu'inquiétants. L'enfant n'ayant pas intégré convenablement l'outil qu'est la langue que l’école lui impose se confine et échec après échec, difficulté après difficulté, il est tout simplement éjecté ou s'éjecte volontairement du système d'apprentissage. Plus tard, le jeune n'ayant pas réussi sa scolarité va se retrouver être un sous homme. Quoi qu'il acquière comme savoir professionnel, du moment qu'il n'est pas capable de l'exprimer en arabe classique ou en français, il est considéré illettré, analphabète et limite ignorant. Le citoyen qu'il va devenir est exclu quasiment de tout. Il est exclu du droit de suivre l’activité officielle de son pays ; l'information ne lui est servie que dans les deux langues officielles, sinon en amazigh et espagnol... Certaines radios privées ont heureusement compris et sont en train de réparer l’injustice. Petit à petit, ce citoyen est déconnecté. Il décroche de la vie culturelle, ne va plus lire, ne va plus écrire et très vite retombera dans l'analphabétisme primaire. Cet état des choses crée un divorce entre ces citoyens dont le nombre dépasse le tiers de la population et la chose publique par exemple. Ils ne vont plus pouvoir, ni vouloir participer à la vie sociale et encore moins à celle politique. Ce rejet est normal car ces citoyens-là, ne se sentent plus concernés, les langages utilisés leur sont étrangères. Dans la logique des choses, les plus aigris vont aller jusqu'à développer un rejet puis une haine de la chose publique. L'enfant commence par rejeter et haïr son école et transposera cet état d'âme sur tout son environnement par la suite. Les violences qui se développent dans notre société peuvent trouver ici une vraie explication. Voilà en résumé la problématique du déni de la langue maternelle. Ce n'est pas une simple affaire de technique ou de linguistique mais plutôt une affaire existentielle pour une société. C'est lié de manière intime au développement humain et partant au développement tout court. Voilà qui me fait dire ici encore une fois : Il faut absolument officialiser la langue des marocains et l’inscrire dans la constitution, une façon incontournable de redonner de la dignité à tous les marginaux d’aujourd’hui. On a besoin d’eux aussi pour développer le pays. L'idéologie et les postures politiques n'ont pas leur place ici. La Darija est une composante fondamentale de l'identité des marocains et sans identité reconnue, il n'y a ni dignité, ni appartenance et surement pas de développement social. La Darija est la langue historique des marocains elle est la résultante d'un cumul historique depuis des siècles...Elle leur permet de se comprendre avec leurs frères de l'Est quasiment jusqu'à la frontière égyptienne et avec leurs frères du Sud jusqu'à la frontière du Sénégal...
ktbdarija.com

Obésité et Tabagisme des problématiques à prendre au sérieux. 3352

S’il est des problématiques dont on ne semble pas se soucier sérieusement malgré leur gravité et impact sur le devenir du pays, tout au moins selon ce qui filtre comme information et est publiées comme statistiques au Maroc, c’est celui du surpoids et de l’obésité, et celui du tabagisme. Aujourd’hui, au Maroc, près du quart de la population est touchée par le phénomène de surpoids. Ils seraient, selon l'Atlas Mondial de l'Obésité édition 2023, de la Fédération Mondiale de l’obésité, quelques 21,6% de citoyens marocains concernés. Plus grave encore ce pourcentage n’est pas figé, puisque selon les prévisions de la même instance, il passerait à 47,9% à horizon 2035, c’est-à-dire dans un avenir proche. Parmi cette population qui serait atteinte, près de 5 millions de citoyens seraient alors atteints d’obésité morbide, donc présenteraient des complications graves en termes de santé. Plus préoccupant encore, se sont les enfants qui seraient les plus concernés, puisque toujours en 2035, près de 30 % de nos enfants seraient atteints. Ils sont déjà quelques 20% aujourd’hui. Le gouvernement marocain semble être bien conscient de la complexité de la problématique et ses conséquences extrêmement grave sur la santé publique et partant sur l’économie et les budgets du pays. Mais a t'il opposé à la problématique des remèdes efficients? Le Ministère de la Santé Publique a bien mis au point une stratégie pour peser sur la tendance et l’inverser. Cette stratégie a même un objectif, celui de réduire le taux chez les enfants à 15% d’ici l’année prochaine, 2025… Sa stratégie est basée sur les mêmes armes et moyens que l’on retrouve un peu partout mais qui nulle part n’ont donné de véritables résultats. • Le Ministère entend s’attaquer au diagnostic précoce et à une meilleure offre de soins. On ne peut être plus imprécis. • Le Ministère entend aussi peser sur l’hygiène alimentaire, favorisant une alimentation saine et équilibrée, comme si c’était le ministère qui donnait directement à manger aux enfants et aux familles. • En fin ladite stratégie, toujours selon le Ministère, repose également sur des actions à même de peser et d’améliorer l’environnement qui induit ou favorise la prise de poids. On attendra fin 2024 pour voir si les chiffres vont véritablement s’améliorer et s’ils contredisent la tendance telle que projetée par la Fédération Mondiale de l’Obésité. Sans être excessivement septique, on sait ici le sort de toutes ces stratégies que l’on nous a servi dans tous les domaines sans jamais les évaluer. Un bon Powerpoint qui nous projette sur un horizon tellement lointain est le tour est joué. Le terme est tellement éloigné qu’on ne peut qu’oublier les objectifs, sinon oublier l'existence même des soi-disant stratégies, carrément. L’obésité est une problématique complexe, elle dépend du niveau de vie, des possibilités d’exercices physique, de l’urbanisme et de l’organisation de la vie. Les enfants issues de familles de niveau économique moyen et plus bas sont les plus exposés. L’alimentation à ce niveau de vie a tendance à être composée de beaucoup de matières grasses saturés et de sucre. Le pain véritable base de la nourriture de nos concitoyens c’est du sucre, par exemple. Il n’y a qu’à voir le nombre grandissant de fastfood de tout genre proliférer, notamment dans les quartiers populaires et les aliments conditionnés dans le commerce, comprenant énormément de sucre et autres composants nocifs, les habitudes alimentaires des jeunes, pour comprendre la tendance. Le plus étonnant est que l’exercice physique véritable moyen et sans doute le plus efficace pour limiter les dégâts n’est pas pris en compte dans la stratégie du gouvernement. Il n’est pas cité parmi les 5 piliers du nouveau modèle de santé mis en marche. Alors que le premier pilier de tout système de santé physique et mentale, d’ailleurs, doit être l’exercice physique. L’autre problématique absolument préoccupante est le tabagisme. C’est quasiment tout le continent africain qui se trouve aujourd’hui impacté car cible de grandes campagnes poussant à la consommation des tabacs manufacturés et au vapotage. Ils seraient quelques 3.500.000 fumeurs réguliers au Maroc. Soit quasiment 10 % de la population nationale, avec tous ce que cela induit comme conséquences sur la santé individuelle et partant pour la santé publique. Ailleurs en Afrique cela est encore plus grave comme par exemple en Egypte premier pays en consommation des tabacs manufacturées, suivie de l’Afrique du Sud, de l’Algérie et de la République Démocratique du Congo. Le Maroc lui est septième sur le continent. Là au moins les mesures et stratégies adoptées çà et là pour limiter les dégâts se sont avérées efficaces puis que 150 pays ont réussi à réduire la consommation des tabacs avec à leur tête le Brésil et les Pays Bas. Mais ils seraient tout de même 1.25 milliards de fumeurs adultes dans le monde…quand aux enfants ils se cachent pour fumer… L’Obésité comme la consommation des tabacs manufacturés sont sans doute aucun de véritables dangers pour la Santé Publique dont il va falloir s’occuper sérieusement. Au Maroc il y a bien une loi, par exemple, qui interdit de fumer dans les lieux publics…quant à son application…C’est une autre paire de manche. Mon ami Mustapha Guiliz me rappelle que les USA dépensent aujourd'hui 70 milliards US annuellement pour lutter contre l'obésité... Qu'en sera t il de nous dans une dizaine d'années...

