Pensez le Futur.

Les régimes militaires : promesses révolutionnaires, désillusions nationales certaines... 1339

Depuis les indépendances du milieu du XXᵉ siècle, une large partie du monde en développement a été traversée par la tentation militaire. En Afrique, en Amérique latine ou en Asie, les armées, souvent les seules institutions *organisées, hiérarchisées et disciplinées*, à la suite du départ des colonisateurs, ont pris le pouvoir au nom de la stabilité, de la justice sociale ou de la révolution. Pourtant, l’histoire révèle que, derrière les slogans pompeux de « démocratique », «populaire » ou « révolutionnaire », ces régimes ont rarement laissé place à autre chose que la répression, la corruption, la stagnation et bien plus encore. Les lendemains d’indépendance ont vu certaines armées se positionner en sauveuses autoproclamées. Toutes n'ont laissé derrière elles que le KO, le sous-développement et la misère. Dans les années 1960 et 1970, l’Afrique nouvellement indépendante connaît une flambée de coups d’État militaires. Entre 1958 et 1980, plus de 60 putschs militaires sont recensés sur le continent. Certains leaders charismatiques des indépendances se sont vus dépossédés du pouvoir de la pire des façons. Au Ghana, Kwame Nkrumah, pionnier du panafricanisme, est renversé en 1966 par un coup d’État militaire. En 1968, Moussa Traoré dépose Modibo Keïta au Mali, mettant fin à un projet socialiste naissant. Ould Dadda de Mauritanie ne connaitra pas un meilleur sort. Plus tôt, c'était Patrice Lumumba qui subissait les pires atrocités. Le roi Farouk est poussé à la porte de l'Égypte. Kaddafi dépose le vieux Senoussi. Benbella subissait le dictat de Boumedienne. En Amérique latine, la même mécanique se répète : l’armée prétend « sauver la nation » du chaos. Au Brésil, le coup d’État de 1964 installe une dictature pour 21 ans sous le prétexte de combattre le communisme. Au Chili, le général Augusto Pinochet renverse en 1973 le président démocratiquement élu Salvador Allende, inaugurant un régime de terreur responsable de plusieurs milliers de morts et disparus. En Asie, la Birmanie illustre une domination militaire persistante. Depuis le coup d’État de 1962 du général Ne Win jusqu’à la junte née du putsch de février 2021, l’armée contrôle le pays, étouffant toute opposition et maintenant une pauvreté structurelle. Nombre de ces régimes militaires se sont enveloppés dans un vernis idéologique. Ils se sont dits « révolutionnaires », comme le régime de Thomas Sankara au Burkina Faso (1983-1987), ou « démocratiques et populaires », à l’image des régimes du Congo-Brazzaville ou de l’Éthiopie de Mengistu Haile Mariam (1974-1991). Mais cette promesse de transformation sociale a presque toujours débouché sur la confiscation du pouvoir. Les libertés civiles furent suspendues, les opposants emprisonnés ou éliminés, tandis que les économies nationales sombrèrent dans la gabegie et la prédation. La rhétorique des régimes « populaires, démocratiques et révolutionnaires » s'avère tout aussi mensongère qu'improductive, pour ne pas dire plus. Le Nigeria, avec ses six coups d’État entre 1966 et 1999, est emblématique de cette spirale. Les régimes successifs de Yakubu Gowon, Murtala Mohammed et Sani Abacha ont dilapidé les revenus pétroliers d’un des pays les plus riches d’Afrique. À la mort d’Abacha en 1998, le pays était exsangue : corruption généralisée, dette abyssale, répression politique. Malgré l'évidence, certains pays continuent à endurer ce genre de régime, avec une recrudescence ces derniers temps en Afrique occidentale et au Sahel. Il est difficile de porter un jugement sur ces régimes naissants. Attendons. Le temps nous dira. Ils promettent tous de remettre le pouvoir aux civiles après une période de transition. Souvent ils y gouttent au plaisir de la vie et s'y plaisent... Aujourd’hui, les États encore dominés par une junte militaire sont moins nombreux qu'avant en Afrique. L’Algérie demeure tout de même un exemple notable, vestige des régimes installés dans les années soixante. L’armée reste ici le véritable centre de pouvoir depuis l’indépendance en 1962. Officiellement dirigée par des civils, la réalité est différente, notamment depuis le coup de force de janvier 1992, qui interrompit un processus électoral et plongea le pays dans une guerre civile meurtrière. Près de 200 000 personnes y perdirent la vie, selon Amnesty International. Trente ans plus tard, malgré les apparences institutionnelles, la présidence d’Abdelmadjid Tebboune (depuis 2019) reste sous étroite influence militaire. Il est toujours flanqué du général chef des armées. Le mouvement du Hirak, né en 2019, avait dénoncé ce système opaque décrit comme un « pouvoir militaire sans uniforme ». Aujourd'hui, la situation ayant conduit au Hirak ne s'est pas améliorée : l’économie, dépendante du pétrole, s’enlise, tandis que la jeunesse s'exile massivement. Les illusions sont encore une fois perdues. Le dinar dégringole alors que le pays dépend de l'importation pour ses besoins primaires. Les régimes se prétendant « du peuple » ont souvent retourné leurs armes contre ce même peuple. Des pays riches en ressources comme le Nigeria, le Congo, le Soudan, la Libye, l'Algérie ou la Birmanie, pour ne citer que quelques exemples, sont devenus des laboratoires de la désillusion. Les massacres, abus et dilapidation des richesses laissent toujours des cicatrices profondes. La tendance mondiale, marquée par la disparition des régimes militaires, n'est pas pour plaire à tout le monde, notamment aux armées dans certaines régions, quitte à plonger le pays dans le KO. Le cas du Soudan donne des signaux très alarmants. C'est alors qu'une leçon s’impose : aucune dictature en uniforme n’a réussi à bâtir durablement la prospérité ou la paix, nul part. L’histoire des régimes militaires est celle d’une promesse trahie. Derrière le discours du redressement national, de la défense des intérêts du pays, ces pouvoirs ont produit la peur, l’appauvrissement et le désenchantement. L’armée, censée protéger la nation, l’a souvent tenue en otage. Là où elle persiste encore à s'accaparer le pouvoir, elle incarne surtout les dernières résistances d’un modèle condamné par l’histoire. À bon entendeur, salut !
Aziz Daouda Aziz Daouda

Aziz Daouda

Directeur Technique et du Développement de la Confédération Africaine d'Athlétisme. Passionné du Maroc, passionné d'Afrique. Concerné par ce qui se passe, formulant mon point de vue quand j'en ai un. Humaniste, j'essaye de l'être, humain je veux l'être. Mon histoire est intimement liée à l'athlétisme marocain et mondial. J'ai eu le privilège de participer à la gloire de mon pays .


8100

33.0

Sanctions de la CAF : une justice disciplinaire à géométrie variable ? 48

Les décisions de la Commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF) concernant les incidents ayant émaillé la rencontre finale de la CAN entre le Sénégal et le Maroc sont désormais connues. Elles étaient attendues, scrutées, parfois redoutées. Mais au-delà de leur simple annonce, c’est leur **cohérence, leur proportionnalité et leur équité** qui interrogent aujourd’hui. À première vue, la CAF a voulu frapper fort, donnant le sentiment de sanctionner les deux parties afin de préserver une posture d’équilibre. La CAF a simplement oublié qu'à la base le conflit était bel et bien entre le Sénégal et l'arbitre et point avec l'équipe du Maroc et donc le conflit opposait in fine le Sénégal à cette même CAF responsable de l'organisation et de l'arbitrage. Le Sénégal et le Maroc ont ainsi, selon la logique de la commission qui rappelons le est présidée par un sénégalais, été sanctionnés à des degrés divers. Pourtant, une lecture attentive des faits, confrontée au contenu même des décisions rendues, révèle une **asymétrie difficilement justifiable** entre la gravité des actes constatés et le poids des sanctions prononcées. Le ridicule n'est pas loin. Le problème central c'est à dire l’arbitrage a été évacué simplement. L’élément le plus troublant réside sans doute dans l’**absence totale de référence à l’arbitre** dans le rendu de la Commission. Comme si celui-ci n’avait jamais existé. Or, les images et les témoignages concordent : l’arbitre a fait preuve, en fin de rencontre, d’une **irresponsabilité manifeste**. Comment justifier la reprise du jeu alors que les conditions minimales de sécurité n’étaient clairement pas réunies ? Le stade avait été envahi par des supporters officiels sénégalais, des équipements avaient été saccagés, et la tension était à son comble. En pareilles circonstances, les règlements sont clairs : la priorité absolue doit être donnée à la sécurité des joueurs, des officiels et du public. En ignorant cette dimension, la Commission de discipline passe à côté d’un **maillon essentiel de la chaîne des responsabilités**. Elles sont pourtant bien identifiées. Il ne s’agit pas ici d’exonérer totalement la partie marocaine. Des comportements répréhensibles ont existé, et certaines réactions, à chaud, pouvaient être évitées. Mais la nature et la gravité de ces actes restent **sans commune mesure** avec ceux imputables à la délégation sénégalaise et à son environnement immédiat. L’exemple le plus frappant demeure la sanction infligée à Achraf Hakimi. Lui reprocher d’avoir tenté de retirer une serviette appartenant au gardien sénégalais, objet qui, soit dit au passage, n’avait rien à faire sur l’aire de jeu, relève davantage de la **recherche d’un équilibre artificiel** que d’une application rigoureuse de l’esprit disciplinaire. La commission a sanctionné là le joueur que la CAF avait désigné : Joueur fairplay du tournoi. Quel paradoxe!!! Peut-on sérieusement placer ce geste au même niveau que des débordements impliquant envahissement de terrain et dégradations d’infrastructures ? Préjudice à l'image du football mondial au delà de celui africain. L'opportunité d'un tel amalgame dans le dossier et la proportionnalité des sanctions sont manifestement discutables. C’est précisément sur ce terrain de la proportionnalité que la décision de la CAF vacille. Les sanctions infligées au camp marocain apparaissent **relativement lourdes** au regard des faits qui lui sont reprochés, surtout lorsqu’on les compare à celles concernant la partie sénégalaise, pourtant associée à des incidents structurellement beaucoup plus graves. Cette disproportion affaiblit le discours de ceux qui, au Sénégal et ailleurs, dénonçaient une supposée « mainmise » du Maroc sur les instances de la CAF. Si une telle influence existait réellement, comment expliquer que le Maroc se retrouve, lui aussi, lourdement sanctionné ? Où est cette prétendue protection institutionnelle quand les décisions disciplinaires semblent, au contraire, s’exercer avec une rigueur particulière à son encontre ? Alors on pet regretter l'occasion manquée pour la CAF de montrer un nouveau visage de puissance et de justice. La Commission de discipline de la CAF a manqué une occasion précieuse : celle de **clarifier les responsabilités**, de réaffirmer le rôle central de l’arbitrage et de poser des jalons crédibles pour la gestion des crises dans les compétitions africaines. En choisissant une forme de symétrie punitive plutôt qu’une analyse fine des faits, elle entretient le malaise, alimente les suspicions et laisse les acteurs du jeu: joueurs, dirigeants et supporters dans une zone grise où l’injustice perçue devient plus dommageable que la sanction elle-même. Le football africain mérite mieux qu’une justice disciplinaire à géométrie variable. Il mérite une autorité capable d’assumer ses choix, de nommer les responsabilités là où elles se trouvent réellement, et de protéger l’essentiel : l’intégrité du jeu et la sécurité de ceux qui le font vivre. Aujourd'hui certains rigolent sous cape parce qu'ayant échappé à de vraies sanctions proportionnelles à leurs méfaits, d'autres sont estomaqués, d'autres encore concluent à la non maturité de cette instance africaine, comme d'autres instances continentales d'ailleurs. Une piètre image d'un continent où la jeunesse aspire aux développement et à un avenir radieux et pour qui le football et les footballeurs sont les modèles. Le football africain a t il raté l'occasion de servir d'exemple? La CAF s'est elle trompée de communiqué ou de match? En tous cas il y a bien une gagnante qui passe sous les radars tranquillement, la partie ayant été à l'origine de tous cela. Tel un fuyard, la commission a publié son communiqué à une heure impossible...Rigolo non? A se demander s'il faut garder espoir et aller plus loin dans la procédure ou bien se résigner à admettre qu'il n' y a pas d'espoir pour une instance footballistique africaine juste et crédible.

Najib Salmi, une conscience qui s’éteint, un héritage qui demeure 114

Najib Salmi s’en est allé, et avec lui se referme l’une des plus belles pages du journalisme sportif marocain. Mais, au-delà de l’hommage collectif, c’est aussi une page intime de ma propre vie de chroniqueur, de confrère et d’ami qui se tourne. Il laisse derrière lui un héritage professionnel immense et, surtout, une empreinte humaine indélébile. Il a été sans doute la plus grande plume du sport marocain pendant des décennies. Pendant plus de quarante ans, Najib Salmi a incarné une certaine idée du journalisme sportif, exigeante et responsable. Il a, en fait, initié une école de journalisme sportif, lui qui est tombé dedans un peu par hasard et s’y était plu. Figure centrale du quotidien L’Opinion, dont il a dirigé la page sportive, il a marqué des générations de lecteurs, notamment à travers sa chronique devenue culte, « Les points sur les i », espace rare où la liberté de ton se conjuguait avec la rigueur intellectuelle et le sens de l’intérêt général. Il était à lui seul une institution. Il appartenait à cette génération pour laquelle le journalisme sportif n’était ni divertissement creux ni caisse de résonance des passions aveugles, mais un acte de service public. À une époque où le sport marocain entrait dans l’ère de la professionnalisation, de l’argent et de la médiatisation excessive, sa plume savait dénoncer les dérives, pointer les responsabilités et saluer, avec la même honnêteté, les avancées et les réussites lorsqu’elles étaient réelles. Najib Salmi ne fut pas seulement un grand chroniqueur, il fut aussi un bâtisseur. À la tête de l’Association marocaine de la presse sportive, de 1993 à 2009, il s’est battu pour la reconnaissance du métier, la défense de son éthique et la dignité de ceux qui l’exercent. Il a contribué à inscrire le journalisme sportif marocain dans les instances régionales et internationales, avec une crédibilité forgée sur le sérieux et la constance. N'est ce pas dans un congrès qu'il organisa à Marrakech que notre ami Gianni Merlo fut élu président de l'AIPS. N'est ce pas lui seul qui titra sur Said Aouita jeune prodige alors. Il venait d'établir un nouveau record national des 1500m...Il dira de lui sans se tromper qu'il ira très loin. Il aura été le soutien de générations de grands athlètes. Il était présent à tous les championnats du monde et au jeux olympiques. Il me soutenait ainsi avec force et détermination. Homme de principes, discret mais inflexible sur l’essentiel, il considérait que le respect du lecteur et la véracité de l’information n’étaient pas négociables. Cette rectitude morale, rare dans un environnement souvent soumis aux pressions et aux intérêts, lui a valu d’être reconnu par ses pairs comme une véritable école du journalisme sportif. Abdellatif Semlali, ministre légendaire de la Jeunesse et des Sports, son ami, se plaisait à l’appeler « Monsieur à côté ». Il l’était effectivement. Jamais il n’a été dans le moule de qui que ce soit, même quand, un laps de temps, il avait rejoint Le Matin du Sahara, alors dirigé de main de maître par Moulay Ahmed Alaoui. Pour moi, Najib Salmi n’était pas seulement une référence professionnelle, il était un ami, un frère et un mentor. C’est grâce à sa confiance que j’ai pu, pendant des années, écrire dans les pages sportives de L’Opinion, apprendre le métier au quotidien, ligne après ligne, sous son regard attentif et bienveillant, subissant ses sautes d’humeur et, surtout, la correction du style et de la syntaxe. Il m’a transmis bien plus que des techniques d’écriture : une conception de ce que doit être la chronique fondée sur la probité, le travail de fond et le refus de la facilité. Aujourd’hui encore, si je continue à écrire, c’est aussi parce que demeure cette voix intérieure qu’il a su faire naître, celle qui rappelle qu’on ne trahit ni le sport, ni le lecteur, ni la vérité. Najib Salmi s’est éteint à l’âge de 78 ans, après une longue lutte contre la maladie, laissant un vide immense dans les rédactions de L’Opinion et de Challenge, auxquels il a contribué avec force et assiduité. Il laisse un vide immense dans le cœur de tous ceux qui ont croisé sa route. Il reposera au cimetière des Chouhada à Rabat, là où lui-même avait accompagné tant d’autres amis et connaissances, de proches et de confrères, et beaucoup de ceux qui ont grandi à l’ombre bienveillante de sa plume. Que Dieu l’accueille en Sa miséricorde. À l’ami, au frère, au maître qui m’a montré le chemin, je ne peux dire qu’une chose : merci, Najib, pour les moments délicieux partagés, pour les mots, pour les leçons et pour l’exemple. Les lecteurs regretteront Najib Salmi, la famille, les intimes et moi enterrons Saïd Hejaj. Said Hejaj s'en va paisiblement se reposer. Najib Salmi se racontera lui dans l'histoire.