Les marocains ont ils le droit d'utiliser leur langue maternelle... 3298

Ils seraient 10 millions d'analphabètes au Maroc selon l'Agence Nationale de Lutte contre l'Analphabétisme. ANLCA. Un chiffre à donner des sueurs froides. Nous sommes bien au 21ème siècle. Nombreux spécialistes préfèrent parler d'illettrisme, l'agence parle d'analphabétisme. Ne nous attardons pas sur le vocabulaire ou la sémantique et disons simplement que ce chiffre fait peur, très peur. Il fait peur par son importance en tant que tel, mais pas que cela. Il fait peur surtout parce que dès l'indépendance du pays feu Mohamed V avait déjà lancé une politique et des opérations d'alphabétisation. Depuis, tous les gouvernements qui se sont succédés, sans exception, avaient traité du phénomène, créé des structures administratives dédiées, entrepris des politiques pour améliorer la situation, mobilisé des budgets importants et bénéficiés d'aides étrangères diverses. Tout cela en vain. Ce chiffre veut dire hélas que depuis 1957 â nos jours, aucune de ces politiques ni démarches n'a réussi. Le taux d’analphabétisme officiellement déclaré par l’ANLCA est de 47,5% dans le milieu rural contre 22,6% dans le milieu urbain. Ce qui représente une petite baisse de 13% en milieu rural et de 6,8% en milieu urbain en comparaison avec 2004. Aujourd'hui c'est donc une agence dédiée qui est en charge de faire disparaître l'analphabétisme ou l'illettrisme comme vous voulez. Elle avait dit avoir une stratégie d’éradication de l’illettrisme et l'avait appelé savamment : stratégie 2014 -2024. Le but en était d'éradiquer l'analphabétisme en une décennie. Plus d'analphabètes donc après 2024 nous avait fait miroiter l’agence. Ambitieux ou réaliste ce programme â eu le mérite d'exister, de faire travailler des gens sur une problématique si épineuse et surtout peut être de nous interpeller sur la philosophie et la stratégie. Hélas l’échec est là et encore une fois on aura dilapidé des deniers publics sans réelle efficacité. Depuis l'avènement de cette agence l'’état a botté en touche et confié la quasi-totalité des programmes à des associations. Seulement toutes réunies, elles ont encadré en 2021-2022 quelques 94.000 personnes. Chiffre bien maigre. Le Ministère des Habous lui déclare encadrer quelques 85.000 personnes pour la même période. Au total tout programme confondu seuls 189.754 citoyens sont bénéficiaires dont une, une seule personne, tenez-vous bien dans les forces auxiliaires. C'est ce qui ressort d'une publication de l'agence. A ce rythme, il faudra combien d’années encore pour enfin déclarer l’éradication de l’illettrisme au Maroc? Le chiffre de 10 millions d’analphabètes est quasiment constant depuis près de deux décennies. La promesse 2024 n’aura pas été tenue et c’était prévisible, tellement l’approche n’était pas judicieuse ni encore moins la philosophie sous-jacente à la réflexion. Il faudra bien qu'un jour, chez nous, tout de même, à l'instar de toutes les nations modernes, tous les citoyens soient â même de lire et d'écrire. A décortiquer la question l’on ne se rend compte du déphasage entre la réalité de la vie de tous les jours et les statistiques officielles depuis des décennies, basées sur des critères au départ comportant un biais philosophique important. Deux questions s'imposent avec insistance. Les réponses à leur apporter pourraient justement nous dégager de cette impasse où l’on s’est engouffrée depuis le recouvrement de l’indépendance. La première est de savoir combien parmi les dix millions sont passés par le système scolaire national avec toutes les conclusions qu'il faut tirer d'une telle difformité singulière. C’est donc l’échec de l’approche que nous avons eu pour notre système d’enseignement et ses programmes qui continuent à produire des illettrés malgré la part budgétaire fort importante chaque année injectée. La seconde est de circonscrire ce que nous entendons réellement par analphabète. Force est de constater qu'il s'agit officiellement de citoyens incapables de lire et d'écrire dans les langues de l'enseignement ou langues officielles, C’est-à-dire l’arabe de l’école et le français et c'est là le hic. Ces mêmes citoyens, si nombreux soient-ils, s'ils disposaient simplement des rudiments de l'apprentissage ne seraient-ils pas capables de lire et d'écrire dans leur langue maternelle, celles que leur transmet leurs mères, celles que nous utilisons dans notre quotidien, dans nos familles, au travail, dans nos activités sociales ? Si nous ne sommes pas arrivés à venir à bout de ce problème grave depuis plus de 70 ans, c'est que quelque part l'approche n'est pas bonne et reste inefficace. Est-il intelligent de persévérer dans la même voix ? Force est de penser alors qu'il n'y aura point de solution tant que la question de la langue d'enseignement de base ne sera pas définitivement tranchée, en faveur de la langue maternelle commune. Si vous questionner le mécanicien marocain sur son métier et ses techniques, dans sa langue maternelle, est-il capable de répondre ou non dans sa langue maternelle ? Il en est bien capable et vous répondra au même niveau de connaissances que l’américain, le hongrois ou le russe qui eux ne sont pas considérés comme analphabètes quoique ne parlant qu'une seule langue...Celle de la maison. Le marocain lui sera considéré illettré parce qu’à l’occasion des recensements, à la question quelle langue vous parlez et écrivez, il répondra aucune parce qu’effectivement soit il n’a jamais appris les langues officielles, soit qu’il a eu le temps de les oublier depuis qu’il a quitté l’école parce que justement ne les utilise pas dans son quotidien, comme nous tous. Il est temps de repenser la chose et de respecter tout simplement les recommandations des spécialistes et des instances internationales spécialisées qui insistent sans exception sur l'utilisation de la langue maternelle notamment dans les premières années de l'apprentissage; apprentissage de base sur lequel tout se construit par la suite. On aura moins de "hadr madrassi", on dilapidera mois d'argent et on fera disparaitre pour de bon l'illettrisme et l'analphabétisme. Les marocains ont le droit aussi de n'utiliser que leur langue maternelle. C'est ce qu'ils font tous au quotidien mais pas officiellement. La langue des marocains qui les unie du nord vers le sud et de l'est vers l'ouest est celle communément appelé Darija. La langue du Malhoune, La langue de plein de Dahir des sultans marocains, la langue de tous les métiers traditionnelles, la langue qui a permis de consolider toute une civilisation, la langue qui s'est construite sur des siècles et des siècles, qui évolue chaque jours parce que vivante et qu'aucune autre langue n'est arrivé à surpasser dans cette région du monde. En fait c'est quasiment la langue de plus de 100 millions d'habitants, de l'atlantique jusqu'à la frontière ouest de l'Egypte?
ktbdarija.com

Said Chraibi, ou la musique dans sa splendeur 3618

Voici un texte que j’ai écrit exactement, le 4 mars 2016. Je le reprends ici tant sa relecture m’a bouleversé, nostalgique que je suis. Ce fut à l’occasion malheureuse de la disparition de l’un des plus grands de la musique marocaine et mondiale : Le virtuose Said Chraibi. Je le republie ici dans Bluwr en guise d’invitation à réécouter ou à découvrir cette musique sublime pour celles et ceux qui ne connaissent pas Said Chrabi et son art divin. Cela peut faire beaucoup de bien par un temps où les gouts musicaux sont pollués et les oreilles saturées de bruits de tous genres. C’est aussi une façon de lui rendre image, huit ans après sa disparition. J'écris ces mots en écoutant "Holm bi Fas" et vous invite à le faire en lisant ce petit texte Voici le texte tel que je l’avais écrit. ======================== Pris par l'émotion, je n'ai pas pu écrire un texte de moi-même. Said Chraibi ne se raconte pas. Il s'écoute. Il se déguste. Ses notes sont sublimes au point que l'idée qui m'a frôlé et qu'elles seront surement jouées au paradis. Je parle bien de ses notes car personne, autre que lui, n'arrive à sortir d'un Oud (Luth) ce que lui, lui faisait dire. Son Oud parlait et parlera toujours. Depuis ce matin, je l'écoute carrément en boucle. Écoutez le dans « Clandestino » par exemple ou dans « Choujoun » ou encore dans « Clé de Grenade ». Une façon de prier pour la paix de son âme. Depuis ce matin l'annonce de sa mort s'est répandue aux quatre coins du monde à la vitesse de l'éclair. Mon fils qui devait avoir quelques choses comme 5 heures du matin à Montréal m'envoies un e-mail pour m'annoncer la disparition de Si CHRAIBI. Il est choqué. Said est le papa de l'un de ses amis, Hamza un polytechnicien et guitariste d'une rare finesse aussi. Il me trouve aussi bouleversé que lui. La mort vient de nous prendre un virtuose, un irremplaçable. Un Maitre. Je suis à la fois sous le choc et fier des goûts musicaux de mes enfants. Un sentiment rare m’inonde, m'envahit. Alors j'écoute en boucle Said CHRAIBI. Merci YouTube. Pour le reste voilà ce qui est dit de lui dans Wikipédia : ================= Autodidacte, Il apprend le luth à l’âge de 13 ans. Il se voue exclusivement à la musique à partir de 1979. C'est en 1986 qu'il commence à susciter l’acclamation et l’intérêt international quand il obtient haut la main, le célèbre prix du Plectre d'or, lors, de la plus prestigieuse compétition musicale du Oud dans le monde arabe, organisée à Bagdad en Irak, et ce face à de sérieux prétendants, tel Naseer Shamma. Après avoir fait de grandes tournées au Maroc et dans plusieurs pays arabes, sa musique dépasse les frontières géographiques et spirituelles et ses apparitions dans des festivals ou spectacles est un véritable événement, comme fut le cas lors du festival international des musiques sacrées à Fès, en compagnie de l'orchestre Philharmonique de Madrid. Eu égard aux témoignages exprimés par de grandes figures de la musique arabe tels Mohamed Abdelwahab, Riad Sounbati, Mohamed el Mougy, il est classé parmi les meilleurs luthistes dans le monde arabe avec Mounir Bachir, Nasser Shamma et Rabih Abou-Khalil. Riche d'un répertoire de plus de 500 œuvres réparties entre différents styles, jazz, symphonique, oriental, maroco-andalou, gnawi, ahwachs, oud solo et taqassims, musiques de Films… Said Chraibi a aussi composé pour plusieurs voix marocaines dont Samira Ben Said, Abdelhadi Belkhayat et Naïma Samih, Karima Skalli, Fadwa El Malki… Il est désormais à l’avant-garde de la musique arabo-andalouse au Maroc. Sa virtuosité au Luth reste à ce jour, légendaire, et a joué un rôle important dans l'évolution de la lutherie marocaine et arabe, puis qu'il est l'inventeur du Oud Bass, du Oud Soprano et sopranino. Prix et distinctions • 1986 : prix du plectre d'or et prix du luth à Bagdad • 1992 : prix au festival de la musique gharnatie à Oujda • 1994 : prix du mérite de l'Opéra du Caire • 1998 : prix de la chanson Arabe • 2000 : titre du meilleur luthiste en Suède et de la meilleure musique de film pour Al Yacout • 2002 : le Zeryab des virtuoses parrainés par l'Unesco • 2005 : prix de la meilleure composition de la chanson marocaine et le meilleure Samaii en Syrie • 2006 : le premier prix Al Farabi lors de la journée internationale de la Musique Discographie • Le plectre d'or • Oud du Maroc • La clé de Grenade 1 • La clé de Grenade 2 • Holm fi Fès • Souleimane • Ifrane • Al Foroussia • Mawlid • Des Assyriens aux Ahwachs
youtu.be/E-8JUsYthPk?si=E21V6PWg...

Le civisme, le respect de la loi et des règles doivent être au cœur de l'éducation et du système de l'enseignement. 3309

Hier j'ai conduit de Rabat vers Marrakech et eu encore une fois l'occasion de constater le nombre de "criminels" qui parcourent en toute impunité nos routes et autoroutes. Entre les grosses cylindrées et les compacts cars qui roulent à des vitesses dignes de celles des poursuites américaines, qui n’existent en vrai que dans les films, œuvre de cascadeurs bien rodés, les camionneurs qui doublent n'importe comment et s'imposent par leurs volumes et leurs dimensions, les voitures avec des lumières mal réglées, ceux qui rentrent chez eux indemnes sont véritablement des miraculés. C'est dans un contexte alarmant que mon texte trouve toute sa place et sa justification. "Dénoncer les dangers permanents de la circulation au Maroc a été fait maintes fois...Et, tout récemment encore, au cours des débats du Conseil du Gouvernement, des voix nombreuses se sont élevées pour réclamer impérieusement- et d'urgence- des mesures nouvelles de nature à limiter le nombre des accidents. Il semble, en effet, que les sanctions prévues pèchent actuellement par un manque de célérité et aussi relative modération. Aucune loi, bien sûr, ne saurait remplacer la prudence et la maîtrise des conducteurs. Mais vient une heure où le nombre d'accidents est tel, où les blessés et les morts jalonnent tragiquement les routes, que "la crainte du gendarme" doit être accrue pour amener un commencement de sagesse." Ce vous venez de lire n'est pas de moi. Il est de de Monsieur Louis Gravier correspondant particulier de la Vigie du Maroc à Rabat. C'est le début d'un article, tenez-vous bien, publié à la une du journal le 6 janvier 1952. Il y a donc exactement 71 ans et quelques jours. Comme si le temps s'était figé. Vous changez la date, le nom du journal et peut être celui de l'auteur et vous êtes on ne peut plus dans l'actualité. Force est de constater que rien ne semble avoir évolué, malgré l'amélioration colossale des infrastructures et celle de la qualité des véhicules ; malgré moult réformes du code de la route et des lois. Si l'article responsabilisait déjà le comportement des conducteurs, aujourd'hui c'est de l'ensemble des citoyens qu’il faut peut-être parler. Tous les conducteurs et j’en fait partie, sont quelques peu chauffards, les conducteurs mais aussi les motocyclistes, les cyclistes et les piétons ont des comportements irresponsables. Conduire à Marrakech où je me trouve en ce moment est un véritable calvaire pour les non habitués. 71 ans après cet article, le code de la route n'est applicable que quand il y a un agent de l'autorité dans les parages et à l’annonce des radars. Mettez les signalisations et les équipements que vous voulez, rien n'y fait. Seule l'uniforme dissuade quelque peu les conducteurs, les piétons ne se sentent point concernés par un quelconque respect du code de la route ou encore des feux de signalisations. Vert comme rouge, ils passent ou force le passage. Quant à la majorité des cyclistes et motocyclistes, ils ne se sentent même pas concernés et narguent sans vergogne les agents de l'autorité. Bien évidement qu'il faut durcir les sanctions, être plus vigilant et dissuasif, mais cela suffirait il? On ne peut ni assigner un gendarme à chaque conducteur, ni encore moins scruter en permanence le comportement de chacun des piétons? D’ailleurs les caméras installées n’ont pas amené la dissuasion escomptée Il faut que le conducteur, le piéton se sentent surveillés certes, mais c'est dans la tête de chacun qu'il faut construire un mécanisme pour rappeler les règles, avertir de la faute, réprimander en cas d'incartade. Le citoyen doit intégrer que la loi et les règles, notamment celles de la circulation, sont là pour le défendre et le protéger lui d'abord, avant les autres. Il doit les respecter au lieu de les craindre. J'avais huit mois d'âge quand Louis Gravier écrivait les lignes plus haut évoquées. Depuis les problèmes de la circulation se sont aggravés de manière exponentielle. En nombre d'accidents et de morts sur les chaussées, nous battons de tristes records. C'est dire surtout que les campagnes successives n'y ont rien fait et que les problématiques n'ont certainement pas encore été ni parfaitement étudiés, ni judicieusement maîtrisées. Évidemment qu'il faut que la persuasion et la vigilance augmente. Bien sûr qu'il faut des règles plus sévères et une application stricte des lois, mais c'est au niveau psychologique et comportemental qu'il faut peut-être aller chercher des solutions efficaces et pérennes. Le respect de la loi, le vivre ensemble, le comportement dans les lieux publics, le civisme tout court, doivent être au cœur de l'éducation et du système de l'enseignement. Le respect du code de la route, le comportement au volant, l'attitude sur un deux roues, ou simplement les agissements en marchant, ne sont en fait que des déclinaisons du comportement global du citoyen. Nous devrions probablement aller plus loin dans l'approche et étudier notre capacité d'orientation dans l'espace, notre perception de l'autre, notre rapport au danger, nos habilités motrices à maîtriser un engin, notre appréciation de la vitesse et bien d'autres aspects de notre comportement. Ce ne sont pas des campagnes sporadiques combien mal inspirées des fois, et encore moins la fameuse signature institutionnelle des bandes d'annonces qui vont y changer quelque chose. Si rien n'évolue au plan stratégique et du concept, dans 70 ans, on aura perdu encore des dizaines de milliers de vie et certainement mutilé des centaines de milliers de nos frères et sœurs. Et le texte de Louis Gravier serait hélas encore d'actualité. Je me rappelle avoir commis une chronique similaire le vendredi 22 avril 2016, du temps où j'avais tous les vendredis un temps de parole à Radiomars... Que le temps passe vite.