De la passion au sens : la CAN comme épreuve de vérité pour l’africanité... 179

Le communiqué du Cabinet royal, publié le 22 janvier 2026 à l’issue de la CAN 2025 organisée avec brio par le Maroc, conjugue appel au calme après l’épisode du retrait sénégalais et célébration d’un succès organisationnel salué en Afrique et au‑delà. Par un ton mesuré et prospectif, il transforme une tension sportive en démonstration de leadership continental responsable, fidèle à une vision de long terme pour une Afrique unie et prospère. **A travers le ton et le contenu du message royal, on comprend qu'une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus : la réussite marocaine est aussi une réussite africaine. ** La CAN 2025 a confirmé la capacité du Maroc à faire d’un tournoi continental un levier de développement et de rayonnement. L'Organisation fluide, les infrastructures modernisées, les afflux massifs de supporters et la dynamisation de secteurs clés tel le tourisme, les transports, le commerce et les services, ont généré des retombées de plusieurs milliards de dirhams et environ 100 000 emplois directs et indirects, avec plus de 3 000 entreprises mobilisées et quelque 500 000 supporters transportés par Royal Air Maroc. Le message royal replace cette réussite dans une trajectoire plus large : celle d’un *"grand pays africain" *qui, en vingt‑quatre mois, a gagné l’équivalent d’une décennie de développement en infrastructures et en savoir‑faire, au service de son peuple et de son continent. Sans occulter le caractère *"malheureux"* des incidents de la finale Maroc–Sénégal, le communiqué choisit la hauteur plutôt que la polémique. En rappelant qu’une fois la passion apaisée, *"la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus"*, il propose une lecture adulte des émotions collectives et souligne que le peuple marocain *"sait faire la part des choses"* et refuse la rancœur. La défaite sportive se mue ainsi en victoire symbolique et diplomatique : les *"desseins hostiles"* et le dénigrement sont neutralisés par la constance stratégique, la confiance en soi et l’ancrage africain du Royaume. Le public marocain dans le stade a été le témoin d'une tragédie grotesque, montée de manière délibérée et préméditée mais n'a pas été dupe. Il a vite compris et gardé son calme et son flegme, alors que lourdement blessé. Un comportement remarqué et remarquable qui l'honore et honore le Royaume. Dans les faits, comme dans l’histoire, les relations Maroc–Sénégal sont empreintes d’une fraternité consolidée, raffermie à chaque occasion. Le message royal prend donc une portée particulière vis‑à‑vis de ce pays frère, avec lequel les relations sont qualifiées *d’"exceptionnelles et stratégiques"*, fondées sur une mémoire partagée, une solidarité africaine assumée, une fraternité religieuse profonde et de fortes convergences économiques. La tenue, les 26 et 27 janvier à Rabat, de la 15e Haute Commission mixte maroco‑sénégalaise, assortie d’un forum économique, donne un contenu concret à cette fraternité résiliente en relançant investissements, projets conjoints et coopération Sud–Sud au service des deux peuples et par extension à tous ceux de la région. Au‑delà des protagonistes de la finale, le communiqué s’adresse à l’ensemble des peuples africains en rappelant que *"rien ne saurait altérer la proximité cultivée au fil des siècles"* ni la *"coopération fructueuse"*nouée avec les pays du continent. Il inscrit la CAN 2025 dans une stratégie de long terme : capitaliser sur un capital immatériel fait de confiance, de visibilité et de crédibilité, et en faire un tremplin vers les prochains rendez‑vous, notamment la Coupe du monde 2030, dans une Afrique qui assume sa place sur la scène mondiale, cherche à l'assoir dans la continuité et à la consolider. Dans cet esprit, il importe de refuser que les dérives: racisme, discours de haine, manipulations médiatiques ou idéologiques , viennent ternir notre africanité ou en nier la dignité profonde. Être africain, c’est d’abord partager une géographie, une histoire, des cultures, des luttes et un destin commun, au‑delà des frontières, des résultats sportifs ou des conjonctures politiques. Nous ne sommes pas condamnés à reproduire la bêtise et l’hostilité ; au contraire, nous avons la responsabilité collective de faire de l’espace public un lieu de rencontre, d’écoute et de fraternisation, où l’intelligence, le respect inconditionnel de la dignité humaine et la curiosité de l’autre l’emportent sur l’insulte et la stigmatisation. Dans la droite ligne du message royal, cette CAN doit rester comme un rappel : notre avenir africain ne se construira ni dans la haine ni dans l’imitation des pires réflexes, mais dans la capacité à transformer les tensions en apprentissages, les compétitions en passerelles et les désaccords en occasions de dialogue. **Nous sommes africains, ensemble, par la mémoire et par le futur, et c’est cette conscience partagée qui peut faire de nos stades, de nos villes et de nos débats des espaces d’élévation plutôt que des scènes de division.** Les tentatives de déstabilisation voulues par certains peuvent, au mieux, troubler l’horizon le temps d’une compétition, mais elles ne sauraient s’installer durablement dans la conscience des peuples. À mesure que les faits se dévoilent, elles se retournent contre leurs auteurs, désormais exposés au regard du monde, incapables de masquer indéfiniment leurs échecs, la pauvreté de leur esprit et la petitesse de leurs desseins. **Là où la manipulation s’épuise, la vérité finit toujours par s’imposer, et avec elle la dignité des nations qui misent sur la construction, la fraternité et l’avenir plutôt que sur l’intrigue et la division.**

Locomotive du Football Africain : Le Modèle Marocain face aux Vents Contraires 140