Mais que Fait encore Gamal Abdel Nacer à Conakry... 3377

Quelle ne fut ma surprise quand on m’a annoncé que pour mon séjour de seulement 3 nuitées à Conakry, j’allais habiter l’Hôtel de L’Université qui s’appelle en fait Université Gamal Abdel Nacer. Il faut revenir à l’histoire à la fois récente et lointaine de la Guinée Conakry pour comprendre ce que fait ou plutôt faisait Gamal Abdel Nacer dans ces contrées. L’Université a maintenant quelques 60 années d’existence. Elle ne compte pas moins de 35.000 étudiants et quelques 620 enseignants. Les étudiants y représentent près d’une vingtaine de pays. C’est une université qui se veut innovante et compétitive au service du développement socio–économique et de l’équilibre environnemental en Guinée, dans la région et dans le monde. Construite avec le soutien de l'Union Soviétique en 1962, elle a été connue jusqu'en 1984 sous le nom d'Institut Polytechnique de Conakry. L’université est ensuite nommée en l'honneur du président égyptien Gamal Abdel Nasser. Elle a servi pendant longtemps à fournir au pays ses élites. Ici Gamal est honoré, ailleurs il a été nommé Tigre en papier ou encore tigre de Falouga, tellement il a bombé le torse et enchainé les défaites et les catastrophes que son pays n’a de cesse de payer à aujourd’hui. Un excès de vision « philosophique » sans doute mal inspirée, des slogans vides de sens, basés sur une idéologie sans ancrage, ni social et encore moins culturelle ou historique, sinon le rêve. L’Officier qui se disait libre avait, a avec une bande de copains, renversé la Monarchie toute jeune en tant que Royaume. Auparavant l’Egypte avait des Sultans. Fouad II renversé par Gamal et ses amis des casernes, accède au trône en juillet 1952, âgé de seulement 7 mois et 10 jours, après l'abdication de son père Farouk. Farouk a pensé qu’en abdiquant, laissant le trône à son bébé avec un régent qui semblait être accepté, il allait calmer l’ardeur des officiers et sauver ainsi sa jeune monarchie. Cela ne marcha pas. Farouk finit par quitter le pays dans les honneurs évitant ainsi un bain de sang et l'affrontement entre les militaires et les forces pro monarchistes. Les officiers libres nommeront alors en juin 1953 Mohammed Naguib président de la République Arabe d’Egypte. Une République Arabe en Afrique, héritière de la plus grande civilisation que le continent africain et le monde avait enfantée. Gamal est nommé premier ministre en Avril 1954 mais pas pour longtemps…Quelques mois après, soit le 14 novembre 1954, le pauvre Naguib est gentiment remercié et Gamal lui succède tout naturellement. Naguib né au Soudan ira alors écrire des livres…A l’époque faut-il le rappeler, le Soudan faisait partie de l’Egypte mais en souveraineté partagée avec le Royaume Uni. Le Soudan sera déclaré État indépendant en janvier 1956. Les officiers libres d’Egypte en fait, portaient un projet d’indépendance nationale, estimant que l’Egypte n’était pas libre en fait et que les Anglais avaient toujours un ascendant sur la monarchie. Il y avait aussi là, et surtout un air de revanche des gens des terroirs, qu’étaient les jeunes officiers de l’armée, sur une bourgeoisie voire une noblesse cairote, qui s’exprimait beaucoup en français d’ailleurs, d’origine turque ou très proches. Les officiers naïvement promettaient et sans doute rêvaient d’un développement économique rapide au profit de tous…Une vision un peu spéciale du communisme et d’un socialisme qui se chercha longtemps sans jamais aboutir, basée sur la doctrine du Baasiste Michel Aflak, un syrien qui allie habilement le socialisme et le panarabisme. Michel Aflak est adepte de la laïcité et de la liberté vis-à-vis des intérêts occidentaux. Le Baas opposait subtilement le socialisme au marxisme, une façon de contenter les populations profondément croyantes, majoritairement musulmanes et pas que et pour qui le marxisme était synonyme d’athéisme. On est ici au Moyen Orient berceau et cœur de toutes les religions monothéiques… Le Baas trouva en Gamal le tribun idéal. Ses discours enflammant, rencontreront un immense écho en Egypte et dans le monde arabe : l’armée apparaissait alors comme la sauveuse d’une nation élargie. La Nation Arabe… Les discours de Nacer mobilisaient, embrasaient, les foules chez lui et au-delà. Sa Radio du Caire alors captée en onde courte partout dans le monde dit arabe, allait jouer un rôle capital dans une propagande qui rendra leur fierté aux populations non encore sorties du joug de la colonisation dans la région. Mohamed Abdelwahab y rajoutera une belle couche avec la chanson Douae Echark (Appel d'Orient) sur les paroles du grand poète que fut Mahmoud Hassan Ismail. C'est sans doute l'une des plus belles musiques du virtuose égyptien. Oum Kaltoum y mettra du sien en 1964 avec Ala Bab Masr (Aux portes de l'Egypte) ; des paroles de Kamal Echanaoui et une composition encore une fois de Mohamed Abdelwahab. Elle chantera également entre autres Ya Gamal ya Mital Alwatania (Gamal Exemple du nationalisme ou du patriotisme...). Mais celui qui chanta le plus à l'occasion des fêtes du 23 juillet fut le jeune d'alors, Abdel Halim Hafez avec notamment sa célébrissime chanson Ihna Chaab (Nous le peuple) En fait nous sommes là face à un système extrêmement bien huilé au service d'une cause qui se voulait panarabiste au service d'un régime militaire qui se voulait exportable dans l'ensemble des pays avec pour dénominateur commun la langue arabe. La révolution se voulait égyptienne mais devait s'étendre au monde arabe tout entier. Elle va réussir à renverser les régimes un peu partout, en Iraq en Lybie, en Syrie...Elle va s'installer en Algérie et échouer à faire plier Hassan II par exemple...On lui imposa la guerre des sables mais sa solidité et son sens politique va les étonner... Si vous avez quelques minutes écoutez Doouae Achark, le lien est ici en bas.
youtu.be/DmqqUE9HVNI?si=hCdWS91s...

Mustapha Guiliz: La porte entrouverte... 3418

« A travers l’écriture de ce livre j’aspire à une justice qui soit plus humaine et qui tend à assurer l’égalité entre les citoyens mais aussi le droit de s’épanouir » Cette phrase pleine de sens et de questionnement est de Si Mustapha Guiliz. Elle est tirée de l’article que le journal "L’économiste" a consacré le 3 janvier 2024 à la présentation du livre « les hommes de la nuit » paru aux éditions Orion dont le président fondateur n’est autre que Si Abdelhak Najib. L’article est suivi d’une interview édifiante de Si Mustapha Guiliz, signataire du livre. C'est un auteur que les lecteurs et membres de Bluwr ont eu le privilège de rencontrer et surtout d’apprécier à travers son article « L’éducation par les valeurs » paru donc dans Bluwr voilà moins d’un mois. Si Mustapha GUILIZ est un enseignant et un écrivain à qui on doit déjà "Le Monde d’Brahim" et "Au pays des sources". Contrairement au titre du livre, qui pourrait laisser penser que l’auteur serait un personnage terne, limite aigri, si Mustapha est un être agréable, au sourire juvénile plaisant, épanoui, indulgent et tendre. A son contact vous mesurez le recul qu’il prend par rapport aux sujets dont il traite. Ce détachement oh combien intelligent mais pas du tout indifférent, lui permet d’aller dans la profondeur des choses avec l’objectivité qui se doit et s'impose. Pour avoir un beau matin de novembre dernier eu une discussion de près d’une heure avec Si Mustapha, j’ai pu justement mesurer ce détachement et cette profondeur d’analyse philosophique. "Les Hommes de mon livre sont des Hommes avec un grand H qui se sont accommodés de la vie dans l’obscurité" dit il. En fait pour Si Mustapha tous les hommes méritent un nom avec un grand H et pas que les personnages de sa fiction inspirée. Dans un monde d’injustice, il rêve de justice. Dans un monde de souffrance de la femme, il rêve de conditions idéales pour elles toutes. Dans un monde d’abus de pouvoir, il rêve de modération et de pondération de pouvoir. Dans un univers de désespoir, il rêve d’épanouissement. Serait-il un idéaliste venu d’une autre planète, celle où il vogue pour faire vivre et côtoyer ses personnages ? Lui seul sait. En tous cas cette phrase « A travers l’écriture de ce livre j’aspire à une justice qui soit plus humaine et qui tend à assurer l’égalité entre les citoyens mais aussi le droit de s’épanouir » colle parfaitement au personnage qu’il est. Nous avons besoin de tant de gens comme lui pour nous révéler notre réalité mais aussi pour entrouvrir la porte de l’espoir et pour nous pousser à la défoncer. J’écris ses lignes pour signifier toutes mes félicitations à Si Mustapha qui par son livre commence à la perfection cette nouvelle année au service de la communauté et pour lui exprimer toute ma fierté à le connaitre et à publier des articles à ses côtés dans Bluwr ; avec l’espoir de le lire bientôt à nouveau sur la plateforme.