Le rideau est tombé sur la CAN 2025, laissant derrière lui un sillage de contrastes saisissants. Si l’événement a consacré la suprématie du Royaume en tant que hub logistique de premier plan, les scènes de tension observées lors de la finale du 18 janvier 2026 à Rabat ont agi comme un rappel brutal des contingences qui pèsent encore sur le football continental. Entre la perfection des infrastructures et l’archaïsme de certaines postures disciplinaires, une interrogation s'impose : comment la transition du cadre réglementaire de la CAF vers celui de la FIFA en 2030 transformera-t-elle la gestion de ces crises organiques ? Cette mutation ne constitue pas une simple extension d'échelle, mais une véritable rupture paradigmatique où la neutralité technocratique viendra sanctuariser l'excellence marocaine. I. L’Excellence Marocaine : Une vitrine technologique pour l’Afrique L’investissement massif déployé par le Royaume — de la modernisation profonde des complexes sportifs à l’intégration systémique de la VAR — a offert au monde l'image d'un Maroc moderne, rigoureux et visionnaire. Cette réussite matérielle, saluée par les observateurs internationaux, visait à établir un standard de référence africain. Pourtant, cette image de perfection s’est heurtée à un phénomène psychologique tenace : le « complexe du pays hôte ». Dans cette configuration, la maîtrise organisationnelle est parfois perçue par certains concurrents non comme un progrès partagé, mais comme un levier de domination, alimentant mécaniquement des théories du favoritisme. Les événements de la finale en sont l'illustration paroxystique. Le but refusé à Ismaïla Sarr ou le penalty accordé en fin de match sont devenus, sous le prisme de la suspicion régionale, des instruments de polémique plutôt que des faits d'arbitrage techniquement étayés. Les données de DM Sport révèlent pourtant une réalité inverse : le Maroc a figuré parmi les sélections les plus pénalisées du tournoi. Ce décalage souligne une faille majeure : la technologie ne suffit pas à valider le résultat si elle n'est pas protégée par une autorité juridictionnelle perçue comme exogène. II. Leadership Solidaire et Diplomatie du Ressentiment Il serait toutefois erroné de percevoir cette quête d'excellence comme une volonté de distanciation. Au contraire, le Maroc préserve des relations historiques profondes et indéfectibles avec la majorité des nations sœurs du continent. Le Royaume, fidèle à son ancrage africain, continue d'œuvrer activement pour la promotion du football continental au sein de la CAF, offrant ses infrastructures et son expertise aux fédérations en quête de professionnalisation. Cette politique de la main tendue fait du succès marocain un succès pour toute l'Afrique. Pourtant, ce leadership dérange. On observe une « diplomatie du ressentiment » émanant de certaines sphères médiatiques étrangères, notamment dans certains pays arabes et africains, visant à ternir la belle image donnée par l'organisation marocaine. En érigeant le Maroc en « ogre » favorisé, ces narratifs tentent de transformer une supériorité factuelle en une injustice morale. Ce harcèlement médiatique cible précisément l'émergence d'un modèle de gouvernance qui s'aligne désormais sur les standards mondiaux les plus exigeants. III. L'avènement de la « justice froide » : La sanctuarisation par le droit Le passage sous l'égide de la FIFA en 2030 marquera la fin de cette proximité géographique propice aux cabales. Contrairement au cadre continental, la mondialisation des corps arbitraux brisera les rivalités de zones. Là où la CAF doit parfois naviguer entre compromis diplomatique et impératif sportif, la FIFA déploie une « justice froide », purement procédurale. Le chaos observé à Rabat trouverait en 2030 une réponse chirurgicale. L'Article 10 du Code Disciplinaire de la FIFA est clair : tout refus de reprendre le jeu entraîne un forfait automatique et des sanctions lourdes. En 2030, la règle du droit agira comme un couperet protecteur pour l'organisateur, rendant caducs les narratifs victimaires. IV. La technologie et le « Bloc 2030 » : Vers une vérité indiscutable L'édition 2030, portée par le trio Maroc-Espagne-Portugal, bénéficiera d'une automatisation totale du jugement (Shadow VAR, hors-jeu semi-automatisé) et d'une transparence absolue. Le Hosting Agreement de la FIFA s'imposera comme une norme supérieure garantissant l'impartialité. Ce cadre juridique agira comme un bouclier, empêchant que des incidents disciplinaires ne soient instrumentalisés politiquement contre le Royaume. La CAN 2025 aura été pour le Maroc une démonstration de force organisationnelle réussie, confirmant son rôle de locomotive pour le football africain. Cependant, elle a aussi révélé que l'excellence reste vulnérable aux bruits de couloirs. En 2030, l'ancrage définitif dans le droit FIFA permettra au Royaume de transformer cette belle image organisationnelle en une consécration d'image pérenne. Le sport, enfin protégé des scories géopolitiques, pourra s'aligner sur la vision stratégique d'un Maroc tourné vers l'universel, faisant de la règle de droit le socle de sa légitimité mondiale.

Le “Conseil de la paix” de Trump : pragmatisme stratégique ou signal d’alarme pour l’ordre international ? 160

L’invitation adressée par le président américain Donald Trump à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour intégrer le nouveau « Conseil de la paix » marque un tournant significatif dans la pratique contemporaine des relations internationales. Elle ne relève ni du protocole ni du symbolique, mais s’inscrit dans une reconfiguration assumée des mécanismes de gestion des conflits mondiaux. L’acceptation de cette invitation par le Souverain, alors que le président algérien n’a pas été convié et que l’Afrique demeure largement sous-représentée pour ne pas dire ignorée, souligne une logique sélective fondée non sur la géographie ou l’idéologie, mais sur l’utilité politique telle que perçue de l'acteur mondial que sont les USA. Dans le communiqué officiel annonçant l'acceptation du Souverain, il a été explicitement rappelé les fondamentaux de la diplomatie marocaine vis à vis de la question palestinienne et notamment la solution à deux états vivant côte à côte. Les relations de confiance tant avec les parties arabes concernés notamment les palestiniens de Gaza et ceux de Cisjordanie d'un coté, qu'avec Israël de l'autre, laisse entrevoir parfaitement le rôle qui sera celui du Royaume dans l'instauration de la paix et pour la reconstruction de la région. N'est ce pas une façon directe de consacrer une diplomatie de résultats face à l’essoufflement du multilatéralisme qui bat de l'aile depuis belle lurette. Depuis des décennies, les grandes institutions internationales, au premier rang desquelles l’ONU, peinent à résoudre des conflits prolongés. Le Conseil de sécurité est paralysé par le droit de veto, les processus de paix sont figés, les missions onusiennes sans horizon politique clair : les symptômes d’un système saturé sont évidents. Le Conseil de la paix voulu par Donald Trump s’inscrit lui dans une logique de rupture. Il ne cherche ni à produire du droit international ni à imposer des normes universelles, mais à créer un cadre informel de négociation directe entre acteurs influents, y compris ceux que le système onusien peine à intégrer de manière opérationnelle. Dans ce contexte le Maroc est surement un acteur de stabilité et un médiateur discret, crédible et efficace. La présence du Roi du Maroc dans cette instance reflète une reconnaissance internationale d’un modèle diplomatique fondé sur la stabilité, la continuité et le pragmatisme. Le Maroc s’est imposé comme un acteur capable de dialoguer avec des partenaires aux intérêts divergents, tout en maintenant une ligne stratégique claire et chacun sait que c'est Sa Majesté lui même qui à a initié cette vision et qui conduit cette diplomatie distinguée. C'est ce qui explique le caractère particulier de l'invitation adressée au souverain. À l’inverse, l’exclusion de certains États révèle les limites d’une diplomatie fondée sur la conflictualité permanente et la posture idéologique aveugle. Dans une logique trumpienne, l’efficacité prévaut sur la représentativité. Le pragmatisme sur la stérilité et l'aveuglement idéologique désuet. La question est alors de comprendre si dans ce contexte l'ONU est marginalisée ou poussée à la réforme ? Ce Conseil ne signe pas la fin de l’ONU pour l'immédiat en tout cas, mais en expose la crise existentielle. Si une instance parallèle parvient à obtenir, rapidement, des résultats tangibles, comme cela est revendiqué sur certains dossiers africains entre autres, alors la question de la légitimité fonctionnelle du système onusien se posera avec acuité. L’initiative du Président Trump peut ainsi être interprétée comme un déclencheur : soit d’un affaiblissement progressif de l’ONU qu'il n'affectionne pas trop, soit d’une réforme profonde de ses mécanismes décisionnels, notamment du Conseil de sécurité. Et comme le président Trump est déjà à mi mandant et qu'il ne peut en briguer un autre, alors il faut comprendre que les choses vont aller très vite. Le contexte est aussi très particulier avec une fracture transatlantique révélatrice d'un malaise qui couve depuis le premier mandant de Trump qui n'accepte plus de défendre une Europe hostile et de plus en plus tributaire des budgets américains pour cette défense. Le refus de pays européens, dont la France, de rejoindre cette nouvelle instance traduit une divergence stratégique croissante entre l’Europe et les États-Unis. Là où Washington privilégie le rapport de force et la négociation directe, l’Europe demeure attachée à un multilatéralisme normatif, parfois déconnecté des réalités du terrain. Son hypocrisie diplomatique et ses deux poids deux mesures sur pas mal de questions sont ici mis à nu. Sa position et son enlisement en Ukraine témoigne bien de la situation anachronique de sa stratégie. L'invitation de Vladimir Poutine, accentue cette fracture, notamment dans le contexte des conflits en Ukraine et des tensions géopolitiques en Arctique. L'Europe ne sait plus sur quel terrain aller avec le Président Trump. Comment interpréter le propos du Président Macron qui, à Davos, dit qu'il n'acceptait pas la loi du plus fort sans le nommer. C'est qui le plus fort dès lors que celui à qui il fait illusion est bien l'initiateur du nouveau Conseil...Ne s'agit il pas ici véritablement d'un partage de puissance? Pourquoi alors refuser d'en faire partie! Et puis à Trump de répondre à Macron en refusant une invitation à une réunion du G7... Le Conseil de Paix de Donald Trump pour l'instant, n’est ni une alternative institutionnelle complète à l’ONU ni une simple initiative conjoncturelle. Il est le symptôme d’un monde impatient face à l’inefficacité des cadres traditionnels. Dans ce contexte, le rôle qui sera celui du Roi du Maroc illustre la montée en puissance d’acteurs capables d’articuler pragmatisme, stabilité et crédibilité internationale. Plus qu’un changement d’architecture, cette initiative révèle une transformation profonde des règles implicites de la gouvernance mondiale. Et comme le siège du Conseil n'est pas encore connu pourquoi ne pas le voir s'installer au Maroc. L'invitation spéciale adressée à Sa Majesté le Roi Mohammed VI est de bonne augure et peut être aussi comprise dans cette optique. Le Maroc deviendrait ainsi le centre névralgique de la Paix dans le monde.