Dopage, un problème de santé publique... 4215

Je viens de passer une journée mémorable à Khouribga, le 30 décembre de l’année écoulée à l’invitation de l’Agence Marocaine Antidopage que préside la vaillante Fatima Abouali. C’était à l’occasion de l’une des étapes de la Caravane Nationale « Sport sans dopage », visant la sensibilisation des jeunes quant aux dangers des substances dopantes sur la santé; caravane placée sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi , que Dieu l'assiste. A chacune de ces invitations, car ce n'est pas la première puisque j'avais participé à l'étape de Laayoune et d'Errachidia, l'occasion m'est donnée pour m'adresser aux autorités et personnalités présentes mais surtout aux dirigeants sportifs et aux jeunes. AMAD est l’autorité marocaine compétente en matière de lutte contre le dopage. Elle est assez récente puisque n’a été créée que suite aux directives royales contenues dans la lettre historique aux assises du sport en 2008. Elle compte aujourd'hui 3 ans d'âge. Cela ne veut point dire que les sportifs marocains n’étaient pas contrôlés avant la création de l’AMAD. C’était alors les fédérations internationales, puis une agence régionale qui contrôlait les sportifs dans toute la région d’Afrique du Nord. Sa Majesté disait en substance en 2008, dans cette lettre : « …Cela vaut également pour le dopage, qui constitue un phénomène étranger à nos traditions et à notre culture et qui est répréhensible par la loi et l'éthique sportive. C'est pourquoi Nous engageons les autorités compétentes à sévir vigoureusement contre cette pratique et à faire preuve d'intransigeance dans la répression de l'utilisation et de la commercialisation des substances dopantes, et ce, conformément à la législation nationale et à nos engagements internationaux en la matière. » C’est à cela que travaille sans répit l’AMAD. Outre de veiller sur les sportifs de haut niveau soumis de par la règlementation internationale à des protocoles strictes de contrôles réguliers, en compétition et surtout et beaucoup en dehors des compétitions, L’agence s’attaque aussi à un phénomène dont nous tardons probablement à prendre conscience, celui du recours par les amateurs adeptes de la culture du corps à des produits apparemment innocents et inoffensifs mais qui peuvent constituer un danger véritable pour la santé notamment des jeunes, souvent inconscients, insoucieux ou mal informés et formés. Le recours à des produits tels que certains compléments alimentaires, d’origine des fois douteuses, constitue un danger de santé publique et c’est pour en informer les populations que l’AMAD a initié la caravane qui sillonne le territoire national pour justement mettre beaucoup d’informations à la portée des jeunes. Prendre des produits d’une certaine nature peut s’avérer extrêmement dangereux avec des répercussions des fois irréversibles pouvant aller à des myopathies graves, des troubles de pression artérielle, des troubles graves de la sexualité et tant d’autres problèmes de santé. C’est dire qu’il ne s’agit pas d’effets secondaires auxquels on pourrait s’accommoder. Le professeur Moulay Ahmed Belimam, secrétaire général de l’AMAD, n’arrête pas de le répéter et d’alerter sur ces dangers d’un autre genre, des dangers des temps modernes. Certains compléments alimentaires comptent dans leurs compositions des stéroïdes anabolisants et autres molécules non autorisées et non admises dans la pratique sportive pour leur nocivité et parce que détournée de leur usage thérapeutique normal. Il s’agit en fait de contourner l’inefficacité des produits de fabrication de base de ses compléments alimentaires en y ajoutant des molécules et composants dont les effets sont connus, par exemple sur le volume musculaire notamment par leurs effets la rétention d’eau. Le volume musculaire, outre la question de l’apparence laisse donner une impression de force, hélas oh combien illusoire. les personnes prenant ces produits, apparemment forts, ne sont même pas aussi forts que la moyenne des personnes non entrainées. Les recherches ont aussi montré le caractère addictif de ces produits ; le consommateur se retrouve ainsi pris dans un engrenage qu’il ne va plus maitriser. Qu'une discipline sportive isolée soit contaminée par le phénomène de dopage, on peut toujours objecter qu'il s'agit d'un fléau que l’on peut possiblement circonscrire. On peut alors prendre des mesures appropriées et corriger l'anomalie. La gravité découle ici du fait que de nombreuses disciplines sportives et pratiques physiques pour ne pas dire toutes sont contaminées. Des jeunes dont l’objet de la pratique n’est pas la compétition ou encore des jeunes qui pratiquent sans la moindre volonté de faire partie du mouvement sportif national sont aujourd’hui victimes insoucieuses de pratiques nocives pour leur santé et illicites vis à vis de la loi. Cela devient préoccupant. Il y a là un problème de santé publique et de mise en œuvre de la loi. S’imposent ainsi des mesures de contrôle des produits suspects, de leur traçabilité et de la nature de leurs composants tout aussi bien que s’impose de débusquer les circuits d’approvisionnement et de la commercialisation frauduleuses. Et il y a urgence. Reste aussi à persévérer dans la voie de la lutte contre les pratiques de dopage car c'est aussi de la triche ; c’est interdit et encadré par les règlements sportifs mais également par la loi. Les consommateurs/utilisateurs de produits et pratiques interdites doivent en être dissuadés. Ceux qui en font la promotion, ceux qui en font commerce, sportifs, dirigeants doivent savoir que c'est à la fois dangereux et illicite. Tous doivent comprendre que c’est une triche inadmissible et qu’il y a au Maroc une loi qui prévoit des punitions sévères pour cette triche-là spécifiquement. Celui ou celle qui se dope, finit toujours par se faire attraper car toute substance introduite dans le corps est détectable. Tous ce que vous mettez dans votre corps à peine consommé laisse des traces ; des traces détectables en laboratoire. La loi aujourd’hui ne punit plus que le sportif en cas de dopage mais également toute personne en relation avec le cas confondu. En 2022, l’AMAD a effectué un total de 919 tests, dont 704 effectués par l’AMAD en qualité d’autorité de contrôle et 215 prélèvements, comme autorité de prélèvement réalisés pour le compte et à la demande d’autres organismes.
blogger.com/blog/posts/924802102...

Mes vœux pour la nouvelle année 2836

As a wishes for the New Year 2024, I would like to thank the initiators of Bluwr for this wonderful initiative. I thank those who had the idea, those who developed it, they are the same I think, and obviously those who brought a little touch of intelligence, beauty, singularity. I would also like to say my thanks to the first authors who were kind enough to venture into it with valuable articles, without asking any questions, from the first hours after the launch on November 13, 2023... To those who have not written articles but who have wandered through the Bluwr sections, I also say thank you. To all, very happy new year 2024. ========================================================= En guise de vœux pour la nouvelle année 2024, je voudrais et je tiens à remercier les initiateurs de Bluwr pour cette merveilleuse initiative. Je remercie ceux qui ont eu l'idée, ceux qui l'ont développée, c'est les mêmes je pense, et bien évidemment celles et ceux qui y ont apporté une petite touche d'intelligence, de beauté, de singularité. Je voudrais aussi dire mes remerciements aux premiers auteurs qui ont eu l'amabilité de s'y aventurer avec des articles de valeurs, sans se poser de questions, dès les premières heures après le lancement le 13 novembre 2023... A celles et ceux qui n'ont pas écrit d'articles mais qui se sont promenés à travers les rubriques de Bluwr , je dis aussi merci. A toutes et tous très heureuses année 2024. ========================================================= كمتمنيات للعام الجديد 2024 أود أن أشكر القائمين على Bluwr هذه المبادرة الرائعة. أشكر أولئك الذين كانت لهم الفكرة، والذين طوروها، والذين ساهموا فيها بلمسة من الذكاء والجمال والتفرد أود أيضًا أن أتقدم بالشكر للمؤلفين الأوائل الذين غامروا بمقالات قيمة، دون طرح أي أسئلة و دلك منذ الساعات الأولى بعد الإطلاق في 13 نوفمبر 2023 ولأولئك الذين لم يكتبوا مقالات ولكنهم تجولوا في أقسام Bluwr و قرؤا مقالاتها و استحسنوها أقول أيضًا شكرًا لكم ارجوا العلي القدير أن تكون السنة الجديدة سنة يمن و تيسير و سعادة للجميع

Enseignement au Maroc : un passé glorieux, un présent pitoyable 3926

Nous sommes en pleine refonte du système scolaire à ce qu’il parait. Je n’ai pas souvenir qu’une refonte se soit faite et bien menée dans un climat délétère de tension, de grève, d’offense à l’autorité de l’Etat, puisque finalement c’est de cela qu’il s’agit en ce moment. Les grèves à n’en plus finir, maintenues et perpétuées par des entités sans existence juridique ni légalité institutionnelle voilà qui pousse à une réflexion profonde nécessaire et urgente quant à l’avenir du climat social prédominant ou qui va prédominer à l’avenir. Une mutation importante s’opère devant nous en ce qui concerne la représentativité des travailleurs et salariés de tout bord. Mais là n’est pas le sujet. Les grèves à répétition depuis trois mois et les propos parfois cohérents, parfois non de « professeurs grévistes » écoutés çà et là dans différents médias, les annonces à répétition du gouvernement, à chaque fois non suivi d’effet, laissent comprendre la profondeur du malaise et du mal être des uns et des autres, mais pas des raisons derrière cette situation. Oui les enseignants ne sont pas contents, oui le gouvernement répète à qui veut l’entendre qu’il comprend la colère des grévistes, qu’il est prêt à apporter des solutions et il en apporte et pourtant le malaise est persistant. La question donc est de comprendre pourquoi le dialogue n’aboutie pas, pourquoi les revendications ne sont pas entendues et les solutions ou concessions du gouvernement ne sont pas acceptées. S’agit-il de crise de posture ou de crise institutionnelle ? Bien malin celui qui peut aujourd’hui trancher. En tous cas et en attendant de voir enfin les enfants sur les bacs et les enseignants craie à la main, je me suis permis de sortir et me rappeler des livres scolaires d’il y a longtemps. Ceux d’arabe du valeureux feu Ahmed Boukmakh, manuels nous ayant initié à la langue arabe, ses finesses et sa richesse. Qui se rappelle du livre d'histoire des cours moyens et de certificat d'études, les deux dernières années du cycle primaire qui permettait aux détenteurs du graal d’accéder à la fonction publique au grade de rédacteur, de policier, d’infirmier, de postier et de tant d’autres fonctions et métiers. Et oui avec 5 années de scolarité seulement, le citoyen était capable d’écrire et de s’exprimer correctement en arabe et en français…Aujourd’hui ce n’est plus le cas hélas…Les différentes « réformes » successives mal inspirées et l’instabilité des programmes ont enlisé dans la médiocrité un enseignement naguère excellent. Lisez un peu d'une page prise au hasard dans un de ces manuels pour voir ce qu'était le niveau de savoir alors atteint par l’élève et à quel niveau d'expression linguistique il était promu. Ces manuels ont pour certains aujourd’hui près de 70 ans. Montrez ce genre de livres à ceux en charge de la réforme et aux enseignants grévistes, afin qu'ils se rendent compte du gap qui nous sépare de la belle époque de notre enseignement. Entre nous et cette époque-là, une grande distance et un grand écart de niveau. Comment en sommes-nous arrivés à dilapider de tels acquis. Si vous avez des enfants de ce niveau scolaire, comparez les anciens manuels avec ceux dont ils se servent aujourd'hui. Si la réforme en gestation aujourd'hui n'est pas en mesure de nous assurer ce niveau et plus, alors on aura raté un autre tournant de l'histoire et une autre occasion de nous mettre sur les rails, basculant notre pays et son avenir dans l'inconnu, menaçant son progrès et son histoire. Alors le Doyen Charles André Julien et sa fameuse lettre adressée le 1er novembre 1960, à M. Bennani directeur du protocole royal de l'époque, afin d’informer feu Sa Majesté Mohamed V sur les dérives et danger qui guettaient l’enseignement dans notre pays, suite aux premières décisions prises pour soi-disant le réformer… La lettre est ici publiée séparément dans Bluwr pour ceux qui voudraient comprendre combien elle était prémonitoire.

lettre de Charles André Julien à Mr. Bennani, Directeur du Protocole de Mohammed V 3247

Charles André Paris 1 Novembre 1960 Cher ami, Depuis hier 31 Octobre, j’ai cessé d’être officiellement doyen de la Faculté des Lettres de Rabat. Je puis désormais m’exprimer en toute liberté. J’ai été appelé par Sa Majesté à contribuer à resserrer les liens culturels entre l’Occident et l’Orient. Je l’ai fait de mon mieux. J’ai créé de toutes pièces une Faculté qui a acquis un solide renom,et qui eut pu devenir le centre culturel le plus important de l’Afrique musulmane et un centre d’attraction pour les Africains francophones. J’ai toujours été partisan de l’arabisation,mais de l’arabisation par le haut. Je crains que celle que l’on pratique dans la conjoncture présente ne fasse du Maroc en peu d’années un pays intellectuellement sous développé. Si les responsables ne s’en rendaient pas compte, on n’assisterait pas à ce fait paradoxal que pas un fonctionnaire, sans parler des hauts dignitaires et même des Oulémas, n’envoie ses enfants dans des écoles marocaines. On prône la culture arabe, mais on se bat aux portes de la Mission pour obtenir des places dans des établissements français. Le résultat apparaîtra d’ici peu d’années,il y aura au Maroc deux classes sociales : celle des privilégiés qui auront bénéficié d’une culture occidentale donnée avec éclat et grâce ä laquelle ils occuperont les postes de commande et celle de la masse cantonnée dans les études d’arabe médiocrement organisées dans les conditions actuelles et qui les cantonneront dans les cadres subalternes. Avec de la patience et de la méthode on eut pu aboutir à un tout autre résultat, qui permettrait de donner à tous les enfants des chances égales d’avenir. Le Ministère de l’Education Nationale ne parait pas répondre aux services qu’on attend de lui. On ne saurait dire que l’ordre et la compétence y triomphent, cependant que les éléments marocains les plus valables et soucieux de l’avenir de leur pays sont attaqués dans l’Istiqlal. Les dossiers importants sont parfois partagés entre trois services sans que le cabinet laisse jouer au Secrétariat général son rôle normal de coordination. Le Ministre ne semble pas désirer les contacts. A part la visite de courtoisie que j’ai pu faire après ma nomination,je n’ai jamais eu l’occasion de m’entretenir avec lui. Le Directeur de l’Enseignement supérieur, dont dépend la Faculté, ne répond généralement pas aux lettres. Les mesures les plus importantes sont improvisées, et il m’est arrivé de les apprendre par leur publication au journal officiel sans que j’aie té consulté.C’est ainsi qu’à la mi-octobre 1960,on a décidé en quelques heures de créer une propédeutique et des certificats de licence marocaine de langue française, sans que les programmes aient été au préalable étudiés et que les incidences de ces initiatives aient été mesurées.J’ai appris ces décisions en prenant connaissance de textes polycopiés déposés sur le bureau de ma secrétaire.Il est impossible de faire un travail efficace avec une technique si contraire ä la bonne administration.S’il est un domaine en effet où l’improvisation a des conséquences redoutables pour l’avenir, c’est Enseignement.On ne semble pas s’en douter. Sa Majesté m’a appelé à Rabat pour promouvoir la culture marocaine, et non pour être complice de sa ruine.Je me suis donc retiré,laissant à d’autres les responsabilités d’une politique universitaire qui me parait imprudente et vouée à l’échec.Je répète que le Maroc est totalement libre de choisir la politique culturelle qui lui semble la meilleure,mais c’est à des Marocains qu’il doit en confier l’application.C’est pour cela que j’ai sollicité du Ministre mon remplacement par un doyen marocain.Un autre point me parait grave quoique d’un autre ordre,c’est celui de la situation faite aux fonctionnaires français qui sont en place, telle que j’ai pu l’apprécier par ma propre expérience.Que le Maroc les remplace par des nationaux, cela est tout à fait normal, mais qu’il ne leur témoigne pas des égards auxquels ils ont droit, cela me parait difficile à admettre. Depuis trois ans, j’ai consacré la majeure partie de mon temps au Maroc sans autre rémunération que le remboursement partiel de mes frais. Je l’ai fait volontiers, mais que l’on m’ait placé à plusieurs reprises devant le fait accompli alors que j’avais la responsabilité de la marche de la Faculté, cela ne saurait être admis par un homme conscient de sa dignité. Faire toutes les besognes officielles, et être tenu à l’écart des décisions fondamentales, c’est pour un doyen une position morale qu’il lui est impossible de supporter. Quand par exemple, le Recteur organise un banquet en l’honneur de son collègue de l’Université de Paris,le Professeur Debré,et qu’il y invite mon adjoint M. Ben Bachir sans m’y convier moi-même, bien qu’il sache ma présence à Rabat,il pratique une ségrégation regrettable qui m’oblige à me souvenir que le soir de la Celle Saint-Cloud,j’étais l’hôte de Sa Majesté au premier dîner en l’honneur du Maroc indépendant.Je puis mesurer par ce seul fait les changements qui se sont produits depuis cinq ans. A la cérémonie émouvante qui a marqué mon départ, et à laquelle assistaient de nombreux marocains et français,j’ai été salué par un professeur,fonctionnaire du rectorat, et par le vice-doyen de la faculté.Le ministre n’était pas présent, et pas d’avantage le directeur de l’enseignement supérieur.Ce sont les Marocains qui ont éprouvé le plus de gène.Si j’ai reçu une lettre très aimable du recteur,le ministre n’a pas cru devoir me témoigner la reconnaissance du Maroc, soit en m’écrivant, soit en me recevant.Par contre,l’ambassadeur de France et le conseiller de la Mission culturelle dont je ne dépendais en aucune mesure et qui ont toujours strictement respecté l’autonomie de la Faculté, m’ont réservé à plusieurs reprises le meilleur accueil. Je me serais abstenu de signaler l’attitude à mon égard du Ministre de l’Education Nationale si elle n’avait entraîné des conséquences sur lesquelles je vous serais obligé de bien vouloir attirer l’attention de Sa Majesté.Depuis le 10 mai dernier,date à laquelle j’ai donné ma démission,j’ai écrit à plusieurs reprises au Ministre pour l’informer de la situation.II n’a pas jugé utile de m’accorder un entretien. Avant de retourner au Maroc,je l’ai informé que je serais à Rabat, pour un dernier séjour,à partir du 13 Octobre et que je me tiendrais à sa disposition. J’avais l’intention de le prier de solliciter pour moi une audience de sa Majesté. Fonctionnaire chérifien,je devais en tant que français donner l’exemple du respect de la voie hiérarchique qui s’impose à tous. M’adresser directement au Palais, sans passer par l’intermédiaire de mon ministre eut manqué aux règles les plus impératives de l’Administration.Mon Ministre ne me convoquait pas, j’ai été mis dans l’impossibilité à mon grand regret de présenter à Sa Majesté mes remerciements pour la confiance qu’elle m’a toujours témoignée. Croyez mon ami à mes souvenirs les meilleurs. Charles André Julien,professeur à la Sorbonne