CAN 2025: Quand le Maroc croit en lui-même et en l'Afrique... 150

En 1961, John F.Kennedy lançait aux Américains un défi devenu immortel: «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays.» Cet appel à la responsabilité individuelle a contribué à forger un état d’esprit collectif fondé sur l’engagement civique et le dépassement de soi. Les USA contemporains portent encore, à bien des égards, l’empreinte de cette philosophie. Des décennies plus tard, Barack Obama galvanisait les foules avec «Yes we can», un cri d’unité et de détermination collective, tandis que Donald Trump popularisait «Make America Great Again», slogan de renaissance nationale. Ces formules ne sont pas de simples mots : elles cristallisent des moments où un peuple se redécouvre, se mobilise et se projette vers l’avenir. Une sorte de régénérescence d'une puissance qui a peur de choir, une façon de revigorer une nation qui aurait tendance à s'oublier ou à dormir sur ses lauriers? Le Maroc a également connu cette grammaire de la mobilisation nationale. Feu Hassan II rappelait avec force, dans un de ses discours: « Nous n’atteindrons cet objectif qu’en traduisant le nationalisme en citoyenneté et en faisant passer la conscience nationale du simple amour pour la patrie à un engagement effectif pour contribuer à l’édification d’un Maroc qui soit l’objet de la fierté de tous les Marocains. » Une vision fondatrice : aimer le Maroc ne suffit pas, il faut le construire. Dans le même esprit, Sa Majesté le Roi Mohammed VI disait, à l’occasion de la Fête du Trône de 2019, que « le Maroc appartient à tous les Marocains car il est notre maison commune », appelant chacun à contribuer à son édification, à son essor, ainsi qu’à la préservation de son unité, de sa sécurité et de sa stabilité. Plus récemment, lors de la Fête du Trône de 2024, le Souverain insistait de nouveau sur la nécessité de « mutualiser les efforts de tous les Marocains » et en appelait à leur patriotisme ainsi qu’à leur sens des responsabilités individuelles et collectives. Un message qui résonne, à la marocaine, comme un « Yes we can » national, destiné à surmonter les défis socio‑économiques et à consolider les acquis. La CAN 2025 : un révélateur de confiance nationale. C’est dans ce contexte que le Maroc a connu un tournant majeur avec l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Bien avant le coup d’envoi, la CAN agissait déjà comme un puissant révélateur : révélateur du niveau de développement atteint par le Royaume, mais aussi de la confiance retrouvée des Marocains en leurs capacités collectives. La compétition internationale ainsi accueillie par le Maroc a montré une capacité inégalable : stades modernes répondant aux standards les plus exigeants, réseaux autoroutiers étendus, hubs ferroviaires performants, villes de plus en plus propres et organisées, civisme largement salué par les visiteurs. Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech ou Agadir comme exemple seulement, incarnent ce Maroc qui avance, qui investit et qui se projette vers un avenir radieux. Ces progrès ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent d’une vision stratégique impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et traduite par des investissements structurants : plus de 2 000 km d’autoroutes réalisés depuis le début des années 2000, le complexe portuaire Tanger Med devenu une référence mondiale du transbordement, ou encore une politique énergétique ambitieuse visant plus de 52 % d’énergies renouvelables dans le mix national à l’horizon 2030. La CAN 2025 vient ainsi consacrer un processus de long terme, et non un simple coup d’éclat. Résilience, solidarité et crédibilité internationale. Avant même l’échéance sportive, le séisme d’Al Haouz en septembre 2023 avait déjà mis en lumière la résilience de la nation marocaine. Face à une tragédie humaine majeure, la solidarité spontanée: collectes massives, volontariat citoyen, mobilisation des institutions et l’intervention rapide de l’État sous l’impulsion royale ont démontré la solidité du lien national. La reconstruction engagée a renforcé la conviction que le Maroc sait faire face à l’adversité. Dans le même temps, les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une trajectoire globalement positive : amélioration progressive du PIB par habitant sur le moyen terme, montée en puissance de secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et les énergies vertes, affirmation du Royaume comme acteur diplomatique central en Afrique. Cette crédibilité internationale, parfois source de crispations ou de critiques régionales, confirme surtout que le Maroc a franchi un cap stratégique. Un succès qui appelle plus d’engagement. Mais ce succès n’est pas une fin en soi. Il appelle davantage d’efforts individuels et collectifs, davantage de confiance mutuelle entre citoyens, entreprises et institutions. Plus que jamais, la question posée par Kennedy reste pertinente: « Qu’est‑ce que je fais pour mon pays ?» Chaque Marocain, à son niveau, est interpellé. Cette dynamique repose sur un dénominateur commun : la solidarité, prolongée par le travail, l’innovation et la responsabilité. Elle se traduit par des initiatives locales, par l’essor de pôles technologiques à Casablanca, Rabat ou Tanger, par l’investissement dans le capital humain et par l’adhésion au Nouveau Modèle de Développement, qui vise un Maroc plus inclusif, plus productif et mieux positionné dans l’économie mondiale. Une ambition africaine assumée. La CAN 2025 doit également être comprise comme un moment de fraternité africaine. Le Maroc y a affirmé sa vocation continentale : tirer vers le haut, partager l’expérience, renforcer les partenariats Sud‑Sud et les interdépendances économiques. Les défis sécuritaires, climatiques, sociales et économiques sont communs ; les réponses doivent l’être aussi. Le destin du Maroc est indissociable de celui de l’Afrique et celui de l'Afrique dépend aussi du Maroc. Un Maroc prospère est une excellente locomotive pour le reste du continent et notamment dans la région. Les critiques stériles et les jalousies ancrées ou passagères ne résistent jamais longtemps au sérieux du travail, à la constance de l’effort et à la clarté de la vision. Seuls demeurent les pays qui avancent, investissent et rassemblent. Une mission claire. La mission est désormais limpide : persévérer, viser plus haut, plus fort et plus uni, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Non pas en copiant des slogans importés, mais en innovant, en assumant notre singularité et en occupant, avec confiance, la place qui est naturellement celle du Maroc sur l’échiquier mondial. Oui, Yes we can, à la marocaine. Construisons ensemble un Maroc plus fort et une Afrique plus confiante, non par le dénigrement ou la comparaison stérile, mais par le travail, la complémentarité et l’engagement collectif. Le monde avance et n’attend personne. Le Maroc l’a compris. À chacun désormais de choisir : accompagner ce mouvement ou rester à l’écart de l’Histoire. Les coupes de football il y en aura toujours.