Performance sportive, l'Afrique n'a qu'un choix... 3247

L’expérience extraordinaire Nezha Bidouane, Hicham El Guerrouj, Khalid Skah, Brahim Boutayeb, Nawal El Moutawakel, Salah Hissou, Hasna Benhassi, Zahra Ouaziz, Said Aouita, Jawad Gharib, Ali Ezzine et tant d’autres a fait du Maroc une super puissance de l’athlétisme mondial. Le Maroc était à ce moment-là parmi les pays marquant de l’athlétisme mondial avec des résultats fulgurants et une continuité de près d’un quart de siècle. Le Maroc fut même cinquième au monde en 1999, lors des championnats du monde de Séville. Des performances de très haut niveau, des athlètes charismatiques, des entraineurs marocains formés convenablement au Maroc, une politique fédérale inspirée, un soutien inconditionnel de l’Etat, une sollicitude royale généreuse ont fait ce Maroc formidable de l’athlétisme. Au niveau mondial, pour la formation des sportifs de haut niveau, il y a deux expériences réussies et consacrées, deux façons de former et de produire de la performance et une troisième qui est en train de se faire une bonne place, qui devient même la plus productive, celle inventée et mise en place au Maroc. Cette méthode marocaine a fait des émules. Elle a été adoptée par l’IAAF de l’époque, par la Confédération Africaine et également par plus d’un pays. Grosso modo, vous avez le système américain avec de grandes universités très riches ayant tous les moyens de former des sportifs de très haut niveau. Les universités américaines développent la recherche scientifique en matière de performance sportive, investissent dans de grands laboratoires en physiologie de l’effort, en psychologie et autres sciences cognitives, en sociologie du sport et tout autre domaine de l’activité physique pour le bien être et pour la production de la performance sportive. Elles investissent dans la performance sportive pour améliorer et consolider leur image respective, dans une grande compétition inter-universités. Ainsi elles sont les plus productives mondialement, bénéficiant de la connaissance développée, d’un niveau d’encadrement inégalé et d’un cumul historique inspirant. Elles font figure de super puissance et font bénéficier les USA d’une puissance sportive tout azimut. Ainsi les USA ont toujours eu un tour d’avance sur le reste du monde. A côté du système américain il y a le système européen avec de grands clubs soutenus par des collectivités locales très riches et des sponsors très généreux. Ce système produit donc la seconde puissance sportive mondiale et cela se voit aux différents championnats du monde et aux jeux olympiques chaque quatre années. En Afrique nous n’avons ni l’un ni l’autre de ces systèmes, ni ne pourrions avoir un dans un avenir proche. Alors, au Maroc, nous avons inventé notre propre voie qui est celle de concevoir et de mettre en place une institution nationale qui regroupe des jeunes très talentueux sélectionnés à partir d’un bon système de prospection et de détection des talents. Les sélectionnés sont ensuite placés dans un environnement de haute compétence, de rendement optimisé, sous la houlette de cadres à 100% marocains. Avoir un encadrement exclusivement national est d’une grande importance au plan culturelle, sociologique et affectif. Il ne faut jamais oublier que la performance sportive est une expression culturelle. La motivation de tous étant la même : représenter dignement le pays. C’est ce qui nous a permis pendant plus de 20 ans de figurer parmi les dix plus grandes nations du monde, d’avoir des dizaines de titres et de records mondiaux. Je pense que c’est la voie pour les pays d’Afrique. Au Kenya aussi, la quasi-totalité des athlètes est issue d’un système similaire initié par certains équipementiers et par l’IAAF dans le passé. l4ethiope a adopté la même voie. C’est d’ailleurs la voie que développe actuellement la CAA en multipliant les African Athletics Developement Centers -AADC- . Il s'agit d'unités de formation des cadres et d’entrainement pour les jeunes athlètes. Hélas le système est menacé par manque de moyens, World Athletics ayant choisi de ne pas suivre la CAA dans cette voix. Un tel système ne peut marcher que sur la base d'un système de détection intelligemment pensé et efficacement menée. Pourquoi ne voyons-nous pas de nouvelles générations de grands athlètes marocains, serait la question que me poserait plus d’un ? La performance sportive, si elle dépend de la volonté des dirigeants et d’un environnement favorable, elle dépend surtout et avant tout des hommes qui travaillent dans le système, de leur engagement et de leur génie. Les structures et les financements ne sont pas suffisantes pour générer de la haute performance. Nous sommes ici dans un domaine culturel de créativité permanente, basée sur une vision qui combine la volonté aux aspects culturels mais sans négliger les prises en compte des avancés scientifiques au plus haut niveau. La clairvoyance des décideurs, le niveau confiance dans l’encadrement, la continuité du système sont autant de facteurs qui vont impacter le processus de production de la performance sportive. Dès lors que l’un des ces facteurs venait à être perturbé alors la machine coince. Force donc est de conclure que pour produire de la performance sportive, le continent n'a qu'un seul et unique choix: celui de centres de formation. C'est ce que fait le football avec brio dans certains pays d'Afrique dont le Maroc. Aziz Daouda