Le Maroc face au syndrome du coquelicot : quand la réussite devient une cible.. 174

On parle couramment du « syndrome du coquelicot rouge », ou *Tall Poppy Syndrome* en anglais. Il s'agit d'une théorie sociologique et culturelle selon laquelle, dans certains groupes ou sociétés, ceux qui dépassent les autres, réussissent trop ou se distinguent excessivement sont critiqués, rabaissés ou « coupés », afin de préserver une forme d’égalité apparente au sein du groupe. En bref, la réussite dérange et devient préjudiciable à ceux qui en manquent. On agit alors tous azimuts pour ne serait-ce que dénigrer et médire de ceux qui excellent. La métaphore vient précisément de l’idée que, dans un champ de coquelicots, ceux qui poussent plus haut que les autres sont coupés pour que le champ reste uniforme. Le syndrome du coquelicot rouge désigne donc cette mécanique bien connue par laquelle une réussite trop visible appelle non l’émulation, mais la volonté de la rabaisser par n'importe quel moyen. À l’échelle régionale africaine, le Maroc en est aujourd’hui l’illustration la plus nette. Non pas parce qu’il s’autoproclame modèle, mais parce que ses performances s’imposent d’elles-mêmes, provoquant crispations, jalousies et stratégies d’entrave. En gros, un Maroc qui dérange parce qu’il réussit. Le Royaume n’a cessé, ces dernières années, d’accumuler des réussites structurantes : diplomatie africaine active, infrastructures de grande qualité, notamment sportives de rang mondial, crédibilité organisationnelle reconnue, et résultats sportifs qui ne relèvent plus de l’exception mais de la continuité. Cette dynamique, loin de fédérer autour du pays, a réveillé chez certains acteurs régionaux une obsession de la contestation systématique, sans aucun scrupule ni limite. L’organisation de la Coupe d’Afrique au Maroc aurait dû être consacrée comme un moment d’unité continentale de réussite collective de tous les africains. Elle s’est au contraire transformée, pour ses détracteurs, en terrain d’une guerre de nuisance visant moins l’événement que le pays hôte lui-même. Le voisinage n’est pas étranger à la stratégie évidente de sabotage indirect que chacun peut parfaitement vérifier. Dans ce contexte, il serait naïf de ne pas voir le rôle joué par l’Algérie, enfermée dans une rivalité devenue presque doctrinale avec le Maroc. Incapable de rivaliser sur le terrain de la performance, Alger a depuis longtemps déplacé le combat vers celui de la décrédibilisation, de la suspicion et de l’agitation périphérique. Faute de pouvoir empêcher l’attribution ou le déroulement de la compétition, la stratégie a consisté à polluer son environnement narratif : remettre en cause l’équité, semer le doute sur l’arbitrage, insinuer des collusions, fabriquer du soupçon là où les faits résistent. Une méthode classique : quand on ne peut pas faire tomber le coquelicot, on tente d’en ternir la couleur. Et comme cela trouve toujours appui chez certains, des relais médiatiques idéologisés ont parfaitement pris le relais. Cette entreprise n’aurait pas eu la même portée sans le concours actif de certains journalistes français idéologiquement alignés, souvent issus de milieux marqués par une hostilité ancienne au Maroc et à sa monarchie. Tout au long de la compétition, une partie de cette presse dite « progressiste » a déversé un venin fait d’insinuations, de procès d’intention et de mises en cause à peine voilées de la Fédération Royale Marocaine de Football et de ses dirigeants sinon de l'Etat marocain. Le journalisme d’enquête a ici cédé la place à un militantisme déguisé, où le soupçon tient lieu de preuve et où la réussite marocaine devient, par principe, suspecte. Ce traitement n’était ni neutre ni innocent : il participait d’une stratégie de délégitimation, soigneusement entretenue. Par ricochet sont apparues certaines complicités africaines, et des frustrations recyclées se sont décomplexées. Plus préoccupant encore, certaines attitudes de responsables ou dirigeants africains, ont alimenté ce climat délétère. Déclarations intempestives, contestations outrancières, postures victimaires déplacées : autant d’éléments qui ont donné le sentiment que des frustrations sportives ont été recyclées en accusations politiques, au mépris de l’éthique sportive. Qu’il y ait eu instrumentalisation consciente ou simple opportunisme, le résultat est le même : une tentative de fragilisation du Maroc par des voix censées incarner l’esprit de fraternité africaine. Mais malgré tout, la manœuvre a échoué et elle est en train de se retourner contre ses instigateurs. Car malgré tout, la réalité est têtue. La Coupe d’Afrique au Maroc a été une grande réussite organisationnelle, populaire, financière, médiatique, économique et sportive. Les supporters africains, les délégations et les observateurs honnêtes l’ont vu et vécu. Les campagnes de suspicion n’ont pas masqué l’essentiel : le Maroc a livré ce qu’il avait promis. En définitive, cette séquence révèle une vérité simple et dérangeante : le problème n’est pas que le Maroc gagne, organise et avance. Le problème, pour certains, est qu’il le fasse trop bien, trop visiblement, trop durablement alors qu'ils n'y arrivent point. Et dans un champ de coquelicots africains, ceux qui s’acharnent à couper celui qui dépasse finissent souvent par révéler leur propre incapacité à grandir. Le beau coquelicot va continuer à pousser...surtout qu'il a bien été arrosé par une pluie abondante. Dieu merci. Quand aux Coupes, il y aura bien d'autres occasions pour en soulever...

L’Aporie de Rabat ou l’Anatomie d’une Faillite Procédurale : Le Fiasco de la Finale CAN 2025 180

L’épilogue de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, mettant aux prises le Maroc et le Sénégal dans l’enceinte de la capitale, ne restera pas seulement dans les mémoires comme une joute athlétique de haute intensité, mais il s’est mué en un cas d’école de paralysie institutionnelle. Entre les Lois du Jeu de l’IFAB et les méandres du Code Disciplinaire de la CAF, l’incident survenu le 18 janvier dernier dans l’enceinte du stade Moulay Abdellah de Rabat transcende la simple péripétie disciplinaire, il met en exergue une zone d'ombre juridique où la procédure a vacillé autant que l'autorité, révélant une faille sismique où l’interprétation subjective vient supplanter la rigueur de l’alignement normatif. I. La Matérialité des Faits : L’Ingénierie de la « Résistance Passive » Contrairement aux interprétations radicales qui ont circulé dans le feu de l'action, le Onze sénégalais n’a jamais consommé de rupture physique irréversible avec l’aire de jeu. Si des velléités de retrait vers la ligne de touche ont été observées, symbolisant une défiance vis-à-vis du corps arbitral, les acteurs sont restés dans le périmètre technique, neutralisant de facto le couperet de l’article 82 du règlement de la CAF. Juridiquement, cette distinction est fondamentale : nous ne sommes pas en présence d’un forfait par abandon, mais dans une phase de paralysie tactique. Cette manœuvre semble d'ailleurs procéder d'une connaissance fine et une instrumentalisation de la règle visant à occuper l'espace pour paralyser la sanction administrative. En jouant sur l'ambiguïté entre la protestation véhémente et l'insubordination, le banc de touche a utilisé l'espace limitrophe comme un levier de pression, évacuant les sanctions irréversibles au profit d'un cadre disciplinaire plus malléable. II. Des Vices de Forme et la « Célérité Suspecte » de l’Arbitrage Le dénouement de la rencontre a été le théâtre d’une érosion manifeste de la souveraineté de l'officiel, illustrée par deux manquements majeurs aux standards internationaux. Le cœur du litige, et corollairement le point de fragilité de toute sanction future, réside dans la gestion temporelle du corps arbitral. Les directives de l’IFAB et le Code disciplinaire de la CAF imposent à l’officiel un protocole de diligence strict avant toute déclaration de forfait : • L’Ingérence des Zones Techniques : L’irruption de staffs sur le rectangle vert aurait dû, en vertu de la Loi 12, se solder par une pluie d’exclusions. Cette inertie ne saurait être réduite à une simple erreur d’appréciation ; elle constitue une rupture caractérisée de la sécurité juridique du match. • Le Délai de Sommation Occulté : L’arbitre est tenu d’accorder une fenêtre légale de réflexion, généralement entre cinq et dix minutes, pour permettre au capitaine de ramener ses troupes à l’ordre. À Rabat, ce délai semble avoir été occulté ou, à tout le moins, mal formalisé. En omettant de notifier clairement au capitaine — seul interlocuteur sui generis sur la pelouse — le déclenchement du chronomètre de mise en demeure, l’arbitre a instauré une insécurité juridique manifeste. L'erreur de procédure ici est double. En ne sommant pas formellement les acteurs de reprendre le jeu dans le délai imparti, l'arbitre a privé la fédération adverse d'une chance de se conformer à la règle. On ne saurait prononcer une sentence aussi irrévocable qu’un forfait (défaite 3-0 sur tapis vert) sans avoir scrupuleusement respecté le « code de route » de la crise. Cette précipitation indécise transforme l'incident en un cas de manquement processuel. Le chaos de Rabat n'est donc pas uniquement le fait de joueurs contestataires, mais celui d'un arbitrage qui n’a pas su imposer le cadre temporel prévu par la norme internationale. • L’Énigme de la Loi 14 : Le penalty décisif, entaché par une anticipation flagrante du gardien, appelait impérativement une reprise sous l’égide de la VAR. La décision de l'arbitre, Jean-Jacques Ndala, de siffler la fin de la rencontre avec une rapidité intrigante s'apparente à un arbitrage de circonstance. En sacrifiant la vérification technologique, l’officiel semble avoir privilégié un impératif sécuritaire de court terme pour prévenir un risque de débordement dans les tribunes, au détriment de la probité du résultat. III. De la Sanction Organisationnelle à l’Impératif de Recours Fédéral La reprise erratique des débats, intervenue avant l’ultime coup de sifflet, a scellé l'impuissance du régime organisationnel. Faute de pouvoir acter un abandon organique et définitif, la CAF se voit contrainte de se replier sur les articles 146 et 147 de son Code Disciplinaire. Toutefois, si ces leviers permettent de châtier le « comportement antisportif » par le biais d'amendes fédérales, ils ne constituent que des pansements sur une plaie ouverte, incapables de restaurer l'équité sportive bafouée. Face à ce que l'on doit qualifier de déni de justice sportive, la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) ne saurait se cantonner à une posture de spectatrice passive. Il lui appartient d'exercer son droit de recours légal auprès des instances compétentes afin de déplacer le litige du terrain émotionnel vers une procédure administrative structurée. L’impératif est ici d’ordre normatif : exiger une instruction rigoureuse sur l'intégrité procédurale de cette fin de rencontre, transformant ainsi un sentiment légitime de préjudice en une action de droit souveraine et irréfutable. La CAF se retrouve face à un miroir : pour exiger la discipline absolue, elle doit d’abord garantir l’impeccabilité de ses officiels. De tels précédents doivent être traités avec une rigueur qui ne laisse aucune place à l’arbitraire, consacrant ainsi l'excellence et l'alignement normatif que nous appelons de nos voeux. La finale de 2025 agit comme le révélateur. Sans une refonte profonde visant à codifier la "désobéissance coordonnée", la conformité technique restera l'otage des rapports de force sur le terrain.

CAN : l’urgence d’un code éthique pour restaurer l’esprit du football africain 296

La très récente Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, pourtant voulue comme une célébration du football africain dans toute sa diversité et sa ferveur, a laissé un goût amer, une grosse amertume, une déception incommensurable, une douleur immense et des blessés. Quel dommage que de récompenser ainsi un pays qui a tout donné pour que soit célébré l'Afrique. Quelle honte que de haranguer les foules jusqu'à leur faire commettre des agressions physiques et de peut être laisser orpheline une famille. Au-delà des performances sportives, plusieurs comportements observés tout au long de la compétition ont suscité l’incompréhension, l’indignation et parfois la honte. Des débordements verbaux, des attitudes provocatrices, des mises en cause répétées de l’arbitrage et des déclarations irresponsables de personnes sensées incarner les valeurs mêmes du sport ont terni l’image de la CAN. En conférence de presse, pourtant organisée par la CAF à la gloire du sport et en dehors, certains ont commis des propos invraisemblables, fruits de leurs imaginations débordantes et de petits calculs imbéciles. Le paroxysme de ces dérives a été atteint lors de la finale, avec le comportement indigne d'un entraîneur, aujourd'hui largement relayé et commentés par les médias et les réseaux sociaux. Quelles que soient les tensions inhérentes à un match de ce niveau, rien ne saurait justifier des attitudes contraires aux valeurs du sport, de respect et de fair-play. Ce n’est pas seulement une question d’émotion ou de rivalité, mais une question de responsabilité vis à vis d'une jeunesse et d'un continent en devenir. La CAN au Maroc n’a pas été une compétition comme les autres. Elle fut une vitrine du football africain, observée par le monde entier, suivie par des millions de jeunes qui y cherchent des modèles. Les entraîneurs, joueurs, dirigeants et officiels ne sont pas de simples acteurs : ils sont des référents, des symboles et des ambassadeurs. Face à cette réalité dommageable, il devient impératif que la Confédération Africaine de Football (CAF) franchisse un cap. Les sanctions ponctuelles, souvent perçues comme tardives ou incohérentes, ne suffisent plus. Il est temps d’instaurer un code éthique contraignant, clair et universel, que tout participant à la CAN serait tenu de signer avant le début de la compétition, dès les phases éliminatoires. Un engagement moral et juridique, condition sine qua non de participation. Un tel code n’aurait pas pour vocation de brider la passion ou la liberté d’expression, mais de fixer des limites claires entre la compétition et la dérive, entre la contestation légitime et l’irresponsabilité publique. Le dit Code Éthique de la CAN reposerait sur huit piliers clairs, précis et contraignants. **1. Les principes fondamentaux du code seraient:** * Le respect des valeurs du football : fair-play, intégrité, dignité et respect mutuel * Le respect de l’image et de la réputation du football africain * La responsabilité individuelle et collective de tout participant **2. Le comportement sur le terrain et en zone technique serait bien encadré:** * L'interdiction de tout comportement agressif, provocateur ou insultant * Le respect absolu des arbitres et officiels, quelles que soient les décisions * L'interdiction de gestes, propos ou attitudes incitant à la violence ou à la haine **3. Le comportement hors du terrain fait partie du tout:** * Le respect des adversaires, supporters, médias et institutions * L'interdiction de toute forme de discrimination: raciale, nationale, religieuse ou autres. * Le comportement doit être exemplaire dans les lieux publics, hôtels, stades et zones mixtes **4. La communication et déclarations publiques doivent respecter les règles avant tout:** * l'obligation de retenue et de responsabilité dans les déclarations médiatiques * L'interdiction de mettre en cause l’intégrité de l’arbitrage sans preuves établies sino devant les instances et non par toute autres voix. * L'interdiction d’incitation à la violence ou à la contestation hostile par le geste ou le verbe **5. La responsabilité des entraîneurs et dirigeants est fondamentales:** * L'obligation d’exemplarité renforcée en raison de leur rôle d’autorité * La responsabilité directe du comportement du staff technique * L'engagement à calmer les tensions et non à les attiser **6. Les réseaux sociaux et communication numérique fait partie du jeu et de la compétition:** * L'application du code éthique aux publications sur les réseaux sociaux * La responsabilité personnelle des messages publiés ou relayés * L'interdiction de propos diffamatoires, haineux ou provocateurs **7. Les sanctions doivent être exemplaires et sans complaisance:** * Des sanctions progressives et clairement définies : avertissement, amende, suspension, exclusion définitive * L'application immédiate et transparente des sanctions * La possibilité de sanctions aggravées en cas de récidive ou de faits graves **8. L'engagement formel est un préalable à la participation à toute compétition:** * La signature obligatoire du code par tous les joueurs, entraîneurs, dirigeants et officiels dans un document individuel accompagnant les listes de joueurs et officiels engagés dans une compétition africaines. * La signature du code est une condition préalable à toute accréditation pour la CAN * La reconnaissance écrite des sanctions en cas de violation est obligatoire Le but du code est bien évidemment d'instaurer l’exemplarité pour protéger l’avenir du football africain et ses compétitions. L'introduction d'un code éthique dans les procédures de participation aux CAN, n’est pas un aveu de faiblesse, mais un signe de maturité. Le football africain a atteint un niveau de visibilité et de compétitivité grâce à cette CAN au Maroc. Le niveau ainsi atteint impose des standards élevés et des garanties. On ne peut tolérer que par la faute d'un individu surchauffé tout un édifice s'écroule et que des vies soient menacées, voire perdues. La passion ne peut plus servir d’alibi à l’excès, la victoire ne justifiera jamais la perte de valeurs, la ferveur ne peut disculper un comportement excessif. La CAN doit rester une fête, pas un théâtre de dérives. En posant un cadre éthique clair, la CAF enverrait un message fort : le football africain se doit d'avancer, de se structurer et de se respecter. Le football doit rassembler et non provoquer la haine, l'hostilité, la répugnance, les crises entre nations ou encore servir de terreau à des froids diplomatiques...Pour ne pas dire plus.