L'homme, le peuple et l'humanité... 3225

Les peuples ont toujours aspiré à la liberté et à la prospérité. Ils ont toujours voulu vivre de leur labeur. Leur plaisir est de voir leurs progénitures jouer, apprendre, prospérer. Les peuples ont toujours voulu la paix comme mode de vie. Le vivre en paix…tout un concept, une chimère. Hélas Il n'en n'a jamais complètement été ainsi sinon à des moments brefs, précieux et rares que l'histoire ne put retenir, sauf à oublier qu’ils restent exceptionnels, qu’ils étaient brefs, voire éphémères. Les peuples ont toujours cherché à ne pas être exploités par qui que ce soit, alors qu’ils ont toujours tendance à vouloir exploiter l’autre, parfois en le déshumanisant avec une férocité incommensurable, un sadisme nauséabond. En fait les peuples se sont des ensembles d’humains avec des traits en commun. Les peuples se constituent dans le temps et coalisent autour d’intérêts partagés en fait les intérêts de chacun. Pour se défendre et défendre ses intérêts, l’homme ne peut que vivre en communauté parmi un peuple. Seul il est faible et vulnérable, alors il se confond dans son peuple et s'y noie . L’homme aspire à la liberté pour lui et à la paix pour lui, il ne regarde pas celle des autres, l’humain se dit avoir des valeurs quand cela l'arrange mais l’humanité n’en a que faire, son prisme de vue est différent. Le cours de l’histoire le démontre ainsi hélas. Un jour l’humanité s'essaya et imagina une façon d'aspirer à cette liberté de vivre en harmonie pour tous: Elle tentera alors de faire participer tout le monde à la décision. L’homme eut l’impression qu’il est ainsi maitre de son destin…Il croira ainsi participer à la vie politique et peser sur l'avenir. Pas mieux qu'un mot à étymologie grecque pour faire sérieux et crédible : Démocratie. Cela sonne très bien. Oui La démocratie est là en principe pour nous libérer et faire entendre notre parole, concrétiser nos désirs et répondre à notre besoin de vivre en paix, de vivre ensemble, de respecter l’autre dans sa dimension humaine, de nous limiter à nos droits sans empiéter sur ceux de l’autre et des autres. La démocratie est en quelque sorte un garde-fou… pour chacun et tous, du moins c’est ainsi qu’elle fut peut-être imaginée et conçue. Elle nous permet, en théorie j’entends, de nous exprimer de nous défendre et de faire valoir nos droits, des plus élémentaires au plus sophistiqués. La démocratie nous est vendue comme le seul, l’unique modèle pour la prospérité des peuples et leur bien être moral et matériel. La démocratie nous fait miroiter au loin des droits universels, des droits de l’homme là où il est, tel qu’il est, partout où il est. Il est l’HOMME, pivot de l’histoire et de l’humanité, axe central de l’existence. Or voilà que la démocratie nous joue un sale tour celui de nous livrer les mains liées aux plus médiocres parmi nous, aux plus féroces, aux plus affamés, au plus assoiffés de sang ; à ceux qui jubilent quand se creusent des tombes, quand dégouline du sang, quand crie un enfant et pleure une femme, quand s'écrase une église, tombe une mosquée, brûle une synagogue. Revers de la médaille. Je suis né dans un moment de paix, l’un des rares, quelques années seulement après une guerre cruelle que l’occident appela mondiale, alors que c’était juste entre européens au début qu’ils se sont entretués. Ils y associeront de pauvres africains du nord comme du sud, pour des besoins de chair à canon, pour ensuite y entrainer asiatiques et américains. La cruauté absolue des années durant. Des millions d’innocents précipités sous terre. La pause sera de courte durée. Sans perdre de temps l’humanité va connaitre la guerre de Corée, celle du Vietnam, celle de l’Iraq, celle des Malouines, plein de guéguerres en Afrique et j’en oubli…Les instigateurs et auteurs étant toujours les mêmes, le même profil: des élus de la démocratie. A chaque fois c’est le bien contre le mal…A chaque fois la démocratie y est mêlée à tord ou à raison. Le monde démocratique contre l’autre…Un monde démocratique qui se définit lui-même dans un contentement absolu, total, intégral, avec le deux poids deux mesures comme seule alternative de « raisonnement » et de « jugement» aussi ; éliminant à volonté tous les autres de la case du bien. Sur La case du bien ils ont écrit: Réservée en permanence. A chaque fois, génocide, à chaque fois cruauté, à chaque fois souffrance, à chaque fois déshumanisation et ce devant l’impuissance de l’homme qui lui ne veut que vivre en paix parmi son peuple. Quant à l’humanité a-t-elle un jour existée. Existera-t-elle un jour… Vous l’avez compris je ne veux pas parler de Palestine, la blessure est encore vive et les criminels encore en vie. Aziz Daouda

Le style c'est l'homme. 4156

Voilà quelques années, je signais l'article ici-bas dans la revue marocaine VH. C'était à l'occasion d'une édition spéciale consacrée au Roi Mohammed VI, Roi du Maroc. L'accueil réservé cette semaine à "Qasr Al Watan" à Abou Dhabi, à Sa Majesté le Roi Mohammed VI par Son Altesse Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane, Président de l’État des Émirats Arabes Unis : l’entrée du palais par le portail "Zayed", l'escorte des cavaliers, la marche jusqu'au portail "Al Hisn", la revue des troupes folkloriques, l'équipe nationale de voltige "Al Fursan" dans le ciel, les 21 coups de canon en signe de bienvenue, l'arrivée au portail "Al Hisn" et l'accolade chaleureuse ont encore une fois souligné la classe, l'élégance et l'aisance de Sa Majesté le Roi dans les grands moments protocolaires et les décorum fantastiques, exactement comme dans une grande surface, habillé d'un jean et d'un tee-shirt, un bonnet sur la tête ou encore au volant d'une voiture au milieu des foules. Sa personnalité forte, son naturel, son pas déterminé et rythmé sont tant d'indices de traits de caractère particuliers et donc de style. Ces images fortes et attachantes, venues à nous des Émirats Arabes Unis, relevées et vécues avec fierté par les Marocains et bien d’autres encore, m'ont rappelé cet article, alors je le partage ici avec vous. Il est plus que jamais d'actualité. **** Aussi loin que l’on remonte dans le temps, l’empreinte particulière d’humains exceptionnels a jalonné l’histoire, pour ne pas dire fait l’histoire. Plus tard, au 17ᵉ siècle, Blaise Pascal évoquera la question et l’expliquera par le respect. Il dira que le respect de la personne se fonde sur son caractère. Il résumera ses traits de caractère dans le style : « Le style, c’est l’homme ». Le comte de Buffon, sans doute marqué par la rigueur des sciences exactes, martèlera dans un discours resté célèbre à l’Académie française : « Le style est l’homme lui-même ». Même si Buffon ne parlait alors que de littérature et de sciences, le style devient ainsi une constante objective de chacun de ceux qui marquent l’histoire par un legs particulier. Évoquant la projection de ce qu’allait être le prince héritier une fois roi, feu Sa Majesté Hassan II reprendra la notion de style, citant justement Blaise Pascal. Il dira dans une interview restée culte : « Le style, c’est l’homme ». Sans doute voulait-il annoncer que le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI allait être différent du sien, quoique dans la continuité logique de l’histoire. Aujourd’hui, la tendance est de confondre le style avec une notion plus moderne, empreinte d’éphémère : le look. Si le look, que va résumer une tenue vestimentaire, une coupe de cheveux, des couleurs, est circonstancié et obéit donc au code de la circonstance et du moment, le style lui est une constante de la personne et l’accompagne tout au long de sa vie. Le style connaîtra sans doute une évolution, mais dans un continuum logique. Si le style force l’histoire par l’objectivité qui finit par l’imposer, le look n’est pas forcément en symbiose avec le style, car il est entaché de subjectivité. Il dépend de la perception de chacun, de l’image et de l’imaginaire. Il est marqué par l’appréciation que l’on se fait de la personne rencontrée dans une circonstance particulière, un environnement particulier. Le look est une composition subjective qui peut se modeler simplement à travers une photographie qui vous tombe entre les mains, une vidéo visionnée dans un train ou dans un avion, des images qui s’invitent dans l’intimité de soi en forçant l’écran d’un téléphone ou d’une tablette, à travers les réseaux sociaux. Le look peut aller jusqu’à contraster avec le style. Il est l’appréciation subjective que l’on fait de la personne scrutée et sera encore plus biaisé si elle est accompagnée d’un commentaire, même s’il est à l’antipode de l’objectivité. Un acteur de cinéma peut ainsi se faire coller, par son look et son jeu, les traits de caractère d’un personnage, alors qu’il n’aura fait que réussir à nous les restituer le temps d’un film. Le look est apprécié dès lors qu’il coïncide avec l’image que l’on se fait de la personne à l’instant même de la rencontre. Il dépend de la réussite de l’approche et de la réaction de la personne rencontrée. Il est conditionné par les circonstances de cette rencontre, le degré de surprise et le niveau émotionnel qu’elle suscite. Le premier coup d’œil va être ici déterminant. Le look suscite l’admiration : chacun se fera une idée de la personne rencontrée en fonction de sa propre appréciation, de son affectif et de son état d’âme sur le moment. Le degré de sympathie dégagée ou partagée peut ainsi pousser à l’idolâtrie. Le style, lui, force le respect et suscite l’amour. C’est une constante qui évolue lentement, sûrement, et devient marquante. Il est apprécié sur des critères plutôt objectifs et vérifiés. Le style est indélébile et est lié à l’action par l’art et la manière. Il grave à jamais une empreinte. C’est cette empreinte qui permet d’en juger et d’en définir les contours. Le juge ici, c’est l’histoire. Aziz Daouda