Le départ d’Akhenouch du RNI : décision précipitée ou calcul stratégique ? 254

Mais que s’est-il réellement passé ? Pourquoi une annonce aussi foudroyante ? Pourquoi un départ aussi précipité de Si Aziz Akhenouch de la tête du Rassemblement National des Indépendants (RNI), alors même que tout semblait lui sourire ? Depuis qu’il en a pris les rênes en 2016, le RNI a connu une ascension fulgurante. D’une formation marginale avec une trentaine de députés, il est devenu la première force parlementaire après les législatives de 2021, avec 102 élus. Mieux, il conduit l’Exécutif, préside la Chambre des représentants et occupe une position centrale dans l’architecture institutionnelle. Sur les indicateurs classiques de puissance politique, Akhenouch est au sommet. Dès lors, une question s’impose : pourquoi partir maintenant ? Et surtout, pourquoi avancer dans l’urgence un congrès extraordinaire au 7 février, initialement prévu pour mars, pour un gain de temps modeste ? L’explication mérite mieux que les spéculations sur des forces occultes ou des complots en coulisses. Restons dans la logique politique, froide et rationnelle, pour expliquer la décision fracassante de Si Akhenouch, un leader atypique dans le paysage politique marocain. Qu’on l’apprécie ou non, Aziz Akhenouch incarne une politique décomplexée, moderne, presque “à l’américaine” : axée sur la performance, la communication et l’efficacité organisationnelle plutôt que sur l’idéologie. Il a anticipé les mutations du Maroc et accompagné la modernisation des infrastructures (TGV, ports, aéroports). Il a assuré une croissance économique avec un PIB en hausse de 3% en 2024 et des chiffres encore plus édifiants pour 2025, malgré l’inflation. Il a aussi subi ou provoqué une évolution sociologique majeure en matière de politique. Fini les partis nostalgiques de l’indépendance, figés dans des clivages gauche/droite ou rural/urbain. Akhenouch a séduit un électorat pragmatique, désidéologisé, peut-être même ou surtout la génération Z, sensible aux résultats concrets comme la couverture sociale élargie (AMO généralisée en 2023). Les gens veulent des réalisations pour faciliter leur vie quotidienne plutôt que des discours incantatoires. Mais de leader victorieux, Akhenouch est passé à bouc émissaire. Le pouvoir a un prix. Depuis sa nomination comme chef du gouvernement en 2021, il cristallise toutes les colères et frondes sociales. Pour l’opinion contestataire, il symbolise l’enrichissement illicite, la confusion affaires-politique, le “capitalisme prédateur”. Elle s'exprime souvent par des slogans à refrain, comprenant son nom explicitement. Essence à plus de 15 DH le litre ? C’est sa faute. Légumes en hausse de 20% ? Idem. Saturations hospitalières post-Covid ? Il aurait dû anticiper. Inondations pourquoi il n'a pas prévenu? Toute analyse rationnelle devient inaudible. Pourtant, loin de se replier, il a multiplié les grands meetings “made in USA” à travers le pays, affirmant la vitalité du RNI. Le message : aux prochaines élections, nous gagnerons. La certitude est bien là. Et là, plouf ! Le récent signal de l’Intérieur constitue un tournant décisif. C’est là que tout bascule. La préparation électorale relève du ministère de l’Intérieur. Dans les coulisses, des propositions de la mouvance Akhenouch: sur les investitures ou les circonscriptions auraient été ignorées ou retoquées. En politique marocaine, ces signaux ne sont jamais anodins. Fin stratège, intelligent qu'il est Akhenouch a perçu le vent tourner. D’atout majeur, il risquait de devenir un handicap électoral, une sorte d'invalidité pesante. Sa personne, plus que son bilan (réformes sociales, accords commerciaux UE-Maroc, chantiers ouverts), est perçue négativement ou quasiment improductive pour l'avenir. Que faire alors ? Peut-être partir pour sauver le RNI. Plutôt que de s’accrocher et d’attirer toutes les attaques, il choisit de se retirer en amont, de “nettoyer le terrain” et de redonner au parti un visage moins clivant. Rationalité pure. Reste l’inconnue des hommes. Le RNI actuel repose sur un rassemblement opportuniste de notabilités, souvent ex-PAM, au flair aiguisé et à la loyauté conditionnelle. Pour elles, Akhenouch était la clé du pouvoir. Son départ pourrait déclencher des défections vers d’autres partis ou carrément l’abandon de la politique par certains. Le retour au PAM de certains n'est pas à exclure... Le RNI risquerait ainsi de revenir à sa taille d’antan, à la case départ pour un probable retour plus tard avec d'autres gens, d'autres perspectives. Le mouvement déclenché ouvre une équation à plusieurs variables. Sans Akhenouch, le RNI perd sa locomotive charismatique, mais gagne en malléabilité. Pour le pays, c’est l’occasion d’un rééquilibrage subtil avant 2026. Certains partis pourraient rebondir sur le mécontentement social, tandis que d’autres miseront sur les syndicats et les “tansiqiyates”. Une recomposition générale s’annonce, avec des risques de fragmentation. Une chose est certaines la politique ne sera plus comme avant. 2026 donnera un autre Maroc que seuls les grands initiés peuvent imaginer. Le reste n'est que spéculations. Les marocains en décideront. En définitive, ce départ n’est ni fuite ni défaite, mais un choix stratégique fondé sur les rapports de force, les signaux institutionnels et la psychologie électorale. Il marque la fin d’un cycle et ouvre une ère d’incertitude pour tout le champ partisan marocain. L’histoire reste à écrire pour ceux qui, entre deux matchs, observent encore la politique. En tous cas Si Akhenouch vient de donner là une véritable leçon a tout ces leaders et imams qui s'accrochent au perchoir et ne veulent plus en descendre...Une fois qu'ils ont gouté aux privilèges qui vont avec... Les citoyens n'attendront pas longtemps avant de savoir qui va être leur prochain chef de gouvernement, leur prochain bouc émissaire.